AFRICA ECO RACE 2011. ETAPE 9. GUEL AGANTOUR-TENADI : DANS TROIS JOURS, DAKAR !

ETAPE TACTIQUE

Au menu du jour, 380 km de spéciale, c’est un peu plus court qu’hier, où la journée a été jugée interminable par Jean Louis Shlesser et bien d’autres concurrents, en particulier les motards qui ont roulé 8 heures, pour ceux qui n’ont pas eu d’ennuis.

On descend vers le sud-ouest, et la spéciale sera aussi plus courte parce que sur beaucoup de portions du tracé, on roule vite, même si le sable sera encore là, on est tout de même en Mauritanie !

Même sur le sable on pourra envoyer du gaz, parce qu’aujourd’hui, tant que l’on roule au cap SW, on descend dans le sens des dunes, en parallèle aux vagues en quelque sorte, au lieu de les passer de face et en force comme hier.

Les motos sont « tracées » par l’Iritrak GPS à plus de 140 km/h, le buggy de Schlesser, est au-delà des 200 km/h, le camion Man d’Elisabete Jacinto est à 150 km/h.

Entre les dunes de sable, cela doit faire tout drôle

En revanche, dès que l’on change de cap pour aller plein sud, on reprend les vagues de dunes de face aux alentours de 40 km/h. Crispant !

Et si les leaders passent à travers ces difficultés, ce qui prouve qu’ils n’usurpent pas leurs classements respectifs, derrière, les désillusions ont un goût de désespoir, alors que Dakar approche. 

MOTOS : JOBARD TEAM


Jobard, leader au classement général, roule en tête des motos, devant Dubois. Bourgin (photo) et N’Diaye sont à quelques kilomètres derrière. 

Puis Jobard décide de mériter sa place de leader au général et laisse le trio derrière lui.

Le peloton de poursuivants va s’étirer au fil des pannes. Dubois enroule quand même du câble en fin de spéciale et termine à quatre minutes de Jobard.

N’Diaye arrive 27 minutes plus tard. Puis c’est le tour de Bourgin. Ce qui est encore un tir relativement groupé ! la performance collective de ces quatre pilotes restera une vraie belle histoire de ce rallye.  

AUTOS : LE JOUR D’HENRARD EST ARRIVE  
 

Comme il l’avait annoncé hier, Jean Louis Shlesser laisse l’ouverture de la piste au deuxième buggy de son team, piloté par François Lethier.

Le but est double. Relâcher un peu la pression, terrible hier car même s’il n’y a eu aucune erreur, ce fut une journée vraiment parfaite, et ce jour, on est justement tout le temps à la merci d’un pépin ou d’une erreur.

Second objectif, essayer de faire remonter Lethier au classement, il est à une demi heure de Henrard, pour que les deux buggies Schlesser soient sur le podium final.

Henrard a parfaitement compris qu’il lui faut juste gérer son avance et s’accroche à quelques centaines de mètres des deux buggies de tête, c’est de très bonne guerre, rien à redire.

Ce faisant, Schlesser veut surtout surveiller ses arrières, à savoir le Bowler de Pelichet à qui il subtilisé la première place au général hier, mais qui n’est qu’à 17 minutes…

C’est alors que Lethier doit s’arrêter. Jean Louis Schlesser prend une décision toujours difficile pour un pilote, gérer son avance. Il laisse passer Henrard.

Celui-ci ne fait pas d’erreurs. Il gagne cette spéciale avec six minutes d’avance sur Schlesser et sept minutes sur Lethier.

Au général, Schlesser a repris quinze minutes à Pélichet, il nous confirme à l’arrivée que c’était son seul but aujourd’hui.

« Maintenant que nous sommes en tête au général, je veux seulement gagner du temps sur Pélichet, ce que j’ai fait, on lui reprend encore quinze minutes. Quand à Henrard, il est à deux heures derrière nous, je n‘ai pas à aller le chercher. C’est toujours idiot de dire qu’on cherche à piloter intelligemment, surtout qu’aujourd’hui j’ai encore pris plus de 200 km/h par endroits, alors disons que j’ai dû penser aux vraies priorités de cette course ».
    

CAMIONS : TARA…TATRA …

Trompettes de la renommée… pour les vainqueurs, l’équipage tchèque Tomas Tomecek et Vojcek Moravek, sur leur Tatra.

En début de spéciale, où l’on roule extrêmement vite, Jacinto et son Man n’ont eu aucun mal à contrôler Tomecek, sans toutefois le doubler.

En fin de spéciale, on prend les dunes de travers et cela se complique pour la jeune portugaise dont le camion Man de série est lourd.

L’équipage tchèque prend le large, pour la troisième fois en trois jours. En plus, le Man s’arrête en pleine spéciale. Encore des problèmes techniques.

Et sérieux, cette fois, le Man bleu ciel reste scotché pendant des heures.

Sauf miracle, c’est fini pour la victoire.

 
DEMAIN : DU SABLE ET DU GAZ…

Demain vendredi, on fera une boucle autour du campement de Tenadi, une spéciale sans aucun secteur de liaison, encore un vrai rêve de pilote fan de rallye-raid, longue de 232 km, où l’on retrouvera bien sûr les dunes, mais aussi un secteur très roulant de 80 km.

Attention, même si, à trois jours de l’arrivée à Dakar, les écarts sont importants entre les leaders et leurs poursuivants, la faute de pilotage ou de navigation peut coûter des heures !  
 

 

Jean Louis Bernardelli
Photos : Alain Rossignol
 

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