AFRICA RACE 2011 – ETAPE 6 : SCHLESSER EN CHASSE

 

 

Etape étonnante aujourd’hui lundi, avec 183 km de spéciale et 714 km de liaison…

Incroyable comme à distance, les problèmes sont les mêmes, en Argentine, sur le « Dakar », les concurrents font aussi des parcours de liaison pharaoniques…  

C’est que d’une part il faut avancer et d’autre part, le goudron gagne partout sur  les pistes.

Sur cette spéciale de l’Africa Eco Race, la dernière au Maroc, le buggy aux couleurs Monster Sonangol de l’ami Jean Louis Schlesser, fait encore un scratch !!

Mais derrière, le Bowler du leader Pelichet, a bien suivi.

Et à l’approche des dunes de Mauritanie, Schless’ n’a pas la marge d’avance qu’il souhaitait, parce qu’il sera en deux roues motrices et le Bowler de Pélichet, sera donc évidemment avantagé.

ETAPES DE LEGENDE

Etapes phénoménales de cet  Africa Eco Race !

On est depuis plusieurs jours sur les escales historiques de l’histoire de l’homme.

L’Aéropostale par exemple, les concurrents sont passés près de Tarfaya, qui s’appelait jadis Cap Juby en …1927 !

C’est là que Saint Exupéry a passé de longs mois, comme chef d’escale, négociant la libération de ses pilotes tombés aux mains des Maures et surtout écrivant « Courrier Sud ».

C’est là aussi qu’il a fait la connaissance de Mermoz et Guillaumet.

Autre rapport étonnant avec le Dakar qui roule en ce moment, de l’autre côté de l’Atlantique Sud, l’Aéropostale a aussi desservi l’Argentine et le Chili, avec ce terrible barrage des Andes où Guillaumet, après avoir marché des jours et des jours, dira à Saint Ex qui vient le récupérer :

« Mon vieux, ce que j‘ai fait, aucune bête ne l’aurait fait ».

Dans l’après midi de cette sixième journée, on longe la ville de Dakhla, qui, on revient à l’Aéropostale, s’appelait alors Villa Cisneros.

Voilà de quoi rêver pendant les 700 longs kilomètres de liaison, qui mènent au nord de la Mauritanie.   

RETROUVAILLES AVEC … HUBERT AURIOL !

Bonne nouvelle au petit matin du départ de cette sixième journée.

Kovacs a réussi à extirper son camion Scania de l’oued où il avait arraché le train avant et il est là, sur la ligne de départ.

Obstiné le Hongrois.

Mais il préfère descendre vers la Mauritanie entièrement par la route, n’entrant donc pas dans la spéciale.

Est aussi là, Hubert Auriol qui vient de passer trois jours de galère absolue, mais on connaît son entêtement et son courage, capables de faire bouger un djebel entier (une montagne) par jour…

Hubert raconte :

« Réveillon dans les dunes de Mhamid, (bel endroit mais glacial), poulie de variateur grippée. »

Dommage pour lui que son navigateur ne fut pas notre Rédac-chef, Gilles Gaignault. Lequel se trouve en ce moment en Argentine, ou il couvre le Dakar pour autonewsinfo.

Car le père Gilles a une bonne copine, Maggy, qui possède à Mhamid justement, un Riad, le Drom Blanc !!!!

Sur que le réveillon se fut déroulé autrement pour notre pote Hubert…

Hubert qui poursuit :

«  On attend le camion balai, les concurrents nous aident, des voyageurs du désert aussi, un suisse tout seul en Defender qui nous a donné un gros coup de main.  Puis, des amis qui étaient dans le coin nous remorquent à Mhamid, on répare, on repart, mais par la piste. En pleine nuit, je ne vois pas un énorme trou et on casse la colonne de direction !  Bon, on a de la chance, mon Toyota d’assistance est juste derrière, il répare en une heure et nous on en profite pour dormir un peu. On se perd encore un chouia et on arrive à Foum Zguid… 15 minutes avant l’heure limite de départ du lendemain, parce qu’entre temps, on a cassé la courroie de transmission, changée en 5 minutes ! On est derniers mais au départ ! »

Et de nous préciser :

« C’est ça qui nous motive. Un café et c’est parti ! Sauf qu’à 6 km du départ, on casse une poulie du variateur. On se dit alors que l’assistance est juste derrière. Ce coup là, c’est l’assistance qui est en galère. On reste au bord de la piste de 10h du matin à 21 heures ! Bref, pour arriver enfin au bivouac de Shebeika, on aura galéré 48 heures non stop. Mais c’est ça l’aventure ! »

Belle leçon lecteur.

On appelle ça l’enthousiasme !

Il est classé 25ème et donc n’est pas dernier, avec 53h heures de retard sur le leader dont 40 heures de pénalité.

Rendez vous à Dakar !,

Mais sur qu’Hubert aurait souhaité un autre sort pour ce grand retour !

MOTOS : QUATRE OU TROIS ?

Les quatre ‘’mousquetaires’’ arrivent au bout de la spéciale, et c’est Norbert Dubois qui l’emporte devant William Jobard et Thomas Bourgin.

Jobard est toujours leader au général, et de loin, il a plus de quatre heures d’avance.

Mais il a de gros soucis et passe un très long moment bloqué sur la ligne d’arrivée.

Au départ en Mauritanie ?

 AUTOS : SCHLESSER EN OUVERTURE

Ayant gagné la spéciale hier dimanche, Jean Louis Schlesser, part donc le premier.

Devant lui, seulement quatre motos dont les traces sont peu visibles et dont d’ailleurs il se méfie.

Et la spéciale est costaud.

Il ya des pistes partout, le road book indique de nombreux changements de direction. Pas facile pour la navigatrice, qui s’en sort super bien d’ailleurs.

Mais quand un Schlesser roule vite, l’Iritrak sur lequel on le suit à la trace indique par moments des vitesses de plus de 150 km/h, la navigation est d’autant plus ardue.

Il ya de gros repères, des mamelons que l’on voit d’ailleurs sur les images satellites, mais cela manque un peu de précision…

Et Schlesser va vite parce qu’il sait que la spéciale est courte et roulante, et aussi parce qu’il veut être au plus près de Pélichet au classement général avant les dunes Mauritaniennes.

En effet, si le buggy est un engin ultra léger motorisé, il est aussi en deux roues motrices.

Et dans le sable fin, il faut tirer des bords entre les dunes et ne jamais se planter.

Bref, contre ce très puissant 4X4 qu’est le Bowler, ce ne sera pas facile.

A l’arrivée, Jean Louis n’a rattrapé que sept petites minutes au général, il est donc encore à vingt cinq minutes du leader.

Il est peu bavard, il veut « enquiller » le plus vite possible la liaison vers la Mauritanie.

«  La spéciale n’était pas facile et ouvrir ce matin n’arrangeait pas les choses. Les suivants ont dû profiter de nos traces. Céline fait de gros progrès, elle est de plus en plus dans le coup et après cinq jours de course elle s’est bien adaptée au rythme. En Mauritanie, Pelichet sera à l’aise et l’a déjà prouvé l’année dernière. Ce sera difficile de lui reprendre du temps dans le sable… »  

C’est dit en peu de mots mais la situation est claire.

Hier dimanche, Jean Louis a même dit quelques mots qui passeront à l’histoire.

«  On n’est jamais serein, on essaie juste de se rassurer ! »

Et le buggy Monster, de partir toutes affaires cessantes vers Nouadhibou, qui, puisque l’on évoque l’histoire, s’appela Port Etienne à l’époque de l’Aéropostale.

De là le Rallye, a bifurqué plein est, vers Bou Lanouar, départ de la spéciale de ce mardi.   

CAMIONS : OU LA DEMOISELLE SE FAIT BRULER LA POLITESSE

On a dit que Kovacs était sur la ligne de départ de cette spéciale, mais avec 40 heures de retard dont 32 heures de pénalité, il n’est plus dangereux, d’autant plus qu’il a fait cette étape entièrement par la route.

Il écopera donc d’une nouvelle pénalité mais sera toujours en course.

Encore une belle leçon…

Ce soir, Elisabete Jacinto est toujours en tête au général, mais son adversaire, Tomecek lui a repris une minute trente en gagnant la spéciale aujourd’hui.

La jeune Portugaise n’a donc plus que quinze petites minutes de marge sur le Tatra.

Ce qui est peu pour attaquer les dunes de Mauritanie avec sérénité.

Le problème est que son Man a cassé une attache de cabine et que son assistance n’a pas de pièce de rechange.

On a réparé avec talent mais c’est quand même du rafistolage…

Quand les 18 tonnes du gros bébé vont sautiller de dune en dune, comme l’éléphant butine la rosée du baobab, il est possible que l’attache en question, ait aussi des envies de voyager…

Bref, personne n’a de certitudes et c’est justement la noblesse de ces rallyes raids.  

Ce mardi, c’est la danse du sable.

372 km de spéciale et 20 km de liaison.

On arrivera à Guelb Agantour (un guelb est une petite butte) un peu au milieu de nulle part mais justement, ce sera géant !

 

Jean Louis Bernardelli

Photos : Alain Rossignol

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