AFRICA ECO RACE 2011. ETAPE 7. LA DANSE DU SABLE !

 

En entrant en Mauritanie, pays de sable et de vent, l’Africa Eco Race 2011 a encore relevé un peu le niveau de difficulté.
Autant dire que nombre d’équipages se souviendront de cette septième étape t
racée de main experte par René Metge entre Boulanouar et Guelb Agantour:

371,72 kilomètres de très haute volée avec des dunes redoutables, mais aussi beaucoup de navigation…

Plantages, pelletages, jardinage etc…

C’est le grand lexique des galères qui fut nécessaire pour traduire cette septième étape de l’Africa Eco Race, la première sur le sol mauritanien.

Crépitant à tout va, ‘radio bivouac’ annonça les événements en cascade.

Avant le premier point de contrôle du jour, dans les dunes décrites comme anodines par le directeur de course, bon nombre d’équipages éprouvaient déjà les pires difficultés à s’extirper du sable mou, mais aussi des dénivelés atypiques façonnés par les intempéries des derniers mois dans la région. 

Une pluviométrie inhabituelle ayant repeint en vert ce désert pourtant habituellement tellement aride.

Dans cette première étape Mauritanienne, où le sable commence à faire des dégâts, Elisabete Jacinto n’est plus en tête de la course des camions, Jean Louis Schlesser a gagné en réduisant encore l’avance de Jérôme Pélichet au classement général.

Suspense total à la veille de l’étape la plus sélective du rallye. 
  
Etape totalement Saharienne aujourd’hui, dans le sublime désert de Mauritanie.

372 km de spéciale pour 20 km de liaison, un rêve d’étape qui valait le coup d’avaler 700 km de liaison hier pour être dans le sable le plus vite possible.

Le sable d’ailleurs, qui ne sera pas seul au menu. Il ya aussi des secteurs roulants, de la pierre, et cette fameuse herbe à chameaux, des touffes extrêmement résistantes, dures comme du béton  et terriblement destructrices en cas de choc.

Détail qui n’en est pas un, la chaleur monte très vite dès le matin, on sera très vite aux 30-35 degrés.

C’est ce que dans le Rallye-raid, on appelle comunémment le bonheur.

Ne cherche pas à comprendre, lecteur non initié.
Vas y, tu vas revenir accro, c’est comme ça que nous l’avons tous vécu. 

MOTOS : TOUS AU DEPART…TOUS A L’ARRIVEE !

Un fait important.

Sur ce rallye, où l’on voit quelques calibres abandonner ou prendre des pénalités de retard considérables, les motards, en revanche, sont tous là, alors qu’ils étaient seulement quatre au départ de Nador !

Et alors que pour certains d’entre eux, il ya eu de belles chutes et donc de grosses douleurs le matin au moment d’enfourcher l’engin…

En particulier pour Thomas Bourgin, lourdement tombé sur la hanche il ya quelques jours. Et au soir de cette grosse étape Saharienne, ils sont encore là, tous les quatre.

De vrais mousquetaires,

« Un pour tous, tous pour un ! ».

Jobard gagne cette étape, devant Dubois, N’Diaye et Bourgin.   
 

AUTOS : SCHLESSER OUVRE EN GRAND

Schlesser est parti première voiture ce matin, ayant gagné la spéciale hier.

Et dans les secteurs roulants, l’Iritrak qui le suit à la trace signale des vitesses allant au-delà de 160 km/h !

C’est clair, la seule option pour Schlesser, c’est de rouler, d’ouvrir les gaz en grand tout en ouvrant la piste.

Il a ce mardi matin 25 minutes de retard sur Pélichet au général, dont le Bowler suit, avec peine dans les secteurs rapides, mais bénéficiant de traces à suivre dans le sable.

Terrible dilemme, quasi cornélien.

Alors ?

Alors, on fonce et …à donf.

Une heure après le départ, le buggy Monster bleu commence à passer les motos, pourtant parties quarante minutes plus tôt et donc avant les autos.

Aux deux tiers du parcours apparaissent les dunes, long cordon qu’il faut prendre de face.

Cela tourne au saute-mouton, la vitesse tombe aux alentours de 40 km/h.

Et c’est la loterie.

Sur des dizaines de km, chaque dune peut faire perdre un temps considérable si l’on reste collé.

C’est un terrain beaucoup plus adapté aux motos et d’ailleurs, dans ce secteur, Jean Louis Schlesser ne double pas les deux motards qui sont encore devant lui.

On sort des dunes et on envoie du lourd vers la fin de spéciale, encore distante de plus de 100 km.

Jean Louis gagne cette étape et reprend un peu plus de onze minutes au leader.

A l’arrivée, il lâche:

« C’était costaud. Très costaud. Les dunes, la nav… tout ! Là, René Metge a frappé très fort. Cela faisait des lustres que je n’avais pas connu pareil enchaînement de difficultés… Il y a pas mal de concurrents qui vont souffrir sur cette étape. Déjà un gros morceau en Mauritanie. »

Ce qui est bien, mais le leader en question, Jérôme Pélichet est toujours devant, même si son avance de près d’une heure, il ya quelques jours, fond au fil des jours et des étapes comme neige au soleil et ne pèse plus ce soir que… quatorze minutes. 

Pélichet qui explique :

« Il est trop fort ce Jean-Louis ! Je pensais qu’on allait pouvoir faire jeu égal sur ce terrain, mais il nous en a encore repris. Je me demande vraiment comment il fait ! Demain, dans la boucle, il va falloir que notre Wildcat sorte ses griffes. Aujourd’hui, nous avons pris deux oiseaux dans l’habitacle. Nous avons pris le temps de les enterrer… »

CAMIONS : MARQUAGE AU PLUS PRES

C’est le Tchèque Tomecek qui est parti premier camion, vainqueur de la spéciale d’hier en reprenant moins de deux minutes à Elisabete Jacinto.

On sait que le sable est le terrain de jeu favori du Tchèque et de son Tatra.

Le Man de la jeune Portugaise le suit comme son ombre. Ce qui est bien joué de la part d’Elisabete, si elle ne laisse pas partir son adversaire, elle n’aura pas perdu une minute dans la première étape de sable.

Mais justement.

Elle ne le suit pas. Curieusement…

Le Tchéque boucle la spéciale en 4 h 40’ et au passage, on notera qu’un camion, en tout terrain difficile, y compris du passage de dunes, a mis un peu plus de quatre heures et demi pour faire 380 bornes !

C’est tout simplement phénoménal et même assez effrayant.
Devait y avoir de l’ambiance à bord !

Mais le rallye se joue ici…

Et le fait est que Jacinto n’arrive que cinquante huit minutes plus tard, perdant le leadership de la course, où elle est seconde avec maintenant désormais quarante trois minutes de retard.

Pour l’heure, Tomecek savoure sa victoire et sa prise de pouvoir :

« Tout ce que j’espérais au départ de cette étape était d’atteindre l’arrivée. Il fallait continuer à rouler, sans jamais s’arrêter. C’est que j’ai réussi à faire. Mais je suis heureux d’être là. »

Elisabete Jacinto enchainant:

« Nous avons connu d’énormes soucis pour franchir les dunes. Le sable était tellement mou. Mon camion est lourd, plus lourd que le Tatra. En dégonflant les pneus, deux ont fini par déchaper. »

On va surement mal dormir cette nuit dans le camp  Portugais.
Car ce mercredi on recommence dans les dunes…

MERCREDI ? ON BOUCLE…

On partira de Guelb Agantour, c’est-à-dire du bivouac qui se fait en plein désert, on fait une boucle démentielle de 408 km et on revient au bivouac, c’est l’étape la plus difficile et la plus belle de ce rallye qui navigue en plein Eden depuis Nador, au Maroc.

C’est dire !

En revanche, tout le monde va en baver.

Une vraie étape de pistard pur et dur. Et celui qui sera en tête demain soir, aura mis un début de knock-out aux autres.

Quoique…

En course automobile mais surtout sur les pistes d’Afrique comme d’ailleurs, rien n’est jamais définitif, tant que la ligne d’arrivée, n’est pas franchie…

Jean Louis Bernardelli
Photos : Alain Rossignol

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