AFRICA ECO RACE : SCHLESSER OU LE BLEU…ROI

  

Il ya deux jours, Schlesser avait perdu presque une heure à cause d’une colonne de direction grippée.

Nous avions tous deux analysé la situation de façon très simple.

« Faut juste que tu reprennes 10 minutes par jour ».

Depuis,le  » Pére Schless »  il a magnifiquement joué le coup, sa coéquipière n’a pas fait d’erreurs, et son retard est passé à 33 minutes.

Il est maintenant incroyablement déjà remonté …second au classement général, derrière le Bowler de Jérôme Pélichet.

Hallali ?

Pas encore. Ici, la chasse est affaire de patience…

Mais la ‘’ Curée ‘’ rode et s’annonce possible !

 DU BLEU DANS LE CIEL, SUR LA PISTE ET …SUR LES JAMBES…

Programme moins chargé qu’hier, jour il est vrai de la Saint Sylvestre et donc veille du Jour de l’An – synonyme de festivités tout de même !!! - avec « seulement » … 623 km à parcourir dans la journée, dont  381 km de spéciale. Et subséquemment 291 km de liaison.

Liaisons qui seront à chaque édition nouvelle, plus longues au Maroc et dans d’autres pays, puisque les routes goudronnées, qui sont le poumon des pays désertiques, avancent évidemment chaque année, ce qui est une excellente chose pour les habitants et juste un souci pour les traceurs de rallyes raids.

On fait connaissance avec les premiers Reg (Déserts de pierres, par opposition aux Erg, déserts de sable), il ya aura un paquet d’oueds à traverser, ces rivières la plupart du temps à sec et qui sont d’abominables pièges, des cacheries à tout casser pour qui n’y va avec prudence.  

Quelques changements de direction à ne pas rater, les navigateurs auront moins de boulot mais l’erreur va coûter très cher.

MOTOS : TOUS REPARTIS … AVEC DES BLEUS !

C’est que depuis deux jours, on est un peu allé « mesurer la piste avec les bras » chez les motards, ce qui signifie en jargon de « tarmo » que l’on s’est cassé la figure.

Thomas Bourgin a tout eu.

Chute importante avec gros hématome à la hanche et pour finir, alors que la nuit était tombée depuis longtemps, panne d’éclairage et encore …100 km à faire.

Ou plutôt à se farcir !!!

C’est la raison pour laquelle il a fait route de conserve avec Norbert Dubois qui, lui, avait des soucis d’embrayage.

Mais ils sont tous rentrés et tous repartis.

Cette fois ci, N’Diaye et Bourgin ont fermé la marche, Dubois gagne la spéciale devant Jobard, sans bien sûr lui reprendre sa place de leader, acquise avec entre autres deux heures d’avance hier sur tout le monde.

AUTOS : NOUVEAU JOUR EN BLEU

Céline Merle-Beral, la co-pi de Jean Louis Schlesser n’a pas failli. Le pilote a un talent que l’on connaît et son Monster-Buggy est une vraie arme fatale.

Mais ?

Selon une formule découverte par l’auteur de ces lignes il y a  un petit milliard d’années, ce n’est pas le tout d’être le meilleur, il faut encore gagner.

Et là, entrent en ligne de compte  un certain nombre d’invités pas prévus à la fête, un peu de chance qui s’est endormie, un oued de mauvaise humeur par ci par là, un caillou qui a des envies de meurtre ou un morceau de sable qui voudrait retenir ses amis.

Autre élément, René Metge, qui a fait les recos du Rallye Africa Eco Race, n’est pas non plus du genre à tracer des circuits pour le Club Med, les navigateurs aussi peuvent avoir un instant de déroute.

Mais rien de tout cela pour l’équipage Schlesser-Merle-Beral du buggy Monster Numéro 300, vainqueur de la spéciale.

Régis Delahaye est second, à 8 minutes de Schlesser,  Patrick Sireyjol troisième, à 8 minutes aussi mais ces deux pilotes sont très loin au général, ils ont mangé beaucoup de pain noir les jours précédents.

Bref, pour Schlesser, la chasse est bonne, mais le tableau n’est pas encore parfait !

Au bout de la très longue liaison de quasiment 300 km après l’arrivée, on retrouve le ‘’bleu roi’’, Jean Louis Schlesser.

« Tu as vu comme c’est beau ici ? On bivouaque au bord de l’oued Chebeika, on a l’océan en face, c’est magnifique. La journée a été magnifique d’ailleurs. Mais difficile. En pilotage et surtout en nav’. Fallait pas se louper, je sais que c’est facile à dire quand on gagne mais la nav’ était pointue. On est partis premiers, puisque nous gagnons l’étape de la veille, et c’est simple, on n’a vu personne ! Juste une moto, au moment où son pilote se trompait d’ailleurs, on l’a suivi ! Bilan, on a fait deux km en trop, j’ai retrouvé tout de suite la piste. On a crevé aussi, une crevaison lente mais on a préféré s’arrêter pour éviter de détruire la jante. C’était à trente km de l’arrivée, et vu la difficulté de l’étape, on s’est dits qu’il y aurait de gros écarts ce soir, donc on pouvait perdre un peu de temps pour changer de roue. Demain, c’est juste une liaison vers Laayoune. On va passer la matinée à contrôler quelques trucs qui souffrent souvent, comme les moyeux et on partira après, c’est à 300 bornes d’ici ». 

 

CAMIONS : IT’ A BLUE WOMAN, WOMAN’S WORLD

Je suis encore infidèle à James Brown, (pardon “djay-beee !) mais décidément la jeune Elisabete Jacinto et son Man bleu ciel, imposent le respect.

Hier vendredi, elle a perdu une (petite) partie de son avance au général pour un problème de fixation de cabine, qui est d’ailleurs un peu son talon d’Achille, cela lui est arrivé plusieurs fois.

Sachez donc que sur un camion moderne, en dehors de la suspension qui fonctionne sur le châssis, comme sur une auto, la cabine elle-même est suspendue, ce qui est très impressionnant quand on la voit monter et descendre dans les bosses.

Cette cabine, dite « cab over » c’est-à-dire dont la face est droite, la cabine avancée, peut aussi, pour accéder au moteur, se replier entièrement vers l’avant, ce qui vraiment très impressionnant !

Deux éléments très intéressants donc, pour le confort des pilotes et celui des mécanos.

Sauf que les attaches de cabine prennent tout dans le g…

Et quand ça lâche, c’est beaucoup moins facile de piloter.

Bon, réparation faite, aujourd’hui, Mademoiselle Jacinto a pu envoyer du lourd et elle reprend pas loin de dix minutes à Tomas Tomecek.

Ce qui est totalement insuffisant pour imaginer avoir un peu de marge.

Le Tchèque et son Tatra sont de très gros adversaires.
En attendant, comme dit l’autre, marge ou pas marge c’est mieux d’être devant que derrière !

Autre élément important, le « tracking » GPS sur le camion du Hongrois Kovacs montre qu’il est toujours dans son oued maléfique d’hier, train avant arraché.

Jacinto et Tomecek sont seuls au monde, et il est grand, ce monde là !

Demain… dimanche journée de repos mais « à la Metge », c’est-à-dire qu’il y aura quand même 300 bornes à faire, par le goudron, jusqu’à Laayoun.

On est dans l’extrême sud marocain, après demain lundi on est en Mauritanie, vous vous souvenez des sables immaculés du film « Fort Saganne » ?

La Mauritanie, c’est cela et c’est un des plus beaux pays du monde, à condition d’aimer le désert.

Ça existe ça, des gens qui n’aiment pas le désert ?

Jean Louis Bernardelli
Photos : Alain Rossignol

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