AFRICA ECO RACE : ETAPE DEUX, IL Y A DU MOUVEMENT DEVANT ….

 

 

Le Rallye est toujours au Maroc, destination grand sud.

Une étape relativement longue, relativement roulante et totalement hasardeuse au niveau de la navigation, de Borj Bel Freissat (au Maghreb, un Borj est un fort) à El Mdouara, 140 km de liaison et 320 km de spéciale.

Le vainqueur du jour en autos est Patrick Sireyjol (305), qui avait eu des problèmes hier. Le leader au général est  donc Jérôme Pelichet (302), sur un Bowler.

En catégorie camions, la Princesse du désert qu’est la Portugaise Elisabete Jacinto (401) a gagné la spéciale et pris la tête au général.

MOTOS : LES QUATRE MOUSQUETAIRES 

Quatre participants à moto, c’est peu. Mais l’histoire est belle, d’abord parce qu’on l’a dit, ces quatre pilotes réalisent un rêve, celui de rouler sur les traces de leurs glorieux pionniers du Dakar, ensuite parce qu’ils s’en donnent à coeur joie, malgré les différences de cylindrée, on peut en effet courir cette Africa Eco Race avec des motos de plus de 450 cc.

Il ya aura donc deux classements !

La BMW 450cc de Bruno N’Diaye (No 107) emporte cette spéciale devant la (grosse) KTM de Norbert Dubois (No 161), à deux minutes, et la (petite, 450 cc) KTM de Thomas Bourgin, à cinq minutes.

Au général, c’est la (grosse) KTM de Willy Jobard (No 127) qui est en tête, avec 35 secondes d’avance sur N’Diaye et 1’49 secondes sur Bourgin. 

Serrés les mousquetaires !

AUTOS : BUGGIES OR NOT BUGGIES ?

 

C’est le buggy de Patrick Sireyjol (No 305) qui gagne cette spéciale. Mais Patrick a eu de gros soucis hier et est en fait à plus d’une heure et demie du leader au classement général.

C’est ça l’Afrique, un prédicateur qui est devenu très célèbre a dit il ya environ deux mille ans que

« Les premiers seront les derniers »…

Belle prédiction !

Sauf quand on est premier… ce qui est le cas de Jean Louis Schlesser, en début de spéciale.

Il raconte.

« On part huitième, notre place au classement général, on roule comme des balles, ma coéquipière navigue comme un chef, on passe tout le monde et on est en tête. Au passage, je veux aussi dire que la spéciale d’aujourd’hui était sublime, avec ou sans pépins. Parce qu’au km 112, ça arrive le pépin. Je sentais que la direction devenait de plus en plus dure, j’ai même du mal à prendre certains caps annoncés par Céline, je m’arrête parce que j’ai peur d’avoir un gros pépin. En fait, truc incroyable, c’est la première fois que ça nous arrive, la colonne de direction est simplement en train de se gripper ! Impossible de réparer, je reprends la piste et là, le pilotage devient un enfer, dans des pistes parsemées d’herbe à chameau, Bon, Loulou, dis moi combien on a pris et combien je suis… ».

On analyse ensemble les concurrents qui sont devant, au classement général, et Schless’ finit d’un superbe…

« Alors, ça va être un beau challenge ! ».   

Qui est devant ?

Le Bowler (prototype sur base Range Rover) de Jérôme Pélichet (no 302) est second de la spéciale derrière Sireyjol mais ici la régularité paie.

Il se retrouve en tête au général.

Les buggies n’ont donc plus le pouvoir !  

Un autre prédicateur, très talentueux (Charles de Gaulle) lui aussi, mais c’était il ya seulement soixante dix ans, a écrit que perdre une bataille n’est pas perdre une guerre. 

François Lethier (No 303), sur le deuxième buggy Schlesser, quatrième de la spéciale, est second au général, avec 9 minutes de retard sur le leader.

Rien n’est donc perdu pour les buggies !

Le Nissan du Belge Loomans est troisième de la spéciale, quatrième au général.

Jean Louis Schlesser est finalement douzième de la spéciale d’aujourd’hui, avec 57 minutes de retard sur le vainqueur Sireyjol.

Huitième au général, il sauve les meubles, mais 57 minutes, il va falloir aller les chercher, même si le Lac Rose est encore incroyablement loin…

« Le beau message d’aujourd’hui », nous a aussi dit Schlesser, « c’est que nous pouvons être premiers » 

  

CAMIONS: WHEN A WOMAN LOVES A MAN… 

Que James Brown me pardonne d’avoir un peu inversé les mots de son titre le plus fameux, ce slow magnifique qui a permis à tant de couples de se déclarer leur flamme !

Mais l’histoire se répète.

Le désert est amoureux fou de ce petit bout de bonne femme, Elisabete Jacinto (No 401).

Elle a commencé à courir à moto et elle  gagne la spéciale aujourd’hui, prenant aussi la tête du classement général.

Cette année, elle a déjà gagné le Rallye NPO de Tunisie et encore celui  NPO du Maroc, à bord de son très impressionnant camion Man, un bijou de 18 tonnes, moteur de 12 litres de cylindrée développant 550 chevaux.

Elle prend la tête du classement général de cet Africa Eco Race avec 5 minutes d’avance sur le Scania du Hongrois Kovacs (No 400) et 12 minutes sur le Tatra du tchèque Tomecek (No 402).

Belle histoire !

Elle continue demain la belle histoire.

Le Rallye est toujours au Maroc, direction la Mauritanie, avec une grosse étape, seulement 4 km de liaison, 416 km de spéciale et encore 50 km de liaison, qui permettront de relier El Mdouara à Wad Tissint.

On va rouler très fort sur des « Chott » (lacs salés, du billard) et on commence à sentir bon le sable chaud vers l’arrivée, avec le fameux Erg Chegaga (un erg est un océan de dunes) et on finit au paradis sur terre, l’oued Drâa, (un oued est une rivière, parfois à sec, mais pas celle-ci) ce poumon vital de l’Afrique, ceinture de palmiers verts fluo entre les montagnes arides, un symbole de vie dans un paysage aussi magnifique qu’inhumain.

Jean Louis Bernardelli

Photos: Alain Rossignol

 

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