AFRICA ECO RACE 2011 : PREMIERE ETAPE AU MAROC

 

 

Arrivés ce mercredi matin par bateau depuis l’Espagne, les concurrents ont fait une petite spéciale de mise en jambes au Maroc, de Nador à Borj Bel Freissat.

180 km de liaison pour arriver à la piste, 150 km de spéciale où, en fin de parcours, de nombreuses pistes parallèles demandent une navigation très précise.

MOTOS : ROULER ENSEMBLE

On a dit ici qu’il ya très peu de motos au départ, et il faut noter que les écarts sont faibles, 8 minutes entre le premier et le troisième. En revanche, si l’on compare avec les chronos des premières autos, on est assez loin du compte, près de 40 minutes.

Qu’importe, pas d’enjeux industriels on l’a dit, juste envie de se faire plaisir. Les deux KTM de Jobard (127) et Bourgin (105) sont donc en tête de la course, en terminant la première spéciale aux deux premières places, et ce devant la BMW de N’Diaye (107).

AUTOS : LA « TOTALE » DES BUGGIES

Nous avons écrit ici même que cette formidable machine à rouler vite en TT (tout terrain) a été choisie par quasiment la moitié des concurrents en catégorie auto. Et aujourd’hui, sur une étape courte, ces voitures sont pile dans leur élément.  

Victoire d’étape et première place au général pour le buggy de Gérard Benielli et Didier Haquette, (306) en 1h48’, jolie moyenne pour 150 km de spéciale !

Cet équipage est en deux roues motrices, et donc ravi d’avoir pu précéder Jean Louis Schlesser,(300) grand favori, de  près de douze minutes !

Régis Delahaye et Alexandre Winocq, (308) sur un buggy préparé par MD Rallye Sports, sont deuxièmes à trois petites minutes des leaders.

L’equipage belge Stéphane Henrard-François Béguin (304) est troisième, à quatre minutes. Les deux buggies Monster-Schlesser de Lethier (303) et Schlesser (300) sont quatrième et huitième de cette spéciale marocaine, avec respectivement six minutes et douze minutes de retard sur le vainqueur du jour.

Commentaire quasi unanime à l’arrivée :

Une étape où on peut jardiner (se perdre et chercher sa route en moulinant pas mal dans le chouff), typique des spéciales tracées par René Metge.

Un commentaire de Jean Louis Schlesser, qui est parti avec une nouvelle équipière, Céline Merle-Béral, nouvelle à deux titres, en place droite avec Jean Louis mais aussi navigatrice pour la première fois.

Beau baptême !

« Cette spéciale était particulièrement difficile en navigation » dit Jean Louis. « Il y avait pas mal de poussière. Le début du tracé était redoutable, étroit, boueux, sinueux et glissant. Ma copilote est totalement débutante, mais elle a malgré tout fait du bon travail et …n’a pas été malade ! Nous nous sommes calés sur le rythme des premiers.  Le Buggy Monster a tourné comme une horloge ! »  

Jean Louis rappelle ici le calvaire que peut être une initiation à la navigation, initiation au très difficile métier de copilote. Bien sûr, il ne faut pas se tromper, savoir déchiffrer le road book sans faire d’erreurs, savoir apprécier le bon moment pour annoncer les difficultés, savoir lire un cap, vérifier le GPS sur les Way Point obligatoires, et comme on a le nez dans les instruments et le road book qui comme son nom l’indique, est un livre, on est en général malade à crever.

Bravo à Céline, qui a dû en baver un max, surtout sur une étape tracée par ce vieux renard du désert qu’est Metge.

HUBERT AURIOL : RENAISSANCE DOULOUREUSE

Il en est des renaissances comme des naissances.

Le « sans douleur » est un truc qui n’existe pas… (Si vous avez un doute, demandez à vos copines qui ont fait des mômes, mais barrez vous à toutes jambes, elles ne vont pas aimer vos questions…)

Hubert Auriol on le sait, fête sur ce rallye une sorte de résurrection.

Pour faire vite, disons juste que les galères juridiques ont succédé à des passages à vide sportifs.

Donc, sur cet Africa Eco Race, Hubert a pris le départ avec une machine, un buggy Predator, importé des USA par son ami Thiery Charbonnier, un engin extrêmement performant.

Hubert a malheureusement cassé une rotule, qui est toujours le point faible d’une suspension de course. Il a dû changer sur la piste, il est excellent mécanicien mais c’est une pièce importante, que l’on n’a pas forcément à bord.

Bilan, deux heures perdues et une trente et unième place à l’arrivée.

Bon, le Lac Rose de Dakar est à plusieurs milliers de km…

Et d’autres auront des soucis.

On souhaite bon courage à Hubert, notre pote et héros des premiers Dakar d’antan.

CAMIONS : RAPIDES PACHYDERMES

Sur un terrain comme aujourd’hui, on se perd mais si on ne se perd pas, on roule vite, pas de difficultés « trialisantes » en somme, pas d’obstacles majeurs, les camions du désert sont redoutables.

De Rooy, hollandais richissime, possédant à l’époque 600 camions, ce qui était alors énorme, avait eu au debut des annees 80 comme fantasme, non seulement de gagner le Dakar en catégorie camions, mais surtout de faire des chronos meilleurs que les autos.

Il en a été tout près.

C’est dire que ces camions sont  au désert ce que l’éléphant était à Hannibal.

Une arme destructrice et flanquant vraiment la trouille aux autres…

Sur cet Africa Eco race, c’est simple, le premier camion, au temps scratch, est seulement à ….six minutes de la meilleure auto.

Bref, on a envoyé, et du VRAIMENT lourd !

Revanche du Rallye NPO du Maroc où il avait été humilié chaque jour d’une longue semaine ?

Le Hongrois Kovacs, (400) sur son Scania, a battu la jeune portugaise Elisabete Jacinto (401) qui passe le contrôle d’arrivée aux commandes de son Man avec sept minutes de retard.

Bref, l’honneur est sauf !

Aujourd’hui  jeudi deuxième étape, jusqu’à El Mdouara, 320 km de spéciale très « Maroc » et très « Metge » c’est-à-dire roulantes et où l’on se perd à qui mieux-mieux…

Jean Louis Bernardelli

Photos . Alain Rossignol

Sport

About Author

gilles

Leave a Reply