RALLYE DU VAR : SEBASTIEN OGIER ‘’ JE N’AI PAS ENVIE D’ETRE UN NUMERO 2’’ !!!

A l’occasion du Rallye du Var, Sébastien Ogier désormais pilote à ‘’ plein temps ‘’ en Championnat du monde des Rallyes WRC, a effectué une ‘’ P’tite ‘’ pige, en s’engageant dans cette huitième et ultime épreuve, comptant elle pour le Championnat de France des Rallyes 2010.

Le but était double.

Seb poursuivant d’une part, la prise en main et la mise au point de la dernière née de Citroën, la petite DS3.  

En emmagasinant, d’autre part de l’expérience en pilotage sur asphalte, lui qui brille déjà de mille feu… sur terre !

En compagnie de nos confrères de deux grands quotidiens de province, Olivier Guigues du Dauphiné Libéré et Charles Bernard Adréani de La Provence, la nouvelle petite merveille du Rallye Français, nous a accordé à Sainte Maxime, un peu de son temps – précieux – pour bavarder à bâtons rompus de TOUT.

De sa saison en WRC, de ses débuts comme…. mécanicien, de sa présence au Var, de sa rivalité inévitable avec le GRAND MAITRE, l’autre Seb, Sébastien Loeb, de sa future monture – cette DS3 – et bien évidemment de son avenir.
 

INATTENDUE VICTOIRE AU MONTE CARLO 2009

Mais revenons sur sa formidable histoire et sa jeune et prometteuse carrière.

Sébastien Ogier, Gapençais, 27 ans le 17 décembre prochain, désormais pilote professionnel et inséparable de son co-pilote, le Montpelliérain Julien Ingrassia.

Brillant lauréat de l’opération ‘’Rallye Jeunes FFSA’’ (Fédération Française du Sport Automobile), Seb a été sacré ‘’Champion du monde Junior’’ des rallyes en 2008.

En 2009, il remporte le prestigieux Monte Carlo, au volant de la 207 S2000 Peugeot, aux couleurs du manufacturier BF Goodrich.

Lequel l’avait choisi et retenu sur un vote des journalistes, au rang desquels figurait autonewsinfo !

Depuis, Ogier n’a cessé de s’illustrer et cette année au volant de l’une des C4 Citroen, il a éclaté, s’offrant deux succès de prestige au Portugal et au Japon.

Fort de ses victoires et de ses coups d’éclats permanents, Seb Ogier a rejoint pour 2011, la grande équipe officielle Citroën, délaissant le ‘’ Junior Team ‘’ de la firme aux Chevrons.

Lequel lui a permis de briller en 2010 et de démontrer toute l’étendue, de son immense talent

Lui qui en rêvait, le voila à la fois, pilote officiel Citroën Racing à plein temps pour les trois saisons WRC à venir, au volant de la dernière née de Citroën, la toute nouvelle DS3 1600 Turbo.

Et aussi, coéquipier de l’immense Sébastien Loeb. La ‘’ Cathédrale ‘’ Internationale du Rallye.

Inusable CHAMPION du monde depuis 2004 !

Notre confrère Adréani du quotidien La Provence, lance l’interview :

Sébastien, être un bébé des « Volants Peugeot », est-ce important pour vous?

« Je m’en souviens très bien car ce n’est pas si vieux. Cela a commencé en 2006 par l’opération Rallye Jeunes de la FFSA. Les sélections avec la finale à Alès, puis mes deux saisons en « Volant 206 ». J’y croyais d’autant plus que j’ai d’abord connu les sélections en tant que mécano, j’ai vu comment ça se passait et je me suis dit pourquoi pas moi. Ma première tentative n’a pas été la bonne, à cause d’une quille renversée, en revanche elle m’a vraiment fait y croire car les chronos réalisés étaient bons. Je me suis dit qu’avec un peu de réussite ça pourrait le faire et l’année d’après, j’ai à nouveau tenté ma chance. Et là ça a été la bonne. »

Mécanicien cela signifie que vous savez donc ce qui se passe sous la carrosserie?

« C’est un atout de bien comprendre sa voiture et de savoir aussi se dépanner rapidement en cas de problèmes. La mécanique a en tout cas été le moyen qui m’a permis d’approcher le milieu du sport automobile, car si j’avais eu les moyens financiers de le faire j’aurais peut-être directement commencé par piloter. »

Sans cette opération de promotion vous ne seriez donc pas là aujourd’hui?

« Sans Rallye Jeunes, je n’aurais effectivement peut être jamais couru de ma vie ! »

Dès vos débuts, on vous a découvert réfléchi et organisé. Est-ce inné chez vous ?

« Pour avancer, j’ai toujours eu des objectifs élevés et visé très haut. Etre un éternel insatisfait, ça a du positif et du négatif… Même quand je fais un bon résultat ou lorsque je gagne une course, je me projette déjà, parfois trop vite, dans l’étape suivante. J’ai du mal à savourer les étapes franchies. C’est une façon de me motiver pour aller toujours plus loin »

Nous lui posons la question qui intéresse bon nombre de ses fans.

Vous avez refusé les offres de constructeurs étrangers. Courir pour un constructeur Français, est-ce que cela vous apporte un plus ?

« Je pense qu’au début, ça a été un avantage pour moi, car être Français m’a aidé à avoir des opportunités, avec Peugeot tout d’abord puis avec Citroën qui est aujourd’hui la meilleure équipe en Championnat du monde. Je suis conscient que c’est grâce à eux que j’en suis là aujourd’hui et il est naturel que je continue avec eux. »

En présence de Sébastien Loeb, était-ce évident de remporter dès cette année deux épreuves du Championnat du monde des rallyes ?

« Non, c’est sûr! Surtout lors de notre première victoire, au Portugal, il nous a mis la pression jusqu’au bout pour qu’on ne gagne pas facilement. Ce rallye fait partie des moments que j’ai savourés parce qu’avec un Sébastien Loeb qui vous pousse jusqu’au bout, on se dit que ce n’est pas une victoire volée. De plus le parcours était très abrasif et il était difficile de gérer les pneumatiques. Pour une fois, j’ai d’ailleurs pris le temps de savourer un résultat sans me tourner immédiatement vers la course suivante. »

Justement, Loeb, c’est qui ou c’est quoi pour vous ?

« C’est… humm… comment dire… A la base, c’était une idole. Après il est devenu un modèle. C’est aussi la personne qui m’a aidé à percer et qui, à mes débuts – quand je courais encore en Volant 206 –, a parlé de moi chez Citroën et m’a un peu poussé vers l’écurie. Il m’a aussi donné pas mal de conseils. Aujourd’hui, il est devenu un adversaire que, malgré tout, je respecte beaucoup pour ce qu’il a fait et ce qu’il fait encore en tant que rallyman. »

 Le fait que désormais l’élève soit tout proche du professeur, change-t-il votre point de vue  et la donne?

« J’apprécie évidemment de me rapprocher de plus en plus de lui au fil du temps, mais il reste le Maître. Loeb a encore dominé le Championnat 2010 et l’avoir devant moi en référence, ne peut que me tirer vers le haut. »

Sur l’asphalte il vous reste encore à progresser, mais sur la terre il semble que vous avez déjà franchi d’importantes étapes ?

« Rien n’est jamais acquis, surtout en matière de pilotage, mais il est vrai que j’ai franchi un gros « step » et que, cette année, dans la plupart des épreuves sur terre, j’étais capable de me battre devant pour la victoire. Mis à part au RAC (en Grande-Bretagne), qui apparemment n’est pas notre rallye fétiche. J’ai fait une erreur mais j’étais dans le rythme des meilleurs sur une course très compliquée. Sur l’asphalte, il me reste encore beaucoup à apprendre pour un jour, je l’espère, être performant partout. »

D’où sa présence au Rallye du Var. Le Championnat WRC étant terminé.

Votre cœur est pris. Mais savez-vous que les compagnes des pilotes, ne disent pas toutes les craintes qu’elles éprouvent ?

« C’est sûr que les femmes des pilotes n’ont pas une situation facile, en particulier parce que nous avons des emplois du temps tellement chargés, que ça ne nous laisse pas beaucoup d’espace à leur consacrer. Aurélie comprend, car nous nous sommes rencontrés dans le milieu automobile, justement aux sélections de Rallye Jeunes. A l’époque, j’étais encore mécano et c’est elle qui tentait sa chance en tant que pilote. Depuis les choses ont un peu changé mais c’est aussi une passionnée et je crois qu’elle aime un peu ce que je fais… »

Est-ce la vie de famille qui doit s’adapter à la compétition ou l’inverse ?

« Il est clair que depuis quelques années, j’ai tout mis entre parenthèses pour la compétition. Aujourd’hui, c’est la priorité dans ma vie et le reste passe après. Du coup, ce n’est pas facile pour la vie de famille et nos proches. Mais ils doivent comprendre que le sport de haut-niveau fonctionne ainsi. »

Vous venez des formules de promotion, vous y intéressez vous encore?

« Je n’en suis plus aussi proche qu’avant mais je suis toujours les résultats dans les médias. Je n’oublie pas d’où je viens et il est toujours sympa de venir retrouver ses racines sportives en disputant une manche du Championnat de France, comme je l’ai fait au Var, pour voir de plus près ce qui s’y passe. Les formules de promotion restent toujours l’endroit idéal pour se faire repérer et cette année encore des jeunes, ont été remarqués. »

Vous signez vos autographes comme Loeb. Un graphologue a dit que vous n’étiez pas un copieur mais que vous aviez les mêmes neurones et le même ADN de pilote que lui. Qu’en pensez-vous?

« Si j’ai le même ADN et les même neurones que Loeb, il ne me reste plus qu’à avoir la même carrière que lui et ça ira très bien. Il est vrai que nos signatures sont proches, mais en même temps, elles sont assez simples et comme on s’appelle Sébastien tous les deux, il existe effectivement une petite ressemblance… »

Le stress et la peur, vous en faites quoi ?


« Je fais déjà confiance à mon copilote, Julien Ingrassia. C’est une personne importante dans la réussite d’un rallyman. Le stress, il faut savoir le gérer. En ce qui me concerne, ça ne me coupe pas mes moyens, bien au contraire, ça a tendance à me booster. Je pense qu’il est généralement agréable de ressentir une forme de stress en se donnant à fond dans ce que l’on fait. »

Seb 1 va assez vite passer le flambeau à Seb 2 ?

« Lui-même ne sait pas de quoi son avenir sera fait. Ce qui est sûr, c’est qu’en 2011, nous serons coéquipiers et être dans la même écurie me donne beaucoup de repères et de bonnes informations. Après, il va falloir se battre contre lui… »

Et si on vous demande de servir de faire valoir comme Massa à l’égard de Schumi puis d’Alonso?

« Pour l’instant, les choses sont claires avec l’équipe. Nous allons débuter la saison à armes égales avec les mêmes chances de réussir. Après, en fonction de ce qui se passera en début de saison, il se peut qu’il y ait des stratégies qui se mettent en place, mais je vois mal Sébastien se mettre à mon service et je n’ai pas envie de me mettre dans la peau d’un numéro 2. Je partirai donc avec beaucoup de motivation afin d’essayer, si possible, de viser le titre. Après on verra. Mais je suis conscient que si l’équipe qui m’emploie et m’a mis toutes les cartes en mains pour réussir me donne des consignes, je serais un peu obligé de les respecter ! »

Pour l’heure, en de début de semaine, Seb Ogier a quitté Sainte Maxime pour filer retrouver l’équipe Citroen.

Avec laquelle, il va trois jours durant, limer l’asphalte sur les routes de l’Ardéche, sur les traditionnelles spéciales du fameux Monte Carlo.

Un Monte Carlo ou il nous a dit, ne pas être au départ en janvier prochain, l’épreuve ne figurant pas et pour la troisième année consécutive, au calendrier du Championnat du monde des Rallyes WRC.

Qu’à cela ne tienne, ‘’cépograv’’, la prestigieuse épreuve  monégasque, il connait.

Ne l’a t’il pas déjà accroché à son palmarès le  janvier 2008 !!!

Gilles Gaignault
Photos : Gilles Vitry Charles Bernard Adréani 
(La Provence) et Teams

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