MOTO GP : JORGE LORENZO TRIOMPHE DEVANT SES FANS AU GP DE VALENCE EN ESPAGNE

 

Devant son public, 80 000 spectateurs, alors que l’Espagne aura reçu cette année trois épreuves de MotoGP et fort de son titre 2010, Jorge Lorenzo se devait de gagner ce GP de Valence.

C’est fait !

Et nettement.

Enfin, nettement, dans les dix derniers tours…

Parce qu’avant, on en était loin.

Le Champion du monde a bien failli, nous y reviendrons, nous rejouer ’’ l’inoubliable grande scène de vitesse ‘’ offerte par l’Américain Randy Mamola lors du GP de San Marino disputé à Misano, s’accrochant à son guidon, à côté de sa moto et courant … à près de 140km/h ! 

C’était il y a de cela prés de vingt ans !! En 1988

Un vrai GP de folie, comme on les aime.
 

Il n’y a guère de vrais enjeux sur la ligne de départ de ce dernier GP de l’année, Jorge Lorenzo est Champion du monde depuis belle lurette, le titre constructeurs est attribué à Yamaha depuis quinze jours, le meilleur pilote privé est Ben Spies depuis un peu de temps aussi.

Alors ?

Ce serait oublier deux motivations essentielles des Champions de sports mécaniques, l’orgueil personnel et la fierté nationale.
Et ce GP sans objectifs précis est devenu l’un des plus beaux de l’année.

SENOR « JORGE 50% LORENZO »…

 

Neuf victoires sur dix huit GP courus cette année, Lorenzo en gagne donc un sur deux, il ya eu mieux, mais pas souvent…
Mais cette victoire là s’est faite totalement à l’arrache.

Au départ, Stoner est en pole, sur sa Ducati, pour son dernier GP puisqu’il sera chez Honda l’an prochain.

Il a évidemment très envie de partir sur un bon souvenir, et l’on sait que l’Australien est un redoutable guerrier.

Lorenzo est tout près derrière, Rossi est loin, mauvais chronos en qualifications, 10ème place sur la grille.

 

Hayden, le second pilote Ducati, va laisser sa deuxième place si convoitée à tous ces beaux messieurs aux dents longues qui sont derrière.

L’espagnol cherche à passer à l’intérieur d’une courbe à haute vitesse. Tenez vous bien, c’est l’épaule de Simoncelli que Lorenzo touche de son pneu avant.

Ce qui donne une idée de l’angle (ce que les marins appellent la gîte) pris par les motos. Donc à priori, pas de gros souci dans les premiers tours. Sauf que…

Sauf qu’il y a en troisième place sur la grille, la Honda privée de Simoncelli qui va être le héros des quinze premiers tours.

Sauf que les deux Ducati partent devant tout le monde.
Sauf que donc rien ne se passe comme prévu et Lorenzo doit attaquer Simoncelli pour aller chercher les Ducati.

Ce pilote, qui est, rappelons le, privé, donc sur une moto qui fait du rodéo au milieu des usines qui passent comme sur des rails, résiste formidablement à cette machine à triomphe qu’est Lorenzo.

Incroyable et dément !!!

Normalement, Lorenzo est par terre.

Mais on l’a dit plusieurs fois ici, rien n’est vraiment normal, même pas humain, dans ces courses de MotoGP.

Lorenzo et sa moto s’écroulent donc sur leur gauche. Le pilote réussit à remonter la moto vers la verticale, premier miracle, et au moment de la reprise d’adhérence, violente, il est projeté en l’air les pieds au-dessus de la selle.

Et il reste en piste.

En rage d’ailleurs. Mais du coup, tout le beau monde lui est passé devant, y compris Rossi qui lui fait un beau début de course.

Spectacle dément, pilote divin, moment de grâce…

A ce moment, on comprend que ça va saigner…

GUERRE CIVILE EN… ESPAGNE


Magnifique vol plané, incursion à plat ventre dans le gravier, maintenant on est entre hommes, on sort les couteaux et on règle l’histoire.

Simoncelli et sa moto privée vont se mêler à plusieurs reprises au duel en tête, mais petit à petit, les motos d’usine font le ménage, Simoncelli est largué mais il reste en bagarre avec les deux Honda officielles de Pedrosa et Dovizioso !

 

 

LE TRIO DE DIEUX, LE DUO DE DIEUX , LE SOLO LOLO… 

Trois champions du monde, roue dans roue. 

A la mi-course, Stoner est leader, Rossi second, Lorenzo troisième.

Ecart entre les trois motos, 15 mètres.

Ben Spies, du Team Tech3, viendra se mêler à ce groupe et mettra d’ailleurs tout le monde d’accord en finissant quatrième.
Il reste donc trois motos devant.

La Ducati est phénoménale de puissance et de couple, ça ne se fera pas en ligne droite.

Et puis, la douleur à l’épaule y est sans doute pour beaucoup, Rossi est passé par Lorenzo, puis largué par le duo de tête.
Lorenzo attaque la moto italienne comme un chien sauvage planterait les crocs dans un frêle mouton mais voilà, Stoner n’est pas un frêle mouton.

La Ducati Desmosedici  rugit de plaisir au contact de l’avide nippone.

Du lourd, du très lourd, on dit aussi du gros gaz.

Et Stoner fait l’erreur de trajectoire d’un millimètre cinquante où se fufile un Lorenzo royal et ne l’oublions pas depuis sa cabriole, en rage, et toujours devant son public.

Un moment Stoner résiste, mais que faire quand la légende est en marche ?

Lorenzo part vers son destin d’immense pilote, laissant le monde derrière lui et passant le drapeau à damiers tout seul.

En fait, faut pas aller chatouiller l’ibère sur son terrain de chasse.

IN-TOU-CHA-BLE !

LE PODIUM EST LUI ROYAL

Trois Champions du Monde (onze titres au total) s’y côtoient :
Lorenzo, Stoner et Rossi.

Signalons enfin la dixième place de Randy de Puniet pour qui il est temps que la saison se termine. Maintenant aux chirurgiens de prendre les commandes

125 :  MARQUES , UN TROISIEME ESPAGNOL COURONNE

Si en Moto GP et en Moto2, le Champion du monde était déjà connu, Valence a consacré un… troisième pilote Ibérique dans la catégorie des 125cc. 

Marquès, en finissant sans prendre de risques quatrième de cet ultime GP, devient à 17 ans le nouveau ‘’ Campeon de Mundo ‘’

 
Un Rossi qui résumait son ultime GP au guidon de sa Yamaha:

« En début de course, quand je me retrouve derrière Stoner, je pense que je peux gagner. Ensuite, arrive Jorge, clairement le plus rapide aujourd’hui. En plus, les freinages, importants sur ce circuit, devenaient très douloureux, je faisais des efforts physiques trop intenses sur l’épaule, j’ai dû ralentir. Dommage, j’aurais bien aimé offrir une victoire à Yamaha, pour les remercier des sept saisons formidables que nous venons de passer (quatre titres et quarante six victoires), cela dit, un podium n’est pas un mauvais résultat au vu de nos essais ! »

Stoner qui lui ajoutait:

« Dès le départ, j’étais mal. Impossible d’avoir le rythme que je voulais. Alors quand Jorge se colle derrière moi, je ne peux pas faire grand chose. Je remercie Ducati pour les quatre saisons que nous venons de passer ensemble. (Titre mondial 2007, 23 victoires au total).

Le nouveau Champion du monde, Lorenzo concluant:

« La plus belle course de ma vie ! Bon départ, puis l’accrochage avec Simoncelli, je reste dans le coup, j’améliore mes temps quasiment à chaque tour. La bagarre avec Stoner a été un grand moment. »

 

 

 

ROSSI : ADIEU MA YAMAHA !!!

 

Jean Louis Bernardelli
Photos : MotoGP

LES TROIS CHAMPIONS DU MONDE MOTO 2010

Moto

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