CARRERA PANAMERICAN : LA BELLE PERF DU BELGE STEPHAN MEYERS

Il était déjà venu une fois s’aventurer dans cette course de légende. C’était en 2001.

Il ?

Stephan Meyers, un voisin belge qui vit prés d’Anvers et qui cette année est donc revenu sur la CARRERA PANAMERICANA, faisant équipe avec son pote, Albert de Mey.

« Chaque année, je me disais tu dois y retourner, tant tu y a pris un Himalaya de sensations, c’est-à-dire un plaisir géant. Et puis, j’ai fait des enfants et les années défilaient. Mais cette fois ci, j’ai tout organisé pour éttre libre aux dates de la PANAMERICANA et me retrouver au départ à Tuxla »

Lors de sa découverte de l’épreuve, l’ami Meyers roulait au volant d’une Oldsmobile, loué au réputé Team Picatel basé à Mexico – comme la plupart des voitures participant à la course– mais pour cette seconde expédition, Stephan qui voulait faire partie du TOP 10, s’est tout simplement offert ‘’LA’’ bagnole qui pouvait lui permettre d’y parvenir.

« Effectivement, j’ai racheté à Philippe Lemoine, la superbe et très puissante Studebaker. Voiture avec laquelle Pierre de Thoisy a triomphé à sept reprises et auparavant, le Mexicain, Carlos Anamaya par trois fois. »

Cette Stude qui date de… 1953  est la voiture qu’il faut pour la gagne. Bourré de chevaux, c’est la bête sur vitaminé indispensable pour qui ose tenter l’aventure avec des vues de bonnes perfs !
C’est avec cette intention que Stephan et son copi prenaient le départ de Tuxla Gutierez, le 22 octobre dernier.

« Les deux premiers jours, nous sommes restés prudents, ne cherchant nullement à attaquer comme des dingues. D’ailleurs ,’’Lalo’’ l’organisateur s’est bien chargé de rappeler la veille lors du briefing qu’annuellement lors de la première étape, 40%des concurrents ne rallient pas l’arrivée. Avertis, nous avons donc roulés à notre main sans faire les zigotos. »

Car sur la route, c’était un peu, du grand n’importe quoi !

Nous avons pour notre baptême été ‘’ piquouzé ‘’ et bien vacciné car nous avons découvert de véritables kamikazes parmi les 120 concurrents au départ.

Et des les premiers km, ce n’était qu’un spectacle de désolation avec une kyrielle de bolides dans les bas cotes et autres… Ravins !!!

Ainsi nous avons hélas été les témoins de la terrible cabriole de la magnifique Lincoln jaune canari de l’équipage Américain, Brad Kaplan-Derek Dwyer. Lequel nous a donné une sacrée angoisse, les deux hommes étant écrasés dans l’habitacle de leur monture… Ce jour-là, nous avons eu le cœur qui tapait, qui faisait Boum-Boum d’effroi !!!

Bref, l’intervention et la désincarcération allaient nous rassurer mais nous avons bien cru avec nos amis photographes Allemands qui nous accompagnaient que leur dernière heure était venu, le pilote ne bougeant pas trente bonne minutes durant avant que les secouristes, arrivés extrêmement rapidement sur le lieu du crash n’interviennent avec succès.

Bref, nos deux belges au volant de leur Studebaker flanqué du numéro 116 se la jouaient tranquillou !!

« Comme en 2001, nous imaginions cette hécatombe car les locaux roulent à tombeau ouvert comme des fous et prennent des risques insensés et complètement démesurés. »

Ah, le sang chaud des Sud américains!!!

Au fil des jours et des étapes, la Stude bleue remontait dans le haut du classement. Et, Steph de préciser:

«  Notre objectif raisonnable était d’entrer dans ce TOP 10. Car en Europe, je ne fais jamais de rallyes. Certes je suis un passionné mais qui ne roule pas. »

Les sorties de route étant légions et s’accumulant et notre duo roulant à un rythme généreux, ce TOP 10 était atteint dés la mi-course.

Même si à l’avant-veille de l’arrivée, Stephan nous lâchait: 

« La sécurité prime ici sur un tel parcours dangereux à souhait. A la PANAMERICAINE, tu roules à 75% voire au grand maximum à 80% de tes possibilités. Tu dois rester raisonnable et ne pas tenter le diable. Les précipices sont légions du matin au soir sur ces spéciales disputées sur ces hauts plateaux à plus de 3000 mètres. »

Finalement, c’est à une exceptionnelle … quatrième place que la Studebaker, numéro 116, rejoignait Zacatecas

Un résultat fantastique pour la paire Meyers-De Mey:

« C’est réellement une très grande satisfaction pour nous car notre voiture date de 1953. Alors que les deux voitures de tête, celles du vainqueur, Rovanpera et de Michel Jourdain, préparées par Mats Hammerlund, sont de véritables voitures modernes ! Des NASCAR habillées avec des carrosseries Studebaker d’époque ! Donc, pour nous finir derrière, relève assurément d’un incroyable exploit »

On veut bien le croire car pour avoir quotidiennement suivi plusieurs spéciales, le père Steph il attaquait et emmanchait sérieux, au  volant de sa Studebaker, d’origine elle !!!

C’est la raison pour laquelle, sa quatrième place finale est un authentique exploit face aux ‘’ monstres ‘’ déguisés mais parfaitement autorisés par le règlement.

D’ailleurs, à la remise des prix, Pierre de Thoisy, sept fois victorieux à son volant,  applaudissait à la performance de son ancienne voiture, confiée à un équipage, qu’il considère à juste titre, comme100% amateur.

Et il nous déclarait:

« Chapeau à eux car n’étant pas des pilotes professionnels, finir à une telle place ici, mérite le respect »

Pour notre part pour les avoir suivi depuis le départ, la langue Française nous unissant, nous sommes nous aussi admiratifs de leur brillante prestation.

Bravo à eux

Gilles Gaignault
Photos : Thomas Frey et Miguel Angel Elizondo Marquez

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