CARRERA PANAMERICANA : DANIEL RIVARD A ACCOMPLI SON RÊVE

Daniel Rivard en rêvait !

Daniel Rivard, a donc réalisé ce vieux rêve de se retrouver un jour, au moins une fois dans sa vie, installé dans le baquet de la mythique Mercedes 300 SL ‘’ papillon ‘’  également connu aussi sous l’appellation de ‘’ Gullwing ‘’ !

Mieux même car encore plus fort, Daniel Rivard, a en outre ajouté à ce désir, la réalité de rouler grandeur nature à son bord, pendant …plusieurs milliers de kilomètres et ce à l’occasion de la compétition automobile, la plus folle, la plus inimaginable, la plus dantesque qui soit.

L’UNIQUE épreuve au monde ou TOUT, absolument TOUT y est permis et autorisé:

La légendaire CARRERA PANAMERICANA!

Encore un … Rêve !

Certes découvrir à la fois cette voiture et cette course mythique et légendaire en même temps aurait pu suffire à son rêve.

Mais Daniel Rivard, en voulait plus.

Fortuné, ayant plutôt réussi dans les affaires, l’industriel s’est offert la valeur sure, en proposant à Pierre de Thoisy, le  ‘’Maitre incontesté et incontestable ‘’ de cette CARRERA  car on l’a déjà dit et redit, sept fois victorieux, de le naviguer
De Thoisy, ‘’le’’ pilote capable de lui faire vivre ce rêve dans les meilleures conditions d’une part et aussi en mesure de lui faire vivre d’autre part une aventure inoubliable, en lui faisant vivre cette traversée de ce pays merveilleux qu’est le Mexique, bien installé dans cette 300SL.

‘’LA’’ voiture de ses rêves…

On le sait déjà, une semaine durant, cette expédition en Amérique centrale sur les hauts plateaux Mexicains situés entre 1800 et 3300 mètres, s’est parfaitement déroulé.

Course sans histoires donc pour notre ‘’ Rookie ‘’, aucun ennui mécanique grave n’étant venu contrarier et troublé le parcours du duo Pierre et Daniel.

Aucune erreur de parcours, non plus…
En débarquant à Mexico, Daniel n’avait qu’un souhait :

Tenter de rallier l’arrivée à Zacatecas, localité coloniale située au nord du Mexique.

 

Mais avant d’y parvenir, il lui fallait à bord de sa 300 SL, éviter les innombrables pièges, éparpillés tout au long des 3300 kms que comptait la CARRERA, qui s’élançait cette année depuis Tuxla Guttiérez, aux portes du Yucatan, pas très loin de la frontière avec le Guatemala.

Evidemment, à la veille du départ le jeudi 18 octobre, c’est un Daniel Rivard, un peu tendu, un peu interrogatif avec qui nous avions diné à l’hôtel Camino Real de Tuxla.

Lui qui n’avait encore jamais participé à une compétition automobile de sa vie, lui l’homme d’affaires, de se retrouver là, au beau milieu de cette meute d’habitués, soit de la CARRERA PANAMERICANA, soit des Rallyes, lui faisait au fond, un peu peur…

Un peu froid dans le dos !

Normal et logique.

Et de se dire ‘’ serais-je à la hauteur ? ’’

Ou bien encore, ‘’ Vais-je être capable de bien naviguer celui qui ici, est un héros avec toutes ces victoires ? ‘’

Bref, assurément de quoi l’inquiéter et lui faire prendre quelques tours…et aussi quelques montées d’adrénaline !!!!

Heureusement, la seconde 300 SL du Team HK Engineering, était elle aux mains également d’un tandem de néophytes et de bizuths de cette CARRERA.

La paire Vandromme-Vivier.

Franchement de quoi le requinquer et lui redonner et le sourire et confiance.

Les deux hommes  de la 215, découvrant certes la PANAMERICAINE mais comme ils bourlinguent à travers le monde ou ils disputent, bon an, mal an, ces épreuves ‘’ hors norme ‘’ et ce avec succès, finissant toujours leur périple, cela l’avait sécurisé et rassuré avant sa dernière vraie nuit.

Car, on ne dort pas ou peu dans cette CARRERA.

Non seulement, levé aux aurores – entre 5 h et 6 h du mat –  on s’enquille dans la foulée, une semaine durant, entre 500 et 700 bornes au quotidien et ce sur un parcours sinueux et tourmenté à souhait, sur les hauts plateaux, lesquels culminent aux alentours de 3000 mètres . 

Puis, le soir venu, on se retrouve pour une Fiesta rassemblant toute la caravane de la PANAMERICANA

Et donc, les montres et autres horloges affichaient quotidiennement minuit passé, lorsqu’on regagnait sa chambre…

Quant ce n’était pas plus tard encore !

Histoire de se mettre en mémoire le road book du lendemain ! Et pour les journalistes, rédiger leur compte-rendu quotidien…

Mais revenons à la course de cette Mercedes 300 SL, arborant le numéro 214.

Pierre de Thoisy, nous avait prévenus:

« Notre objectif est avant tout de tenter de rallier l’arrivée. De finir le Rallye et d’être présent à Zacatecas dans une semaine »

La première étape Tuxla-Oaxaca se passait bien. Daniel s’en sortait remarquablement avec l’itinéraire et le Road book, assumant parfaitement son rôle de copi:

Parvenu au parc fermé en soirée, il nous lâchait :

« Tout va bien. Je me sens serein, détendu et vraiment heureux. Rouler sur ce parcours est exceptionnel tout comme le faire dans cette voiture »

Au fil des jours et des étapes, Daniel ne cessait de progresser. Et donc de se détendre, devenant bien plus loquace et bavard. Et moins secret, aussi.

Ainsi, à chaque regroupement à mi-journée comme lors du regroupement de fin d’étape, c’est un copi heureux avec qui nous bavardions et échangions chacun nos anecdotes du jour.

Tant et si bien qu’un soir à Guadalajara, Daniel alla même jusqu’à s’extassier des performances de sa monture:

« Cette 300SL est quand même une sacrée bagnole. Quand je repense à 1955, qu’y avait-il comme voiture ? »

Et de nous énumérer une liste ou figurent déjà les premières Ferrari-Maserati et autres Aston, non sans oublier de nous dire:

« En France, il y avait les 403 Peugeot et puis les premières DS »

Avant de poursuivre:

« Alors tu comprends, pour l’époque cette 300 SL, était déjà une voiture unique. Exceptionnelle. Laquelle n’est pas ridicule cinquante ans plus tard. Loin de là.»

Puis se faisant professeur:

« En 1955, ce moteur possédait déjà l’injection.  Ce moteur Mercedes était dérivé des moteurs qui équipait les fameux Messerschmitt, possédant un arbre à cames en tête et une distribution desmodromique, lui évitant d’affoler les soupapes et les surrégimes »

Concluant:

« Cette 300 SL était un vrai bijou. Et plus de cinquante cinq ans plus tard, il s’agit encore d’un joyau, un diamant à l’état pur.»

Plus les jours passaient, plus les kilomètres défilaient, plus notre père Rivard, affichait une mine réjouie, un sourire qui faisait plaisir à voir.
Sur qu’il prenait du plaisir après s’être assurément fait un sang d’encre dans le vol Air France entre Paris et Mexico, le 17 octobre.

C’est là, à plus de 10.000 mètres, qu’il avait enfin pris conscience de l’aventure qui l’attendait réellement. Et de se poser tant de questions.

Pas longtemps restées sans réponses !

Et on le comprend. Comment ne pas se les poser !

Débuter en course.

Se retrouver assis dans ce bolide de légende et mythique, qu’est cette 300SL, qui a fait la gloire de toute une armada d’illustres Champions, à commencer par l’inoubliable Juan Manuel Fangio !
Et, enfin attaquer sa jeune carrière de copilote par la course la plus dingue qui soit, cette épreuve mondialement connue et réputée qu’est cette CARRERA PANAMERICANA, comme étant de la folie douce !!

Pourtant, il ne lui aura finalement fallu que trois jours pour se sentir bien dans sa combi et énumérer sans erreur les notes, étape après étape, à son prestigieux pilote. Et ensuite assurer une fin de course sans histoires.

Tant et si bien que notre apprenti Champion, termine  non seulement la PANAMERICAINE, en cette fin octobre mais ‘’ cerise sur le gâteau ‘’  il se classe second de sa catégorie !!!

Et grimpe sur le tout premier podium de sa jeune carrière…

Magnifique perf qui faisait dire à Pierre de Thoisy, son illustre ‘’ chauffeur ‘’ :

« Après avoir gagné sept fois, je me suis régalé au volant de cette voiture qui on le savait au départ n’avait pas les capacités et la puissance nécessaire pour viser une nouvelle victoire au scratch. (300 ch. contre plus de 600 aux Studebaker ) Mais de me retrouver et à l’arrivée et sur le podium de notre catégorie avec un copilote néophyte, c’est cela notre plus beau succès »

Justement dans le sublime complexe hôtelier de Zacatecas, une fois redescendu du podium ou il venait de recevoir les félicitations de l’organisateur Eduardo Léon, Daniel Rivard se lâchait. Lui le brillant businessman  utilisait un langage de … djeun:

« C’est le pied. Trop fort. Trop Top. Géant »

Et d’enchainer:

« Cette ultime journée à été inouïe. Un grand bain de bonheur avant le grand bain de foule. Cette semaine a été extra. A refaire. Sur que je reviendrais. Cette année, le but était de tout découvrir. D’apprendre. J’ai eu un formidable professeur. Il est évident que ce soir après une semaine de course sans soucis aucun, je me trouve beaucoup plus détendu.  Je reconnais que j’ai au fil des jours découvert que copi c’est un métier »

Daniel, concluant:

« Plus les jours défilaient, moins la fatigue se faisait pesante. La passion efface tout et j’avais comme l’impression  que je m’étais transformé en jouet mécanique, en automate et que tu remontes avec une clé, chaque matin ! Tant la passion annihile la fatigue »

Sur le chemin du retour vers la France, dans le jet qui nous ramenait en ce début de semaine de Zacatecas vers Mexico d’où nous allons attraper la correspondance pour le vol AF, Daniel Rivard avait un visage illuminé de bonheur. Qui faisait franchement plaisir à voir.

Quel contraste avec celui affiché dix jours auparavant !!

Il est vrai qu’entre temps, la CARRERA PANAMERICANA, lui a parfaitement réussi
Oublié les angoisses parfaitement compréhensibles.

Désormais, le sport automobile s’est trouvé un nouvel adepte, un réel copi.

Tant et si bien que  Pierre de Thoisy compte bien renouveler l’expérience et se lancer avec Daniel dans une nouvelle aventure.

 

Et pourquoi pas au printemps prochain, la Chihuaha au nord Mexique, à la frontière Américaine au sud d’El Paso.

La Chihuaha ?

Une petite PANAMERICANA dont le promoteur n’est autre que notre ami Chacho Medina.

Rencontré à la fin des années 80, lorsqu’il s’occupait du GP du Mexique de Formule 1.

Lequel  nous a vanté tout le bien de cette nouvelle épreuve qu’il organise depuis deux ans, à l’arrivée à Zacatecas. Epreuve à laquelle bien des concurrents de la CARRERA souhaitent s’engager…

Gilles Gaignault

Photos : Thomas Frey – Pierre Yves Gaudillat – Jean Philippe Belleudi – Miguel Angel Elizondo Marquez

 

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