CARRERA PANAMERICANA : LA COURSE EST BIEN LANCEE …

PIERRE DE THOISY SEPT FOIS VICTORIEUX

Notre ami, Pierre de Thoisy, le pilote le plus titré avec sept succès ici à la CARRERA PANAMERICANA qui se traduit en Français par la PANAMERICAINE, nous avait prévenus:

« Tu verras, cette course part sur les chapeaux de roue  » !!!

Eh bien, nous n’avons pas été déçus, c’est le moins que l’on puisse dire.

Depuis notre arrivée à Mexico en début de semaine , peu ou pas de sommeil. On se couche à pas d’heure et on se réveille bien avant l’aube, aux aurores.

Ce matin pour la première étape qui s’élançait depuis Tuxla Guttiérez, réveil à 4 heures 30. Le départ est prévu à 5 heures.

Dans le Hall du Camino Real, le palace qui sert de plaque tournante à la course, c’est pourtant déjà la pagaille.

On se croirait à la gare Saint Lazare, tant cela grouille de partout. Les officiels, les équipes d’assistance, les mécaniciens et les acteurs, les pilotes bien sur. Tout le monde est déjà debout !!!
Il est vrai que pour attaquer cette CARRERA PANAMERICANA, le menu est de plus consistants avec pas moins de 600 bornes pour rallier Oaxaca, non sans avoir avalé neuf spéciales pour les concurrents.

Un record dans le genre, selon le Professeur de Thoisy:

« Jamais en quinze participations je n’ai eu à disputer autant de spéciales dans la même journée et en plus le premier jour  »

Quoiqu’il en soit, nous les avons couverts ces 600 kilomètres. Nous nous sommes tapés tout le parcours en compagnie de l’assistance HK Engineering qui assure le suivi et la maintenance des deux Mercedes 300 SL des équipages Français de Thoisy-Rivard et Vandrome- Vivier.

Le plateau étant majoritairement cmposé de bagnoles Américaines des fifties et des sixties: Studebacker – Buick – Mercury – Chevrolet

Un parcours effarant, grimpant à 2000 mètres d’altitude puis redescendant dans les vallées. Pour remonter. De vraies montagnes russes. Une succession de cols dans un cadre, reconnaissons-le magique mais oh combien dangereux avec des descentes flirtant toute la journée avec des précipices à vous faire franchement prendre peur !!!

 

Parcours que les ‘’ Trompe la mort ‘’ avalent  et dévalent à fond la caisse, sous nos yeux ébahis…

Arrêté dans l’une d’entre elles, un long enchainement, avec nos confrères allemands, nous en avons pris ‘’ plein les yeux mais surtout plein le cœur.

Emotions fortes garanties !!!

Le cœur qui fait Boum-Boum.

Bien que suiveur, montée d’adrénaline et énorme charge émotionnelle garanties.

Il est vrai que parmi les 115 concurrents, on a admiré des dizaines et des dizaines de fêlés. Des ‘’ risque la mort ‘’ permanents qui n’ont qu’une idée en tête : FONCER.

Encore et toujours, peu importe le danger…

A ce petit jeu, Eduardo Léon l’organisateur nous avait avertis la veille.

Et cette première étape a été à la hauteur du danger annoncé.

En milieu de matinée, l’équipage Américain  Brad Kaplan- Derek Dwyer qui roule dans une Lincoln de 1955 dont le moteur V8 gavé de chevaux est sur-vitaminé, a flirté avec la mort

Sous nos yeux, la belle américaine dans l’une de ses descentes que le pilote enquillait à fond la caisse est partie dans le décor. Son pilote  tapant les rochers sur sa droite avant de rebondir, de partir en tonneaux pour venir s’immobiliser miraculeusement de l’autre côté de la route mais juste avant que la voiture ne dévale dans le ravin !!!

Les secours toujours très bien organisés étaient immédiatement sur place car dans cette CARRERA, toutes les vingt voitures, on trouve un peloton de véhicules de l’organisation comprenant la police, les pompiers et les médecins.

Il fallut trente bonnes minutes pour désincarcérer l’infortuné pilote, resté prisonnier de ce qui n’était plus qu’une carcasse écrasée. La Lincoln était méconnaissable, un tas de ferraille…

Le co –pilote ayant pu lui-même s’extraire sans aucun bobo. Ce qui visiblement était loin d’être le cas de Kaplan …

Franchement, en contemplant ce qui restait de cette belle Américaine, on se disait entre nous, suiveurs Européens que ‘’ Dame chance ‘’ veillait…

Car franchement !!!!

A peine, quittions nous ce premier drame, que quelques encablures, plus loin, nouvelle sortie  de route. Laquelle se terminait toujours dans le fossé…

Cette fois, il s’agissait d’une Chevrolet de 1960. Heureusement plus de peur  – pour l’équipage Mexicain – que de mal, même si le bolide se trouvait en contrebas de la route, ses occupants ne souffrant d’aucune blessure.
Nouvelle séquence émotions !!!

La suite de cette journée d’ouverture allait fort heureusement se révéler plus tranquille.
Pourtant, que de voitures arrêtées, capot levé. Il est vrai que ces voitures d’antan pour la plupart ne sont pas toutes adaptées aux conditions dans lesquelles leurs pilotes les mènent à tombeau ouvert. D’où de multiples problèmes de surchauffe sous ce cagnard , il faisait 35° ce vendredi, ici au Chiapas province du sud Mexique

Il nous revint alors, à mi journée, en mémoire l’annonce la veille du promoteur, Eduardo Léon:

« le premier jour, c’est 40% d’abandons  »

Nous n’avons pas compter  et encore fait les comptes car les arrivées se poursuivent jusque tard cette nuit mais on ne doit pas en être loin, cette année encore.

Lorsqu’après avoir serpenté des heures durant dans les montagnes de la région du Chiapas, nous avons enfin découvert cette sublime ville d’Oaxaca, la nuit tombait !!! Il était alors trois heures du mat en Europe.

C’est vous dire que nous avons passés plus de quinze heures avec notre chauffeur Edgard , un véritable ‘’ casse-cou ‘’ une sorte de Fangio local qui voulait suivre la meute des concurrents.
Certes il pilote très bien  – son rêve est de s’inscrire à l’avenir à la CARRERA –  mais tout de même, il nous a fait quelques chaleurs, notre kamikaze …

 A tel point que le photographe Allemand qui m’accompagne lui a fait quelques remontrances, le rappelant gentiment à l’ordre

Mais au bout de deux lacets, il réattaquait le bougre !!!

Ce samedi, nous attaquons des six heures du mat – treize heures en France –  notre nuit sera à nouveau bien courte, la seconde étape.

Laquelle doit nous mener après …500 km, à Puebla.En tout cas cette journée d’ouverture nous a bien chahuté.

Imaginez vous traverser ventre à terre, les Alpes. C’était effectivement le cas. Le parcours montagneux à souhait qui ressemble étrangement à nos massifs alpins, nous emmenant tout au long des 600 km,  en permanence de 1500 mètres jusqu’à 2000 mètres.

En prenant un verre au bar de l’hôtel Victoria d’Oaxaca, on se disait qu’une telle compétition est inimaginable en Europe.

Et dieu sait si ici au Mexique, elle est populaire. Le bord des routes, les villages sont la copie conforme de notre sacro saint Tour de France cycliste
Il n’empêche, l’organisateur croule sous les demandes d’inscription er en refuse à la pèle chaque année.

Pour cette édition, certes les Mexicains sont encore en majorité mais on dénombre une vingtaine de nationalités représentées dont une demi-douzaine d’Européens (France-Allemagne-Suisse-Italie-Finlande-Espagne-GB)

Heureusement, les deux Mercedes 300 Sl du Team HK Engineering sont bien au repos à l’endroit prévu ! Philippe Vandromme – Frédéric Vivier et Pierre de Thoisy – Daniel Rivard n’auront pas vécu une journée de tout repos mais sont ravis d’en être déjà arrivés à bout.

Plongée rapide dans le bain de la course « à l’américaine »..

Cela faisait un an qu’ils attendaient le départ de cette course dont les récits avaient bercé leur enfance !

Ce matin, Philippe et Frédéric n’en menaient pas large au départ, à Tuxla Gutierres, capitale du Chiapas, dans l’extrême Sud du Mexique.

Un départ aux aurores qui a commencé par la traversée de la ville, tambour battant, sur les grandes artères fermées pour l’occasion et bordées d’un public venu en masse, même à cette heure mâtinale.

Ensuite, l’enchaînement rapide des spéciales, seulement interrompu par une courte pause pour déjeuner, aura à peine permi à l’équipage francilien d’admirer les superbes paysages traversés par la course : jungle montagneuse, forêts de cactus typiques, canyons profonds ou steppes herbeuses…

Le Mexique propose des panoramas uniques au Monde…

La course emprunte exclusivement la Route Panamericaine ouverte en 1950 et qui relie l’Amérique du Sud à celle du Nord : un bandeau de bitume étroit mais très roulant, qui serpente à travers les dénivelés et que les concurrents doivent parcourir le plus vite possible…

Premières Impressions…

Philippe Vandromme :

« Dès les premiers tours de roue, cette nouvelle épreuve pour nous a été un réel plaisir : les organisateurs nous ont offerts un tour privé de la ville de Tuxla… Ensuite, il a fallu prendre en main l’auto sur des routes de rallye que nous n’avons pas l’habitude d’emprunter : des enchainements de virages rapides où la Mercedes a très envie de nous embarquer contre notre gré ! Au fur et à mesure, je la sentais de mieux et je pense que nous avons commencé à être performants en fin de mâtinée. Malheureusement, nous avons eu un problème de pompe à essence qui a dû nous faire perdre 30 secondes en début d’après midi, puis nous avons du gérer la consommation de carburant car nous avons manqué une station service ! C’est le métier qui rentre.

Et il enchaine:

« Je ne sais pas encore où nous en sommes au niveau des classements, mais, si la mécanique le veut bien, je pense qu’on ne pourra que progresser demain ! Je suis malgré tout très surpris du nombre d’abandons que nous observons… Je crois qu’arriver à bout de cette course serait déjà un exploit en soi ! Bien que le roadbook soit en anglais, et le rythme très rapide, Fred fait un travail irréprochable et a été dans le coup dès les premiers kilomètres. Notre tandem fonctionne toujours à merveille et il a même été récompensé par des collégiennes hurlant qui lui ont lancé des petits papiers où était marqué « I LOVE YOU » ! L’entrée dans Oaxaca fut épique : il y avait tant de monde que la police a dû nous ouvrir la route !

Avant de conclure:

« Nous sommes épuisés de tous ces kilomètres parcourus et surtout des 9 départs de spéciale que nous avons dû endurer nerveusement… Je crois que demain la journée est plus « light »… Tant mieux ! »

Pierre de Thoisy et Daniel Rivard : bonnes sensations…

Nous avons recueilli les impressions de Pierre et de Daniel à leur arrivée à Oaxaca, après une journée mi-fougue mi-raison pour le duo qui partage un habitacle pour la première fois.

Pierre de Thoisy :

« La mâtinée a été très difficile pour nous car la jauge de température indiquait que la voiture chauffait énormément et nous avons du nous arrêter fréquemment, en liaison, pour la laisser se remettre de ses émotions. Arrivés à l’assistance du midi, nous l’avons confiée aux mécaniciens qui ont décelé une anomalie de la sonde de température. Rien de grave mais du temps perdu… Nous avons ensuite très bien roulé l’après-midi mais je reste persuadé que la Panamericana est une course à élimination et qu’il faut attendre un peu avant de sortir nos atouts.
Lors de mes précédents victoires, je n’ai jamais été en tête avant le 4ème jour, restant en embuscade par attaquer au bon moment.
Je compte bien appliquer cette stratégie cette année encore. »

Daniel Rivard poursuit:

«J’appréhendais énormément cette première journée et je suis soulagé ce soir. Pierre, même s’il ne l’avoue pas, a des ambitions et je ne voudrais pas le décevoir. je n’avais pas le moral ce midi après nos problèmes de chauffe moteur et j’ai bien cru que nous ne repartirions pas de l’assistance. Mais nos mécaniciens sont doués et j’ai pu parfaire mon apprentissage de copilote cet après-midi, sans problème.Nous avons déjà une bonne osmose et je peux voir que cela nous donne des ailes..

Et, il conclut:

« Pierre est un sacré pilote : si je peux l’aider à lui donner des ailes, je suis partant !

Ce samedi, la folie se poursuit… et l’infernal rodéo aussi !!!

Gilles Gaignault
Photos : MexsportThomas Frey – Miguel Angel Elizondo Marquez

PS : Tard cette nuit, il était prés de neuf heures en Europe, on a officiellement appris que Brad Kaplan ne souffre d’aucunes lésions graves et que ses jours ne sont pas en danger.

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