RALLYE OILIBYA DU MAROC: AUTANT EN EMPORTE CHEGAGA…..

  

 

Dans son océan ocre aux vagues de dunes parfois vertigineuses, l’erg de Chegaga a encore ouvert toutes grandes ses portes aux concurrents du Rallye OiLibya du Maroc pour cette quatrieme étape considérée par tous comme la plus éprouvante de cette édition 2010.

 

Deux boucles de 160 kilomètres 100% sable et navigation, où la moindre petite erreur se ‘paie cash’. La preuve, aujourd’hui, par Cyril Despres (KTM 450 Red Bull n°2), leader de la catégorie moto qui a concédé près d’une quart heure, suite à une erreur de navigation…

MOTOS : L’ERREUR DE DESPRES

 

SABLE AU CLAIR !

 

Grosse journée sablonneuse sur le rallye du Maroc ce jeudi. 320 km de spéciale et 200 km de liaison, dans le sud ouest de Zagora,en deux boucles dans l’Erg de Chegaga, autrement dire des dunes, un océan de dunes. Si en automobile, le Team officiel et son leader Stéphane Peterhansel tiennent toujours le haut de la barkhane, dans la catégorie moto, on a pratiquement remis les compteurs à zéro.

Despres et sa KTM ont tout juste quatre minutes d’avance au général sur la Yamaha de Rodrigues et sept minutes sur la KTM de Coma, qui a gagné l’étape. Autrement dit, l’étape de vendredi est le grand règlement de comptes.

Sixième au départ ce matin,Cyril Despres (KTM 450 Red Bull n°2) s’apprêtait à frapper un grand coup lors du deuxième passage dans l’erg de Chegaga.

 

Pointé avec plus de six minutes d’avance sur Marc Coma (KTM 450 n°1) et le Portugais Helder Rodrigues (Yamaha 450 n°8),le leader de l’épreuve se laissa entraîner sur une mauvaise piste à 50 km de l’arrivée de cette quatrieme étape du Rallye OiLibya du Maroc. Concédant, du coup, un quart d’heure à ses principaux rivaux, le pilote français voit désormais fondre son avance au classement général comme neige au soleil et ce, alors qu’il reste deux étapes à disputer dans le grand sud marocain.

 

Quatrième de l’étape derrière son équipier

espagnol Jordi Viladoms (Yamaha 450 n°5), le Français Olivier Pain (Yamaha 450 n°6) cède sa troisième place au général à Marc Coma qui effectue une remontée spectaculaire au général après la pénalité de 30 minutes de mardi.

Mauvaise journée, en revanche, dans le clan BMW où Gonçalves (n°11), Verhoeven (n°9) perdent des minutes précieuses dans le vent et la poussière…

GARDER LE CAP…

Il ya deux dangers dans les étapes de sable à moto. Tomber, ce qui peut  arriver quel que soit le terrain, mais surtout s’égarer. Cyril Despres, qui était largement en avance puisqu’il ya deux jours, Coma avait eu, tout en réalisant le meilleur temps, l’infortune de rater un contrôle de passage et de se prendre trente minutes de pénalité, Cyril a commis l’erreur, s’accrochant à la roue de deux concurrentsVerhoeven (BMW) et Gonçalves (Yamaha).

Il les a suivi quand ils se sont trompés, et il mettra un temps infini à s’en aperçevoir.

C’est simple : avant l’erreur, Despres est pointé avec six minutes d’avance sur Coma et Rodriguez.

Après l’erreur, il est à quinze minutes derrière.

 Déclaration de Cyril à l’arrivée :

«Tout se présentait bien aujourd’hui, mais au kilomètre 110 de la deuxième boucle j’ai laissé passer Verhoeven, puis Gonçalves. La visibilité était quasi nulle dans la poussière des voitures. Ils se sont engagés sur une mauvaise piste et j’ai commis l’erreur de les suivre. C’est une erreur qui se paie cher…»

Du coup, au général, Coma est revenu à la troisième place à 7 minutes du leader.Il nous dit à l’arrivée que

« C’est une belle étape, où il était dangereux de rouler dans la poussière des autres ».

Ce doit être pour ça qu’il est passé devant tout le monde, pour éviter la poussière !  La journée de vendredi est une longue boucle très cassante de 250 km dans les montagnes à l’est de Zagora, et tout est à faire.

Le duel risque d’être chaud !dans ce duel, on ne verra probablement pas beaucoup les BMW de Verhoeven et Gonçalves.

Elles sont à vingt minutes des leaders, le duel sera donc en principe entre KTM et Yamaha.

Déjà très en verve mardi dans l’erg de Chegaga Pascal Delesque (Polaris n°103) a réédité sa performance lors de cette 4e étape pour consolider sa première place en catégorie quad.

Le Havrais devance Frédéric Alard, son équipier au sein du Team Nomade Racing et peut désormais gérer sa fin de rallye en toute quiétude.

Et dire que ces deux-là participent à leur premier rallye africain en quad !

AUTOS : PETER VOLE BAS

En catégorie auto, Stéphane Peterhansel et Jean-Paul Cottret (BMW X3 n°300) boivent du petit lait…

Alors qu’ils s’étaient jurés de lever le pied aujourd’hui, les fameux duettistes se sont encore un peu lâchés dans l’étape du jour.

Signant une troisième victoire partielle, le roi ’Peter’ devance encore ses petits camarades du team X-Raid qui signent un nouveau quinté gagnant.

Seul l’ordre diffèrent puisque si Guerlain Chicherit, encore en proie à des soucis de turbo dans la première boucle s’empare finalement de la 2e place, le Polonais Holowzcyc devance cette fois le Russe Novitsky qu’il rêve de déloger de la deuxième place au classement général.

 

AUTOS :  L’EMPEREUR PETER PREMIER

Ce n’est plus du sacre, c’est un ouragan. Pourtant, Peterhansel avait dit  »urbi et orbi » qu’il allait lever le pied, disant de façon savoureuse à notre consoeur Marie France Estenave que c’était sa voiture du Dakar et qu’il ne voulait pas la casser !

Rien n’y fait. Son coéquipier Chicherit a eu des problèmes de turbo, impossible de l’attendre donc.

Alors dit il :

« Tout s’est bien passé et on a profité de la deuxième boucle pour procéder à quelques essais…» I

l colle donc un petit sept minutes à Chicherit à l’arrivée, mais il,a surtout quarante cinq minutes d’avance sur le deuxième du classement, une autre BMW bien sûr, celle du russe Novitsky.

Allons donc voir ce qui se passe derrière les BMW. Certes, nous sommes alors à plus de trois heures du leader,  mais on l’a dit, ce n’est pas la même histoire du tout. Des gentlemen drivers très doués  n’iront jamais chatouiller des équipes officielles aussi pointues que la firme allemande.

Quand même, sur les cinq BMW, il n’y en a que trois aux premières places, les buggies MD de Pelichet et le Bowler de Sireyjol ont donc lâché deux voitures d’usine en prenant les quatrième et cinquième places au général. 

Pas mal !

Jérôme Pelichet parle à sa sortie de voiture : 

En fait,il a eu vraiment très chaud… 

«  La voiture s’est arrêtée brutalement à sept kilomètres de l’arrivée de la première boucle. Heureusement, Pascal Thomasse est arrivé très vite et a pu nous tracter jusqu’à l’assistance. Un relais électrique avait cédé.Mais dans la deuxième boucle, nous avons pu refaire notre retard… »

Derrière l’armada BMW, la bataille fait donc vraiment rage entre Jérôme Pélichet (Springbok MD n°311) et le Bowler de Patrick Sireyjol (n°313). Malgré un problème électrique et une coupure moteur en fin de première boucle, le duo Pélichet-Decré, secouru par le petit buggy Optimus de Pascal Thomasse a mis les bouchées doubles lors de la deuxième boucle pour grappiller une minutes à son principal adversaire au classement général.

Les jours se suivent et se ressemblent en catégorie T2 avec la domination outrageante du Russe Kuznetshov (Mitsubishi Pajero n°321) sur les Toyota des Français Perez et Lebigre…

CAMIONS : JACINTO BIS REPETITA

Après avoir réussi à réparer la boîte de transfert de son Scania, le Hongrois Miklos Kovacs espérait pouvoir briller sur les dunes de Chegaga. Le colosse du Danube dut pourtant à nouveau s’avouer vaincu face à son adversaire lusitanienne, plus à l’aise que jamais dans le sable au volant de son MAN pourtant privé d’un amortisseur de cabine tout au long de la deuxième boucle du jour…

Un mot bien sûr à propos de notre héroïne préférée, qui dit à qui veut l’entendre qu’elle n’aime pas les dunes.

Elisabete Jacinto, aux commandes de son  camion TGS Man, est douzième du classement scratch autos et camions réunis, malgré la casse d’un amortisseur de cabine sur la deuxième moitié du parcours.

Déclaration à l’arrivée :  

« Notre journée fut encore parfaite. J’ai réussi une deuxième boucle plus rapide que la première. Je crois que nous avons réussi le plus dur, mais j’aimerais bien gagner encore quelques places au classement général » 

 

Car elle est onzième au classement général et manifestement, cela ne lui suffit pas !. Lecteur, merci d’excuser cette phrase très populaire du milieu des sports mécaniques mais la morale de tout ceci est quand même que maman, elle envoie, et elle envoie du lourd !

 

Quant aux autres poids lourds en course, ils durent se contenter d’un seul tour de carrousel dans l’erg de Chegaga.

 

 OILYBIA : UN RALLYE TRES HAUT DE GAMME

Certes, Zagora et toute la région portent à l’enthousiasme et même bien au-delà. Certes, avoir choisi le système d’un rallye rayonnant autour d’un point central rend tout plus simple. Certes, le fait de placer presque tout le monde dans le même hôtel, ou tout près, donne un aspect convivial phénoménal à cette organisation.

Bien sûr, puisqu’il faut bien un moment trouver le bât qui blesse on rappellera ce que disent les pros du rallye raid, à savoir que le road book est parfois moins rigoureux que ceux que l’on lit sur les plateaux de l’Atacama, mais il faut reconnaître ceci.

Ce rallye Oilybia est un cocon de bonheur au centre d’un écrin de paysages lunaires. Techniquement, c’est un vrai rallye.

Humainement, c’est une vraie tranche de vie. Sportivement, c’est une vraie épreuve.

Ce vendredi, 250 km au programme, sur des pistes de montagne bourrées de pierres qui ne demandent qu’à déchiqueter les pneus, pleines de radiers, petites ravines qui traversent la piste et qui cassent une suspension comme une allumette.

Un peu de poussière, des pistes étroites où il sera difficile de doubler sans aller dans le très joli ! décor, bref il faudra aller vite en restant aux aguets comme au milieu d’un champ de mines. Ce qui, bien sûr, promet une belle journée.

Jean Louis Bernardelli

Photos : Alain Rossignol

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