OILYBIA RALLYE DU MAROC : ON N’A PAS TRAINE !

Première étape ce lundi pour cette épreuve dont toutes les écuries (et aussi pas mal de privés) se disent que c’est une aventure en taille réelle en lever de rideau du célèbre Dakar.

Le centre nerveux du rallye est basé à Zagora, dans l’extrême sud du pays, à la limite des premiers ergs (dunes) et des premiers regs (déserts de pierre).

Et le rallye se dispute en boucles autour de ce centre.

Aujourd’hui lundi donc, direction  Foum Zguid, 320 km de spéciale pour 113 km de liaison.

Stéphane Peterhansel, pilote No 1 d’une énorme équipe BMW,  est rentré le premier.

Chez les motards, ce sont Cyril Despres et Marc Coma, les pilotes officiels KTM, sur les 450 (cylindrée maximale autorisée aujourd’hui en rallye raid) qui coupent la ligne en premier.

Et d’un cheveu au chrono, c’est Despres le premier vainqueur de la journée.

PIERRE QUI NE ROULE PAS PASSE A TRAVERS LE PNEU

Dans un premier temps donc les pierres et donc les crevaisons pour les pilotes qui croient que les pneus, fussent-ils spéciaux, résistent à tout et  pertes d’orientation pour les navigateurs qui devraient savoir que quand tout est noir comme la pierre, les pistes se ressemblent toutes.

On arrive ainsi à la passe de Foum Zguid, les pistards et voyageurs connaissent cet endroit magique, les autres, vous avez deux possibilités, les cartes et les photos, et une troisième indispensable pour « lire » l’Afrique, l’imagination !

Après Foum Zguid, ça change un peu.

La piste est sinueuse en montagne, il ya plein d’endroits bourrés de pierres et le génie d’un pilote de rallye raid est justement d’aller vite là-dedans en évitant les trucs pointus, plus bas c’est du sable et là, le navigateur a intérêt à rester zen.

 Des fausses pistes partout, parce que les camions locaux et les habitants passent où ils veulent, et c’est une trace à chaque fois.

Pièges ?

Quand on sait à quel point on peut se gourer dans les croisements d’autoroutes à 16 voies en Europe, on se dit qu’ici, c’est une question de logique.

Mais à plus de 100 de moyenne, la logique a peu de temps pour s’installer…

MOTO :LA NAV DOMINE

Coma récemment  couronné Champion du monde de la spécialité, Despres vainqueur entre autres du Dakar 2008, tout cela est assez logique, ils se sont beaucoup entrainés sur la nouvelle moto, la 450, l’ancienne avait 300 cc de plus, ils sont tous les deux, en gros intouchables.

Sauf qu’il ya quand même outre les duetistes de KTM, du beau monde sur la grille de départ.

Un Team officiel BMW et un Team Yamaha qui ne rigolent pas non plus.

Seulement voilà, les leaders ont un peu « jardiné », traduisez, se sont paumés.

Frétigné, le chef de file BMW, et les  »Yam boys » Viladoms et Helders y ont eu droit. Pain en revanche, est passé à travers les pièges. 

Alors forcément, le temps perdu est infiniment plus important que ce que l’on peut gagner en mettant la poignée dans le coin. (Traduction, à fond).

Bref, les pilotes  KTM se sont contentés d’ouvrir les gaz, les autres ont joué au château de sable.

 Despres vainqueur, un poil devant Coma. Le troisième est le hollandais Frans Verhoeven, qui sauve l’honneur des BMW.

A l’arrivée, Despres en habitué des pistes quelque soit le lieu, est serein.

« Belle spéciale de mise en jambes. J’ai repris Marc Coma après 50 km alors qu’il hésitait sur un point de navigation. Quelques kilomètres plus loin c’est moi qui jardinais un peu. C’était ma première spéciale depuis 6 mois, cela fait du bien ! Première sortie pour la KTM 450, première victoire. Les mains ont un peu chauffé, mais l’homme est toujours là.»


En autos, donc Peterhansel a mis 20 minutes dans la tête du second, une autre BMW, celle de Novitsky ! 

Commentaire de Stéphane, l’homme au palmarès qui fait peur:

« Belle spéciale, très variée. Au début c’était
vraiment très lent dans la montagne. Je croyais vraiment que nous allions perdre du temps. Mais
nous n’avons pas crevé. Après Foum-Zguid, c’était plus rapide et nettement plus plaisant pour
nous. Des grands sauts, du pilotage. Fallait pas se planter en navigation, mais dans l’ensemble ce
fut un bon mixte. Demain sera vraiment une toute autre journée… »

Nos amis du team MD ont eu quelques problèmes d’adaptation mais Pelichet-Decré s’en sortent avec une jolie cinquième place.

Jérôme Pélichet après l’arrivée:

« On a fait une super spéciale. Et dire que nous avons perdu le GPS après 20 kilomètres ! Nous avons roulé sur le road book en faisant très attention dans les zones à vitesse limitée où nous étions certainement largement en dessous de la
limitation autorisée. De plus, nous nous sommes arrêtés pour aider plusieurs autres voitures du
team MD. Sans cela, je crois que notre chrono aurait encore été bien meilleur. Mais bon, nous
sommes aussi là pour cela… »

En T2, les voitures de série, le russe Kutsetsnov et sa Mitsubishi décrochent la timbale.

Mais le vrai exploit du jour finalement, c’est un camion qui le réalise.

Le Hongrois Kovacs, sur son Scania, a fait le dixième temps scratch autos et camions confondus !

Ce qui veut dire, en application des règles édictées ci-dessus, que le pilote a emmené ses tonnes de camion comme une légère sauterelle et que le pilote a des yeux supplémentaires.

La magie de l’Afrique, déjà !

Jean Louis Bernardelli

Photos : Alain Rossignol

Rallye-Raid

About Author

admin

Leave a Reply