MOTOGP EN AUSTRALIE : STONER MAITRE DES LIEUX, DUCATI INTOUCHABLE

En Australie, Casey Stoner est chez lui. C’est en général à la fois un avantage parce que l’on connaît bien l’endroit et un inconvénient car il faut surmonter la pression.

En bon « Aussie », (prononcer ozie, le diminutif de « australian », la nationalité australienne) Stoner, la pression, il doit savoir ce que c’est au bar, mais sur la piste c’est inexistant.

En revanche, affirmer qu’il est chez lui, ça il connaît sur le bout des doigts, il gagne ce GP pour … la quatrième fois consécutive !

En fait, tout était quasiment écrit depuis les essais qualifs du samedi.

RAPPEL : ON N’EST PAS LA POUR RIGOLER

Nous avons expliqué ici-même que l’Espagnol Dani Pedrosa ferait son retour sur le circuit de Philipp Island malgré sa quadruple fracture de la clavicule, datant de 15 jours, que c’était une folie mais qu’il devait protéger sa deuxième place au général.

Problème réglé dès les essais, Pedrosa abandonne.  Quinzième chrono seulement, il ne disputera pas le GP !

Sur ce circuit très rapide, certaines courbes sont à plus de 230, la ligne droite au-delà de 300 km/h, les freinages sont d’une violence terrible et donc impossibles avec une épaule cassée.
Reste donc trois candidats. Rossi, Stoner, et Dovizioso, classés sur trois points mais à dache de Pedrosa.

Et dans les essais qualifs, Stoner prend la pole position. Il fait donc sa part de boulot pour aller dézinguer Pedrosa de sa deuxième place. Les autres…moins.

Lorenzo est deuxième temps devant un magnifique Ben Spies, du Team français Tech3, qui sera, c’est maintenant évident, un pilote redoutable l’an prochain dans le team d’usine Yamaha aux côtés de Lorenzo.

On rappelle juste que le Champion Superbike de l’an dernier est ici dans sa première année de GP…

Avant d’arriver à la place sur la grille de Rossi et Dovizioso, on trouve encore Simoncelli, Colin Edwards, l’autre pilote Tech3, Nicky Hayden et le français De Puniet, Rossi est donc 8ème temps, Dovizioso 9 ème.

Des privés, en qualif, devant les usines, cela prouve un excellent niveau de pilotage et surtout une grosse envie d’y aller. En ce qui concerne la lutte pour la deuxième place au général, Rossi et Dovozioso, contrairement à Stoner, n’ont pas vraiment assuré…

DIMANCHE ROUGE

C’est simple, en ce qui concerne la victoire dans ce GP d’Australie, Stoner , sur sa Ducati officielle rouge, plie le truc en cinq mètres. Il part seul et en tête, laissant les carénages se fritter derrière, et il termine neuf secondes devant Lorenzo, autrement dit un boulevard, par rapport aux GP précédents.

Au passage, il repique la troisième place au général qu’il avait laissée à Rossi en Malaisie au cours d’une glissade sur le ventre de toute élégance.

Chacun des deux pilotes, Stoner et Lorenzo,  a effectué une course totalement solitaire, Stoner a montré des trucs effrayants, glissant (on dit en dérive) à plus de 200 km/h sur une moitié de la largeur de certaines courbes.

Ce sport est vraiment démentiel. On est toujours à la limite du drame et plus on est à la limite, plus c’est superbe. Ces glissades sont d’autant plus insensées que la piste est relativement froide, 28 degrés, température insuffisante pour que les pneus puissent donner le « grip » (l’adhérence) nécessaire.

Gros spectacle, grand pilote, sublime moto !

Accessoirement, c’est tout de même sa 23 ème victoire en catégorie dite « Reine », autrement dit MotoGP ajoutée à celle qui la précédait, la cylindrée 500.

Ce palmarès le place, dans l’historique de la moto de vitesse, devant  deux ‘’ légendes ‘’ , John Surtees et Kenny Roberts.

Bref, ce garçon entre vraiment dans le très grand monde.

LE TROISIEME HOMME


C’est pour la troisième place que l’on va assister à une bagarre digne de la saison époustouflante de MotoGP que nous avons vécue.

On se souvient que suite à des essais à la limite du désastreux, Rossi est parti huitième. Nicky Hayden, l’autre Ducati officielle, était deux places devant lui.

Et c’est le massacre des illusions pour les autres. Très vite, Rossi et Hayden se retrouvent trois et quatre, tous seuls, loin du reste du paquet, et se battent comme des chiffonniers. Ce qui est drôle, au passage, c’est que l’an prochain, ils seront coéquipiers chez Ducati…

Le leadership est donc visiblement déjà en jeu !
Parfois, ça touche et quand ça ne touche pas, ça passe au millimètre. Parce que ces deux pilotes vont se doubler et se redoubler plusieurs fois.
On sait que la baston, c’est le sport favori de Rossi, qui finit par l’emporter pour la troisième place du podium.

Pour le but de fin de saison, terminer en deuxième au général derrière Lorenzo, il a laissé un peu de points à Stoner mais il sauve les meubles.

Stoner est maintenant à 23 points de Pedrosa, Rossi à 31 points. Et en deux Grands Prix encore à courir, il reste 50 points à prendre pour un double vainqueur.

Sachant que même dans quinze jours, à Estoril, au Portugal, Pedrosa souffrira encore de son épaule en morceaux, il est vraiment dans « une opération souci »…

En tous cas, il ne sera pas menacé par son coéquipier Dovizioso, qui était dans les bons points avant la course australienne, mais qui a été invisible pendant le GP.

Pour la course au « titre » de Vice champion 2010, c’est donc un de moins, mais c’est celui qui était le moins dangereux.

Pour Pedrosa, piètre consolation. 

TECH3, GROS RESULTAT

Ben Spies place sa Yamaha Tech 3 à la cinquième place, c’est la huitième fois de la saison, pas mal pour un « rookie », un pilote participant au Championnat pour la première fois. Cela ne s’est pas fait tout seul. Il a du se bagarrer durant la totalité de la course avec Simoncelli, sur la Honda privée.

Il raconte:

« Au départ, je suis très près de Lorenzo, et au premier virage, il accroche presque mon levier de frein. C’était chaud parce que ça, si ça touche, je suis par terre ! Du coup je me fais passer par un paquet de mecs. Plus tard, Rossi et Hayden me foncent dessus, pas grand-chose à faire, sur un circuit aussi rapide que Philipp Island, avec des motos d’usine en chasse. Ensuite, la bagarre avec Simoncelli a été tellement intense, j’ai mis tellement de gaz que dans les derniers tours, je suis dans les temps des pilotes qui finissent sur le podium. Bon, je finis rookie de l’année devant de super pilotes et j’espère aller faire de belles choses dans les deux derniers GP. »

Ce que ne dit pas le modeste Ben Spies, c’est qu’il est aussi premier pilote privé au classement général, titre que l’infortuné De Puniet (dixième en Australie) espérait décrocher lors de sa formidable première partie de saison.

Avant sa chute qui l’a tenu éloigné des circuits, l’espace de deux GP.

Hervé Poncharal, le très heureux team manager de Ben Spies, ajoute:

« Ce garçon incroyable s’améliore de GP en GP. Il finit meilleur rookie 2010 alors que cette année, un paquet de pilotes sont passés de la 250 à la catégorie MotoGP, des gars qui connaissaient tous les circuits, ce qui n’est pas le cas de Ben. Je suis content aussi de ce que fait Colin Edwards, qui fait une magnifique fin d’année. Il est septième aujourd’hui, on pouvait imaginer une place devant mais ce qui est important c’est qu’il a mis du gaz partout. Formidable saison en fait ! »

PAS FINI !

Il reste deux GP à courir, au Portugal et à Valence, en Espagne.

Alors que les places d’honneur sont déjà tombées, on pourrait s’attendre à des courses un peu soporifiques.

Que nenni !

Stoner est dans une forme Olympique au point d’être souvent imbattable en cette fin de saison.
Rossi rate plein de trucs en essais et en course mais il a retrouvé le chemin des podiums.

Ils sont donc tous deux en chasse du même objectif, finir l’année derrière Lorenzo et donc devant la Honda officielle de Pedrosa.

Ce qui promet !

Jean Louis Bernardelli

Photos : MotoGP

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