TOUR DE CORSE HISTORIQUE : VICTOIRE FINALE DE LA FORD ESCORT DE FRANCOIS PADRONA

PADRONA : UN CORSE PROPHETE EN SON PAYS

S’il n’en reste qu’un, ce fut… à l’arrivée ce week-end à l’Ile Rousse le vainqueur…. final, le Corse François Padrona

Ce dernier évitant comme ses illustres prédécesseurs en tête de la course tout au long de la semaine et au fil des jours et des étapes de perdre au cours de l’étape suivante, son leadership !

Arrivé vendredi soir à Porto en leader après la nouvelle mésaventure survenue à l’homme de tête, l’autre pilote insulaire, Louis Antonini dont la Porsche avait fini dans le décor et ce suite à un problème d’accélérateur, un papillon des gaz s’étant brutalement grippé, Padrona fort heureusement pour lui, n’a pas été victime de l’incroyable valse des leaders.
 

Laquelle avait jour après jour avant l’infortuné Antonini, déjà frappé tour à tour, Jean Claude Andruet et ensuite Jean Pierre Manzagol
C’est donc en grand vainqueur que la Ford Escort de Padrona est arrivé à L’Ile Rousse ou la caravane des rescapés de ce magnifique dixième Tour de Corse Historique, en finissait ce week-end.

Pourtant samedi matin à l’aube alors que le soleil se levait timidement à l’horizon annonçant une ultime journée ensoleillée, le pilote de la très rapide Ford Escort ne criait pas victoire. Loin de là..

Et pour cause, il avait bien en tête, la surprenante malédiction qui tout au long de cette semaine a touché tous ceux qui depuis le départ de l’épreuve ont, jour après jour, occupé le commandement du Rallye.

C’est la raison pour laquelle, cette folle valse des leaders ne le laissait nullement insensible. Une panne, une légère faute de pilotage sur ce parcours piégeux  et piégeur à souhait pouvant au final tout gâcher. Et ruiner sa fantastique course tout au long de la semaine. Remettant en cause cette belle victoire amplement méritée qui à la veille de rejoindre l’arrivée située à lIle Rousse, lui tendait les bras.

Derrière, s’élançant depuis le si joli port du Golfe de Porto en seconde position bien placé en embuscade au cas ou, le dernier lauréat du non moins célèbre Tour Auto, Jean Pierre Lajournade espérait très certainement au fond de lui, que la mésaventure du leader se poursuive en cette dernière journée.

Avec quatre spéciales encore au menu, tout pouvait effectivement arriver…

Mais sur un tel parcours, lui contraint à l’attaque pour rattraper les 45’’ qui le séparait de la voiture de tête, pouvait également commettre l’irréparable !

C’est dire si rien n’était joué ni gagné pour aucun des deux pilotes visant et lorgnant la victoire finale. L’un Padrona devant conserver son leadership en restant sur la route. L’autre Lajournade devant assurément prendre quelques risques…  si d’aventure, il voulait tenter d’attaquer pour aller chercher cette victoire.

On fut rapidement fixé.

L’ES 15, première des quatre au dernier menu de ce samedi livrait un premier verdict et nous donnait quelques indications.

C’est notre ami Jean Claude Andruet,  le funambule, véritable acrobate des routes Corses sublime tout au long de la semaine et qu’une stupide panne – une cosse desserrée – a très certainement privée d’une nouvelle victoire en Corse, tant il a depuis déployé d’efforts et survolé une grande majorité des spéciales, qui se montrait à nouveau le plus rapide.

Sur les quinze kilomètres entre Ota et Marignana, il l’emportait devant Lajournade qui commençait fort et Eric Chantriaux.

Suivaient  De Gentili et Padrona qui lâchait dix secondes à son dauphin, brillant second

Au parc de regroupement en fin de matinée à Corte, François Padrona pouvait afficher un premier motif de satisfaction. Il était toujours leader. Et sa Ford Escort tournait comme une horloge. Lajournade pour sa part conservait une infime, infime chance de renverser la situation. Si l’on se réfère aux événements de la semaine…

La seconde spéciale de ce samedi matin, l’ES16 celle située sur le parcours Santa Lucia Mercurio – Bustanico et développant 14,5 kilomètres  était ensuite remportée par …Padrona.

Lajournade comme on va le voir plus bas y perdait définitivement toutes ses chances !!!

En début d’après midi, l’avant dernière spéciale l’ES 17 longue de  23,36 kilomètres entre Ponte Novu et Lento Canavaggia  revenait à Gache   qui se montrait le plus incisif.

Il précédait Chantriaux et Andruet. Statu quo entre Padrona et Lajournade qui ne lui reprenait que deux secondes !!!

On en arrivait finalement à l’ultime rendez-vous avec le chronomètre ! Les 15,50 kilomètres de l’ES18 entre Castifao et Bocca Di U Prunu.

JOSE ANDREANI SURVEILLE LES CHRONOS EN DIRECT

Spéciale qui démarre en descente avec de très beaux enchainements

Cette spéciale voyait  à nouveau Philippe Gache se montrer le plus rapide devant Andruet et Chantriaux

Finalement, François Padrona pouvait laisser éclater son immense bonheur de remporter ‘’ Son ‘’ épreuve, lui le pilote insulaire. Lajournade  finissant brillant dauphin à 1’32’. Le podium étant complété par John of B, à 1’45’’

Redescendu du podium, l’équipage vainqueur affichait une mine réjouie et François Padrona racontait:

« Je suis bien évidement conquis d’avoir remporté ce Tour de Corse Historique, d’autant plus que cette épreuve mythique on le gagne en tant qu’équipage insulaire. Cette épreuve on l’a gagner à la régulière, car même si l’on n’a pas lutté au point de vue des chronos avec les pilotes de pointe comme Jean-Claude Andruet qu’il est difficile voir impossible d’aller chercher, on a été toute la semaine dans le peloton de tête et régulier. Ce Tour de Corse Historique étant un rallye très long et difficile avec des spéciales parfois très piégeuses, cela nécessite et impose donc un très bonne gestion de la course en elle même, mais aussi de la mécaniques et des pneumatiques, qui fais que ce ne sont pas toujours les pilotes les plus rapides qui se retrouvent sur le podium à l’arrivée ! ! »

Et d’ajouter en guise de conclusion:

« la preuve … »

Avant d’en finir par cette explication:

« Je tiens a souligner également que c’est une petite Escort qui se retrouve devant toute l’armada des grosses Porches, très difficile à aller chercher. »

De son côté Jean Pierre Lajournade expliquait:

« Au départ de ce final samedi matin je me trouvais dans deux états d’esprit. L’un me poussant à attaquer pour aller quérir la victoire. L’autre m’inciter à me mettre à l’abri de la possible remontée de la Ferrari de John of B. J’ai donc attaqué franchement très fort l’ES15 ou je termine second derrière le grand Andruet. Je commence bien grappillant douze secondes sur Padrona seulement cinq et qui perd vingt trois secondes. Mais j’en récupère vingt-sept sur mon poursuivant John of B (Jean Guitard).  La journée commence bien et je suis super détendu. Le challenge était subitement nouveau. Je me dis. La, il reste trois spéciales, tu peux aller chercher Padrona. Avec une seconde plus vite au km dans l’ES 15, le compte était bon, c’était jouable. Mais dans l’ES16, renversement de la situation ! J’arrive dans un gauche à la sortie d’un pont et je me retrouve sans savoir la raison en tète a queue. En réfléchissant ensuite, je pense avoir effleuré simultanément les pédales d’accélérateur et de frein. Miracle, je ne touche rien. Hélas je concède vingt secondes dans l’affaire. Plus loin, en outre je dois ralentir car je tombe sur quatre vaches sur le côté de la route pouvant brutalement traverser. Je finis contrarié »

Et pour clôturer, Padrona signe le scratch de cette ES16, en 11’48 ‘’ collant neuf secondes à Eric Chantriaux, douze à John of B, treize à De Gentili et seize secondes neuf à Andruet !

Lajournade reprend:

« Dans l’ES17, c’est mort car je sais que je ne peux plus aller chercher la victoire. Cette spéciale est difficile car il y a de gros précipices et la traversée de Canavaggio est constellée de gendarmes couchés. J’ai envie d’y aller mais pas trop. Je reste sur la réserve.

Le chrono est pour Gache en 17’48’’ qui l’emporte devant Chantriaux à 1’’, Andruet à 8’’5, Duez à 13’’9. Je finis six à 16’’4, John sept à 16’4 et Padro, huit à 18’’4.

Il ne reste plus que l’ES18. Lajournade raconte alors une scéne qui s’est déroulée avant cette spéciale finale:

« On s’est réuni et parlé tous les trois avec François et John pour faire le point. Mais il n’y a eu aucun compromis. Personne d’entre nous trois, ne voulait rien céder. Perso, je voulais pousser Padrona à la faute car il semblait impossible d’aller le chercher à la régulière. J’étais relativement confiant. Y a pas à tortiller, j’ai vraiment tout donné. »

La messe est dite !

C’est encore Gache qui se montre le plus rapide devant Andruet à 22’’ et Eric Chantriaux à 38’’3. John se classe cinq derrière Duez à 41’’3, Lajournade six à 44’’ et Padro, huit à 49’’3.

Le classement final est donc le suivant:

Vainqueur Padrona, second Lajournade à 1’32’’, troisième John of B à 1’45’’, quatre Marc Duez à 3’25’’9 et cinq de Gentili à 4’00’’9

Jean Claude Lajournade, ajoutant:

« J’ai encore beaucoup appris de la voiture et je reviendrais pour gagner le Tour de Corse Historique. Je sais maintenant que j’en suis capable. »

Finalement le trio victorieux se regroupe à la fin de la spéciale et nos trois premiers rejoignent ainsi regroupé le podium installé à l’Ile Rousse.

Quant à notre Jean Claude Andruet sur lequel le poids des ans n’a aucun effet, il affiche désormais … 70 printemps mais à l’œil cela ne se voit pas, tant il a une allure et une démarche de jeune homme, il nous a cette année encore ‘’ bluffé ‘’ et ‘’ scotché ‘’ par son formidable coup de volant.

Et cet état d’esprit inouï qui est le sien ! Bien malheureux – on l’a déjà expliqué – au cours de l’étape qui se terminait à Porto Vecchio, Jean Claude bien que largué au classement général, en grand champion qu’il fut et demeure toujours n’a pas déserté. Bien au contraire même s’il roulait pour l’honneur, comme il nous le précisait:

« C’est vrai, il n’est pas dans mes habitudes de courir pour du beurre ! Mais vois-tu, ici c’est différent. La Corse c’est un peu chez moi. Depuis le temps que j’y courre. Et apercevoir chaque année toujours autant de ferveur et un tel enthousiasme à mon égard de la part du public même au fin fond de la Corse profonde dans tous ces petits villages, nichés dans ces magnifiques montagnes Corses, malgré ce terrible handicap de me retrouver largué pour la gagne, je ne pouvais décemment abandonner.»

                 

Félicité pour ce formidable état d’esprit qui l’anime par les organisateurs, ce sacré tandem que forme Yves Loubet et José Andréani, le père Andruet lâchait:

« Que veux-tu, ils font un tel boulot ces deux-là, ils se donnent tellement de mal pour continuer à mettre sur pied cette épreuve mythique, ce Tour de légende, que je n’avais pas le droit de me retirer et de déserter. Non, je suis aussi resté en course pour eux, pour les remercier de nous offrir  la possibilité de rouler dans ce cadre idyllique et enchanteur. Ou je me régale toujours autant, année après année. »

Seigneur décidemment cet Andruet et tellement humble malgré son impressionnt palmarés et sa fabuleuse carrière

Il n’était pas le seul à parler ainsi avec son cœur, tous les concurrents tenaient rigoureusement les mêmes propos. Tous sans exception.

C’est dire… si ce Tour de Corse Historique pour son dixième anniversaire, a été une très, très grande réussite.

A l’image d’Eric Chantriaux, lui aussi grand malchanceux – il a été victime d’une panne d’essence en spéciale* – alors qu’il se trouvait dans le trio de tête, à deux jours de l’arrivée:

«  Chaque année, je prend un tel plaisir ici. Tout y est remarquable. Le milieu bien sur, le parcours, l’accueil des Corses. Les fans qui connaissent tout. L’extraordinaire convivialité entre tous les participants. Et enfin le fabuleux charisme d’Yves et de José. Et de toute leur équipe d’organisation. »

C’est vrai que l’orga Terre de Corse est exemplaire. Qu’ici, rien ne ressemble à nulle part !

On ne ressent pas cette ‘’ électricité ‘’ dans l’air propice à bien des organisations ou il y a de fortes tensions permanentes.

C’est la raison pour laquelle, ils étaient encore…. 160 équipages à s’élancer mardi dernier depuis l’Ile Rousse !!!

Ceci explique cela…

Gilles Gaignault
Photos : Vincent Roussel – Fred Chambat -Gilles Gaignault

Résultat, la belle Porsche 914 est tombée en rade d’essence… Quel dommage car en voilà encore un qui avait l’attaque ! Et qui pouvait légitimement viser la gagne.

ASSISTANCE DES FERRARI !!!! A PORTO

*Eric nous a expliqué ce qui c’était réellement passé. En fait, son fils Paul qui le navigue pensait que leur assistance s’occupait du plein du réservoir alors que ces derniers croyaient eux que c’est Paul qui s’en chargeait !

HALLUCINANT : UNE PORSCHE DU MANS SUR LES ROUTES CORSES !!!

LA GIULIA DE CHRISTIAN CHIARAVITA

LA PORSCHE DE CHRISTIAN KELDERS

LA BERLINETTE DE PATRICK LANDON DE NOUVEAU VICTORIEUX EN REGULARITE

INOUBLIABLE STRATOS!!!!!!!

BELLE COURSE POUR LE BELGE MARC DUEZ

L’EX FERRARI DE JEAN CLAUDE ANDRUET IL YA ….

POUR LE PLAISIR DES YEUX

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