TOUR DE CORSE HISTORIQUE : LA VALSE DES LEADERS SE POURSUIT, PADRONA EN TETE

 LA FORD ESCORT DE FRANCOIS PADRONA

La malédiction s’abat chaque jour sur le leader de ce dixième Tour de Corse Historique !

Et ce vendredi, au quatrième jour de l’épreuve, la valse des leaders s’est une fois encore poursuivie…

Ainsi au fil des jours et des étapes, le pilote qui quitte le matin en leader le parc fermé, n’est jamais cette année sur ce Tour de Corse Historique, celui qui le rejoint le soir à cette place !!

Après Jean Claude Andruet, Jean Pierre Manzagol et Louis Antonini, c’est un quatrième larron, en l’occurrence le Corse d’Ajaccio, François Padrona, navigué par Jean François Mancini, qui est effectivement revenu vendredi à la tombée de la nuit, en leader à Porto !!! 

Un François Padrona qui, pourtant au vu des événements qui se succèdent quotidiennement, ne criait cependant nullement victoire, à la veille de l’arrivée à L’Ile Rousse !

Bien au contraire

Mais avant de se retrouver au commandement au volant de sa très efficace Ford Escort, François Padrona – originaire de Vico – talonnait, bien calé en embuscade, l’autre pilote insulaire, Louis Antonini, natif lui d’Ota au dessus de Porto.

Un Louis Antonini qui après avoir bien entamé la journée, signait des la première des quatre spéciales, l’ES 11 (Arbori- Ambiegna) longue de 14,50 km, le meilleur chrono.

Confirmant que bien que leader depuis jeudi soir, il était bien là pour la gagne. Padrona concédait 2’’1 et Andruet, lui 3’’7.

Dans la suivante, l’ES12 (Albitreccia-Bisinao) un peu plus courte car longue seulement de 10,50 km, Jean Claude Andruet se montrait le plus rapide, reléguant Lajournade et sa Porsche à 8’’2 et Padrona et son Escort à 10’’8. Antonini lâchait … 17’’8 !!!

PIERRE ORSINI-JACQUES BIANCHETTI

En milieu de journée, au traditionnel regroupement de Pisciatello Capitoro, situé à l’entrée des chais du fameux Clos Capitoro, cher à Jacques Bianchetti, Maire de Cauro et député suppléant de Camille de Rocca Serra, les conversations allaient bon train.

Ainsi, Louis Antonini le leader qui nous déclarait, devant l’ancien triple vainqueur du Grand Tour de Corse, Pierre Orsini:

« L’essentiel, c’était de traverser mon village natal, Ota en leader. C’est fait. Maintenant, le reste ce sera du bonus »

Hélas pour lui, la fameuse malédiction qui chaque jour, frappe l’homme de tête, allait pour la troisième fois faire d’Antonini, une nouvelle victime.

Effectivement à la reprise en début d’après midi, lors de l’ES13 (Vero-Arro) la plus longue du jour – 35 km – finalement remporté à nouveau par un Andruet en pleine défonce devant Padrona, Antonini devait en rester la et abandonner.

Croisé sur le parcours, un peu plus tard sur la terrasse de l’unique bar des sublimes Calanques de Piana, ou il était venu rejoindre les autres concurrents qui eux, en avaient finis avec l’étape du jour, sirotant à l’image d’Eric Chantriaux, une … grenadine, l’infortuné Louis, nous expliquait sa mésaventure:

« Nous l’avons échappé belle ! Cela fait froid dans le dos. J’ai tapé fort dans cette ES 13. En fait, cela faisait plusieurs kilomètres  que j’avais eu deux alertes. J’ai demandé  à Yohan (son équipier) ou on en était de la spéciale. Il m’a précisé alors ‘ il reste trois bornes maxi ’. Je lui ai répondu, on prend le risque. Et ce que je redoutais est arrivé : blocage de l’accélérateur à fond ! Suivi de l’inévitable violente sortie de route »

Envolés, l’espace d’une infime seconde, ses espoirs de victoire…

Ses mécaniciens nous expliquent:

« C’est un axe de papillon d’ouverture des gaz qui s’est grippé »

Ainsi une nouvelle fois, exit le leader !!!

Débarrassé de la Porsche d’Antonini, François Padrona se sentait des ailes dans l’ultime chrono au menu de ce vendredi : l’ES 14 (Liamone- Appricciani ).

Cette superbe spéciale qui surplombe le magnifique Golfe de Sagone.

L’Escort de Padrona arborant le numéro 11, y réalisait le scratch, devançant dans l’ordre la Porsche du dernier vainqueur du Tour Auto, Jean Pierre Lajournade de 3’’9, et Jean Claude Andruet, de 7’’4.

Padrona se retrouvait donc nouveau leader et regagnait Porto, confortablement installé à la première place, précédant son dauphin, Lajournade de …1’’10’’3 !

Derrière suivaient dans l’ordre, John of B – alias Jean Guitard – et sa superbe Ferrari 308 blanche à 1’25’’1, Marc Duez le belge, à 3’01’’2 et de Gentili et son R 5 Turbo, à 3’32’’.

Vu les écarts, on serait tenté de dire que ‘’ la messe est dite ‘’ !

Mais au vu des événements quotidiens qui ont frappés chaque jour, l’homme de tête, bien que nous soyons à la veille de l’arrivée et la conclusion de ce dixième Tour de Corse Historique, nous resterons donc extrêmement … prudents !!!

LA SUPERBE 308 DE JOHN OF B…

Il peut se passer bien des retournements de situation et tout peut encore arriver d’ici samedi soir et le retour sur l’Ile Rousse.

Reste à parcourir  quatre spéciales :  ES 15 (Ota-Marignana) – ES 16 (Santa Lucia di Mercurio – Bustanico) – ES 17 (Ponte Novu – Lento Canavaggia) et enfin l’ES 18 (Castifao – Bocca di U Prunu)

Soit 61 km en spéciale, encore, à avaler !!!

Ce vendredi soir, François Padrona nous confiait:

« Je suis évidemment très content. Néanmoins ma plus grande crainte est que cette incroyable malédiction se poursuive et que je sois trahi par la mécanique. Surtout que j’ai trouvé le parcours et les spéciales très difficiles cette année et qu’elles n’avaient rien à envier à celles des Tours de Corse d’antan »

A ses côtés, Eric Chantriaux tenait lui à déclarer:

« Ce Tour a été extraordinaire. Yves et José nous ont concoctés exactement ce que nous espérions et souhaitions avoir pour ce dixième Rallye historique. Et j’ajouterais que toute la semaine, il a régné sur ce Tour de Corse une ambiance inouie, une camaraderie et une convivialité exceptionnelle.»

YVES ET JOSE, DES ORGANISATEURS ATTENTIFS

Justement , c’est ce à quoi chaque année, les organisateurs, nos amis Yves Loubet et José Andréani, aspirent.

D’ailleurs ce vendredi soir, à l’heure du diner, l’ancien, champion que fut Yves Loubet, nous précisait encore:

« Nous sommes ravis avec José d’entendre que nos pilotes se sont tous régalés »

Le verdict final sera connu ce samedi à l’issue des 16 km, entre Castifao et Bocca Di U Prunu.

Une spéciale que nous avons reconnue ce soir. Laquelle démarre en descente, avec de longs enchainements sur un asphalte abrasif mais propre, sans bosses. Suivent une remontée avec de sacrées enfilades, de très belles trajectoires comportant des cols assez difficiles sur ciel (en aveugle)

Ce sera forcément un grand vainqueur qui sera fêté à L’Ile Rousse.

Gilles Gaignault
Photos : Jean Michel Andréani – Gilles Gaignault

SOUVENIR DE TOIVONEN-CRESTO

Sur le parcours, un arrét obligatoire, en hommage aux deux GRANDS CHAMPIONS, disparus le 2 mai 1986, lors du Tour de Corse, au nord de Corte : Henri Toivonen – Sergio Cresto

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