SUPERBIKE MONDIAL : SUPERBE FINALE A MAGNY COURS POUR MAX LA MENACE :

On a dit ici tout le bien que l’on pense de cette formule SBK (Superbike) à la fois compétition de très haut niveau, spectacle extrêmement intense et pouponnière de talents qui iront rejoindre ensuite les GP.

C’est par exemple le cas de Cal Crutchlow, un garçon qui rejoindra l’an prochain le Team Français Tech3.

Il ne sera pas Champion SBK cette année, Max Biaggi, a déjà pris le titre. Le second au classement général est Leon Haslam, dont nous avons dit dimanche dernier qu’il est le fils de l’immense « Rocket » Ron Haslam. Donc, pour Crutchlow, rien à prouver, sauf du talent.

Le final du Championnat du monde Superbike qui s’est déroulé ce week-end sur le circuit de Nevers Magny-Cours a été un succès total.

81.500 spectateurs se sont déplacés dans la Nièvre pour encourager les pilotes des cinq catégories qui leur ont offerts de belles bagarres sous le soleil.

 

Sacré Champion du monde dès l’épreuve précédente la semaine dernière en Italie, le Romain Max Biaggi termine la saison en beauté en gagnant la deuxième course Superbike, signant ainsi sa dixième victoire de la saison, et offrant par là même le titre constructeur à Aprilia.

Il aurait souhaité en obtenir une onzième, mais c’est le Britannique Cal Crutchlow sur Yamaha qui s’est imposé dans la première manche.

Une des déceptions du week-end est celle du Français Sylvain Guintoli. Crédité pour la première fois de la saison du deuxième temps des essais qualificatifs Superbike, il évolue dans le groupe de tête de la première course mais une erreur de trajectoire lui vaut une sanction de la direction de course qui l’oblige à un passage par les stands.

Le Français ne s’arrête pas et est mis hors course. En deuxième manche il mène l’épreuve devant Max Biaggi et Cal Crutchlow mais sa Suzuki ne réussit pas à suivre le rythme et il termine finalement quatrième.

SUPERPOLE DE CHOC

Ce principe, qui consiste à donner à un petit nombre de pilotes la possibilité de disputer la pole, (que l’on retrouve dans le principe des Q1, Q21 et Q3 en Formule 1 par exemple) est toujours un moment clé du week-end, les meilleurs s’y retrouvent entre eux, cette séance a en fait déjà un petit goût de course…

Et l’on retrouve ce Cal Crutchlow cité au début de notre article. J’entends ici et là des « celui-là, y qu’sa mère qui l’connaît ! » et il est vrai qu’il faut vraiment la sagacité de découvreur de talents d’un Hervé Poncharal, ci-devant patron du Team français Tech3, pour aller sortir des oubliettes de l’histoire un gars surtout connu de son fan club mais qui a un gros talent potentiel.

Cal, donc, accroche la très convoitée pole position. A noter que le Français Sylvain Guintoli est second, et que Max Biaggi, nouveau Champion du monde SBK, est quatrième.

 

COURSE 1 : LE BONHEUR DES UNS…

Fait le malheur des autres, c’est bien connu. On va d’ailleurs commencer par les mauvaises nouvelles, ce qui permettra de passer plus vite au sublime.

Evidemment, avec un Français, Guintoli en deuxième place sur la grille, le tout à Magny Cours, on s’attend à du grandiose. Il se bat dans le groupe de tête quand il coupe une chicane. La direction de course lui inflige donc une pénalité, un passage par les stands.

Que Sylvain interprète mal, ou ne voit pas, ne pas oublier qu’en bagarre en tête, sur un circuit aussi sportif que Magny Cours, les yeux du pilote ne vont pas forcément sur les signaux de course.

Bref, il ne s’arrête pas et c’est le drapeau noir. Course terminée. Alors que le podium était possible. Bon, c’était pas le jour…

Le groupe de tête que quitte Sylvain est composé de très beau monde. Crutchlow est parti de la pole et finit premier, voilà ce qui s’appelle contrôler la situation !

Leon Haslam finit juste derrière, et c’est la Ducati de Carlos Checa qui prend la troisième place sur le podium. Max Biaggi est quatrième. C’est une très belle course, mais dans une finale qui devrait être aussi légendaire, il ya du frustrant dans l’air.

« Faut qu’on vibre » est un peu l’attente du public. Ce qui tombe bien, (pardon, cette expression est idiote quand on écrit sur la moto, c’est venu comme ça…) la deuxième manche répond :

« T’en veux de la légende ? tu vas être servi… »

MANCHE 2 : MAX IMPERATOR

Evidemment, Cal Crutchlow veut faire le coup de « same player shoots again ».

Mais il ya du monde sur le sentier de la gloire. Guintoli d’abord, un tout petit peu énervé d’une première manche de type Berezina.

Il part devant Biaggi et Crutchlow !

Carrément !

Il tient plusieurs tours et puis, pas de miracle, les cadors passent. Il est troisième jusqu’au dernier tour où l’italien Fabrizio (Ducati) le double de façon… disons virile (TRES VIRILE !) le jeune français est quatrième, il sauve l’honneur.

Quant à Crutchlow, aucune chance avec Biaggi. Max, que l’on a surnommé « l’Empereur » du temps où il était imbattable en GP 250, a évidemment envie de finir cette année sublime en beauté.

Et ce que Max veut… Il remporte la dixième victoire de la saison, apportant au passage le titre constructeur à Aprilia, et ce, on le rappelle, deux ans seulement après l’arrivée de la marque en SBK.

Ducati est seconde au classement constructeur et l’on sait qu’elle quitte le SBK après y avoir couru 21 saisons de Championnat du monde. Elle a commencé à courir dès le début de cette formule, en 1988, et a gagné 16 titres constructeurs et 13 titres pilotes.

Plus d’équipe officielle l’an prochain donc, mais évidemment des Ducati privée

En somme, une révolution est en marche…

En marge de la compétition, les spectateurs ont pu apprécier la convivialité spécifique de cette discipline : accessibilité du paddock, séances de dédicaces avec les pilotes, visite de la voie des stands, village accueillant, concert et feu d’artifice, rien n’a manqué pour cette  belle fête de la moto.

Jean Louis Bernardelli
Photos : Team et SBK

 

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