MOTO CROSS DES NATIONS CE WEEK END A DENVER

 LE  MOTOCROSS AU SOMMET DU MONDE

Bien sûr, on croit que le nec plus ultra dans le cross, c’est un… titre Mondial.

Eventuellement, on imagine aussi les Championnats Américains, surtout quand on n’est pas américain.

Il y aura d’ailleurs sur les grilles de départ de ce  week- end des Champions du monde, des Champions des USA, parfois pas Américains, tous les Champions nationaux, bref la fleur mondiale de la discipline sera là.

Pourquoi ?

Parce que l’on dispute le célèbre et trés prestigieux Motocross des Nations, l’épreuve la plus prestigieuse au monde, course qui a d’ailleurs été créée avant la naissance des Championnats du monde.

Epreuve unique dans le temps, c’est une fois par an, unique par son concept, ce sont les équipes nationales qui courent, pas les pilotes à titre individuel, unique par le prestige historique.

 Le livre d’or où l’on doit figurer devant l’histoire est celui-là !!!

 

 

US GO HOME !

Bien sûr, cette épreuve  est organisée chaque année dans un pays différent. Enfin dans un des pays où le motocross a une vraie légitimité.

On a commencé en 1947 aux Pays Bas, par la suite on a couru les Nations en Belgique, au Royaume Uni, en Suède, au Danemark, en Suisse, en Allemagne, en Australie, au Brésil, en Union Soviétique, en Tchécoslovaquie, en Finlande, en Italie.

Bien sûr, on a couru plusieurs fois en France (Cassel 1960, Remalard 1966, Vannes 1971, Cognac 1977, Villars Sous Ecot 1988, Ernée en 2005, la France recevra à nouveau l’épreuve l’an prochain à St Jean-d’Angely).

Pour les non initiés, certains noms de lieux où s’est déroulée cette légende mondiale du cross n’évoquent pas grand-chose. Ce qui est normal, nous sommes dans une discipline se déroulant  forcément en zones rurales isolées  puisque l’on court sur la terre et que cela fait un peu de bruit.

Mais Saint Jean d’Angely ou Cognac sont au cross ce que Monte Carlo ou le Mans sont au sport automobile !

De véritables lieux de culte. Quant aux USA, qui détiennent  LE RECORD ABSOLU DE L’EPREUVE AVEC  VINGT VICTOIRES, ils n’ont avant ce week-end, curieusement organisé ce Motocross des Nations que deux fois, (Unadilla 1987, Budds Creek 2007).

Et cette fois ci, on court chez eux, dans le Colorado, à Lakewood, près de Denver. On imagine qu’aller courir là bas pour les non américains, c’est un peu l’équivalent de petites souris qui voudraient traverser à pieds une autoroute à éléphants !

Petit détour par les chiffres…

 

 

 

 

USA : YES WE CAN ! ROGER !


Les USA ont commencé assez tard à gagner le Motocross des Nations. Première victoire en 1981. Ensuite, nos amis yankees alignent les succès comme des perles. 13 de 1981 à 1993.

Deux victoires isolées et une nouvelle rafale de cinq entre 2005 et 2009. Ce qui laisse rêveur.

Certes, ce sont les pilotes qui ont gagné, et des  »Superstars », de véritables  » Monstres sacrés  » ayant nom, Bailey, O’Mara, Chandler, Ward, Glover, Johnson, Lechien, Hannah, Stanton, Mc Grath à la grande époque.

Celle dont se souviennent les centaines de milliers de spectateurs du Supercross de Bercy, puis Emig, Carmichael (le pilote le plus titré de l’histoire des USA),  Stewart, Dungey dans les années récentes.

Mais surtout il y a en 1981, à la première victoire des USA, un manager qui est une sorte de  » Dieu mondial  » du motocross.

Son nom ? RDC.

Roger de Coster est belge, 5 fois Champion du monde entre 1971 et 1976, il gagne le Motocross des Nations 6 fois avec l’équipe de Belgique, (de façon discontinue entre 1969 et 1979) puis est vainqueur de la Trans Ama quatre fois de1974 à 1977 (ce qui deviendra le championnat américain).

En somme, c’est un peu lui qui a appris aux américains à rouler. Et il était très logique qu’après sa carrière sportive, il continue comme manager aux USA.

Il fait des pilotes américains des machines de guerre. Des autres aussi d’ailleurs !!!

il sera ainsi le manager (voir photo ci-dessus) du plus titré des crossmen Français,  » le kid de Manosque  » alias Jean Michel Bayle, aux USA.

Aujourd’hui, après avoir encore emmené Suzuki à un double titre américain avec Ryan Dungey, il passeincroyablement chez… KTM l’an prochain mais surtout, il est toujours LE manager de l’équipe US des Nations !

Très mauvais signe pour les autres…

FRANCE : OUI NOUS POUVONS, MAIS PAS SOUVENT …

La France a gagné le Motocross des Nations. Une fois. En 2001, à Namur, la Mecque du motocross belge et pzar là même européen, ce qui est un vrai plus.

Le trio Demaria, Séguy et Vuillemin demeure le héros de ce Trophée unique de l’histoire des Nations.

Cette année, Paulin (MX1, Yamaha 450) Boog (Open Kawasaki 450) et Musquin (MX2 KTM 250) auront du boulot, contre les trois épouvantails hyper motivés et surexcités à l’idée de se battre à domicile que sont les pilotes américains Dungey, Canard et Short.

Accessoirement, il y a aussi une équipe belge, une italienne et une anglaise qui ne sont pas spécialement tendres.

Il y a au total 32 équipes engagées, donc 32 pays participant à ce Motocross des Nations.

Chacun des pilotes court dans une catégorie différente, il en est de même dans tous les Teams. Et le résultat final est l’addition des performances des trois pilotes.

Bref, il faut tout gagner !

Un petit retour aux chiffres. On a donc dit que la France a gagné une fois. La Tchécoslovaquie une fois. L’URSS deux fois, de même que l’Italie. Ensuite, ça grimpe tout de suite.

Sept victoires pour la Suède, quatorze pour la Belgique, seize pour le Royaume Uni, et.. VINGT oui 20 pour les USA.

Statistiquement parlant, c’est mal parti…

D’autant plus qu’il ya un pilote Français, Christophe Pourcel, qui connaît bien les USA, où il a remporté tout de même …deux Championnats de Supercross en 2009 et 2010, qui aurait pu être un gros plus chez les tricolores.

Problème, accidenté en fin de saison, il ne peut faire partie de l’équipe comme cela était initialement et logiquement prévu.

Alors, bien sûr que sur le papier c’est impossible.

Sur le terrain en revanche… on peut imaginer que l’un des américains rate une course. Il plante alors son Team.

D’un autre côté, les pilotes Français ne ratent rien, oublient le mal hexagonal, cette fameuse peur de gagner, se surpassent et entrent dans l’histoire.

Impensable ?

Il ya quelques années, lorsque les américains venaient tout rafler dans les Supercross organisés hors de chez eux, au point que les grilles de départ des finales ressemblaient à un Championnat américain, quelques Français ont eu la rage.

Et se sont révoltés sur le terrain!

En 1990, Jean Michel Bayle gagne Bercy. Epreuve  » mythique  » terrain de jeu et de conquéte des … épouvantaux Yankees!!!

En 1991, il va enchainer et gagner le Championnat US de Supercross et les deux titres en outdoor

C’était aussi impossible et impensable.Et, pourtant il l’a FAIT.

Nos trois pilotes Français ont un avantage : ils n’ont rien à perdre. Ça, c’est un vrai truc à gagner.

Par ailleurs, Denver est à 1600 mètres d’altitude. Le staff français est allé s’entraîner en montagne, en particulier aux Saisies, pour régler les moteurs et habituer les organismes au manque d’oxygène.

Nos confrères de Moto Verte sont d’ailleurs allés voir le coach français, Olivier Robert, qui dit avec optimisme.

« Cela fait trois ans que je dis que l’on y va pour gagner. Nous ne sommes pas favoris, les américains sont chez eux, connaissent bien le circuit. On y va quand même pour gagner ». 


Il ya bien entendu des courses perdues d’avance. Mais nulle part dans le monde, dans aucun sport, il n’existe de course gagnée d’avance.

Le mot d’ordre pour nos crossmen ? Gaz !

Jean Louis Bernardelli

Photos : Red Bull photofiles


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