24 HEURES DU MANS CAMIONS : QUELQUES HEROS

A l’occasion des 24 heures du Mans Camions, (résumés des courses de la journée à venir) autonewsinfo est allé à la rencontre de deux types bien distincts de participants, totalement complémentaires dans cet évènement.

Une femme pilote, égérie du plateau de la Coupe de France, Jennifer Janiec. Nous vous l’avions déjà présentée il y a quelques jours (voir lien ci dessous) dans nos colonnes, elle nous rend l’invitation en nous conviant à son bord.

Et c’est un grand moment que nous voulons partager avec vous.

Les deux autres sont des hommes, venus comme spectateurs-participants, en ce sens qu’ils font admirer leurs camions décorés comme des oeuvres d’art.

Un fana de  »l’Ouest américain » et un dingue des années  »Chicago-prohibition ».

Parmi les centaines de chefs d’œuvres proposés au vote du jury, nous les avons choisis parce qu’il fallait bien faire un tri. Et parce que derrière l’œuvre d’art, il ya toujours des hommes intéressants.

 


 

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JENNIFER EN PISTE !

Vendredi soir, Jennifer Janiec a accepté, avec ses camarades pilotes de la Coupe de France, d’emmener quelques « happy few » faire des tours du circuit Bugatti, en place droite.

Ceinture six points serrée à bloc, coup d’œil vers l’astronaute qui est aux commandes, parce que ça ne ressemble plus vraiment à un cockpit !

Et c’est parti, sur ce circuit mythique sublimé par le soleil couchant… (Ici juron… lecteur, pardon de ne pas l’écrire, de jeunes âmes fréquentent le site,) donc qu’est ce que ça pousse !!!

Et le contraste incroyable de ce type de courses te tombe dessus dès la courbe Dunlop !!!

Quand tu déboules à 160 km/h sur un truc qui pèse plus de 5 tonnes, t’as intérêt à freiner…. TRES fort à l’arrivée en courbe.

On a l’habitude, dans les sports mécaniques, de freinages d’enfer. Mais là, les 5 tonnes qui paraissaient si légères à l’accélération, ça pousse derrière. !

Une sorte de tronc de baobab qui chercherait  à te rouler dessus.

Et on enchaîne. Bruit d’enfer, sensation de voler à l’accélération, de ne plus avoir de sol, et soudain, avec une violence terrifiante, atterrissage-freinage, l’arrière part en dérive, le siège baquet rentre dans les côtes, le MAN ne vire pas, il avale les courbes.

Autre truc étonnant pour qui a un peu limé le bitume dans sa vie (expression déposée par Alain Prost), on a donc l’habitude de sentir passer ledit bitume à ras des muscles fessiers, alors qu’on est ici dans une sorte de cockpit d’avion, tout est à des kilomètres plus bas, on se dirait vite que l’on n’est pas concerné par des détails comme les vibreurs ou les bacs à sable, et c’est là le piège des courses de camions.

Ne pas se laisser griser, rester humain, se souvenir  que l’on manipule une sorte d’éléphant  survitaminé sur un lac gelé, bordé de tasses de porcelaines…

Bref, ce sport est l’un des rares, c’est ce qui fait son génie, à allier une violence extrême et une grâce de danseuse.

J’ai hurlé à Jennifer d’envoyer du gaz, j’ai crié de bonheur, je savais que certains équipiers de rallye survoltés pouvaient faire ça, j’ai donc été initié à la drogue suprême, l’invulnérabilité.

Le fait de ne plus s’appartenir.

Au retour dans les stands du Mans, j’ai juste dit à Jennifer qu’elle avait de la chance. Je n’ai rien osé lui dire de plus, c’était…freudien !

Nuit émaillée de concerts de klaxon, de sonos dignes du Stade de France, paddock disons, très vivant…

 

ART DECO….

 

L’autre aspect, phénomène quasi unique qui sépare le camion de ce que Saint Ex appelait si justement un monde de robots,  standardisé à l’extrême, est l’obsession esthétique et créatrice des gens de la route.

Ce qui est un peu normal, c’est leur maison, celle où ils habitent toute la semaine, ils veulent en être fiers, au point pour certains de devenir de véritables stars.

Pour eux, le Mans est une double messe.  La course et l’exposition d’art.

Rencontres et portraits de personnages que l’on ne découvre qu’ici.

TEXAS ROCKMAN…

Bruno Boucherot sort de son « Ken », le fameux Kenworth à capot, le « conventional », fantasme de tout fana de camions US, Stetson sur la tête, boots aux pieds, jeans noirs, barbe de chanteur de blue grass taillée au millimètre, les yeux bleus qui vont bien.

 

Son Ken est un résumé du grand « west ». Drapeau du Texas, logos des marques mythiques US, Harley, Hummer,  Cadillac, Chevrolet !

Musique favorite, le country bien sûr, il nous confie d’ailleurs que chaque vendredi, chez lui, à Chevigny Saint Sauveur, en Côte d’or, il prend des cours de danse country.

Il vit habillé en cow boy, il est passionnément  cow boy depuis l’âge de seize ans. En France, ils sont deux à trois cents propriétaires de camions US, et Issoire, célèbre commune des « Copains » de Jules Romains, est une nouvelle fois ville star avec l’apparition dans ses murs d’un concessionnaire Kenworth.

Dans la semaine, le beau « Ken » tire une remorque porte voitures, pour une société dite de déconstruction appelée « La casse du Texas ».Oui, ici on touche à la passion…Celle qui fait qu’une vie devient un rêve.

 

PROHIBITION MAN

Changement de registre…De l’Aube est venu par exemple Stefan Moule. Des centaines de fans se pressent autour de son œuvre d’art, décorée de main de maître sur le thème de la prohibition et du Chicago des années Capone.

 

Un camion tout à fait digne de figurer à notre tableau d’honneur alors que la France fête ce week end ses journées du patrimoine national.

Stefan est fier de son camion mais il se fait discret, il se cacherait presque, c’est émouvant de le voir ainsi disparaître derrière l’œuvre de sa vie.

Son entreprise possède 10 camions, dont quatre sont décorés. La foule fait un triomphe à l’œuvre, alors que le proprio se planque, timide, fier de voir à quel point la foule aime son chef d’oeuvre, mais lui n’a guère envie d’apparaître.

Moment émouvant où il raconte sa passion, l’envie de rebellion  qui se focalise sur des personnages comme Al Capone ou Franck Nitti, où il précise que les dessins sont issus de photos d’époque, qu’il a voulu un camion Scania parce qu’il voulait un capot, par opposition aux Cabover, ou cabines avancées que l’on voit un peu partout.

Stefan dit de son camion que c’est une bête de concours et il a déjà gagné celui du Mans, car ici, il n’y a pas que le chrono pour être fait… ROI.

Jean Louis Bernardelli

Photos : Serge Potier

Le sujet publié par autonewsinfo sur Jennifer

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