24 HEURES DU MANS CAMIONS : JENNIFER JANIEC, TOUTE EN CAMION !!!

Les 18 et 19 septembre à venir, seront deux jours de folie au Mans.

 

Autonewsinfo a déjà présenté à ses lecteurs cette course de titans, nous avons voulu, quelques jours avant l’évènement, présenter l’une de ses figures titres.

 

Dans un monde d’hommes, Jennifer Janiec tient une très belle 8ème place de la Coupe de France et ce sur 25 participants de très haut niveau et on la verra évidemment défendre chèrement cette position aux prochaines 24 heures Camions du Mans.

 

Portrait étonnant… d’une sacrée nana !


 

UN TEAM INTIME

Le Team est même familial !

La très jeune Jennifer, originaire de Woippy dans l’est de la France (Département de la Moselle, Région Lorraine), court à 15 ans en Formule Renault.

Son frère Anthony roule alors en F3 et c’est lui qui dans la famille, décide de passer au camion, il court aujourd’hui en Championnat d’Europe et on le verra bien sur aussi au Mans.

Lors de sa deuxième saison, Anthony prépare un nouveau camion et l’ancien devient disponible… pas longtemps !

Jennifer fait des essais sur le circuit du pôle mécanique d’Alès, dans le Gard, circuit sur lequel est basé le Team automobile, JRT, dirigé par son père…

La jeune fille découvre alors … Le gros cul !

Et, elle adore ça…

Un temps seulement, elle mène de front les deux disciplines, courses de Formule Renault et camions et en février 2008, décision est prise de ne courir qu’en camion.

Toujours sur l’ancien camion de course de son frère, qu’elle loue. Pour sa première année en Coupe de France, Jennifer termine 8ème, sur 25 concurrents inscrits.

Pas mal !

 

2009 : A WOMAN LOVES A “MAN” …

 

MAN est le choix de Jennifer pour sa deuxième saison en Coupe de France. Elle rachète celui d’un pilote Hongrois du Championnat d’Europe, fait une très belle saison qui se termine pourtant mal, lors des finales, moteur cassé, deux courses ratées.

Elle était 8ème, elle finira 10ème.

Mais bien qu’ayant dégringolée au classement final, elle est contente, malgré l’incident survenu à cette ultime course.

 

ALLER VITE EN TOUT !

 

Bien sûr, on lui fait remarquer qu’elle évolue dans un milieu terriblement masculin.

Certes, il ya eu dans certaines disciplines mécaniques de belles réussites féminines.

On pense tout naturellement par exemple à quelques ‘’ femmes ‘’ starisées ‘’ avant la  » peopolisation  » !!

 

Et notamment à Pat Moss, à Michelle Mouton, ou encore à Bernadette Sacy dans le domaine du rallye. Sans oublier les femmes pilotes du Dakar, dont l’extraordinaire Jutta Kleinschmidt ou encore le semi-remorque de Françoise Morcrette.

 

Il ya eu aussi quelques tentatives féminines en F1 avec Lella Lombardi, Desiré Wilson ou Giovanna Amatti .

 

Sans oublier en circuit les Marie Claude Beaumont, Christine Beckers ou Cathy Muller.

 

Et aux USA aussi les Sarah Fisher ou Danica Patrick, toute première femme à s’imposer en Formule Indy, il y a deux saisons, lors de la course de Motegi.

 

On trouve d’excellentes femmes pilotes de kart, à l’instar de la Suissesse, Simona de Silvestro. Laquelle bien que ‘’ rookie ‘’ cette saison s’illustre justement en Formule Indy !

 

On rappellera aussi que la France compte une Championne du monde féminine de cross, Livia Lancelot

 

Mais fondamentalement, le sport mécanique demeure un domaine très mâle.

Alors, la solution pour se faire respecter, c’est de rouler vite ?

 

Jennifer réplique :

 

« Honnêtement, je suis très bien acceptée. Le leader de la Coupe de France, Noël Crozier, vient régulièrement me donner des conseils, je l’appelle « mon professeur », de toutes façons l’ambiance entre pilotes est géniale, beaucoup d’entraide en cas de pépin mécanique par exemple, chose qui ne se voit guère dans les courses auto. En revanche, en course, pour être dans les 10 premiers, sur 25 partants, forcément il faut passer du monde. Et là, même si je n’ai jamais eu une réflexion, si l’on ne m’a rien dit ouvertement, je sais qu’ils font la gueule. Ce n’est déjà pas marrant de se faire doubler, mais par moi, encore moins ».

 

Et l’on évoque la vie privée… est ce possible d’ailleurs ?

 

« A 19 ans, j’ai créé à Alès, une société de pub, que je dirige encore aujourd’hui. Une PME, Visuelle Concept. En même temps, j’ai décidé de donner tout mon temps libre à la compétition. En fait, je crois que dans tout ce que je fais, je veux aller vite ! »

 

 

RADICALE

 

On apprend aussi qu’entrant aussi jeune dans une vie incroyablement active, et rappelons-le, en changeant au passage et de façon assez radicale de cadre de vie, quittant la Moselle, où elle a laissé la quasi totalité de ses amis, pour le Gard, elle n’a en fait pas vraiment de vie à elle.

 

Avec son compagnon, qui n’est pas du tout dans l’univers du sport mécanique, « on se voit peu, on ne prend jamais de congés, c’est un rythme de vie particulier qu’il a fallu organiser ».

 

On a compris.

 

Jennifer Janiec fait partie de ces gens magnifiques que l’on rencontre dans les sports mécaniques, magnifiques avant tout de passion.

 

Cette année 2010, Jennifer a fait un superbe début de saison, 6ème au classement général, mais a perdu deux places dans une course dont elle dit qu’elle se serait bien passée, organisée à Thruxton dans le sud de l’Angleterre, où la Coupe de France est invitée chaque année à courir l’une de ses épreuves.

 

Et c’est donc en huitième place au général qu’elle arrive au Mans pour une nouvelle manche de la Coupe de France.

 

Avec une certaine rage de vaincre.

 

Tempérament de feu , la gamine qui n’a franchement pas froid aux yeux !

 

COURIR EN FAMILLE

 

A défaut de congés ou de week-ends « de loisir », Jennifer reste très unie à sa famille dans son univers de compétition.

 

Une famille décidément très sportive.

 

On verra donc Jennifer courir les 24 Heures Camions en Coupe de France, son frère Anthony sera au départ des manches du Championnat d’Europe mais on verra aussi le père, qui gère la carrière sportive de sa fille, le Team, les mécanos, l’opérationnel, père qui pousse l’amour de la compétition au point d’avoir préparé, pour courir au Mans, lui-même, comme pilote, un ancien camion de Noël Crozier, maître absolu de la discipline en France.

 

On peut aller plus loin dans le partage de la passion, mais ce sera difficile !

 

 

Jennifer a une grosse envie, courir le Championnat d’Europe. Ce qui pose de nouveaux problèmes.

 

« Il faut être sur place le jeudi soir, et j’ai une société à faire tourner ! Qui plus est, alors que la Coupe de France se déroule sur 6 courses, l’Europe, c’est 13 épreuves par an ! Il faut ensuite penser aux budgets, même si c’est mon père qui s’en occupe, nous avons de très bons partenaires techniques, MAN en particulier, mais peu de sponsors. Une Coupe de France coûte environ 100. 000 euros par saison. Aller courir l’Europe est un gros budget supplémentaire. Cela dit, contrairement à la Coupe de France, il ya des primes d’arrivée. Pas gigantesques mais ça aide. Voilà mon rêve ».

 

Tu veux savoir lecteur ? Jennifer, elle nous a scotchés…

 

Jean Louis Bernardelli

 

Photos : Serge Pottier

 

 

PRATIQUE

On peut retrouver Jennifer sur son site www.janiec-racing.fr

 

Les 24 Heures du Mans Camions commencent le samedi 18 septembre à 8h35 avec les essais libres du Championnat d’Europe. Huit courses au programme. Un défilé. Des animations comme s’il en pleuvait. Un feu d’artifice. C’est le concert du DJ, Laurent Wolf qui clôturera la journée. (Début du concert à 22h30).

 

Dimanche 19 septembre, on démarre à 8h45, huit nouvelles courses à voir avec jubilation, fin du programme vers 17 heures.

 

Un record à battre : les 47 100 spectateurs de l’an dernier.

 

Là, c’est à vous de jouer…

Camions

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