24 HEURES DU MANS : ECLATANTE MAIS SURPRENANTE VICTOIRE ET TRIPLE POUR AUDI

LE DOCTEUR ULLRICH ET SON TRIO VAINQUEUR

Battue l’an derrnier par Peugeot, Audi a pris ce dimanche une formidable revanche. Au doublé des 908 en 2009, succéde un retentissant … triplé des R15+ !!!

La victoire revenant à l’équipage de la numéro 9 pilotée par le français Romain Dumas associé aux Allemands Timo Bernhardt et Mike  » Rocky  » Rockenfeller

Performance remarquable que rien ne laissait présager à l’issue des essais et des premières heures de course.. Avec, à la clé le fabuleux RECORD ABSOLU de la distance parcourue (5 335,313 km).

Lequel datait du 13 juin 1971 avec la victoire de l’inoubliable Porsche 917 K du tandem Helmuth Marko-GijS Van Lennep

Rien ne sert de courir….  

Après avoir littéralement survolées les essais chronométrés tant mercredi que jeudi, les 908 Peugeot avaient entamées ce samedi dès 15 heures, cette 78 ème édition des 24 Heures du Mans ‘’ la fleur au fusil ‘’. En trombe…

Probablement trop vite ! Mais pour cette revanche mancelle, pardon mais les mécaniques  » made in Velizy » n’ont pas tenues… Trois des moteurs, lâchant les uns aprés les autres, au fil des heures.

CRUEL ECHEC  pour les techniciens


Invincibles depuis mai 2009 et leur première victoire face aux Audi lors des 1000 km de Spa, les voitures françaises semblaient donc bien parties pour renouveler leur formidable doublé de 2009, obtenues ici aux 24 Heures du Mans.

Et poursuivre leur incroyable moisson (Spa 2009 – Le Mans 2009 –Petit Le Mans 2009 – Sebring 2010 – Spa 2010)  Soit, autant de doublés, réalisés en un an, face à l’ogre ‘’ Audi  »  brutalement redevenu, vulnérable !!!

Equipe pourtant  imbattables depuis une petite décennie et ses débuts en endurance ! Et qui paraissaient en ce début de course marquer  à nouveau le pas

Mais, si les Peugeot se lançaient à fond dans ces 24 Heures, derrière, forts de leur fabuleuse expérience, les hommes qui dirigent l’équipe Audi, visiblement choisissaient d’attendre et de ne pas se lancer dans une folle équipée, pour tenter de résister aux voitures françaises.

Sage décision, il est vrai prise par un grand manager, homme de terrain possédant une expérience incomparable et tout à fait exceptionnelle en parfait connaisseur de la fameuse épreuve mancelle, j’ai nommé le Docteur Wolfgang  Ullrich .

Homme exceptionnel, fabuleux stratége. Parfaitement rodé, armé et blindé !

Alors que les 908 caracolaient en tête, pourtant, samedi en fin d’après midi, on crut déceler chez lui comme une sorte d’agacement et même d’énervement, ce qui est rare… non rarissime chez lui !

Bloqué sur la bonne trajectoire par la BMW, numéro 79 alors au ralenti, au redoutable et redouté virage Porsche, l’Audi numéro 7 alors conduite par le meilleur jockey de…  l’écurie d’Ingolstadt, ne pouvait que se jeter dans le bac à graviers !!!


Et miraculeusement, lancé à pleine vitesse à plus de 260 km/h son pilote ‘’ Mr Le Mans ‘’ alias Tom Kristensen, avec ses huit succès, parvenait in extrémis et par chance, à éviter le pire et la catastrophe. Ne tutoyant que très légèrement les terribles rails de sécurité.

Quitte pour une sacrée montée d’adrénaline et assurément une très grosse charge émotionnelle, le Dr Ullrich,  s’en allait, devant  les caméras TV qui le filmaient, déverser toute sa colère à son homologue de BMW, Charly Lamm

Redevenu calme aussi vite qu’il avait vu ROUGE et pris 10.000 tours, Wolfgang  Ullrich que l’on n’avait quasiment jamais, en dix ans de compétition, vu en pareille colère, retrouvait instantanément sa sarénité.

Et regagnait au pas de course sa tour d’Ivoire d’où il supervise avec talent, ‘’sa bande ‘’, le clan Audi.

 
Et même si au fil des heures, les 908 semblaient devoir s’envoler, jamais, jamais Wolfgang Ullrich ne nous donna l’impression d’être en réelle difficulté ! 

Expérience quand tu nous tiens…

Et puis, une première alerte chez le rival français lui redonnait le sourire.

Il était alors 17 heures 19’. Et la Peugeot  numéro 3 que se partageaient Pedro Lamyalors au volantSimon Pagenaud et Sébastien Bourdais, le poleman, qui menait l’épreuve depuis le départ donné à 15 heures, par l’ancien triple Champion  Olympique de ski, l’avallin Jean Claude  Killy,  regagnait au ralenti, son box. 

Motif ? Casse du point de fixation de la suspension avant droite et coque irrémédiablement endommagée !!! Rideau…

 C’en était fini des espoirs de la 3.

 
La 3  »out  » tous les regards se reportaient alors sur les voitures sœurs, la 1 et la 2 qui prenaient à leur tour immédiatement le relais et poursuivaient ainsi l’insolente domination des 908, face aux R15+.

Tant et si bien  qu’au coucher du soleil, deux 908 caracolaient au commandement des 24 Heures, avec tenez vous bien, un tour d’avance sur leur jeune cousine, encore une 908, celle de l’équipe privée Oreca.

Et aussi et surtout… deux tours d’avance  sur les deux Audi, la 9 et la 8 . La troisième, la 7 confiée au trio Royal que forme l’équipage le plus victorieux en endurance et composé de Tom Kristensen, Allan McNish et Dindo Capello, accusant un tour supplémentaire, suite à la stupide et bête sortie de route provoquée, on l’a dit, par la BMW ‘’Pop Art ‘’ un peu plus tôt.

    .  
Les affaires de Peugeot malgré l’inattendu retrait de la 3,  semblaient plutôt bien engagées avec trois 908 aux avant postes, les deux  ‘’ officielles ‘’ et l’Oreca. Par contre, celles d’Audi
La nuit commençait tout doucement à envahir le circuit sarthois.

C’est alors qu’une seconde alerte survenait frappant de nouveau les ‘’ Bleus ‘’ ! Lesquels commençaient à avoir franchement  le ‘’ Blues ‘’…

La 908, numéro 1 alors en tête rentrait à son stand. L’horloge indiquait  22h 28’ ! 120 tours avaient été bouclés. Le diagnostic tombait :

Problème d’alternateur. L’intervention se prolongeait … quatorze longues minutes.

Du coup, suite à ce nouveau coup de théatre faisant suite au retrait de la 3, changement de leader et position de tète pour la numéro 2.

Une nouvelle 908 succédait à une… 908

Chez Audi, on observait amusé,  à distance, le ballet des 908 .Et on se disait que décidemment les Peugeot  n’étaient pas imbattables. Et que ce n’était peut–être pas l’année des

Lionnes
La 3 hors course, la 1 au box, c’est donc la troisième, la 2 qui prenait le relais

Et s’emparait du commandement. Suivi par la cousine, la 4 supervisée par le très expérimente Hugues de Chaunac, boss d’Oreca.

Mais, pour combien de temps ???

Les heures passaient, les minutes défilaient et on trouvait toujours deux 908 devant. Jusqu’à ce que le speaker Bruno Vandestyck hurle au micro du circuit, en pleine nuit.

«  Loïc Duval et la 908 Oreca au ralenti  »

Vous imaginez  la tète d’Olivier Quesnel et de son acolyte Hugues de Chaunac, en charge de cette voiture


Parvenu à son stand, la sanction tombait : Transmission (cardan arrière droit) Il était alors 2 heures 49’

L’arrêt allait se prolonger de longues minutes pour ce troisième et différent pépin, frappant incroyablement les unes après les autres, les 908 !!!

Après quatorze minutes, la 908’ 4’’ reprenait la piste mais elle était retombée loin dans le classement, en sixième position.

Désormais sur les quatre bolides Peugeot, il n’en restait plus qu’un valide, bien installé à la première place, la 2. Celle du trio des pilotes français, Stéphane Sarrazin – Nicolas Minassian- Franck Montagny.

Chez Audi, le Dr Ullrich se frottait discrètement les mains car avec trois R15+ face à une 908, les ‘’Affaires‘’ se présentaient de très bonne façon. Les très chevronnés techniciens Allemands estimant que trois des quatre 908, ayant été à tour de rôle ,victimes d’ennuis mécaniques, eh bien, pourquoi la survivante serait t’elle à l’abri ?

Le jour commençait tout doucement à poindre à l’horizon.
L’unique 908 poursuivait sa ronde infernale avec deux tours d’avance sur la meilleure des trois Audi.


Alors que le soleil lui envahissait  timidement l’enceinte sarthoise, nouvelle alerte !

Et à nouveau, l’ami speaker de nous tenir en haleine:

« Waouh, une 908 en perdition au début des Hunaudiéres »

A nouveau masque, chez les ‘’ BLEUS ‘’

Et le père Bruno d’hurler dans son micro:

«  C’est la numéro 2, la Peugeot de tête »

Consternation !!! Les tribunes et la salle de presse sont stupéfaites…

Les caméras TV de l’ACO nous montrent en effet Franck Montagny  au ralenti. Puis la 908 s’immobilise. Cet arrêt sera hélas malheureusement fatal et définitif !

Il est alors 7heures 2.

Et pour la toute première fois depuis le départ, une Audi s’empare du commandement. Mieux même puisque deux R15+ se retrouvent en tête, la 9 avec le français Romain Dumas précédant la 8 dont l’un des trois pilotes est encore un tricolore, Benoit Treluyer.

A ce moment-la, la seule 908 encore en mesure de contester la suprématie et la victoire à Audi, est la numéro 1.

 
Même si trés digne dans la défaite, Olivier Quesnel lâche déja ‘’ ce n’était pas notre année ‘’, sûr qu’au fond de lui, il espère…

Pensez cette Peugeot est aux mains cde trois anciens sprinteurs, trois pilotes qui ont roulés en Grand Prix F1!

C’est la raison pour laquelle, secrètement jusqu’au bout, le patron de l’équipe Peugeot espérera un ultime renversement de situation. Mais cette fois en sa faveur…

Hélas, malgré un formidable baroud d’honneur et des chronos époustouflants en fin de course, la 908, numéro 1 devait à son tour, finalement laisser cette année, la victoire à l’adversaire Audi.

Connaissant elle aussi une casse… moteur, la troisième !!!!

Lequel Audi après sa lourde défaite de 2009, remet les pendules à l’heure, retrouvant  la plus haute marche du podium, vengeant ainsi l’affront de l’an passé ou les Peugeot lui avaient volés la vedette en réalisant un sensationnel doublé.

AUDI s’offre le GRAND CHELEM

Victoire, triplé et RECORD ABSOLU de la distance parcourue remontant à… 39 ANS !!!

 
On le sait comme le dit un fameux dicton :

« Les années se suivent et ne se ressemblent pas  »

Sachant que Peugeot comme Audi poursuivront leur engagement en 2011, nous suivrons de nouveau l’année prochaine, ce passionnant duel entre le deux constructeurs.

Lesquels reviendront donc au Mans mais avec une toute nouvelle voiture…

Quoiqu’il en soit, nous avons ces 12 et 13 juin, assisté à une magnifique édition des 24 Heures du Mans. Une bagarre avec un insoutenable suspense, la victoire finale ne se décidant qu’en toute fin de course.

Peugeot est certes vaincu mais avec les Honneurs

Il y a bien longtemps que le spectacle proposé n’avait pas été aussi passionnant, aussi haletant, deux tours d’horloge durant.

Audi a gagné mais Peugeot n’as pas démérité, loin de la…
Seuls de stupéfiants et inattendus ennuis mécaniques ont frappés les 908 et par quatre fois différemment !!!!

Ce qui est assurément curieux car l’équipe Peugeot avait depuis son doublé 2009 procédé à onze longues séances de roulage, comprenant plusieurs test de 24 et même 30 heures

 
Gilles Gaignault
Photos : Gilles Vitry – Patrick Martinoli -Thierry Coulibaly

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