F1: SUCCESSION DE BRIDGESTONE, MICHELIN RETARDE LE DENOUEMENT

 NICK SHORROCK

Alors que le marché de la fourniture des pneumatiques aux roues du plateau des monoplaces de la Formule 1  semblait se conclure en faveur du manufacturier italien Pirelli, son concurrent Français, le groupe Michelin, est revenu ce week-end, à la charge.

Son directeur du service compétition, le Britannique Nick Shorrock s’étant tout spécialement déplacé à Istanbul ou se tenait le Grand Prix de Turquie, septième manche du Championnat du monde 2010.

La désignation du successeur de Bridgestone pourrait donc encore un peu trainer et attendre le prochain Grand Prix, prévu à Montréal au Canada, les 12 et 13 juin prochains.

 

CHEZ PIRELLI ON AFFICHE DEJA LE SOURIRE…

La cause comme autonewsinfo l’avait révélé tout récemment semblait pourtant entendue.

Soutenue par la majorité des écuries, la proposition du manufacturier Pirelli était en voie de conclusion.

Son offre de livrer en quantité voulue (une production de l’ordre de 40.000 pneus par saison) en trois types de gommes (tendres, médium et dures) contre une contribution d’un million d’euros par équipe chaque année -jusqu’en 2013–  allait être entérinée.


Celle de Michelin, qui avait pourtant réduit sa facture de moitié, laisse-t-on entendre, paraissait débordée… 

Bien qu’elle retint encore l’attention d’une grande partie des écuries en raison de l’experience et de l’aura mondiale de la manufacture auvergnate.

Nick Shorrock, patron de la compétition du camp Bib, est lui-même venu s’en expliquer dimanche dans le paddock d’Istanbul.

Le prix d’une expertise incomparable

Pour chausser les monoplaces au plus niveau d’exigence, les pneumatiquess doivent aussi atteindre le meilleur degré de développement.

Sinon ils deviennent les facteurs limitants à l’exploitation des voitures les plus évoluées dans l’univers de la compétition.

Martin Whitmarsh, patron de l’équipe Mc Laren mais également de l’association des écuries (FOTA) l’avait clairement évoqué dernièrement.

« Au cas ou le candidat retenu n’aurait pas la hauteur d’expérience indispensable, les grandes équipes en viendront à  embaucher leur propres ingénieurs pour travailler sur les pneumatiques. Les petits Teams ne pourront se le permettre…»

Et Ross Brown, patron de l’écurie Mercedes d’ajouter:

« Les écuries ont établi ensemble une spécification du pneu souhaitable pour poursuivre le développement de nos voitures.»

Du coup, Michelin déjà disposé à revoir sa copie, notamment sur un changement de la dimension, revenait dans le jeu grâce à une expérience incomparable.

Une image de marque à peine entachée par le désastreux Grand Prix d’Indianapolis il y a quelques années – le dimanche 19 juin 2005 –  et depuis plus que solidement établie sur la scène mondiale de l’endurance et notamment aux très prestigieuses 24 Heures du Mans.

A sa descente d’avion au retour de Turquie ce lundi après midi, Nick Shorock nous explique :.

« L’objectif de ma rencontre de quatre vingt dix minutes avec les chefs d’équipe était simplement de clarifier les  détails de notre proposition. Il ne s’agissait pas de réécrire notre contribution mais de lui donner son plein éclairage.» 

A l’évidence ses interlocuteurs qui retardent de façon désormais cruciale leur choix, bien que de nature commerciale et donc concernant également Bernie Ecclestone, président de la FOM, se sont montrés attentifs aux explications du négociateur Michelin.

S’agit-il d’une martingale en mesure de précipiter le plateau dans le giron de Bib, qui tient visiblement à enlever le dossier ? 

Cette salve d’explications, ajoutée à la réactivée légendaire du potentiel du camp français, prouve du moins sa volonté de batailler avec ses arguments… faute de rivaliser en piste.

Jean François Meunier

Photos : Patrick Martinoli   et Bernard Bakalian

Bridgestone F1 Michelin

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