RACE CAR : LE TOUR DU PROMOTEUR AVEC JEROME GALPIN

Rencontre à Lédenon à l’occasion, de la seconde manche des épreuves de la série Race car avec Jérôme Galpin, le promoteur de cette discipline apparue sur les circuits Français au début de la saison dernière.

Lequel nous présente la Racecar :

Une compétition des plus intéressantes qui mélange

« Des pilotes, des grosses voitures et du spectacle ! »

 

L’organisateur de la Racecar Séries, Jérôme Galpin, était donc ravi ce week-end à Lédenon pour la deuxième manche de son Championnat qu’il a créé avec le soutien de son père, avec passion. Il revient sur les raisons qui l’ont poussé à importer en Europe et dans l’hexagone un peu de l’esprit NASCAR pour l’adapter au public français.

« On enlève l’électronique, on enlève tout ce qui est aseptisé et on voit les mecs ! »

La définition que fait Jérôme Galpin de la Racecar Series est aussi simple que le concept lui-même. Il n’est question que de passion et de pilotage. Baigné dans le sport automobile depuis son tout jeune âge grâce à des parents impliqués dans le rallye, il a commencé à s’intéresser aux séries américaines il y a une dizaine d’années.

« C’est un puzzle qui s’est construit. Je suis un passionné de football américain et forcément d’auto. Je vais aux Etats-Unis très régulièrement. On a créé une société sur place, on est importateur de carburant Sunoco et de voitures comme les Charger ou les Mustang. Du coup, on va sur des meetings automobiles, on découvre la Sprint Cup. Ensuite on voit la Nationwide donc on va faire un saut, etc.. Et puis on s’est dit : ‘’ Ces gars font un super spectacle et ils prennent beaucoup de plaisir avec des voitures moins chères en entretien que mes WRC ’’.

Comme on a une société qui maitrise l’import-export, on a rencontré des gens, on a racheté une société qui faisait des châssis du type de la Nationwide et au final, quand le puzzle a été mis en place, on s’est lancé. »

« Ici on n’a pas la culture de l’ovale »

La première saison de Racecar a donc débuté en 2009 sous l’impulsion de la famille Galpin. Il ne s’agit toutefois pas, contrairement à ce qui a pu être dit, d’une série Française de NASCAR. Même si l’esprit des Championnats Américains est bien présent avec les sessions d’autographes, les grosses berlines, la franche camaraderie entre pilotes et les coûts relativement faibles, de nombreuses contraintes font que la Racecar est bien un Championnat inédit.

Bien sûr, il y a d’abord des circuits.

Alors que la Sprint Cup Series compte trente-quatre courses sur ovales contre deux sur routiers, la Racecar n’affiche que six routiers à son calendrier.

Outre le cruel manque d’ovales en France, Jérôme Galpin souligne les différences culturelles entre les USA et l’Europe :

 « On n’a pas un public qui a une culture d’ovales. Les mentalités commencent à changer mais quand vous demandez à quelqu’un ce qu’est une course sur ovale, on vous répond que ce sont des gars qui tournent en rond. Par ailleurs, il est impensable d’amener des pilotes européens sur un ovale sans formation, on va les perdre les uns après les autres ! On ne roule pas sur un ovale à 300 km/h, sans y être préparé et formé depuis tout petit. »

Une NASCAR adaptée

Ce qui a plu avant tout à Jérôme Galpin, ce sont les voitures et le spectacle.

Grâce à l’expérience technique de sa famille en matière de sports mécaniques, ils ont pu concevoir une voiture qui reprenait la base de ce qui fait la NASCAR, notamment le V8 de 450 chevaux, tout en l’adaptant aux circuits routiers.

Le résultat déplait sûrement aux fans Français de la Sprint Cup Series qui attendaient une copie conforme du Championnat d’origine !


La Racecar fait le poids d’une Clio et répond aux normes FIA, une Fédération qui a toujours été hostile à ses concurrents outre-Atlantique.

« Les intégristes n’adhèrent pas au principe parce qu’ils ne retrouvent pas le bruit de la NASCAR par exemple. Mais il faut bien comprendre que les contraintes sont différentes en Europe. Il est complètement impensable d’arriver au Nürburgring avec une voiture qui fait 120 décibels. Ici, il faut s’intégrer dans un mouvement de respect de l’environnement, de diminution du bruit et des émissions. Pareil pour les ovales.

Et de bien préciser :

« Si vous voulez rouler sur des ovales, il faut aller aux Etats-Unis. Notre idée n’est pas d’amener la NASCAR mais de l’adapter à ce qu’on peut et ce qu’on sait faire ici. »

De la place pour le spectacle

« Il a surtout fallu retravailler les épures de train et la dynamique de la voiture pour avoir quelque chose de sympa à conduire sur un circuit routier. Je pense qu’on a fait une belle auto et je suis heureux quand j’entends un pilote aussi talentueux et expérimenté comme Eric Hélary – ancien vainqueur des 24 Heures du Mans – me dire qu’il s’est bagarré à l’entrée du triple gauche de Lédenon pour la tenir. Si on prend n’importe lequel des garçons qui ont gagné en GT aujourd’hui et qu’on le met dans une Racecar, il va falloir qu’il envoie du lourd pour être devant. Là, c’est le pilote qui fait tout. Il n’y a pas d’anti-patinage pour les aider à ré-accélérer, pas d’ABS pour les aider à freiner et pas d’aéro pour les tenir. C’est une voiture de pilote et c’est ça qui est chouette ! »

Pour les équipes, les coûts sont volontairement réduits au détriment de la technologie. Encore une fois, c’est l’esprit NASCAR qui prédomine.

 
A l’heure où, dans les Championnats d’envergure mondiale, les voitures font presque tout à la place du pilote et que les modèles informatiques ont la priorité sur son ressenti, le grand perdant est le public, réduit à regarder passer des concentrés de technologie trop complexes pour lui.

« Plus une auto est efficace, moins il y a de choses à voir sur la piste. En Racecar, on pourrait améliorer la voiture pour qu’elle gagne deux secondes au tour. On travaille avec des suspensions à 180 € mais on pourrait les remplacer par des suspensions multi-hydrauliques réglables en compression-détente etc..  La voiture serait rivée au sol mais la course n’aurait plus d’intérêt. »

Une course d’exhibition à Daytona

En-dehors de la piste aussi, il a fallu s’adapter au public. Les rituels typiques de la NASCAR comme les parades militaires et l’invocation du pasteur sont ici avantageusement remplacées par des chorégraphies de ‘’pompom’’ girls enthousiastes. Et aussi par quelques ‘’ costauds ‘’ !

 
Des … footballeurs Américains !!!

Bien sûr le puritanisme américain en prend un coup mais les spectateurs Français, eux, y trouvent leur compte et la foule s’amasse rapidement devant la tente des organisateurs de la Racecar.

« C’est un sport familial, je ne veux pas de structure fermée, il faut aller vers le public. C’est aussi le jeu des pilotes de se prêter aux sessions d’autographes. Il s’agit juste d’aimer les gens et de faire un sport humain. »

Cerise sur le gâteau, la Racecar se déplacera dans le temple de… Daytona, en novembre  prochain pour un rendez-vous hors-Championnat

Jérôme Galpin a bien l’intention de faire découvrir à ses pilotes le monde merveilleux des Superspeedways même s’ils se cantonneront au circuit routier emprunté par le Championnat Grand-Am

Notamment  pour les 24 Heures de Daytona, à l’intérieur de l’ovale.

« Ce sera une course plaisir. » comme le souligne son instigateur.

Il ne faut donc pas parler de la Racecar comme une pâle copie d’une série de NASCAR. La volonté de Jérôme Galpin est claire sur le sujet et il a tout fait pour adapter le concept aux pilotes et au public Français.

Quoiqu’il en soit pour sa seconde année d’existence, quelques pilotes bien connus au copieux palmarès, se sont, comme l’an dernier François Delecour, ralliés.

Et, parmi eux, des garçons de la trempe d’Eric Helary on l’a déjà dit mais aussi Mike Parisy et Lucas Lasserre sans oublier la Championne Olympique de ski, Carole Montillet.

Rien que du beau linge…

Il ne manque dorénavant qu’une seule chose pour que ce Championnat se démarque des autres :

Aligner 43 voitures sur la ligne de départ et prononcer la formule magique :

 « Gentlemen, start your engines! »

Au vu de ces deux premières saisons, cela ne saurait tarder !

Renaud Lacroix

Photos : Renaud Lacroix


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