24 HEURES DU MANS : LES PESCAROLO SERONT ABSENTES !!!

 

Après avoir été placé successivement d’abord sous la responsabilité du très sérieux homme d’affaires parisien Jacques Nicolet, également patron du Saulnier racing, devenu entre temps OAK Racing puis ensuite sous la coupe de Jean Py, patron lui de l’entreprise Sora Composites située en Mayenne, le Team Pescarolo Sport, vit actuellement les heures les plus noires de sa belle et longue histoire !!

Depuis le début de l’hiver et surtout depuis ces dernières semaines, l’avenir même de l’écurie Sarthoise semble des plus compromises et tout naturellement la participation de l’équipe Pescarolo Sport aux prochaines 24 Heures du Mans semble elle de plus en plus inimaginable.

Hélas !
Qu’en est-il très exactement ?

On le sait, l’entreprise qui se trouve désormais dans les mains de Jean Py, est à l’arrêt total !

Le passif et les dettes s’accumulent !!

On parle d’impayés dû par l’actuel propriétaire dont le montant est effrayant :

Les chiffres qui circulent en coulisses mais lâchés par des proches du dossier laissent entendre que les impayés atteindrait la somme vertigineuse de … 2  millions € !!

En février, lors de la présentation des 24 Heures du Mans au Welcome dans l’enceinte même du circuit des 24 Heures, Jean Py, fanfaronnait pourtant et claironnait à qui voulait bien l’entendre :

‘’ Les Pescarolo seront au départ des prochaines 24 h du Mans avec les pilotes de Gravity.’’

Gravity ?
La structure sportive de Genii Capital, la société Luxembourgeoise qui venait de reprendre, à son compte, l’écurie de F1 Renault.

Etonnement général !!!

Oui. On appris ensuite qu’un contact avait été établi.

Mais si les dirigeants de Gravity ont certes envisagés, effectivement de reprendre Pescarolo Sports, ils ont avant tout, en dirigeant sérieux, procédés à un audit financier afin de connaitre la réalité sur la situation financière de l’entreprise Pescarolo Sport.

Contacté, un porte parole de Genii, avait alors déclaré, histoire de ne pas mettre la charrue avant les boeufs :

« Il n’est pas question de s’engager les yeux fermés. Nous sommes intéressés pour reprendre Pescarolo Sport mais à certaines conditions. Pas question donc d’absorber les dettes qui semblent colossales. »

Les mois, les semaines et les jours se sont écoulés et il ne s’est rien passé dans la mesure où la situation n’évoluait pas.

Ni dans un sens, ni sans l’autre, chacun campant sur ses positions.

En fait, Jean Py a très certainement rêvé et imaginé que Gravity était le… ‘’ Père Noël ‘’ !

Lequel allait lui offrir un beau chèque pour le sortir de la mouise….

Sauf que face à lui il a trouvé des industriels, sachant gérer et bien compter !

Et bien lire aussi surtout les chiffres.

C’est la raison pour laquelle eu égard à la dramatique situation financière, l’affaire et par conséquent la vente ne se sont jamais faites.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Les fournisseurs n’étant pas réglés depuis bien longtemps, refusent de fournir les pièces, moteurs et autres boites de vitesse.

A ce sujet, voici ce que nous écrivions le 22  décembre dernier :

Défendu par l’avocat parisien Maitre Veroux, Henri Pescarolo  vient de gagner son procès en référé au tribunal du Mans, il y a quelques semaines, Sora composites ne lui ayant jamais réglé l’acquisition du Team Pescarolo.
D’autre part, la lourde facture que doit le Groupe Sora propriétaire de l’entité Pecarolo Sport (400.000 €) de la remise en état de la 908 accidentée lors des dernières 24 Heures du Mans, n’a elle non plus jamais été réglée à Peugeot !
Alors dans ces conditions, la poursuite de la collaboration entre Peugeot et Sora, parait des plus compliquées et  n’est pas, n’est plus envisageable.

(C’est finalement la raison pour laquelle Oreca est cette année l’équipe retenue par Peugeot pour aligner la quatrième 908 HDi FAP)

Questionné lors de la remise des prix de la FFSA à Versailles, l’ancien quadruple vainqueur des 24 Heures du Mans, a accepté de faire le point sur sa situation actuelle :

« Effectivement Jean Py s’était engagé à reprendre l’entité Pescarolo Sport et ce pour un Euro symbolique. Mais dans cet accord, il y avait deux closes à respecter. Premièrement, Jean Py reprenait à son compte le déficit de la saison 2008, soit 850.000€. Deuxièmement, il rachetait les 2/3 de mes parts du compte-courant, évalué lui à 900.000€. Or, il n’a jamais versé le moindre € des 598.000 prévus. D’où cette action en justice et gagnée. »

(Nous sommes le 9 décembre et il n’a toujours pas exécuté la condamnation du tribunal du Mans qui remonte pourtant à octobre dernier !!! )

A ce sujet Henri en veut terriblement à l’homme mis en place par Jean Py pour gérer le Team Pescarolo Sport, un certain Philippe Leblanc, d’ailleurs licencié avant la fin de saison :

« Un incompétent total de plus menteur et qui n’a eu de cesse de raconter tout et n’importe quoi »

Qu’ajouter ?

Tout était à l’époque déjà bien résumé !
Depuis, il ne s’est rien passé si ce n’est que l’industriel Jean Py, a continuer de rêver…

Et imaginer qu’en faisant affaire avec Gravity, il leur  » fourguerait  » le passif !!!

… Pas folle la guépe

Une chose semble certaine :

A deux mois des 24 Heures du Mans, on voit franchement vraiment mal comment les bolides de l’écurie Pescarolo Sport pourraient être alignés au départ de la célèbre épreuve mancelle !!!

Avec quel argent et quel soutien ???

Notre confrère Bruno Palmet de la presse Sarthoise  ‘’ Le Maine Libre ‘’ qui assistait comme nous aux récentes Huit Heures du Castellet, nous avait d’ailleurs indiqué qu’en Sarthe, personne ne croyait plus au miracle !

Il est vrai que Le Mans n’est pas … Lourdes !!!

Reverra-t-on un jour ces Pescarolo en piste ?


Bien malin qui pourrait répondre à cette question.

En tout cas, c’est une évidence, la prochaine édition des 24 Heures du Mans, se déroulera sans elles.

Malheureusement !

Sur que les innombrables fans que compte l’ancien quadruple vainqueur de l’épreuve (1972-1973-1974-1984) le regretteront.

Nous aussi car les Pescarolo faisaient tellement partie du plateau.

Imaginer les 24 Heures débuter sans elles, ne nous était même pas venu à l’idée !

Même si forcément cela se serait bien produit un jour…

Mais pas dans ces conditions.

Gilles Gaignault
Photos : Patrick Martinoli – Thierry Coulibaly – Photoclassicracing – Jean Michel Lefebvre

L’ARTICLE PARU CE MARDI 27 AVRIL 2010 DANS LE MAINE LIBRE

L’écurie Pescarolo-Sport privée de 24 Heures

Pas de repreneur, pas de 24 Heures, l’avenir de l’écurie Pescarolo-Sport n’a jamais été aussi sombre.
 
Dans le cénacle de l’endurance où l’absence du team Pescarolo-Sport (18 salariés) s’est fait remarquer lors de la première course au Castellet, et bientôt à Spa, les chances de voir une voiture sarthoise courir aux prochaines 24 Heures s’amenuisent de jour en jour. « La participation des deux voitures est compromise », confirme sans sourciller le patron, Jean Py, dont on rappelle qu’il a pris des rênes de l’écurie il y a un peu plus d’un an. « Il y a une réalité que je ne peux pas changer d’un coup de baguette magique. J’attendais une conclusion favorable avec Genii Capital et ses dirigeants viennent de m’avertir qu’ils ne donnaient pas suite… Après trois mois de discussion et à deux mois des 24 Heures, avec des voitures à préparer, des partenaires à trouver, cela me semble trop court… ».

Lors de la publication des 55 invités aux 24 Heures, en février dernier, Jean Py s’était un peu emballé en annonçant la présence de pilotes comme Ho-Pin Tung et Jan Charouz (Renault F1 Driver Programme) au volant de la Pescarolo-Judd, en confirmant aussi l’existence d’un proche partenariat entre son team et Gravity (division de Genii, entreprise dirigée par Gérard Lopez, qui a acquis une partie de Renault F1). « Je me suis d’ailleurs déplacé en Angleterre (Enstone) et au Luxembourg pour les rencontrer… J’y croyais. »

Des dettes qui font peur

Même s’il explique que la situation de son entreprise « n’est financièrement pas plus difficile qu’il y a un an », le patron mayennais n’a pas été en mesure de faire face à certaines dépenses inhérentes au bon fonctionnement des voitures et à leur développement, des Protos qui sont aujourd’hui stationnées sous une bâche, dans un coin du garage. « Mon problème est d’assurer la pérennité de l’entreprise et la priorité du jour est de finir les voitures-école commandées par l’ACO.

L’équipe technique travaille dans l’atelier du Technoparc afin de pouvoir livrer les voitures selon les échéances qui ont été prévues ». Assigné par l’ACO pour ne pas avoir rempli son contrat (deux mois de retard), Jean Py a même détaché un nouveau directeur (Christian Jozan) pour mener à bien cette livraison très très urgente. Bref, la situation de Pescarolo-Sport serait-elle devenue à ce point si critique que plus personne n’en voudrait ? A commencer par Geni Capital qui aurait refusé de reprendre les dettes de l’entreprise ! On parle de 2,5 M€. « 1 M€ de passif », réplique Jean Py, « pour 1,2 M€ d’actifs. Le budget de fonctionnement de l’équipe est de 3 M€…  ». Jamais le Vert, couleur Pescarolo, n’a pas été aussi près de virer au rouge.

Bruno Palmet

Sport

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