WRC RALLYE DE TURQUIE : LOEB-ELENA S’EMPARENT DE LA TETE AVANT LE SPRINT FINAL

 LOEB-ELENA FONCENT VERS UN NOUVEAU TRIOMPHE

Sébastien Loeb s’est emparé du commandement du Rallye de Turquie après les huit épreuves spéciales au menu de la seconde étape, disputées samedi près d’Istanbul, devant Petter Solberg et Mikko Hirvonen.

Le pilote Français de Citroën aura donc la lourde tache s’il en est et le réel handicap de s’élancer en tête dimanche et donc d’ouvrir la piste, synonyme de … balayage !

Une ultime journée qui promet d’être riche en suspense puisque Loeb ne compte qu’une avance  infime, 16"2 sur le Norvégien et de 17’’3 sur le Finlandais !

 


La deuxième journée du Rallye de Turquie a été rythmée par une lutte passionnante entre cinq équipages. Avec deux de ses C4, en lice pour le podium, l’équipe Citroën réalise le meilleur résultat d’ensemble.

Quatrièmes ce matin, Sébastien Loeb et Daniel Elena occupent désormais ce samedi soir la tête du classement général, avec 16’’2 d’avance sur celui qui est le dernier en 2003 à avoir été Champion du monde, avant l’avènement du pilote Alsacien en 2004, Petter Solberg et associé à Phil Mills.

       OGIER ET SOLBERG

Petter Solberg,qui ravi racontait :

« Je suis satisfait de la journée de samedi et du rallye jusqu’à présent. Je n’étais pas à fond tout le temps. Ces spéciales sont difficiles pour la voiture. Il ne faut pas oublier que nous sommes une petite équipe privée avec des ressources limitées et nous devons être vigilants. Avoir une crevaison à la fin de l’ES16 m’a certainement coûté du temps mais, à part ça, tout était parfait.»

En réalisant le meilleur temps dans Göçbeyli 2 (ES14), Sébastien Loeb donnait un premier coup de semonce. Deuxième de la spéciale suivante, Ulupelit 2, il s’emparait pour la première fois de la tête du rallye.

Le leader après sa brillante prestation au cours de la première étape, Sébastien Ogier et en tête depuis vendredi matin, espérait surement poursuivre sa belle aventure samedi.

 
En tête au terme de la première journée, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia ouvraient la route aujourd’hui. Si l’équipage Français profitait de conditions optimales sur les quelques kilomètres d’asphalte, il devait balayer la trajectoire sur la terre.

Avec un meilleur temps dans la matinée, la C4 N°7 rentrait à Pendik avec plus de dix secondes d’avance.

Le leader Ogier confiait alors :

« Je pense que nous avons bien limité la casse. J’essaie de faire de mon mieux, d’aller aussi vite que possible. Sur asphalte, j’ai tenté de faire la différence. Dans l’ensemble, j’ai le sentiment que nous nous en sommes bien sortis. Nous ne sommes qu’à mi-rallye et cinq pilotes peuvent encore gagner. »

Hélas pour lui, le Gapençais a crevé son pneu avant gauche au 10e km de l’ES15 (Ulupelit 2), longue de 13 km, et a sagement préféré s’arrêter pour changer sa roue.

Incident qui  l’a contraint à abandonner sa place de leader, perdant en effet trois longues minutes dans l’opération. Laquelle le fait rétrograder en cinquième position au classement général provisoire. 

Dommage car Ogier avait été éblouissant jusqu’alors !
Il raconte :

« J’ai eu un problème à une roue. On a entendu une explosion sur une partie rapide. On a dû changer la roue et  on a pu heureusement repartir mais on a perdu trois minutes… »

Et de préciser :

« Dans une portion très rapide, à environ 180 km/h, le pneu avant gauche a explosé même si nous n’avions rien heurté. Maintenant, nous allons essayer de retrouver de la motivation et d’aller au bout de ce rallye. »

Plus tard dans la journée,  le pilote du Citroën Junior Team précisera :

« C’est difficile de continuer maintenant. J’ai perdu la motivation. C’est malchanceux. Je vais finir le rallye pour prendre de l’expérience.»

Avant de conclure :

« C’était une belle bagarre avec les autres pilotes. J’ai essayé de pousser fort pour conserver la tête. Mais que puis-je dire ? Cette crevaison, c’est la vie, c’est comme ça… »

Quatrièmes ce samedi soir et à quelques secondes seulement  (5’’1) du tandem Mikko Hirvonen – Jarmo Lehtinen, le duo Dani Sordo – Marc Marti est également très bien placé pour tenter de monter sur le podium final.

Mais revenons à la course. Avec 145 kilomètres chronométrés, cette seconde journée du Rallye de Turquie était aussi la plus longue. Avec des portions sur asphalte et d’autres sur une terre très cassante, les routes promettaient un véritable défi aux équipages et à leurs voitures

Les équipages devant effectuer deux passages dans une boucle de quatre spéciales très variées :

Göçbeyli (ES10-14) et Bozhane (ES12-16) étaient majoritairement recouverts d’asphalte, tandis que la spéciale de Riva (ES13-17) promettait d’être une véritable torture pour les pneus et la mécanique.

Les équipages quittaient le parc fermé de Pendik sous un ciel maussade. Deuxième en début d’étape, Dani Sordo perdait progressivement du terrain pour achever la boucle au cinquième rang, à 15’’2 du leader :

« Nous avions fait un choix de pneus un peu trop audacieux. Je suis parti avec deux roues déjà rodées pour tenter d’être plus performant sur l’asphalte, mais ce n’était pas la bonne solution. J’ai perdu quelques  précieuses secondes, ce n’est pas rédhibitoire pour autant. Cet après-midi, je partirai avec six pneus neufs et nous essaierons de nous maintenir dans le peloton de tête. »

Sébastien Loeb, quant à lui, gagnait une place et réduisait l’écart sur Sébastien Ogier d’une dizaine de secondes :

« Le bilan de cette première boucle est positif. Ce n’était pas facile, car Ogier, Solberg et Hirvonen défendent bien leurs positions. Il a fallu prendre des risques pour faire des temps ! Comme mes adversaires, j’ai été gêné par les travaux effectués sur les routes par l’organisation depuis les reconnaissances. Le dessin de certains virages a été modifié et je me suis fait surprendre plusieurs fois. »

 
Après trente minutes d’assistance sur les rives du Bosphore, les équipages repartaient à l’assaut des spéciales turques, face au détroit des Dardanelles.


Achevant l’étape par deux scratches supplémentaires, le sextuple Champion du Monde regagnait le parc fermé avec une avance de 16’’2 sur Petter Solberg :

« Nous avons enfin réussi à creuser des écarts significatifs et à prendre la tête. Notre avance n’a rien de confortable car la troisième étape ce dimanche sera longue et difficile. La météo pourrait jouer un rôle dans l’issue de la course : s’il pleut, notre position d’ouvreurs sera avantageuse. Dans le cas contraire, il faudra se battre pour rester devant. »

Et d’ajouter :

« C’était une belle après-midi, on a bien attaqué et on a réussi à faire plus d’écarts que ce matin, donc on s’est retrouvés en tête. Seize secondes d’avance, ce n’est pas énorme mais c’est mieux que rien. Avec le kilométrage qui reste, c’est loin d’être gagné. S’il pleut dimanche, tant mieux, car le balayage ne sera pas un handicap en ouvrant la route mais de toute façon les stratégies ne sont plus autorisées, donc on a décidé d’attaquer jusqu’au bout et on verra bien»

 
Mikko Hirvonen, le Vice champion du monde 2009 lâchait :


« Samedi matin, on a fait un gros trou dans le plancher mais il y avait tellement de choses à faire à l’assistance de midi que nos mécanos ne l’ont pas vu.  C’était une portion d’asphalte mais ça glissait beaucoup, on a tiré tout droit dans le fossé mais on a pu revenir tout de suite sur la route. On s’en est bien sortis »

Auteur d’une course régulière dans le peloton de tête, Dani Sordo se maintenait au quatrième rang, à 6’’ de la deuxième place :

« L’après-midi s’est bien passée, la voiture a bien marché et nous avons pris du plaisir dans les spéciales. Nous avons réussi à ne pas crever aujourd’hui, je crois que c’était le plus difficile. Nous aurons une bonne position de départ pour la dernière étape et nous pourrons nous battre pour une place sur le podium face à Petter Solberg et Mikko Hirvonen. »

Un autre pilote qui peut être satisfait ?

Kimi Räikkönen, magnifique sixième ce soir !

Le Finlandais n’a commis aucune faute et a roulé fort. Il s’est même révélé plus rapide que des pilotes chevronnés de la trempe de Villagra et Wilson et il mérite parfaitement sa superbe sixième place.

Il raconte :

La Citroën C4 WRC est toujours aussi facile à piloter. Sur asphalte, j’ai peut être un peu trop assuré avant de me rendre compte du niveau d’adhérence. Je suis satisfait de notre rythme, ce fut une bonne journée où nous n’avons pas connu le moindre problème. J’ai juste calé deux fois aujourd’hui, au même endroit lors des deux passages. Nous avons amélioré nos temps cet après midi »

 Et de conclure souriant :

 « Demain sera un autre jour où nous essaierons de conserver notre position. »

Un mot encore sur un autre Finlandais, celui de Ford, Jari-Matti Latvala. Le vainqueur du Rallye de Suède s’est fait surprendre dès le premier kilomètre de cette spéciale Göçbeyli 1 (18.17 km), disputée intégralement en pneus terre. Parti en tonneau, il se retrouve douzième, loin, trés loin, à… 19’14’’2!!!

Il explique :

« Sur mes notes, j’avais comme consigne d’aller à fond sur une crête. C’est ce que j’ai fait, mais la voiture est partie sur le côté et j’ai touché un petit talus. Je suis parti en tonneaux ».

 Ensuite, il ajoutait :

« Après l’incident, nous avons essayé d’atteindre la fin de la première boucle. La voiture n’étant pas trop abîmée mais je n’avais plus trop de puissance, donc je pilotais prudemment ».

 Avec six spéciales et 115 km chronométrés ce dimanche, rien n’est joué et tout peut arriver vu les écarts infimes.

Bien malin qui pourrait pronostiquer le nom du futur vainqueur !

Et ce d’autant plus que la pluie est annoncée… 

Christian Colinet

Photos : Teams

 

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