NASCAR : LA FABULEUSE HISTOIRE DU FRANÇAIS MICHEL DISDIER

 DES FOULES RECORDS POUR ADMIRER LES COURSES NASCAR

Il fallait être courageux, inconscient ou même un doux rêveur pour oser tenter la folle aventure de se lancer à l’assaut du redouté, redoutable et très spectaculaire Championnat Américain NASCAR !

Pourtant, notre compatriote, le Niçois Michel Disdier s’est lancé et avec un certain succès à la conquête des USA et de ses terribles et ‘’ O ‘’ combien dangereux ovales.

A la veille d’attaquer si tout se déroule comme il le souhaite une nouvelle campagne outre Atlantique, celui que les Yankees nomment le ‘’ Frenchie ‘’ nous raconte sa fabuleuse histoire.

Michel, tu as participé à 10 courses du Championnat ARCA, l’antichambre de la NASCAR. Comment, toi, Français as-tu réussi à trouver une équipe et un budget aux Etats-Unis ?

« Le parcours fut long et difficile, mais quel bonheur de me retrouver derrière un volant sur un circuit ovale aux Etats-Unis. Depuis mes premiers contacts en 2001 avec les dirigeants de la NASCAR, mon déplacement et mes premières rencontres à Miami sur le circuit dʼHomestead, mon seul objectif fut de trouver les moyens de mʼengager en NASCAR. Le chemin fut plus long que prévu, car étant le premier pilote français, depuis Claude Ballot-Léna et Jo Schlesser, qui avaient tous deux participé à quelques épreuves – dans les années 70  pour le second et 80 pour le premier nommé – jʼai dû changer les mentalités, surtout en Europe, où lon me disait tout simplement que cʼétait impossible que lʼon puisse avec notre expérience européenne sʼadapter aux course de stockcar américain. Jʼai dû me mettre des œillères et nʼécouter que mon cœur et mon intuition qui me poussait vers cet horizon. Les embûches furent nombreuses bien entendu, mais, à aucun moment je nʼai pensé baisser les bras. De plus, ma communication avec Alain Prost, qui était présent en même temps que moi, à Miami en 2002 et son intérêt personnel pour cette discipline mʼa totalement convaincu et rassuré sur le fait que jʼavais pris la bonne décision.

Les premières équipes avec lesquelles jʼavais pu faire des tests ou courir ne mʼont mené à rien, hormis le fait que jʼétais heureux de découvrir de lʼintérieur cette discipline et surtout de pouvoir rouler sur des circuits aussi prestigieux que Michigan et Daytona.

 Il mʼaura fallu le soutien de plusieurs personnes pour finalement trouver la bonne équipe, qui allait me donner les moyens de débuter dans le championnat ARCA.

Cette équipe Bowsher à qui je dois beaucoup, mʼa donné toute lʼattention et lʼamitié, pour que je me sente bien, et que jʼappréhende de la meilleure façon les différentes étapes, que sont les shorts-tracks, les speedways et enfin les super speedways, qui ont chacun leurs particularités et difficultés.

Bien entendu, trouver les moyens financiers fut aussi un parcours du combattant, car très peu de personnes sʼimaginaient quʼun pilote français puisse sʼadapter à ces courses aux USA. Jʼai dû, avec le soutien de personnes qui y croyaient, trouver les moyens de financer les premières courses. Et, après des mois dʼefforts, nous avons convaincu une personne de nous aider, et par la suite dʼautres partenaires ont fait leur apparition, jusquʼà lʼimplication de Total US lubrifiants.

Aujourdʼhui, nous travaillons encore très dur, pour finaliser et boucler notre budget pour participer, et atteindre enfin une des plus grandes séries NASCAR, la NASCAR Camping world série. 

Où vis-tu ? En France ou aux Etats-Unis ?

« Je suis toujours entre les deux, mais depuis 2009, jʼai passé plus de neuf mois aux Etats-Unis. Cela me permet aussi de mieux mʼintégrer et aussi de perfectionner mon Anglais. Même si jʼaime beaucoup ma ville de Nice et la France, je me sens de plus en plus Américain, car je trouve là-bas une énergie et beaucoup dʼenvie de la part des gens que je rencontre. Cʼest vrai aussi que jʼai la chance dʼhabiter New-York, qui est une ville fantastique.

Quand je reviens en France, cela me permet de me reposer un peu plus, de me ressourcer, pour pouvoir réattaquer une nouvelle saison de course en pleine forme !

A Nice, je peux aller faire de lʼenduro, faire mes footing le matin au Canal de Gairaut, être plus dans la nature, mais aussi voir ma famille et mes amis…

Les USA, cʼest lʼaction et lʼénergie tout le temps, alors cʼest bien de pouvoir profiter des deux. » 

 

Comment s’est passée ton intégration dans ce Championnat Américain ?

« Mon intégration sʼest passée dʼune façon formidable, et jʼai senti déjà lors de ma première venue sur une course de NASCAR fin 2002 à Miami, que mes démarches et mon intégration seraient facilitées, grâce à lʼintérêt que NASCAR a porté à ma persistance et à ma passion, à vouloir intégrer leur championnat. 

Par la suite, et en arrivant sur ma première course sur un circuit ovale à Salem dans lʼIndiana en 2008, toutes les craintes dont certains voulaient me convaincre, se sont évanouies, grâce à lʼaccueil fabuleux que les fans mʼont fait, notamment à la première séance de dédicaces, à laquelle je nʼétais pas très chaud dʼaller, car je pensais que personne ne me connaissait. Bien au contraire, mon accent « Frenchie » a je pense créé la différence, et aussi le fait que je sois tellement heureux dʼêtre enfin présent sur une course officielle leur a prouvé ma réelle passion pour ce type de course… 

Aujourdʼhui, après les 10 épreuves auxquelles jʼai participé, je me sens totalement accepté par tout le monde, et la preuve fut lʼinsistance des officiels de lʼARCA, me demandant régulièrement de continuer dans leur championnat en 2010, sans compter les très nombreux messages dʼencouragements que je reçois depuis le début, aussi bien des Etats-Unis que de la France, et je tiens à tous les remercier pour leur soutien ! » 

Quelles sont les différences entre les courses européennes et américaines ?

« Les différences sont assez énormes, car premièrement les circuits sont totalement différents de ceux que nous pouvons trouver en Europe. En Stock-car Américain, nous évoluons à 90%, sur des circuits ovales, avec des voitures extrêmement lourdes qui, à pratiquement chaque tour, changent de comportement. Nous devons nous adapter sans cesse, sans compter le trafic qui est incessant et nous devons avoir une espèce de 6e sens, pour éviter les nombreux accrochages, et autres… anticipant nos ravitaillements et en choisissant de changer deux ou quatre pneus… En Europe, le public ne connaît pas encore très bien et ne se rend pas forcément bien compte du niveau de professionnalisme des équipes, et aussi du niveau de performance des pilotes américains. Bien quʼaujourdʼhui, NASCAR devient une discipline de plus en plus suivie grâce à la diffusion des courses sur plusieurs chaînes de télévisions, comme AB moteurs qui diffuse en Live les course de NASCAR Sprint ou Motors TV, qui diffuse un résumé complet du championnat ARCA. On a souvent pensé que cʼétait facile de rouler à fond sur des ovales qui tournent toujours vers la gauche. Mais aujourdʼhui, avec la présence de grands pilotes comme Juan Pablo Montoya, réputé comme un des meilleurs pilote de formule 1, et le fait quʼil nʼait toujours pas gagné sur circuit ovale, alors quʼil est présent depuis 4 ans, prouve, lʼextrême difficulté pour un pilote européen ou non-Américain du Nord de sʼacclimater à ce type dʼépreuve. »

Tu es le seul Français en NASCAR et ARCA. Quelles en sont les retombées là-bas ?

« Depuis le début, dès mon premier test à Michigan avec Mario Gosselin, nous avons été surpris de lʼintérêt aussi bien des médias US, mais aussi des personnes qui sʼintéressent à la NASCAR, les dirigeants nous ont vraiment aidés et ont facilité nos démarches pour rencontrer des équipes. Ils prouvent que la NASCAR est désireuse dʼagrandir son rayon au reste du monde, et bien entendu, en particulier à lʼEurope où elle sait la passion que nombre dʼEuropéens ont pour ces courses.

Par la suite, bien entendu, jʼai pu voir lʼenthousiasme des fans depuis ma première course à Salem, et tout au long de la saison 2009, pour la venue dʼun pilote français dans ce type de course. 

Les séances de dédicaces lors de chaque épreuve resteront gravées dans ma mémoire, car à chaque nouvelle épreuve, jʼai ressenti en engouement grandissant de la part des fans US, et bien entendu aussi de la part de ceux qui me soutiennent en France, et dans divers autres pays. Et ces gestes de soutien et dʼencouragements mʼont fortement touché et convaincu de la gentillesse et de l’intérêt du public à ma participation aux courses de stock-car. Lors de ma première course à Salem en 2008, un des responsables de lʼARCA, est venu me dire, quʼil avait été surpris, puisque leur agence de presse

Une foule toujours incroyable et une ferveur qui ne cesse de s’accroître, même en France et en Europe pour la NASCAR ! réunissant tous les communiqués avait reçu plus de 1000 demandes de la part des différents médias qui sʼintéressaient au « Frenchman », et de me dire que nous avions été les plus demandés. Jʼai vraiment été surpris, car je pensais objectivement quʼun garçon comme Scott Speed avec son environnement, aurait bien plus de demandes des médias américains… »

Quelle est la marque de la voiture que tu utilises, sa cylindrée, son poids ?

« Là aussi, nous avons eu le soutien dʼun très bon motoriste, Joe Rhynes qui, malgré notre budget restreint, a fait tout son possible pour nous fournir un moteur performant à chaque course. Jʼai vraiment apprécié de travailler avec lui, et nous avons construit une relation dʼamitié et de confiance tout au long de la saison.

Le moteur est un V8 qui développe environ 750 chevaux, pour un poids moyen de 1,6 tonne. » 

A quelle vitesse roules-tu sur les ovales et est-ce dangereux ?

« La vitesse dépend du type dʼovale sur lequel nous roulons. Il y a trois différents type de circuit ovale : Les short-tracks, jusquʼà 1 miles de grandeur, les speedways à partir 1, 5 miles, et les super speedways, à partir de 2 miles. 

La vitesse moyenne sur un short track est de : 117 miles/heure (188 km/h) – Les speedways : 150miles/heure (241 km/h) – et enfin les super speedways, comme Daytona, Talladega, Indianapolis, etc : 180 miles/heure. (289 km/h)

Bien entendu, comme dans tout sport, le danger existe, et chaque pilote et conscient de ce risque, et cʼest pour cela que nous travaillons beaucoup avec notre équipe, pour réduire au maximum cette probabilité. »

 

Quel est ton objectif cette saison ?

« Pour cette nouvelle saison, notre objectif est de continuer sur notre belle lancée depuis 2007, année de mon premier test en stock-car sur un circuit ovale, et mon obtention de la licence officielle NASCAR. A la suite de notre saison en 2009, où jʼai pu découvrir les différents type de circuits ovales, et engranger beaucoup dʼexpérience. Le fait dʼavoir réussi à terminer toutes les épreuves auxquelles jʼai participé me donne aujourdʼhui le bagage nécessaire pour appréhender du mieux possible mon entrée en NASCAR Camping World série qui est la troisième série la plus importante de la NASCAR.

Nous sommes aujourdʼhui aidés par différents partenaires, et aussi par la NASCAR elle-même qui souhaite avoir la présence du ’’ Frenchman ‘’ !

Bien entendu, compte tenu de la période économique difficile, nous travaillons très dur pour finaliser les partenariats avec les entreprises qui souhaiteraient nous soutenir dans cette fabuleuse aventure…

Quoiqu’il en soit, à l’aube d’une nouvelle saison, on ne peut être qu’admiratif devant les efforts consentis par ‘’ LE ‘’ Français de la Nascar.

Lequel est parvenu à force de volonté, à rouler dans ces épreuves aussi réputées aux USA que sont les différentes séries de la Nascar.

Chapeau à lui et RESPECT à Michel Disdier quelque soit ses performances.

Car rouler est déja en soit un réel exploit !!! 

Gilles Gaignault

Photos : Nascar et collection Michel Disdier 

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