MICHELIN PILOT SPORT 3 : ENTRE ROUTE ET CIRCUIT

 Michelin a présenté le Pilot Sport 3 à Almeria, en Espagne

 

Michelin dévoilait ce mois-ci en première mondiale le dernier pneumatique de sa gamme Pilot Sport, le numéro 3 du nom.

 Issu d’un croisement entre la technologie utilisée aux 24 Heures du Mans et celle des petites automobiles citadines, ce PS3 se veut plus résistant à l’usure et plus adhérent sur les revêtements mouillés.

C’est dans son centre de test d’Almeria, en Espagne, que Michelin a présenté le nouveau Pilot Sport 3.


Ce pneumatique cible les voitures de tourisme à caractère sportif qui ne dorment pas au garage mais qui, au contraire, sont utilisées tous les jours.

La précédente version, le Pilot Sport 2, avait reçu près de deux cents homologations par les constructeurs automobiles pour être montés sur leurs véhicules.

 

Le PS3 est déjà en route pour faire aussi bien et les homologations sont encore en cours, par exemple chez Citroën (C4), Ford (Cmax), Audi (A1 à A5) et Mercedes (CLS, Classe E, SL, S65 AMG).

Les concurrents directs de ce nouveau Michelin ne sont pas les moindres puisqu’on retrouve le Pirelli P0, le Goodyear Eagle F1, le Bridgestone Potenza, le Continental Sport Contact 3 et le Dunlop SP Sport Max TT.

 

Issu des 24 Heures du Mans

La gomme contient des polymères utilisés dans les pneus des 24 Heures du Mans

 

Le développement du Pilot Sport 3 s’est appuyé sur un transfert de technologies entre les pneumatiques de route et ceux utilisés aux 24 Heures du Mans.

L’objectif était d’unir la longévité du pneu de tous les jours à l’adhérence du pneu de compétition. Michelin a trouvé le moyen de lier des matériaux jusque-là impossibles à faire cohabiter pour donner naissance au Green Power Compound, la « gomme de la puissance verte » dans sa traduction littérale.

Cette gomme se compose de trois éléments principaux : la silice qui, de par sa faible énergie dissipative, réduit la résistance au roulement et donc la consommation du véhicule ; le « wet grip elastomer » (élastomère pour l’adhérence sur le mouillé), un polymère très dense et très flexible qui, à la surface du pneumatique, brise le film d’eau sur la route pour améliorer le contact direct entre la gomme et l’asphalte ; enfin, le « long-lasting elastomer » (élastomère à longue durée de vie), un polymère dont les longues chaines travaillent en traction et s’étirent de manière élastique pour donner l’adhérence sans s’user prématurément.

 

Risques d’aquaplaning réduits

 

Le Pilot Sport 3 offre une résistance au roulement de l’ordre de 9,5 à 10,5 kg/t. Son développement a nécessité cinquante mille heures de simulations numériques et plus de cent mille kilomètres de tests sur routes et circuits.

Le dessin du Pilot Sport 3 reprend celui de son prédécesseur. Il présente trois rainures parallèle dans le sens de la bande de roulement et décalées vers l’intérieur du pneumatique. Le PS3 bénéficie en outre de la technologie « anti-surf system » pour réduire les risques d’aquaplaning.

Le bord de l’épaule, au lieu de former presque un angle droit avec le flanc, prend une forme arrondie. La quantité de gomme reste la même mais les épaules ne sont plus immergées dans l’eau qui est mieux évacuée sur les côtés.

 Le PS3 sera bientôt homologués sur de nombreux modèles de moyennes et hautes gammes

3 mètres de mieux au freinage

 

C’est enfin sur les pistes d’essai du centre Michelin d’Almeria que le Pilot Sport 3 a dû faire ses preuves face à la concurrence.

Sur piste sèche d’abord, il a été confronté au Continental Sport Contact 3 sur des Volkswagen Scirocco TDI 140 ch.

Le tracé, bien que sinueux et très technique, copie exacte d’une route nationale auvergnate, n’a pas vraiment permis de rendre un verdict décisif. Ce n’est que sur le circuit mouillé que le Michelin a fait ses preuves face au Bridgestone Potenza, tous deux montés sur des Audi TT. Donnant plus de stabilité au freinage, le Pilot Sport 3 se distingue aussi par son maintien en milieu de courbe et sa résistance au cisaillement.

Dans les mêmes conditions d’adhérence, il décroche beaucoup plus tard, tant pour le survirage que pour le sous-virage. Le point le plus important pour ceux qui n’ont pas l’intention de pousser leur véhicule jusqu’à ces extrémités reste le freinage.

Michelin se targue d’avoir gagné trois mètres sur une décélération brutale de 80 à 10 km/h par rapport au Pilot Sport 2.

Le dernier test consistait donc en un freinage d’urgence sur route mouillée avec mesure de la distance pour passer de 80 à 10 km/h. Monté sur une BMW série 3, le PS3 se confrontait au Goodyear Eagle F1.

Là encore, le Michelin s’est montré plus mordant au début du freinage et a mis 26,1 mètres pour remplir son contrat tandis que son concurrent a pris 28,4 mètres.

  L’« anti-surf system » améliore l’évacuation de l’eau

 Il fait la différence sur le mouillé

 

Le Michelin Pilot Sport 3 fait donc honneur à la marque par ses performances de haut niveau qui viennent appuyer les discours techniques servis par les ingénieurs. La conduite sur le sec n’est pas révolutionnée et ne sera pas forcément un argument dans le choix de ce pneumatique pour les citadins.

En revanche, il fait la différence au niveau de la tenue sur revêtements mouillés, en courbes ou aux freinages, où les situations d’urgence arrivent plus facilement, même pour ceux qui ne font pas la course sur les nationales. Il est disponible d’abord pour des roues de 16 à 19’’, pour des largeurs de 195 à 275 cm et des hauteurs de 35 à 55 %.

Les prix sont eux aussi au-dessus de la moyenne comme pour la majorité des Michelin.

Annoncé dans la même gamme tarifaire que le PS2, le Pilot Sport 3 coûte, selon les distributeurs et à titre d’exemple, environ 130 € pour un 225/45 R17 et 180 € pour un 245/40 R17.

 

Texte et Photos : Renaud LACROIX

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