JEAN CLAUDE OLIVIER LACHE LE GUIDON DE YAMAHA… MOTOR FRANCE !

JEAN CLAUDE OLIVIER  » JCO  »

On le croyait ‘’ Boss ‘’ de l’entreprise Yamaha France  à vie !

Tant l’homme emblématique patron de la marque au diapason est intimement lié à la prestigieuse marque de motos Japonaise.

Pourtant en ce mercredi soir 24 février 2010 et devant plus de 1000 invités dont absolument TOUS ses pilotes, représentant, comme il nous l’a précisé lors d’une courte conférence de presse réservé à ses ‘’ potes ‘’ des média et en préambule de sa ‘’ grande soirée d’adieu ‘’, «  4 générations  »  ‘’ JCO ‘’  était à l’évidence ému, extrêmement ému !!!

JCO ?

 

C’est le surnom affectif qui l’a accompagné tout au long des… 44 années de sa longue, très longue carrière au sein de Sonauto Yamaha, devenu le 24 avril 1992, Yamaha Motor France.

Dés ses premières paroles, ‘’ Monsieur Yamaha ‘’ , lâche :

«  Ma vie professionnelle a été une récréation combative »

Et il raconte :

«  La presse a été une formidable force motrice pour moi. Ce soir de vous voir tous devant moi, c’est fort ! Pourtant tout au long de ces années vous m’avez parfois botté les fesses. Ce ne fut pas toujours très agréable mais souvent positif. Quand on gagne, on a la terre entière à ses pieds mais lorsque les choses ne se passent pas bien… »

C’est en 1966 que  l’aventure se met en marche. ‘’ JCO’’ débute comme simple commercial pour vendre les 4 premières machines de la firme au diapason. Engagé par le fondateur en 1947 de Sonauto, Auguste ‘’ Toto ‘’ Veuillet, sur la recommandation de son pére, Gonzague, il démarre sur les chapeaux de roue la division motos créé elle en 1963.

« Je suis parti en culotte courte  » se souvient Jean Claude.

De 117 motos écoulées en 1966, Yamaha France a vendu 74000 deux roues en 2009 !

Quel succés et quel chemin parcouru…

‘’JCO’’ poursuit :

«  Le 2 roues, c’est un produit exaltant. Mais la crise actuelle nous tabasse. Mais même si nous faisons front dans cette tempête, nous n’y avons pas échappé. »

APRÈS LE CÉLÈBRE NUM 46 DE ROSSI, LE 65 DE … JCO !

Concernant ce départ à 65 ans, il ajoute :

«  Je ne joue plus la même partition. Je me trouve aujourd’hui dans un achèvement, un accomplissement et je passe heureux le relais à Eric de Seynes. »

Évident qu’en ce 24 février 2010, il ressent l’ami une énorme charge émotionnelle !

Et de nous confier :

«  Je suis HEU –REUX. J’ai été un cinglé du boulot. Vous apercevoir tous réunis, m’émeut. »

Et il oublie pas l’inévitable ‘’clin d’œil’’ à sa femme – Colette-

«  Je la remercie de m’avoir accordé autant de liberté et surtout de m’avoir laissé aller au bout de ma passion en me lançant, moi le business-man, dans le Dakar  »

Le Dakar ?

Une belle, une longue histoire d’amour entre l’épreuve, son inoubliable et génial créateur, le regretté Thierry Sabine  dont l’épouse Diane était présente ce soir et JCO

Second en 1985, le ‘’ boss ‘’ a été de l’aventure des la première édition en 1978.

Où, en notre compagnie – votre serviteur disputait, lui aussi, ce 1erRallye Oasis Paris Dakar et menait la course au volant du Range Rover numéro 120 aux couleurs du Paradis Latin – il se perdra lors de la première étape au Niger. Entre Assamaka et Arlit.

Nous retrouvant après avoir quitté le fort d’In Guezam, du côté de Teguidi Tessoum à …240 km au sud de la capitale de l’uranium, Arlit, il piqua la plus grande colère que je l’ai vu en quarante ans d’aventures et d’amitiés partagés !!!

Séquence émotion

«  Effectivement nous sommes tombés sur un camp de japonais qui était là pour tenter de dénicher de l’uranium. Comme c’était jour de la fête nationale au Japon, ils avaient quartier libre et jouaient tranquillement au golf ! »

Refusant alors d’interrompre leur partie sous une canicule, JCO les avertit :

«  Messieurs je vous donne 5 minutes pour nous remplir nos réservoirs et nous trouver un guide pour nous ramener sur Arlit. Sinon je représente l’une des compagnies nippones les plus réputés (Yamaha) en France, je me plaindrai auprès du MITI (MEDEF au Japon) »

Exécution !

Les joueurs occasionnels laissèrent subitement tomber les clubs et s’empressèrent d’obtempérer.

Et JCO de préciser :

«  Parvenus enfin à Arlit à minuit passé alors que nous aurions dû y arriver dès 10 heures du mat, Sabine  bien que penaud – nous étions portés disparus dans le désert et à l’époque il n’y avait ni avions, ni hélicos, ni GPS, ni liaisons radios – nous accueillit en déclarant :

«  Vous voilà ! Eh bien vous avez récoltés… SEPT heures de pénalité… »

Et JCO de conclure sur ce sujet :

 «  Mon envie de Dakar et de désert, c’était comme d’aller me ressourcer sur une autre planète ‘’ Oh ‘’ combien nécessaire. Une sortie annuelle valorisante et gratifiante  »

 

Mais ce mercredi 24 février, nous avons eu droit à une tranche de vie de JCO.

Formidablement raconté dans un superbe et merveilleux film d’une cinquantaine de minutes réalisé par un autre passionné ami de PonsPhilippe Piedeliévre.

Les souvenirs défilent…

Le premier titre de Champion du monde décroché par un Français en sports mécaniques. Celui du regretté Patrick Pons, sacré en 1979 en 750cc et disparu hélas le 10 aout 1980, lors du British GP à Silverstone !

Les victoires et le titre du clermontois Christian Sarron en 250cc, en 1984.  Puis son tout premier succès en 500 cc, à Hockenheim.

Mais aussi le titre mondial en cross avec Jacky Vimond

Sans parler des multiples triomphes au Dakar et notamment les six victoires de Stéphane Peterhansel. Et les succès à répétition d’Arnaud Demeester à l’Enduro du Touquet.

Mais si la gloire a été au rendez-vous de nombreuses fois, JCO en homme de cœur,n’a pas oublié de rappeler les heures sombres. Comme la disparition de Pons ou le dramatique accident survenu sur les pistes du Dakar, à l’ancien triple Champion du monde de moto cross, le Belge André Malherbeprésent ce soir – qui le laissa tétraplégique…

Bref,  ce GRAND MONSIEUR, ce ‘’ SEIGNEUR ‘’ a été l’artisan et le moteur des couleurs Yamaha mais aussi Françaises sur toutes les pistes et circuits internationaux. Sur asphalte comme sur terre et sable !

JCO ENTRE DIANE SABINE-THIERRY MIEG ET CLAUDINE MAFIOLO

Comme on le voit entre la marque Yamaha et Jean Claude Olivier,  le lien est indéniable. En France, ils ont grandi et se sont construits ensemble.

On l’a longtemps cru incapable de décrocher

Mais après 44 ans, quarante quatre années exceptionnelles, il a enfin finalement décidé de lâcher le guidon de Yamaha

En homme passionné, intelligent, en pur et véritable sportif, il savait trop bien que la course de trop ne doit pas, ne doit JAMAIS être tentée…

Pour lui, comme pour nous, c’est une page émouvante qui se tourne.

Mais l’album comporte une suite.

Bienvenu à son successeur, notre ami Éric de Seynes

ERIC VOILA LA CLÉ DE LA … BOUTIQUE !!!

JCO était un homme de défi et de passion

Le père de Seynes est assurément de la même trempe.

Et comme le dit notre éminent confrère Didier Ganneau, journaliste à l’Officiel de la moto :

«  Avec  JCO, tout le monde parle le même langage. Ca s’appelle la passion. C’est contagieux et ça n’a pas d’âge. Puisse chacun d’entre nous en retenir l’exemple. »

Salut l’ami et longue et belle seconde vie à toi

Car on ne refait pas sa vie, on la continue…

Gilles Gaignault

Photos : Yamaha – Jean¨Paul Ancion/i-Kio/YMF

JCO ET SES HOMMES DES PREMIERS DAKAR: BACOU – POTISEK

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