MONTE CARLO HISTORIQUE : LA FORD ESCORT DES REMOIS FINIT 71éme

Nous terminons le récit entamé vendredi dernier à Reims avec l’équipage de la FORD Escort, numéro 64 de nos amis Didier Buhot –  Jean Marie Biadatti

Mardi matin.

Départ de Valence à 6h25 pour la deuxième partie de l’étape commune. Un temps un peu plus maussade au départ.

Jean Marie Biadatti nous raconte :

« Au fur et à mesure que nous avançons vers le Diois, on trouve de plus en plus de neige. La veille, nous avions remis les pneus contact, mais nous avons bien peur que cela ne convienne pas. A quelques kilomètres de bifurquer sur la petite route menant à St Nazaire le Désert, nous prenons en urgence la décision de monter les pneus cloutés.

Bien nous en prend, la route menant au départ de la spéciale est un vrai piège… nous voyons trois concurrents dans le décors !!!

Et Jean Marie de préciser :

« La spéciale qui nous attend est un sacré morceau : St Nazaire le Désert auquel kil convient d’ajouter la moitié de la spéciale de Rosans pour 45 kms. Les 25 premiers kms de la spéciale, soit St Nazaire – La Motte Chalencon,  est cependant un régal, un vrai bonheur mais aussi … un piège total : de la neige avec de la glace en dessous. Nous sommes dans un bon rythme. Mais dieu que c’est piégeur. Dans la dernière partie de cette spéciale, il y aura encore le début de la descente du Col de Pommerol qui nous gratifiera de quelques zones glacées. Nous filons ensuite plein sud sur la route de Sisteron après que notre assistance nous ait remis les pneus contact. Plus on descend, plus il fait bon. Maintenant, nous vérifions sans arrêt l’étalonnage du tripmaster. Après Entrevaux, nous nous rendons à Villars sur Var pour la spéciale de Tournefort la bien nommée. Pas de neige ni de glace, mais de la glisse quand même tant la route est incroyablement poussiéreuse à souhait. Nous réalisons ici un bon temps qui nous permet de grappiller quelques précieuses places au général pour remonter jusqu’à une plus qu’honorable la 72 ème place sur 342 concurrents.

Nous arrivons ensuite à Eze Village pour l’ultime CH avant de rallier la Principauté de Monaco qui n’est plus distante que de 10 kms. Nous faisons une assistance pour repasser en pneumatiques cloutés et ce en prévision de la dernière nuit qui nous attend ce mardi soir. Puis nous filons vers le port de Monaco, terme de cette étape commune. Quel bonheur que d’arriver enfin sur le port »

Mais le rallye n’est toutefois pas encore fini ! Loin de la…

« Avant d’attaquer la fameuse dernière nuit du Monte Carl’, celle qui a souvent fait l’histoire et la légende de cette fabuleuse épreuve, nous allons nous reposer et nous détendre. Nous prenons possession de nos chambres, nous faisons un break réparateur mais ‘’ Oh ‘’ combien nécessaire, non sans un dernier coup d’œil sur le road-book, en prévision de ce qui nous attend cette nuit ! Et ce d’autant  que nous avons un additif, suite à un changement d’itinéraire de dernière minute.»

 

 

 

Le rendez-vous pour eux  est fixé sur le port de Monaco à partir de 19h30. Ou, on sent la tension monter avant que le rescapés ne se lancent à l’assaut de l’arrière-pays pour cette étape finale. C’est toujours un moment palpitant car chacun sait combien cette nuit du Monte Carl’ est toujours difficile.

Cela monte, fort ! Cela descend, fort… ça tourne, beaucoup. C’est piegeux, toujours. Et les bouleversements y sont annuellement légions !

 

 

 

Mardi soir. 20 Heures 25 minutes 30 secondes.

« Top départ pour nous. Nous  décidons de refaire une assistance car les pneus arrières nous posent problème. Puis, nous fonçons plein pot vers le départ de la première spéciale. Celle très réputée du fameux Col de la Madone. Un sacré morceau, même sur le sec ! Nous ferons deux fois cette spéciale, la deuxième fois avec quelques km/h en plus. Après St Agnès, la route ressemble un peu … au chemin de la mine, comme dit Didier, ça tourne, ça secoue, pas facile de tenir la moyenne. Arrive une épingle serrée pour aller vers St Siméon ? sur une route absolument abominable. Fin de spéciale. Il faut descendre vers l’Escarène, vite, mais la route est très, très étroite, piégeuse avec du verglas et des épingles à n’en plus finir… Ensuite c’est la remontée vers le Col de Braus, pour le juge de paix de ce rallye : deux spéciales en une, soit Col de Braus – La Bollène Vésubie via le Turini en passant par le redouté Col de l’Ablé, puis en poursuivant vers Lantosque – Lucéram, via le Col de Porte et le Col St Roch pour … 62 kms !!! De quoi collectionner les fautes et autres bévues …»

 

 

 

Dès le départ le ton est donné car la montée comporte des plaques de glace.

Jean Marie explique :

«  Tiens, Eric Comas himself s’est sorti. Cela commence bien et nous donne le moral !  Nous rattrapons rapidement une voiture de son Team que nous doublons sur des plaques de glace. Mais la descente du Col de l’Ablé est dantesque, ce n’est qu’une plaque de glace vive pendant 5 ou 6 kms. Parfois, c’est sec avant un virage, puis au beau milieu, on trouve une très jolie plaque de glace…. Nous perdons ici un temps considérable, mais nous préférons assurer et revenir sur le port de Monaco, plutôt que de se sortir bêtement.  D’autant qu’il faut ménager la voiture car les suspensions arrière commencent sérieusement à donner des signes de fatigue, nous sommes presque en butée, attention aux coups de raquette ! Nous nous ‘’ refaisons la cerise ‘’ à partir de la Cabanette en remontant vers le col de Turini. Col où se trouve pas mal de spectateurs et que nous franchissons sous les traditionnels crépitements des innombrables flashes des fans toujours postés par centaines. Pour un peu, on se croirait revenu à la grande époque des Monte Carlo d’antan ! La descente vers la Bollène se fait sans difficulté. Par contre les trois ou quatre épingles après le village se révélent un vrai piège : du verglas, les murets portent les stigmates de l’optimisme de certains…qui nous ont précédés et cela calme nos ardeurs ! »

 

Du coup, l’Escort dont l’unique objectif est bel et bien de rentrer à Monaco va baisser le rythme. Inutile de prendre des risques insensés pour gagner quoi ?

une, deux, cinq places… Quel intérêt !

 

Jean Marie poursuit :

« On file vers la suite de la spéciale, il reste  encore près de 20 kms dans ce secteur. Vers la fin, nous rattrapons la Berlinette de la Gendarmerie – pilotée par de vrais gendarmes – du Team Comas… C’est pas tout les jours que l’on double la Gendarmerie et en course SVP ! Un plaisir à prendre à sa juste valeur. Après une courte halte à l’Escarène, c’est reparti pour la seconde ascension vers le Col de la Madone, mais en plus vite…. Ensuite, il faut vite rejoindre Monaco… Le timing est serré, il faut rouler, pour ne pas être pénalisé. Ce sera chose faite à …1h35 du matin ! Mais quel bonheur d’en finir et de terminer cette compétition magique qu’est ce Rallye  »

 

Et le P’tit père Biadatti, de conclure :

« Nous avons assuré ce qui nous a permis de préserver le classement, nous terminons  finalement 71ème de ce rallye sur les 340 engagés. Dans ce final, les occasions de se sortir étaient nombreuses et nous avons fait ce qu’il fallait pour arriver au bout. Nous attendrons l’arrivée des autres membres de notre Team pour sabler le champagne. Lorque toute l’équipe est enfin réunie, il est déjà… 3h du mat » sur le port ! Qu’importe, malgré la fatigue accumulée depuis notre départ de Reims vendredi soir, peu après 19 Heures 30, nous sommes heureux, oui HEU-REUX. Nous vivons la en cette nuit monégasque, un grand et très beau moment. Inoubliable pour nous, simples passionnés qui avons terminé le plus prestigieux des Rallyes du monde ! »

Mission accomplie. Sous les yeux de leur vieux pote et complice, l’ami Jean Jacques Compas  venu en coup de vent depuis Gueux et victorieux lui de ce Monte Carlo Historique, il y a trois ans mais qui à cause de ses affaires, ne pouvait consacrer une P’tite semaine pour participer cette année à l’épreuve.

Mercredi en fin de matinée, chacun se retrouve sur le port pour ‘’refaire ‘’ le rallye, en attendant la remise des prix du soir dans le cadre magnifique de la Salle des Etoiles au somptueux Sporting de Monaco.

Le mot de la fin, nous le laissons à Jean Marie Biadatti :

« Un beau rallye cette année avec des conditions de route difficiles que nous n’avions pas rencontrés depuis longtemps. »

Propos recueillis par Gilles Gaignault

Photos :  Eric Regouby et Gilles Vitry (Photoclassicracing)

 

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