CITROEN DS 23 : UNE MINI … A LA FRANCAISE

 

 

En son temps, la DS est apparue comme une vraie déesse, révolutionnant son temps par son style et sa technologie !

Aujourd’hui, Citroën fait revivre ce sigle légendaire à travers une citadine un peu sophistiquée et précieuse, formatée pour piétiner les platebandes de la Mini.

Trapue, musclée, originale sans excès, mais sans technique novatrice, la DS3 mérite-t-elle son nom et est-ce une bonne idée?

Il n’y a que l’avenir qui le dira. Son prix de lancement est annoncé à 15.400 €.

Si la mode est au low coast, il y a encore de la place pour les produits un peu huppés et pas vraiment bon marché, la renaissance de la Mini dans le monde de l’automobile en a été la preuve.

Mais la nouvelle Mini n’a pas repris que son nom mais aussi ses gènes stylistiques provoquant une attirance profonde des nostalgiques des sixties, des jeunes et des moins jeunes.

Ce n’est pas le cas de la Citroën qui ne table que sur des initiales emblématiques pour réussir le même coup. En effet, la robe de la DS3 n’offre aucune similitude avec sa grande et vieille sœur DS19 apparue en 1955, et n’a pas non plus une ligne d’avant garde. Elle se contente d’être bien coupée, sexy et accompagnée une trousse de maquillage bien fournie pour se personnaliser à la demande.

Elle reprend juste une couleur deux tons pour donner 32 variantes différentes…mais c’est une option. Toit, caisse, coques de rétroviseurs, roues sont autant de zones extérieures personnalisables.

Trapue, mais élégante et dynamique

Longue de 3,95 m (soit 25 cm de plus qu’une Mini) et large de 1,71 m, la DS3 présente des lignes saillantes plutôt bien sculptées pour se donner un air dynamique, tout en ayant une hauteur de 1,46 m. Elle se singularise sur sa face avant par des écopes latérales à feux LED servant d’éclairage diurne, mais seulement à partir du 2ème degré de finition, par un pavillon « flottant » parce que tous les montants sont peints en noir sauf le central qui semble remonté à mi hauteur avant d’atteindre le toit par un jeu de couleur le faisant ressembler à un aileron de requin.

L’arrière est assez vertical, façon break, avec un grand hayon surmonté d’une visière favorisant l’aérodynamisme. Dommage que les stylistes n’aient pas repris à ses extrémités les feux clignotants de la DS originale. En y ajoutant ce clin d’œil, la DS3 aurait gagné un peu plus d’authenticité. Pour autant, l’ensemble se révèle compact et bien équilibré, avec des roues rejetées aux quatre coins de la carrosserie et pourvues de jantes de 16 ou 17 pouces en alliage peintes ou chromées à partir du 2ème niveau de finition.

Un habitacle assez fun

L’habitacle de la DS3 a été particulièrement travaillé et montre une certaine fraîcheur teintée de modernisme sans tomber dans l’extravagance dont Citroën fut trop souvent coutumier. Ainsi, le tableau de bord retient une implantation classique avec un combiné de trois cadrans coniques derrière un volant en cuir ayant un méplat à sa base et des commandes faciles d’accès, tandis que l’habillage est composé d’un grain organique et doux  qui contraste avec le bandeau de planche, lisse et laqué. Selon les niveaux de finition, certains chromes deviennent même satinés.

Le volant et le siège conducteur sont réglables en hauteur et profondeur, et selon les niveaux de finition les sièges sont typés confort ou sport avec un maintien latéral plus prononcé. L’accès aux places arrière demande quelques contorsions et si la banquette présente bien trois ceintures de sécurité, trois adultes auront du mal à y prendre place, d’autant que la garde au toit est à peine meilleure que dans un coupé.

En revanche, le volume du coffre est satisfaisant avec 285 litres et par le jeu des assises fractionnables et rabattables 2/3-1/3, il évolue jusqu’à 980 litres. Mais la roue de secours n’est que galette. Sinon les rangements sont multiples avec une grande boîte à gants.

Et pour le plaisir olfactif, un parfumeur d’ambiance, de quoi mieux apprécier l’insonorisation soigné.

Diesel ou essence de 90 à 156 ch

Pour se motoriser, la DS3 est allée puiser dans la banque d’organes de PSA en adoptant pour commencer 2 motorisations diesel avec un 1,4 litre de 90 ch associé à une boîte manuelle à 5 rapports et un 1,6 litre de 110 ch exploité par une boîte manuelle à 6 rapports, et 3 motorisations essence 1,6 litres de 95 ch et boîte mécanique 5 rapports, 120 ch avec une boîte mécanique à 5 rapports ou automatique à 4 rapports, et 156 ch avec une boîte mécanique à 6 rapports.

Cette dernière motorisation étant le bloc développé en commun entre PSA et BMW et coiffé d’un petit turbo haute pression offrant un couple important dès les bas régimes.

Mais surtout ne pas oublier de rappeler que les niveaux d’émissions de CO2 des diesel sont inférieurs à 115 g/km avec même une offre à 99 g/km, tandis qu’ils s’échelonnent entre 136 g/km et 160 g/km pour les essence. Des références plus importantes à signaler que les accélérations ou les consommations ! 

A noter que la DS3 utilise la plateforme de la C3 issue déjà de la C3 Picasso et Peugeot 207, ainsi que les trains roulants, de type pseudo-McPherson à l’avant et à traverse déformable à l’arrière qui ont fait l’objet de réglages différents pour convenir à la philosophie de la voiture.

Un excellent comportement routier

Une philosophie qui veut se donner une tendance sportive sans trop pénaliser le confort car la DS3 de par sa taille se destine à une utilisation urbaine. C’est ainsi qu’elle présente un comportement moins souple que la nouvelle C3 qui a tendance à prendre un peu trop de roulis en virage. Pour cela les flexibilités et les amortissements ont été typés différemment pour le plus grand bien de la tenue de route et la DS3 vire quasiment à plat à moins de la malmener brusquement. Il est vrai que derrière son volant, l’envie vient vite de jouer avec elle après avoir apprécié la précision de la direction et l’efficacité du freinage. Il faut dire aussi que lors des essais, Citroën n’avait mis à disposition que des DS3 haut de gamme animées par le 156 ch HTP, d’où une litanie d’éloges. Toutefois, le dieu CO2 en étant responsable, les rapports de boîte sont bien trop longs pour une bonne exploitation de la cavalerie, comme c’est d’ailleurs le cas chez tous les constructeurs. En mettant l’aiguille du compte-tours à la limite de la zone rouge, les trois premiers rapports grimpent respectivement à 60, 110 et 150 km/h, tandis que la vitesse de pointe est annoncée à 214 km/h.

 Et si on prend la vitesse théorique des trois derniers rapports on aurait 200, 240 et 280 km/h. Heureusement, ce moteur ne manque pas de couple à bas régime et reprend bien dès 2.000 tr/mn ce qui lui donne malgré tout un certain tonus.

Des Bridgestone pour le haut de gamme !!

Reste à savoir ce que valent les autres mécaniques quand Citroën voudra bien les présenter et montrer en même temps les versions de base qui risquent d’être moins aguichantes, ce qui semble aussi logique avec un tarif qui démarre à 15.400 €.

 Cependant, en entrée de gamme, la DS3 aligne un équipement tout de même bien fourni avec les antibrouillard, le régulateur de vitesse, les rétroviseurs électriques, la condamnation centralisée à distance, l’ordinateur de bord, le système audio CD RDS MP3 et l’ESP… mais pas de climatisation qui est une option à 900 €.

Celle-ci est de série dans le niveau de finition suivant et devient automatique dans le dernier, accompagnée entre autres par des jantes en alliage de 17 pouces. A noter que la DS3 motorisée par le 156 ch essence est proposée uniquement en finition haute, à 20.000 €, et que sa monte pneumatique est confiée à des Bridgestone Potenza.

Une vraie révolution chez la marque aux chevrons qui signe là sa première infidélité à Michelin!

Évidemment parmi les options, on trouve le système de navigation associé à un kit mains libres Bluetooth.

Enfin, le propriétaire d’une DS3, produite à Poissy en région parisienne, recevra un accueil personnalisé dans les concessions.

Voilà donc Citroën dans le monde des voitures « branchées » et si sa première cible semble être la Mini, sa DS3 va se confronter aussi bien aux Fiat 500 et Alfa MiTo qu’aux originales Kia Soul et Nissan Cube. 

                                                                                                                                                             Philippe LACROIX

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