DAKAR 2010: GRAND CHELEM POUR LE CLAN DESPRES, LA CONSECRATION POUR CARLOS SAINZ ET VW

 

Cyril Despres au guidon de sa KTM remporte ce samedi à Buenos Aires, son troisième Dakar, sur une dernière étape remportée par son ‘’porteur d’eau’’, le très rapide et sympathique pilote Portugais, Ruben Faria.

En autos, Carlos Sainz a achevé sa première victoire sur le Dakar, en résistant à l’ultime charge de son camarade d’écurie, le Qatari,  Nasser Al Attiyah, vainqueur de cette ultime spéciale avec … 36’’ de mieux.

De ce fait, l’Espagnol possédant 2’48’’ avant cette dernière confrontation, conserve un avantage historique de 2’12’’. Lequel lui permet de triompher dans la capitale Argentine, un an après sa cruelle désillusion, qui l’avait vu perdre le Dakar à trois jours de regagner Buenos Aires et ce alors qu’il avait course gagnée, avec plus de trente minutes d’avance sur le second, déjà à l’époque un partenaire du Team Volkswagen, le Sud africain, Giniel de Villiers, finalement inattendu lauréat du Dakar 2009 !

LES VW RACE TOUAREG REMPORTENT LE TIERCE FINAL

Volkswagen remporte aujourd’hui la grande classique du Dakar pour la seconde année consécutive et même pour la troisième fois si l’on compte le succès déjà obtenu en 1980 avec Kotulinsky, au volant d’un VW Iltis.

 

Cette nouvelle victoire est particulièrement éclatante : Trois Race Touareg dotés de la technologie TDI monopolisent les trois premières places du rallye le plus éprouvant au monde. Après une bataille passionnante, qui s’est prolongée jusqu’au dernier jour de la course…

C’est dire si cette édition a été passionnante jusqu’au bout.

A l’arrivée, le Dr Francisco Javier Garcia Sanz, Membre du Directoire de VOLKSWAGEN AG, lâchait, hilare :

« Je suis incroyablement fier de notre équipe. Les pilotes, copilotes et l’ensemble du Team ont réalisé un travail impressionnant, jour après jour, sur ce rallye. Le triplé réalisé au classement final dépasse nos espérances »

Au terme de la quatorzième étape, sur laquelle sa position n’a jamais été réellement menacée, Cyril Despres a achevé sa troisième victoire sur le Dakar, après ses succès de 2005 et 2007. Pour cette dernière ligne droite, au sens strict du terme, le pilote KTM avait une marge conséquente de 1h04’20’’ sur son premier poursuivant au classement général, le Norvégien Pal-Anders Ullevalseter.

Cette menace bien lointaine a naturellement été aisée à contrôler pour le Français, qui s’est contenté d’assurer l’essentiel : conduire sa moto jusqu’à la ligne… à 133 km/h de moyenne tout de même !

 CYRIL DESPRES – RUBEN FARIA – CHRISTIAN CALIFANO

L’enjeu de la victoire d’étape, traditionnellement convoitée pour son prestige, a pris une dimension symbolique forte avec la montée en puissance de Ruben Faria, parti en dixième position ce  samedi matin. En haussant le rythme, à la fois pour rejoindre son leader et pour tenter un coup, le ’’ porteur d’eau ‘’de Cyril Despres a commencé par signer le meilleur temps intermédiaire au CP1.

Son ultime sortie se termine en apothéose, avec le chrono du jour sur la ligne d’arrivée, où Despres attendait Faria pour de chaleureuses félicitations. La joie de  »la bande de Despres » se révèle totale un peu plus tard dans la journée, au moment où le petit protégé, Christian Califano a terminé le parcours du Dakar sur sa deuxième tentative, certes à la dernière position du classement général, mais l’ancien brillant rugbyman finit le Rallye et revoit Buenos Aires !!!

Chapeau à lui et respect ‘’ Mister Cali ’’ .

C’est un Depres particulièrement ému qui s’est exprimé face aux medias :

« Toutes les victoires sont belles, mais celle-là particulièrement. C’est une victoire du travail, une victoire de l’expérience. La victoire aussi d’une équipe incroyable. On est neuf personnes, pas une n’a lâché l’affaire. Tout le monde voulait se bagarrer. Tout le monde voulait gagner. Et on a gagné. C’est génial. Forcément, on a beaucoup travaillé. Ca fait maintenant trois ans que j’ai quitté le lac rose au Sénégal avec une victoire. Trois ans après, trois ans de galère, trois ans de bobo, trois ans d’entraînement… et une troisième victoire. On ne peut être qu’ému. Je reste humain, même si j’ai conduit rapidement la moto durant les quinze jours et que j’ai laissé beaucoup de force. Le peu de force qui me reste est parti en larmes. »

Et l’heureux lauréat en moto de conclure :

«  KTM y est pour beaucoup, tout comme notre sponsor Red Bull qui nous a donné les moyens de mettre en œuvre cette équipe. On y croyait. Chaque personne a été choisie. On travaille 24 heures sur 24 pendant des mois. Ce qui est clair, c’est que je n’avais pas peur de perdre. J’avais juste envie de gagner. Et mon envie de gagner était encore plus forte que la peur de perdre. On est arrivé… après un dur Dakar, un beau Dakar, que je suis très heureux d’avoir finalement remporté.»

 LE TEAM DESPRES AU GRAND COMPLET

Un niveau en-dessous, la hiérarchie du Dakar pouvait encore connaître quelques bouleversements. Mais en dépit de ses efforts, le Chilien « Chaleco »  grand animateur de la course ou il a remporté plusieurs étapes, n’est toutefois pas parvenu à inquiéter Ullevalseter, second du général comme de l’étape : un éternel recommencement !

Le pilote Chilien ne cache toutefois pas sa joie immense d’avoir terminé son premier Dakar, qui plus est sur le podium ou il devance Helder Rodriguez et en remportant aussi la catégorie 450cc avec une Aprilia qui faisait ses grands débuts sur l’épreuve.

Toujours en 450cc, le Français David Frétigné avait à défendre sa cinquième place du général, qui ne tenait qu’à …trois petites minutes d’avance sur son compatriote, Alain Duclos. A l’arrivée, le pilote Yamaha n’a perdu qu’une vingtaine de secondes, bénéficiant notamment des problèmes de pneumatiques subis ce jour par l’infortuné Duclos.

La situation était beaucoup plus indécise dans la catégorie autos, où les deux leaders du classement général, de surcroit coéquipiers chez Volkswagen mais libérés de toute consigne de course par leur patron , Kriss Nissen, se sont élancés dans la dernière spéciale avec un écart infime : 2’48’’ !

Sur un tracé ultra roulant, où les dépassements ne peuvent s’effectuer qu’avec la plus grande délicatesse, Nasser Al Attiyah s’engageait dans une mission claire mais relevée : rattraper ces 2’48’’ sur le chrono de Carlos Sainz, pour essayer de le déloger de la première marche du podium.

Mission délicate…

Pour pimenter la partie, les résultats de la spéciale de la veille avaient placé dans l’ordre de départ les BMW de Peterhansel et de Chicherit, sur le chemin des deux rivaux pour la gagne…

N’ayant absolument rien à perdre et sollicitant donc immédiatement dés les premiers kilométres toute l’énergie de son Race Touareg sur la piste, Al Attiyah grignote … 18’’ au passage au CP1 (km 121).

Carlos Sainz n’est alors plus qu’à 81 km de la victoire, avec un avantage virtuel de 2’30’’ au général !

 L’Espagnol, qui mène rallye depuis la cinquième étape, s’accroche à ce capital rétrécissant, sans céder à la panique. Après avoir vu la victoire lui échapper en 2007, puis de manière encore plus nette en 2009, « El Matador » signe finalement son premier succès sur le Dakar, quatre ans après le début de son aventure avec Volkswagen.

Carlos Sainz, raconte :

« Je réalise un rêve en remportant le ‘Dakar. Je viens de me libérer d’un énorme poids sur les épaules, d’autant que la bataille pour la victoire a été extrêmement dure, physiquement et mentalement. Je suis très heureux d’avoir gagné après avoir échoué tout près du but en plusieurs occasions. Tout s’est parfaitement déroulé pour moi. Mon copilote, Lucas Cruz, a fait un excellent travail. Le Race Touareg a tourné comme une horloge et toute l’équipe a énormément travaillé pour cette victoire. Je les remercie tous. »

Le Boss sur le terrain, l’ancien pilote Kriss Nissen qui a su jusqu’au dernier jour laisser ses pilotes se départageaient sur la piste malgré les risques que cela supposait, affichait une mine réjouie, enfin soulagé d’en finir :

« Il y a trois semaines, une équipe Volkswagen très motivée s’est présentée avec l’intention de défendre son titre sur le ‘Dakar. Volkswagen a finalement réalisé un triplé historique. Nous restons ainsi invaincus en Amérique du Sud et nous restons aussi le seul constructeur à avoir gagné le plus dur des rallyes avec la technologie diesel. Les pilotes Volkswagen se sont battus les uns contre les autres depuis le départ jusqu’à l’arrivée, parfois durement mais toujours correctement. Cela correspond exactement à l’idée que nous nous faisons du sport automobile. »

A ce sujet, on rappellera qu’un certain ….Jean Todt, alors qu’il supervisait  »l’armada Peugeot », avait subitement décidé pour éviter d’éventuelles fautes ou casses, de jouer la victoire finale entre ses deux leaders, le Finlandais, Ari Vatanen et le Belge, Jacky Ickx, en tirant à pile ou face une pièce de monnaie !

…. Vatanen avait été le plus chanceux et gagné ce qui s’appelait alors encore, le Paris-Dakar

Pour l’histoire encore, cette année l’ancien double Champion du monde des Rallyes WRC s’impose comme le vainqueur du Dakar, le plus disputé de tous, avec une avance de 2’12’’ sur Al Attiyah.

Après 4806 kilomètres de spéciale, à une moyenne de 101,8 km/h, la distance qui sépare les deux Race Touareg, n’est que de3,73 kilomètres !

C’est dire si la victoire finale s’est jouée à Rien …

Un tantinet déçu, Al Attiayh se montrait cependant chevaleresque et beau joueur :

« Il va sans dire qu’il est dur de manquer de peu une victoire sur le ‘Dakar’. En même temps, j’ai eu la chance de vivre, grâce à Volkswagen, mon rêve sur le ‘Dakar’ depuis le départ jusqu’à l’arrivée. Je me sens complètement chez moi au sein de cette équipe et j’apprécie chaque journée vécue à ses côtés. Carlos Sainz est un vainqueur méritant et un grand champion. Finir deuxième derrière lui est un résultat fantastique. Je suis déjà impatient de relever le challenge face à lui dans le prochain Dakar »

 

La technologie TDI avait déjà été dominante en 2009 en Argentine et au Chili. En complément de l’efficience de la technologie d’injection directe, développée par le Groupe Volkswagen, la fiabilité a été la clef du succès du Race Touareg. Malgré le caractère extrêmement éprouvant du rallye, le Race Touareg de 300 chevaux a non seulement été le plus robuste mais il a aussi été le plus rapide en signant 7 victoires en spéciales sur quatorze et en menant la course durant onze jours.

Parmi ces victoires en spéciales, deux ont été remportées par Carlos Sainz, quatre par Nasser Al-Attiyah et une par Mark Miller. Le Race Touareg s’est classé 27 fois sur 42 parmi les trois premiers en spéciales.

Vainqueurs du Dakar 2010, la paire Carlos Sainz – Lucas Cruz fait équipe ensemble depuis …trois courses seulement. Jamais un équipage Espagnol n’avait encore remporté, dans la catégorie automobile, le plus fameux des rallyes raids.

Auparavant, Sainz et Cruz avaient disputé, et gagné, le Rallye dos Sertões en juin et juillet 2009 ainsi que le Rallye de la Route de la Soie, en septembre 2009.

La marque de Wolfsburg reste invaincue depuis janvier 2009. Elle poursuit ainsi la ‘’ Success story ‘’ de la technologie TDI du Groupe Volkswagen qui s’est également imposée avec Audi au Mans, entre 2006 et 2008, et dans le World Touring Car Championship (WTCC) enlevé par Seat en 2008 et 2009. Marque qui appartient elle aussi au Groupe VW

MILLER ET DE VILLIERS

Quant au troisième larron, l’Américain Mark Miller qui compléte ce beau podium 100% VW, lui il ajoutait :

« C’est un grand résultat pour toute l’équipe Volkswagen qui a réalisé un excellent travail. Elle mérite ce triple podium. Je félicite Carlos Sainz qui a piloté de façon quasi parfaite et qui a commis le moins d’erreurs. Ce sont juste des accumulations de petites choses qui font la différence. Mon but sera d’être meilleur dans chaque détail à l’avenir.»

Un mot enfin sur le lauréat du Dakar 2009, le Sud africain, Giniel de Villiers qui termine seulement septième cette année après avoir connu des ennuis en début de Rallye :

« Ayant perdu nos chances de défendre notre titre après seulement trois jours de course, nous nous sommes mis au service de notre équipe, comme d’autres l’avaient déjà fait pour nous en 2009. Le triplé est un résultat exceptionnel pour Volkswagen. Chacun dans l’équipe mérite cette victoire. Sans aucun doute, il s’agit de la meilleure équipe au monde» 

LES CAMIONS D’ASSISTANCE DU TEAM VW

Dans la catégorie camions l’on sait depuis ce samedi que chez Kamaz, même le 3ème pilote, est un premier choix !

Ilgizar Mardeev remporte la dernière spéciale de l’édition 2010 et contribue à donner à la marque russe un succès total sur l’épreuve. Il devance de 2’04’’ Wulfert Van Ginkel et de 2’20 », Martin Macik, mais, surtout, il permet à Kamaz de réaliser un Grand Chelem

La marque au cheval bleu s’est effectivement adjugé toutes les spéciales de l’édition !!!

Du jamais vu, comme la série, désormais, historique de neuf victoires de spéciales que Chagin signe sur ce Dakar et qui constitue d’ores et déjà un record appelé à durer.

Chagin s’impose au classement général qu’il a dominé de bout en bout et empoche ainsi sa sixième victoire absolue, rejoignant le Tchèque, Karel Loprais, également sextuple vainqueur de l’épreuve.

Gilles Gaignault

Photos : ASO-Teams-Maindru

On notera, car personne ne peut l’ignorer, une fois encore la puissance du Groupe Autrichien Red Bull !

La firme de canettes de boisson énergétique basée à Fuschl am See, un petit village autrichien situé à vingt kilomètres de Salzbourg réalise un sensationnel sans faute et … ‘’ le carton plein ’’ !

Succès en moto avec Cyril Depres et son Team KTM.

Victoires en auto avec Carlos Sainz et VW.

Et, enfin triomphe en camion avec Chagrin et Kamaz.

Ce triple podium méritait d’être signalé !

LE CLASSEMENT GENERAL FINAL AUTOS

1.  Carlos Sainz-Lucas Cruz (E/E)    Volkswagen Race Touareg : 47Heures 10’.

 2 Nasser Al-Attiyah-Timo Gottschalk (Q/D)    Volkswagen Race Touareg  à 2’12’’

3. Mark Miller-Ralph Pitchford (USA/ZA)    Volkswagen Race Touareg à 32’51’’

4.  Stephane Peterhansel-Jean-P. Cottret (F/F)    BMW X3 CC  à 2Heures 17’21’’

5.  Guerlain Chicherit-Tina Thörner (F/S)    BMW X3 CC  à 4Heures 02’49’’

6.  Carlos Sousa-Matthieu Baumel (P/F)    Mitsubishi Racing Lancer à 4Heures 31’45’’

 7. Giniel de Villiers-Dirk von Zitzewitz (ZA/D)    Volkswagen Race Touareg à 5Heures 10’19’’

 8. Robby Gordon-Andy Grider (USA/USA)    Hummer à 6Heures 02’24’’

 9. Orlando Terranova-Pascal Maimon (RA/F)    Mitsubishi Racing Lancer  à 6Heures 04’47’’

 10. Guilherme Spinelli-Filipe Palmeiro (BR/P)    Mitsubishi Racing Lancer  à 6Heures 13’41’’

LE CLASSEMENT FINAL DES MOTOS

1. Cyril Despres (France) KTM) en 49h38’44’’

2. Pal Ullevalseter (Norvége)KTM à 1h04’12’’

3. Francisco Lopez (Chili) Aprilia à 1h08’34’’

4. Helder Rodrigues (Portugal) Yamaha à 1h20’41’’

5. David Frétigné (France) Yamaha à 1h56’06’’

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