DAKAR 2010 : LE COMPTE A REBOURS EST COMMENCE MAIS SAINZ REPREND UN PEU LE LARGE …

Avec Avec une troisième victoire de spéciale sur le Dakar 2010, Francisco Lopez alias ‘’ Chaleco ‘’ prend un avantage dans la lutte qu’il mène face à Pal-Anders Ullevalseter pour l’obtention de la seconde place du classement général, toujours dominé par Cyril Despres.

 

A deux jours de l’arrivée à Buenos Aires dans la catégorie des autos, Carlos Sainzaprès deux étapes ou il avait concédé du temps et de précieuses minutes –  améliore légèrement ce jour son avance sur Nasser Al Attiyah, mais l’écart reste minime car il est toujours infime : 5’20’’ !

Carloz Sainz a ainsi conforté son avance en tête du Dakar en remportant jeudi la douzième étape, courue sur 476 km de spéciale entre San Juan et San Rafael.

En camions, Vladimir Chagin engrange les victoires : son compteur 2010 est maintenant monté à neuf succés d’étapes !

CECI, L’UN DES PORTEURS D’EAU DE  » CHALECO  »CHEZ APRILIA

En se réveillant ce matin au bivouac de San Juan, beaucoup de motards ne savaient pas encore que le classement de l’étape de la veille avait été bouleversé. Tard hier soir au cours de la nuit de mercredi, à jeudi, les commissaires de course ont en effet accordé des temps forfaitaires aux pilotes qui ouvraient la piste, piégés au km 13 par le balisage erroné d’un policier argentin !

Ce dont nous avait abondamment parlé lors de son interview à l’arrivée, le leader, Cyril Despres.

Coup dur pour  le Hollandais Frans Verhoeven qui se voyait ainsi retirer sa victoire sur tapis vert, celle-ci revenant finalement à…  Marc Coma, lauréat du coup de son troisième succès consécutif ! Autre conséquence, et d’importance, Pal Anders Ullevalseter deuxième au classement général était désormais rejoint par « Chaleco » Lopez, crédité du même temps que le Norvégien.

L’enjeu de cette douzième étape s’est donc rapidement concentré sur la lutte pour la seconde place, et une bataille à coup de secondes entre Lopez et Ullevalseter

Le pilote Norvégien a pris l’avantage sur la première partie du parcours, plus roulante et adaptée aux capacités de sa KTM 690cc, même bridée !  

CHALECO FONCE VERS UNE NOUVELLE VICTOIRE !

Après 363 kilomètres, il disposait même d’une marge de 1’34’’ sur son rival. Mais sur les 113 bornes de sable restant à couvrir, la petite Aprilia 450cc  de « Chaleco » a donné toute sa mesure.

A l’arrivée, le Chilien remporte la quatrième spéciale de sa carrière sur le Dakar, la troisième cette année. Surtout, il distance Ullevalseter de 1’13’’.

A deux étapes de l’arrivée du Dakar, que Lopez n’a jamais vu en trois participations, les minutes n’ont jamais été aussi précieuses. Et la place de dauphin, convoitée !

Francisco  »Chaleco » Lopez, vainqueur de l’étape :

« C’était vraiment une belle étape avec beaucoup de chaleur dans le final. Une spéciale très technique, physique. Je m’en suis bien sorti sur la moto. C’était un parcours qui profitait à ma machine. Mais que ça a été difficile. Pour une des dernières étapes du Dakar, ça a été une des plus physiques.

Et Francisco Lopez véritablement fier de lui de poursuivre :

« C’était une étape très difficile, surtout pour la température élevée, et j’étais un peu déshydraté. La deuxième partie de la spéciale était très technique, sorte de motocross avec beaucoup de sauts. Dans la première section, j’ai pu doubler Street à seulement 15 km de l’arrivée, il y avait trop de poussière. Dans la deuxième partie je suis parvenu à passer Verhoeven, qui était un peu perdu, et puis j’ai mené seul. A la fin j’ai été capable de gagner ma troisième étape de ce Dakar. La moto était fantastique, même aujourd’hui, malgré sa petite cylindrée. Elle s’est montrée est très forte et excellente pour la gagne. Le seul inconvénient est que j’ai cassé le gare boue avant avec une pierre.»

 ZANOTTI L’AUTRE LIEUTENANT DE CHALECO

Marc Coma, quatrième de l’étape, ajoutant :

« La première partie de la spéciale était vraiment très différente par rapport à la deuxième où il y avait beaucoup de pilotage. C’était plutôt physique. J’ai connu un petit souci avec la moto, le même qu’à Fiambala, à cause de la chaleur. Le moteur souffre beaucoup de cette température. J’ai donc baissé un peu de rythme dans la seconde partie. Mais cette spéciale était plutôt sympa avec ce monde incroyable.»

Cependant que David Frétigné, deuxième de l’étape poursuivait :

«Je me suis vraiment fait plaisir ce matin. Nous avons eu pas mal de pistes très rapides, avec des rios et de la navigation. Puis sur la deuxième partie du parcours j’ai vu que ne perdais pas beaucoup de distance sur Marc Coma. Je voyais constamment son casque, alors j’ai essayé de m’accrocher à son rythme et de donner le maximum. Au final, je crois que j’ai vraiment signé un bon temps.»

Avec la marge qu’il s’est construit en tête de course, Cyril Despres pouvait quant à lui se permettre d’en lâcher quelques-unes. Le leader du classement général s’est donc attaché à garder sa moto sur la piste, tout en gardant un niveau de vitesse qui n’affecte pas sa concentration.

A San Rafael, il rejoint toutefois le bivouac avec … dix sept minutes perdues sur son premier poursuivant, et un écart toutefois rassurant de 1h03’ au général provisoire.

Temps qui lui offre un matelas confortable quant à sa victoire finale dans la capitale Argentine, ce samedi

Une fois renseigné à l’arrivée, Cyril Despres résumait sa journée

« Encore une fois j’ai essayé de "gérer" ma course et de minimiser les risques, mais ce n’est pas aussi facile qu’il le semble. Premièrement, ce n’est pas aussi amusant que d’attaquer pour remporter la spéciale et deuxièmement, c’est vraiment difficile de maintenir la concentration pendant toute la journée. En plus, j’ai eu quelques frayeurs aujourd’hui, comme dans la première spéciale quand je roulais sur une piste rapide et mon moteur a commencé à "rater". J’ai tiré sur l’embrayage, mais le problème a persisté. C’est alors que j’ai réalisé qu’il y avait un hélicoptère à seulement 10 mètres de moi et j’ai alors compris d’où venait cet étrange bruit de moteur que j’entendais! Dans la deuxième spéciale, un frelon est venu heurter mon poignet et cela m’a fait tellement mal que j’ai même lâché le guidon. »

Au départ de la course autos, Carlos Sainz avait certainement en mémoire la douzième étape du Dakar 2009, durant laquelle il avait perdu la course sur une brutale sortie de piste.

A l’époque, son premier poursuivant s’appelait Giniel De Villiers. Cette année, la donne est légèrement différente avec un contradicteur incontrôlable, Nasser Al Attiyah, qui talonnait Sainz à 4’28’’ avant d’entamer cette journée.

L’explication tant attendue jeudi entre les deux leaders du classement général sur la plus longue étape de ce Dakar n’a pas livré, loin de la, le verdict attendu.

Kris Nissen, directeur du Team Volkswagen Motorsport :

« Après 7500 kilomètres, le duel pour la première place est toujours haletant. Carlos et Lucas avaient pris de l’avance dans la première section, avant que Nasser et Timo réduisent leur retard sur la fin. Nous devrons probablement attendre samedi pour connaître le dénouement de ce match. Mais j’ai bon espoir que le vainqueur se trouve au volant d’un Volkswagen Race Touareg.»

A deux jours de l’arrivée à Buenos Aires, Carlos Sainz  a certes accru très légèrement son avance sur son coéquipier Nasser al-Attiyah mais il reste cependant toujours sous la menace du fougueux pilote Qatari !!!

Les deux hommes semblent bien partis pour se disputer la victoire finale jusqu’à l’arrivée à Buenos Aires. Vendredi sur les 368 km de spéciale entre San Rafael et Santa Rosa ou samedi pour l’arrivée dans la capitale Argentine (206 km de spéciale).

A moins que d’ici la, leur ‘’ Boss’’ Kris Nissen, le patron de l’équipe Volkswagen, ne vienne mettre le ‘’ holla ‘’ et brutalement fin à cette guerre fratricide, en choisissant in extrémis de geler les positions…

Ce qui semble peu probable !

Ce jeudi, avec un virtuose de la trempe du Qatari, Al Attiyah à ses trousses, l’Espagnol n’avait aucun moyen de gérer la situation. En s’engageant sur le parcours du jour, loin derrière son rival, le « Matador » s’est donc montré conquérant, dépassant notamment le toujours incisif et attaquant, Robby Gordon.

Pendant ce temps, Al Attiyah avait croisé son ancien coéquipier Guerlain Chicherit, arrêté après avoir cassé le triangle de transmission de sa BMW X3.

Le Qatari, qui doublait aussi Orlando Terranova, se retrouvait ainsi contraint à ouvrir la piste. A mi-parcours, les chiffres donnaient raison à Sainz, signataire du meilleur temps intermédiaire avec 2’03’’ de mieux que Peterhansel, et surtout 4’19’’ d’avance sur son « camarade d’écurie ».

Mais sur la deuxième partie de la spéciale, Al Attiyah a haussé le rythme dans des proportions suffisantes pour limiter les pertes et maintenir le suspense entier.

Au final, il signe le deuxième temps du jour, avec seulement 52’’ de déficit !

A l’arrivée, Carlos Sainz  était peu disert:

« C’était un peu rapide. Pas dangereux mais délicat. Je n’ai pas eu de problème. Tout va bien.»

Quant à Nasser Al Attiyah, lui il était heureusement plus prolixe :

« C’était rapide, avec des passages incroyables. La voiture était parfois sur quatre roues, parfois sur trois, parfois sur deux. A certains moments la piste avait un pourcentage jamais vu ! Presque à la verticale. Je n’ai pas perdu beaucoup de temps. C’est une bonne journée. J’ai un super moral pour demain. Mon moral est même très haut…»

S’il reste deux étapes à disputer pour boucler le Dakar, c’est sur celle qui mène à Santa Rosa que le « merveilleux fou roulant » a donné rendez-vous à Sainz.

Les portions de dunes des cinquante premiers kilomètres de la spéciale constitueront l’ultime chance de déstabiliser l’actuel leader du classement général.

Pour ce qui le concerne, celui qui était venu en quéte d’une … dixième victoire sur le Dakar,  Stéphane Peterhansel lui, il précisait, un tantinet dépité :

« Nous n’avons décidément pas de chance sur cette étape, puisqu’elle était au programme de l’année dernière dans l’autre sens et c’est là que nous avions abandonné. Aujourd’hui elle était délicate et très rapide. Et à 30 km de l’arrivée de la spéciale, nous avons eu des problèmes de moteur. Nous avons fini à 30 km/h, ce qui nous a fait perdre du temps, mais nous sommes quand même contents d’être là.»

Du côté des camions, Vladimir Chagin ne connaît toujours qu’un seul adversaire depuis le début du rallye. C’est encore et toujours avec son coéquipier Firdaus Kabirov qu’il partage en effet les victoires d’étapes.

Sur leur chemin vers San Rafael, les deux Kamaz ont peiné à se départager. Pour une grosse minute d’écart, le Tsar met la main sur une neuvième victoire d’étape cette année. Avec ce …56ème succès de sa carrière, Chagin distance aussi Stéphane Peterhansel, dans les livres d’histoire du Dakar.

Au classement général, Kabirov pointe à 1heure 13’’ de son capitaine.  La course est jouée

 

Gilles Gaignault

Photos : ASO –Teams -Maindru

LE MATADOR SE PORTE BIEN

Le classement général après la douzième étape, San Juan – San Rafael

 

1 Carlos Sainz-Lucas Cruz (E/E) Volkswagen  :  42h 47’ 24’’

2 Nasser Al-Attiyah-Timo Gottschalk (Q/D) Volkswagen à 5’ 20’’

3 Mark Miller-Ralph Pitchford (USA/ZA) Volkswagen à 28m’12’’

4 Stéphane Peterhansel-Jean-P. Cottret (F/F) BMW X3 à 2h 20m’42’’

5 Guerlain Chicherit-Tina Thörner (F/S) BMW X3 à 4h 02’ 50’’

6 Carlos Sousa-Matthieu Baumel (P/F) Mitsubishi Racing Lancer à 4h 13’ 25’’

7 Giniel de Villiers-Dirk von Zitzewitz (ZA/D) Volkswagen à 5h 04’ 54’’

8 Robby Gordon-Andy Grider (USA/USA) Hummer à 5h 52m’34’’

9 Guilherme Spinelli-Filipe Palmeiro (BR/P) Mitsubishi Racing Lancer à 5h 55’ 22’’

10 Orlando Terranova-Pascal Maimon (RA/F) Mitsubishi Racing Lancer à 5h 55’32’’

Dakar

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