DAKAR 2010 : UNE JOURNEE 100 % BMW EN MOTOS COMME EN AUTOS

 

 

Le Dakar a fait ce mercredi ses adieux au Chili après une semaine et sept spéciales pour retrouver l’Argentine et une dernière ligne droite coriace vers Buenos Aires.

En moto, une mauvaise navigation a stoppé la belle série de Marc Coma. La victoire revient au Néerlandais, Frans Verhoeven qui offre enfin à BMW, une victoire inespérée sur le rallye. Cyril Despres conservant la tête du général.

Guerlain Chicherit, également sur BMW mais sur quatre roues, a lui renoué avec la victoire quatre ans après son dernier succès dans une étape du Dakar.

Mais la lutte continue à faire rage entre Sainz et Al Attiyah. L’Espagnol qui comptait 14’35 » d’avance dimanche matin à Copiapo, n’a plus ce mercredi soir que… 4’28 d’avance sur son dauphin, le Qatari, Al Attiayh !!!

C »est dire que ca chauffe devant…

Après un réveil bien matinal, puis une traversée de la Cordillère des Andes par le Paso Libertadores, perché à 3500m, les motards du Dakar se voyaient proposer une spéciale de 220km, similaire à celle de la veille, c’est-à-dire roulante, sur des chemins sinueux, essentiellement en descente.

Dans de telles conditions, Marc Coma qui ouvrait la route pouvait envisager un nouveau succès. Une grosse erreur de navigation en a pourtant finalement décidé autrement. Le Catalan, dès le km 13 a pris l’option ‘’tout droit’’, alors qu’il fallait aller à droite.

Résultat, trois kilomètres dans un sens, puis autant dans l’autre et ce avant de retrouver le bon chemin et surtout, une dizaine de minutes de perdues sur les plus malins au CP1 (km 51). Ses poursuivants immédiats subissaient la même erreur, mais voyant revenir l’Espagnol sur ses pas, limitaient eux, la casse.

Parti neuvième, l’Américain Jonah Street, plutôt discret depuis le début du rallye, on ne l’a jamais aperçu dans le Top 5 d’une spéciale, n’allait pas commettre la même erreur de ‘’nav’’.

Du coup, il signait le meilleur temps au CP mais avec une avance de seulement sept secondes sur le virevoltant Hollandais, Frans Verhoeven sur sa BMW, qui termine son rallye bien mieux qu’il ne l’avait entamé.

Le duel à distance allait se prolonger jusqu’à la ligne. Et c’est finalement Verhoeven qui l’emportait pour  un rien, un écart infime de … trois petites secondes. Le ‘’bondissant batave’’ s’impose pour la troisième fois sur une spéciale du Dakar, après ses succès à Puerto Madryn et Copiapo, l’an dernier.

CHALECO ET ASSIRELLI, LE PATRON d’APRILIA

Une victoire qui ferait presque oublier les déboires du pilote BMW lors des deux premières étapes. Pour les statistiques, la dernière victoire d’une moto BMW sur le Dakar date de 2001. A l’époque un certain… Cyril Despres s’était imposé à Tambacounda, au Sénégal !

Frans Verhoeven, heureux déclarait :

« Content d’être là sur cette fin de rallye. J’ai eu beaucoup de difficultés durant les deux ou trois premiers jours. La moto était nouvelle et on a vraiment dû bosser dessus. Avec la BMW on s’était un peu lancé dans l’inconnu. Maintenant, ça y est, on contrôle bien et la moto marche parfaitement. Aujourd’hui, j’ai attaqué dès le départ et durant toute la spéciale. Je suis resté un peu dans la poussière de Duclos, puis je l’ai doublé et j’ai continué à pousser. Je suis très content de cette victoire d’étape.»

Pal Anders Ullevalseter réalise l’autre bonne opération du jour dans sa quête d’une place sur le podium. Le Norvégien termine quatrième de la spéciale, derrière le Français, Alain Duclos, et conforte sa deuxième place au général avec désormais 2’40 sur le Chilien, Lopez  » Chaleco  » et surtout près de 10’ sur le Portugais, Rodrigues qui aura connu de nombreux soucis de navigation. Marc Coma termine finalement sa journée à plus de 5’ du vainqueur.

Le leader au général, Cyril Despres, a une nouvelle fois assuré. Le Français, sur KTM, conserve 1h20 d’avance sur Ullevalseter. Et entame, sauf catastrophe toujours possible, ses dernières heures avant de triompher à Buenos Aires

Cyril Despres :

«Encore une très jolie étape. Une spéciale splendide. Elle ne ressemblait en rien à ce que l’on a vu jusqu’à présent sur ce rallye et on se croyait dans un autre pays. La variété de terrain où l’on a roulé cette année est vraiment exceptionnelle. Décidément l’organisation à fait fort. Une spéciale bizarre au début, parce qu’au bout de 13km, nous sommes arrivés à une intersection, il y avait une banderole nous empêchant d’aller sur une piste. Je suis allé tout droit sur 80m avant de faire demi-tour et j’ai vu Marc Coma revenir tout seul, puis d’autres. Je suis quand même allé un peu plus loin, juste pour vérifier et au moment de faire demi-tour, les quatre pilotes partis devant nous revenaient de la mauvaise direction. Après ça, Ruben et moi avons roulé calmement. En règle générale, je n’aime pas piloter dans la poussière des autres, surtout quand mon seul objectif est de défendre ma première place. Donc après on est parti en groupe. Ça peut arriver. Mais j’ai pris pas mal de plaisir. Ça a été vite aujourd’hui. 220km en un éclair. Vigilance extrême ? Non. Quand je monte sur la moto, c’est plus fort que moi. J’ai envie de m’amuser.»

 

  

 

Dans la course auto, le duel palpitant pour la victoire finale entre Carlos Sainz et Nasser Al Attiyah a continué. Il fallait aller vite, tout en étant prudent dans un décor à couper le souffle.

Et après la victoire de Sainz la veille, la donne avait quelque peu changé, l’Espagnol ouvrant cette fois-ci la route avec son rival Qatari, trois voitures derrière.

En rallye-man chevronné, "El Matador" gardait l’avantage avec 13’’ d’avance sur son coéquipier au CP1. Pas franchement concernés par cette bagarre, les pilotes BMW s’en donnaient à cœur joie sur les chemins montagneux au pied de la Cordillère.

Guerlain Chicherit signait ainsi le meilleur temps au km 51 avec 25 secondes d’avance sur son « grand frère », Stéphane Peterhansel.

 BEAU SUCCES D’ETAPE POUR BMW ET GUERLAIN CHICHERIT

Carlos Sainz allait ensuite subir des soucis qui l’ont jusque là plutôt épargné : deux crevaisons. Au kilomètre 148, où Chicherit signait toujours le meilleur temps, Al Attiyah reprenait 5’ à Sainz. Et l’écart allait augmenter. 5’30 au km 190 et 5’38 à l’arrivée.

Carlos Sainz dépité, racontait:

«On a subi deux crevaisons lentes. Je ne sais pas pourquoi. On a perdu, perdu et on a dû s’arrêter. Mark Miller nous a dépassés et quand on est reparti on était dans sa poussière. On n’a rien pu faire. L’étape était souvent couverte d’arbres et on tapé le toit plusieurs fois.»

Presque de quoi éclipser le très beau succès de Guerlain Chicherit. Le pilote Français renoue avec la victoire quatre ans après s’être imposé entre Tambacounda et Dakar.

 BMW-VW A LA LUTTE !!! CHICHERIT-AL ATTIAYH

 Guerlain Chicherit vraiment content et heureux, se lâchait :

« Ça fait 5 jours que le chef nous demande de rouler plutôt cool, parce qu’à la régulière on ne peut rien faire. Alors, hier soir, je lui ai demandé de me lâcher la bride. La spéciale était courte. Sur 200 kilomètres on pouvait gérer les éventuels problèmes. Il m’a dit d’y aller mais de garder la voiture sur la route. J’ai alors dit à Tina ma coéquipière que l’étape était pour nous. J’ai attaqué dès le départ. Et on a failli se mettre dehors avec Nasser. Il n’a pas voulu nous laisser passer. On a tapé les portières sur 100 mètres. Il me passe devant dans un virage et le coup d’après je lui fais pareil et après je suis parti. C’était chaud. C’est bien de rouler un peu libéré. Je voulais faire mieux sur ce Dakar, puisque j’avais annoncé un podium et même la gagne. Mais on a eu des problèmes dès le premier jour et on les a traînés. Puis j’ai dû rouler pour Stéphane  qui marchait. Cette année, j’ai vraiment identifié les terrains où je ne suis pas assez performant. Je vais travailler et revenir très fort l’an prochain.»

Il devance finalement l’Argentin Orlando Terranova, certainement ravi d’être de retour à domicile, qui offre à Mitsubishi et au Team JMB Stradale, sa meilleure performance sur ce Dakar. Longtemps en lutte pour la victoire, Stéphane Peterhansel terminait finalement sixième, à plus de 2’.

 AL ATTIAYH NE S’AVOUE PAS VAINCU …

Au classement général, Nasser Al Attiyah voit son retard diminuer de moitié. Le Qatari est désormais pointé à 4’28.

Tout roule pour Volkswagen avec Miller, troisième, mais le casse-tête continue donc pour Kris Nissen, patron des pilotes VW, avec deux pilotes plus proches que jamais et souvent à la limite.

En deux jours, Al Attiayh a grappillé de nombreuses minutes  minutes et poursuit son rêve de l’emporter !!!

Son retard sur Carlos Sainz est ainsi passé de… 14’35’’ dimanche dernier à Copiapo à … 4’28’’ ce mercredi soir à San Juan !!!

Le plus heureux tout compte fait avec Chicherit était Nasser Al-Attiyah :

« C’est incroyable ! Je croyais que cette étape allait être facile, mais elle s’est avérée compliquée. On était dans la poussière de Carlos. Puis on est sorti de la route et on tape un arbre. On a de la chance de ne pas faire de tonneau. Aujourd’hui, on lui prend 5 minutes et il ne reste que 4 minutes d’écart. Les trois jours qui viennent vont être longs ! Oui, Carlos est nerveux. Mais, moi, je l’ai dit : je veux gagner le Dakar.»

Autant dire que le leader n’a plus aucune marge de manœuvre…

Et la lutte alors qu’il reste trois étapes est loin, très loin d’être terminée et ce dans la mesure ou les consignes de faire une course d’équipe ne viennent pas !

Kris Nissen laisse faire et ne pipe mot…

« Trois Race Touareg mènent la course et nous pouvons donc être satisfaits. Carlos a perdu du temps aujourd’hui après avoir subi deux crevaisons mais il conserve la première place. Carlos et Nasser se livrent actuellement un duel en tête de la course. Les prochaines journées s’annoncent excitantes. Les quatre Race Touareg ont de nouveau parfaitement fonctionné dans cette spéciale exigeante disputée à haute altitude.»

Il n’en dira pas plus !

Motus et bouche cousue sur d’hypothétiques et éventuelles consignes de course…

 CARLOS SAINZ CEDE ENCORE DU TERRAIN …

C’est devenu une habitude, la course camion a encore été dominée par le clan Kamaz. L’écurie du Tatarstan a signé un 10ème doublée consécutif. Honneur aujourd’hui à Firdaus Kabirov, le tenant du titre. Il devance son coéquipier et leader au général Vladimir Chagin de 32’’.

Kabirov remporte ainsi son troisième succès cette année, son 32ème sur le Dakar. Comme depuis deux étapes, le Français Joseph Adua sur Iveco doit se contenter de la troisième place. Au classement général, l’avantage du Tsar reste toutefois conséquent avec une marge de 1h12…

 

Gilles Gaignault

Photos : ASO-Teams – Maindru

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