DAKAR 2010 : MARC COMA TOUJOURS MAIS PREMIERE VICTOIRE D’ETAPE POUR CARLOS SAINZ !!!

La fin du long séjour – une semaine  dans le chaud, étouffant et terrible désert d’Atacama rappellait ce mardi à tous les rescapés que le Chili s’étend avant tout sur des territoires vallonnés.

La végétation y est riche et variée, ce qu’ont pu constater les concurrents sur leur route menant vers Santiago, la bapitale, terme de cette dixième étape.


 

En chevauchant les collines, ils auront pu aussi à loisir s’acclimater à des tracés à nouveau sinueux à souhait ou les erreurs de trajectoires pouvaient se payer cash, en minutes !!

C’était aujourd’hui une étape ou il y avait plus à perdre qu’à gagner…

Néanmoins, tous les leaders s’en sont tous visiblement bien sortis de ce traquenard qui leur tendait pourtant les bras, au fil des kilomètres

Au lendemain de la neuvième étape,  206 participants étaient toujours en course et donc autorisés par l’organisateur ASO à s’élancer en direction de Santiago :

93 motos, 14 quads, 64 voitures et 35 camions. Au fil des jours, la caravane s’amenuise….

Distancé au général en moto, Marc Coma a profité de cette dernière spéciale au Chili, longue de 238km, pour ajouter une ligne à son brillant palmarès sous la forme d’une troisième victoire de spéciale sur ce Dakar 2010.

Le Catalan, sur sa KTM, devance  la Yamaha de David Frétigné et Rodrigues. Cyril Despres, reste un confortable leader.

Sur quatre roues, le duel Sainz-Al Attiyah s’annonçait palpitant…

C’est finalement l’Espagnol qui s’en est le mieux sorti, s’offrant une première victoire cette année qui lui permet de conforter et aussi d’accentuer son avance au classement provisoire.

En camion, Vladimir Chagin devient seul recordman de victoires en spéciale sur le Dakar avec un … sensationnel 55ème succès !

 

Adieu le désert de l’Atacama, retour aux routes sinueuses et aux techniciens de la glisse et de la relance. Dans un décor vallonné de moyenne montagne, c’est finalement Marc Coma, déjà vainqueur la veille, qui lançait les débats. Et le Catalan aura passé une journée bien solitaire.

Si le tenant du titre partait fort, David Frétigné lui, devait avoir en tête une pénalité de 10 minutes récoltée pour ne pas avoir respecté des drapeaux à l’arrivée hier lundi. Le pilote Yamaha s’élançait finalement en 13ème position.

Pas idéal pour aborder une spéciale qui aurait pourtant pu sourire à sa petite cylindrée. Et pourtant…

 

Sur des chemins qui ressemblent forts à ceux de sa Catalogne natale où il s’entraîne, Marc Coma a donc brillé, en tête, du début à la fin. En un peu plus de 3 heures, le pilote KTM devance donc … David Frétigné, remis de ses déboires matinaux, de 2’06 et Helder Rodrigues, de 2’36.

Marc Coma, dans un souci d’orgueil continue d’aligner les succès d’étapes et vce bien qu’il n’ait absolument plus aucune chance de renouveler sa victoire de l’an dernier à Buenos Aires :

« On a changé complètement de terrain. C’était une journée d’enduro. Une journée de dérapages. Mais technique et intéressante. Tous les jours j’essaye de montrer que je suis rapide et que je suis à l’aise avec la piste. Je cherchais la victoire. Je suis parti en première position et j’ai ouvert la piste durant toute l’étape. C’est dur. C’est ce qu’il y a de plus dur. Et prendre du temps en plus, c’est difficile. On l’a fait. Je suis content. Et même orgueilleux. Le tout grâce à mon équipe qui bosse dur chaque soir pour remettre la moto en parfait état.»

Le Portugais Helder fait d’ailleurs la bonne affaire du jour en se rapprochant du 3ème rang au général. Il est à présent à 52’’ seulement de Francisco ‘Chaleco’ Lopez, et à 2’10‘’ d’Ullevalseter , actuel dauphin de Despres.

La bataille pour le podium s’annonce donc pour cette dernière semaine haletante, d’autant que l’étape de ce mercredi pourrait encore favoriser les petites 450cc par rapport à la grosse KTM 690cc  du Norvégien, Ullevalseter.

 

Le leader de la course, Cyril Despres fort de son avantage de plus d’une heure, a assuré, gardant Coma à distance respectable sans pour autant prendre trop de risque. Le double vainqueur du Dakar (2005 et 2007) possède à présent 1h22 d’avance sur Ullevalseter.

A l’arrivée Cyril Despres lâchait :

« Changement de décor aujourd’hui, fini les dunes et place aux pistes rocailleuses. Je me méfiais des épines de cactus sur la spéciale d’aujourd’hui et j’ai demandé à Roland, mon mécanicien, de monter mes protèges mains spéciaux. Je n’en aie finalement pas eu besoin, car les cactus étaient loin de la piste et si j’en avais touché un ce n’aurait pas été mon principal problème!Après l’effort d’hier, je n’ai pas trop forcé aujourd’hui, chose qui est étonnamment difficile à faire. Votre concentration a tendance à baisser et, en plus, pendant les 15 derniers kilomètres, il y avait beaucoup de spectateurs qui faisaient des ‘asados’ au bord de la piste… en partant à 4h45 ce matin et avec seulement le petit-déjeuner dans l’estomac, les odeurs m’ont donné très faim! »

CHALECO SE CONFIE A DAVID CASTERA DIRECTEUR D’ASO

Le Chilien, Chaleco racontait à l’arrivée de cette ultime spéciale disputée dans son pays :

« Aujourd’hui, j’ai préféré maintenir un rythme constant. Il y avait tellement de difficultés sur les routes, et je sentais la pression. C’est pourquoi, après m’étre rendu compte que je ne pouvais  m’approcher de Despres, j’ai finalement décidé de ne pas prendre de risques inutiles. Ce n’était pas une étape pour en prendre. Demain, je vais encore rouler assez calme. »

 

Son ‘’ porteur d’eau  » chez Aprilia, l’Italien, Alex Zanotti ajoutait:

« La poussière était terrible aujourd’hui. Cette spéciale a été rapide, sauf pour la partie qui surplombait la partie montagneuse. Je rattrape un pilote, mais j’ai réalisé les risques alors, j’ai réduit le rythme. En outre, ma main et mon épaule me font encore mal, même mes côtes mais je dois garder le rythme pour secourir Chaleco au cas ou »

 

En auto, dans ce décor de Western, les spécialistes de WRC ont pu se faire plaisir. Mais le risque de tout perdre devait être bien présent dans les esprits des trois pilotes Volkswagen en tête du classement et aussi bien évidemment de leur  » Boss’’ Kris Nissen.

Au départ, seulement 8’26 séparait Carlos Sainz, leader, de Nasser Al Attiyah, second et ouvreur de cette 10ème spéciale. Un match dans le match, spectaculaire entre un double Champion du monde de rallye et son rival qui n’à qu’une seule idée en tête… et qui est loin d’être le plus mauvais lorsque la route devient sinueuse.

 

Comme la veille, le vainqueur sortant, le Sud africain, Giniel De Villiers se laissait distancer pour venir éventuellement au secours de ses coéquipiers de chez VW. Aux premières loges tout de même pour admirer le duel Hispano-Qatari

Al Attiyah dans la position du ‘’ chassé ’’ perdait logiquement du terrain (1’30 au km 100, 1’25 au km 148) sur Sainz, celui-ci ayant parfois son dauphin en ligne de mire sur les routes vallonnées. Mais en pilote d’expérience et surtout après l’épisode malheureux de l’an passé, le Madrilène n’en faisait pas trop et ne tentait pas de doubler.

A l’arrivée, Nasser n’affichait pourtant pas la mine réjouie des journées précédentes :

« C’était plutôt dangereux à cette vitesse, avec beaucoup de virages, des pistes glissantes. Je ne me suis pas senti à l’aise. J’ai ressenti énormément de stress ce mardi. En tout cas, personne n’a réussi à nous doubler. Carlos nous a rattrapés dans les 50 derniers kilomètres. Je suis  quand même plutôt satisfait de ma spéciale »

Suffisant tout de même pour signer le meilleur temps de la journée avec un avantage de 28’’ sur la BMW de Stéphane Peterhansel et 1’02 sur une autre VW, celle de Mark Miller.

Six fois deuxième des spéciales depuis le début de ce Dakar,’’ El Matador ‘’ remporte donc enfin sa première spéciale de l’année. Anecdotique sans doute pour Sainz, bien plus concentré sur la victoire finale.

Carlos Sainz qui se rapproche de la victoire finale, semblait paradoxalement extrêmement à l’aise et détendu !  

« D’abord, on s’est rapproché de Nasser, qu’on a rattrapé 80 km après le départ. On est resté derrière lui à peu près à 1 min 40 parce qu’il n’entendait pas le Sentinel – un bip que déclenchent les pilotes qui veulent doubler un concurrent – et qu’on ne pouvait pas passer »

Au classement général, il possède maintenant un peu plus de 10 minutes d’avance sur Al Attiyah. Et, franchement à moins d’une panne mécanique toujours possible en sports mécaniques, on ne le voit pas perdre cette année la course, car fort de sa bévue de l’an dernier et au vu des derniers jours, Carlos parait devenu très raisonnable et  se contenter de surveiller  son dauphin et équipier !

 

En camion, si hier lundi l’ogre Vladimir Chagin avait laissé une petite part du gâteau à son fidèle lieutenant Firdaus Kabirov, aujourd’hui, le quintuple vainqueur du Dakar a remis les choses au point.

Le Russe s’offre une huitième victoire d’étapes en 2010 et reprend l’avantage sur Peterhansel en tant que recordman de succès avec… 55 étapes à son compteur.

Le Tsar devance Kabirov de 1’24 et le surprenant Français, Joseph Adua, de 1’38.

Chagin possède ce mardi soir un avantage de 1h12 sur son coéquipier au général.

Et la aussi on voit mal la victoire lui échapper …

Ce mercredi, les concurrents quittent le Chili en direction de

 l’Argentine où aura lieu la 10e étape. Ils passeront d’abord par le Paso

Libertadores à… 3500 mètres d’altitude, avant de se frayer un chemin

dans les rios pour rejoindre San Juan, au cours d’une étape de 434 km

dont 220 km de spéciale

Gilles Gaignault

Photos : ASO-Teams – Maindru

Dakar

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