DAKAR 2010 : CHALECO RAVIT LES CHILIENS ET PERTERHANSEL POURSUIT SA REMONTEE

 

 

Après la journée de repos, hier à Antofagasta, 224 équipages sur 363 au départ de Buenos Aires le 1 janvier dernier, soit 96 motos, 14 quads, 78 autos et 36 camions, ont été autorisés à prendre le départ de la huitième étape, ce dimanche matin, en direction de Copiapo.

La centaine de kilomètres de liaison matinale permettait de sortir d’une zone fréquemment brumeuse et de parvenir au départ de la spéciale, dans des conditions optimales de sécurité.

Le Dakar a reçu la visite de Michèle Bachelet, la Présidente du Chili et aussi d’un ancien vainqueur de l’épreuve, le Belge Jacky Ickx, lauréat du Dakar en 1983 associé à l’acteur Claude Brasseur

MICHELE BACHELET AVEC LES LEADERS EN AUTOS

Cette avant dernière journée dans le désert d’Atacama s’est déroulée sur un terrain caillouteux en début de spéciale. Avec les kilomètres, les pilotes ont progressivement augmentés le rythme de croisière jusqu’à débouler dans les zones dunaires de plus en plus nombreuses, à l’approche de Copiapo.

A Copiapo, le motard Chilien « Chaleco » remporte sa deuxième étape… chilienne cette année, pour le plus grand bonheur de ses compatriotes venus l’acclamer à l’arrivée. ‘’ Chaleco ‘’ prend place sur le podium provisoire de ce Dakar, au sein duquel, le très rapide Norvégien, Ullevalseter a aussi grimpé d’un rang en ce dimanche soir.

A une distance toutefois importante de l’intouchable leader qu’est Cyril Despres.

C’est aussi un… poursuivant de l’impossible qui s’est imposé en autos !

Stéphane Peterhansel, bien remonté au classement général provisoire en quatrième position mais encore à plus de deux heures, de celui qui mène la course, Carlos Sainz, signe ainsi sa … 54ème victoire d’étape.

Et pour ne pas perdre le contact dans l’incroyable Mano à mano qui les oppose pour le record de victoires d’étapes, le Russe, Vladimir Chagin, en camions, a lui aussi été le plus rapide également pour la … 54ème fois sur le Dakar !!!

 UNE SOLIDE EQUIPE VEILLE SUR CYRIL DESPRES

La donne de la course motos a malheureusement largement changé avec la rétrogradation de Marc Coma, suite à sa pénalisation écopée samedi et qui est ainsi dégringolé depuis la 2ème  jusqu’à la 24ème place du classement général !

 Si la pénalité laisse pour l’heure la voie libre à Cyril Despres, à condition d’éviter les grosses erreurs et de contrôler à distance ses poursuivants, la lutte pourrait assez vite devenir féroce pour la conquête de la place de dauphin.

Assez loin derrière le leader, trois pilotes se tenaient ce dimanche matin en 11 minutes, avec un léger avantage pour le Portugais, Helder Rodrigues sur le scandinave, Pal-Anders Ullevalseter et le local, le ‘’ héros ‘’Chilien, Francisco Lopez alias ‘’ Chaleco ‘’.

Dans cette redoutable bagarre à trois, la bonne opération du jour a été effectuée par « Chaleco », qui a déjà dépassé son rival portugais sur la route de Copiapo. Pour y parvenir, le Chilien a remporté une nouvelle étape sur son territoire, la troisième de sa carrière, en creusant plus nettement l’écart et en parvenant ainsi à faire la différence sur la deuxième partie du parcours.

ZANOTTI LE PORTEUR D’EAU DE CHALECO CHEZ APRILIA

‘’ Chaleco ‘’ se retrouvera donc ce lundi matin avec la  lourde responsabilité d’ouvrir la piste. C’est-à-dire dans le rôle assumé aujourd’hui par Cyril Despres. Le double vainqueur du Dakar a dû faire face aux difficultés de navigation, qui s’ajoutaient à des problèmes avec les jantes de ses roues, fendues à l’avant comme à l’arrière…

Ce n’est qu’au CP3, après 245 kilomètres de course, qu’il a pu récupérer une de celles de son porteur d’eau, le Portugais Ruben Faria, et terminer dans de meilleures conditions.

Sur la ligne, le leader se classe en cinquième position de la spéciale du jour,  accusant 6’43’’ de retard sur  « Chaleco » certes mais l’essentiel est préservé.

Il conserve le commandement et il s’élancera dans l’étape de lundi qui mène les rescapés, de Copiapo à La Serena, avec une avance toujours confortable, de 1h20’ sur le Norvégien Pal-Anders Ullevalseter.

C’est un Cyril Despres soulagé qui ralliait Copiapo  :


« J’ai définitivement joué deux jokers aujourd’hui! Comme toujours, j’ai donné un coup d’œil à mes roues au ravitaillement d’essence et je me suis rendu compte qu’elles étaient en très mauvais état. La jante arrière avait une énorme brèche tandis que l’avant était coupé en deux sur environ 4 rayons. Il y avait beaucoup de cailloux sur la première partie de la spéciale, mais je ne me souviens pas en avoir heurté aussi violemment. Heureusement que Ruben Faria est parti quatrième ce matin et il n’était donc pas trop loin de moi. Nous avons échangé les roues assez rapidement et je n’ai perdu que 2 minutes… un grand merci à lui ! A part cela il ne s’est rien passé de spécial pendant l’étape, le terrain était assez difficile et je n’ai donc pas voulu attaquer trop fort.»

 LA PRESIDENTE DU CHILI MICHELE BACHELET AVEC SAINZ

 

Sur quatre roues, la hiérarchie interne au Team Volkswagen n’a pas réellement évolué. Les  innombrables risques de crevaison ont, visiblement rendu les leaders « frileux » !

 

 

Kris Nissen, directeur du Team Volkswagen Motorsport, raconte :

« Nous avons vécu une des spéciales les plus dures du rallye avec un terrain particulièrement éprouvant pour les suspensions et les pneus. Son déroulement a montré toute la qualité du travail accompli par nos mécaniciens durant la journée de repos. Nos pilotes ont disposé d’un matériel parfait et le Race Touareg a une nouvelle fois démontré à quel point il est extrêmement robuste et fiable. »

Carlos Sainz, qui avait déjà effectué ses deux changements de roues après seulement … 300 km, s’est montré particulièrement prudent dans les 200 derniers, qu’il avait à boucler sans « cartouche ».

De même, son dauphin le Qatari, Nasser Al Attiyah s’est arrêté lui aussi à … deux reprises sur crevaison, et n’a donc pas pu profiter de l’allure relativement sobre de Sainz.

L’étape aurait toutefois pu revenir à une Race Touareg, puisque Giniel De Villiers, écarté du débat des chefs après avoir perdu plus de quatre heures en milieu de semaine, signait le meilleur temps intermédiaire après 300 kilomètres.

Mais lui aussi laissait échapper son lot de minutes sur crevaison, pour prendre finalement la quatrième place  seulement du jour.

 

Spectateur de cette explication molle comme le sable du désert d’Atacama, Stéphane Peterhansel a pris la situation en mains assez rapidement, passant l’essentiel de la journée en tête du rallye, après avoir dépassé la VW d’Al Attiyah.

A l’aise sur les pistes roulantes comme dans les dunes, le Français a pu se rapprocher très légèrement du trio de tête des VW.

Il déloge également de la quatrième place du classement général, son coéquipier Guerlain Chicherit, signataire du meilleur temps intermédiaire au CP1 mais qui s’est ensuite, hélas pour lui, débattu entre des crevaisons et d’inextricables problèmes, dus à des coupures électriques…

Avec ce succès à Copiapo, Peterhansel remonte mais pointe encore à 2h02’05’’ de Sainz, mais trône sur une impressionnante collection de victoires d’étapes dont le total continue d’impressionner : 54 !

Stéphane Peterhansel, vainqueur de l’étape lâchait :

«C’était du sérieux aujourd’hui, avec des endroits caillouteux où il fallait rouler comme sur des œufs pour ne pas crever. Il y avait aussi beaucoup de navigation. Pas évidente à réaliser d’ailleurs. On a trouvé aussi les dunes du final, pas évidentes non plus à passer, surtout qu’on ne s’est pas arrêté pour dégonfler. Comme on avait beaucoup de pression pour les cailloux, on a dû les passer avec trois kilos, ce qui n’est pas simple. On sait que les Volkswagen sont les plus rapides. Entre Nasser Al-Attiyah et Carlos Sainz, c’est vraiment la bagarre pour la 1ère place. Nous, on ne peut pas jouer les arbitres car on est encore trop loin. Mais on enchaîne les spéciales et on fait du mieux possible.»

 

Carlos Sainz, deuxième de l’étape enchainait  :

« J’ai eu quelques frayeurs aujourd’hui. J’ai crevé deux fois et je n’avais ensuite plus de roue de secours. Il restait 180 kilomètres. Alors j’ai contrôlé la vitesse pour essayer d’arriver. C’est une bonne étape car je creuse un peu sur Nasser. Mais demain lundi , il part derrière moi et je suis sûr qu’il va récupérer. Mais je suis très content parce qu’on a passé les étapes les plus dures. Jamais je n’ai vu une spéciale avec autant de pierres. Que des pierres ! Incroyable aussi la quantité de monde sur les 15-20 derniers kilomètres. Il y avait vraiment beaucoup de spectateurs et de voitures qui, finalement, indiquaient par où passer.»

En camions, la razzia continue pour Vladimir Chagin.

Le Russe remporte à Copiapo sa septième étape sur huit ! Sa collection s’agrandit pour monter, comme Stéphane Peterhansel, à 54 unités.

Mais le Tsar envisagera avec beaucoup plus de sérénité la conquête d’un nouveau titre en fin de rallye. Il a pour l’instant 1h16’ d’avance sur son premier poursuivant au général, qui n’est autre comme chaque soir que son propre coéquipier, Firdaus Kabirov.

Gilles Gaignault

Photos : ASO, Teams – Maindru

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