DAKAR 2010 : PETERHANSEL PERD LA TETE – CARLOS SAINZ NOUVEAU LEADER. DESPRES ASSURE

 

Pour cette 5e étape, les concurrents disputaient la deuxième spéciale la plus longue du Dakar avec 483 km à parcourir. La première étape 100 pour cent Chilienne emmenait les pilotes sur les contreforts de l’Atacama avec un tracé varié, alternant le roulant et le cassant.

Après une courte liaison de 90 km, les premières motos se sont élancer sur la spéciale, les autos suivant deux heures plus tard et ce afin d’éviter les trop nombreux dépassements, surtout des motards amateurs, gênés par la poussière

Ce mercredi, cette première étape 100%  Chilienne entre Copiapo et Antofagasta, a connu de très nombreux rebondissements et comme on va le voir, causer de sérieux dégâts au sein des hommes de tête, en autos comme en motos

Tout d’abord dans la catégorie autos, le leader Stéphane Peterhansel, lâche de précieuses minutes, sa BMW victime d’ennuis mécaniques. Celui qui visait une dixième victoire dans le Dakar a perdu gros et qui sait peut-étre déjà la course même s’il reste encore une grosse semaine avant de revenir et retrouver Buenos Aires.

Et ce d’autant plus qu’il abandonne le leadership au grand perdant de l’édition précédente, l’ancien double Champion du monde des Rallyes, l’Espagnol Carlos Sainz, assoiffé de revanche et qui au terme de cette cinquième étape ou il finit second au volant de sa Volkswagen derrière son partenaire l’Américain Mark Miller, s’empare donc du commandement.

On notera que Miller est le cinquième vainqueur différent en cinq jours !

Exceptionnel…

Ce Dakar 2010 est vraiment un cru véritablement exceptionnel de par son intérêt sportif.

 

Le ‘’ héros du jour ‘’  à nouveau un Yankee, Mark Miller, lequel succéde à son compatriote Robby Gordon, victorieux la veille, donnait quelques précisions sur sa stratégie :

«On a eu une conversation hier soir décidant qu’il fallait garder le même rythme. C’est ce qu’on a fait en ne prenant aucun risque. Sur la partie très rocailleuse, j’ai vraiment fait très attention. Je ne sais pas mais le fait de partir derrière m’a sans doute aidé. On n’a pas eu le moindre problème. On n’est jamais sorti de la voiture. Je dirais que ça a été une journée parfaite. Aujourd’hui, c’était la première grosse journée du Dakar. On en était tous conscients. Le Dakar commençait vraiment aujourd’hui et on est dans les premières positions. Aujourd’hui on a enlevé notre jupe de fillette. Il reste encore des grosses journées avec des dunes. Il y aura des écarts et on espère qu’ils seront en notre faveur.»

Pour cette cinquième journée donc, les premiers contreforts du redoutable et très redouté désert de l’Atacama accueillaient les rescapés de l’imposante caravane du Dakar, laquelle ne cesse pourtant de s’amenuiser au fil des jours et des difficultés de plus en plus  »hard  » .

Chose qui fut précisément le cas ce jour entre Copiapo et Antofagasta, sur un tracé proposant à la fois des sections roulantes et d’autres biens plus cassants.

C’est la raison pour laquelle et les pilotes et leurs mécaniques ont souffert. Terriblement …

Sur cette seconde plus longue spéciale de cette deuxième édition d’un Dakar Sud-américain, quelques uns parmi les principaux acteurs et prétendants au succès final dans ce Dakar 2010, ont pratiquement perdu tout espoir de victoire finale à Buenos Aires, le 17 janvier prochain.

En autos, c’est hélas très probablement le cas pour Stéphane Peterhansel. Et en motos, c’en est malheureusement déjà fini pour David Casteu, le ‘’ heros ‘’ du début de course, contraint à l’abandon, après s’étre brise une jambe, suite à une mauvaise chute…

Et aussi du Catalan, Marc Coma, à nouveau victime de problèmes avec sa KTM. Ennuis qui comme Peter, l’ont contraint à s’arrêter de longues minutes sur la piste.

Enfin, toujours la Scoumoune pour le dernier vainqueur du Rallye, Marc Coma :

« C’est vraiment dommage parce que tout se présentait bien sur cette étape jusqu’à la rupture du pneu arrière. Je dois remercier Luca Manca qui m’a donné sa roue. Maintenant c’est Knuiman qui va lui passer la sienne ainsi il ne perdra pas trop de temps. Cette année, ce n’est vraiment pas mon année. Je ne sais pas ce que j’ai fait de mal pour mériter ça. Il faut essayer d’être positif, même quand il y a des problèmes de ce type. Mais c’est difficile. Je n’ai pas d’explication sur ce qui m’arrive : un jour c’est une pénalisation, puis un autre un problème moteur et enfin un problème avec le pneu arrière. Que faire ? Il faut essayer de profiter du rallye.»

 

Peterhansel, le  »nonuple » vainqueur de l’épreuve, a ainsi été le premier à connaître des difficultés. "Peter" s’est ainsi arrêté à deux reprises dans cette étape longue de 483 km, la première fois au km 135 et la seconde 80 kilomètres plus loin.

 Dans ses déboires, le Français a perdu énormément de temps sur le vainqueur du jour, l’Américain Mark Miller (Volkswagen), qui signe là sa première victoire sur le Dakar.

Parvenu sur la ligne d’arrivée, Stéphane Peterhansel, faisait le point :

«Au bout de 120, 130 kilomètres, on a cassé l’arbre de transmission arrière. Donc il a fallu le démonter dans un premier temps. Ce qui n’est pas évident. Jean-Paul Cottret en a bavé pour le sortir. Ensuite on a dû terminer la spéciale en deux roues motrices, en traction. Comme c’est un terrain soft, mais avec une croute rigide, dure, dès que les voitures passent, ça casse et on se retrouve comme avec du fesch-fesch. Donc, on n’avançait pas. Surtout en 2 roues motrices. En plus, on s’est planté ! On perd le rallye. On n’a plus aucune chance de viser la première place, ça c’est sûr. C’est décevant.»

Kris Nissen, le Directeur du Team Volkswagen Motorsport était on l’imagine à nouveau tout sourire :

« Tous nos pilotes et copilotes ont réalisé un travail remarquable. Malgré nos exploits dans la spéciale et notre situation au classement provisoire, nous devons rester calmes et concentrés. Nous allons devoir avant tout venir à bout des difficultés du Dakar. Nous avons encore plus de 3 000 kilomètres à accomplir sur un terrain très difficile. »

 

Mis au courant des pépins qui accablaient le leader par son Team manager, l’ancien pilote Kris Nissen qui dirige sur place l’armada Volkswagen, Carlos Sainz en a surement profité pour se relancer vers la tête de la course et attaquer à fond… 

Carlos Sainz, nouveau leader de la catégorie autos, lâche :

«C’est vraiment dommage d’avoir crevé. On a changé la roue et on a dû perdre deux minutes. Mais je suis très content d’avoir fini ce secteur chronométré qui était très long et très difficile. Il est clair que le temps perdu par Stéphane Peterhansel nous avantage. Mais nous n’en sommes qu’au cinquième jour de course. Il reste beaucoup à faire. Personnellement, je vais continuer sur mon rythme, celui que je maintiens depuis le départ de la course et qui donne des résultats.»

Son adversaire du Team BMW, arrêté sur la piste et obligé de mécaniquer a lâché du temps, beaucoup de temps, très exactement  

Journée parfaite pour l’équipe VW !

Victoire pour Miller, sa toute première, on l’a dit sur le Dakar et première place en sus au provisoire pour Sainz qui s’empare du commandement du rallye devançant un autre de ses équipiers, le Qatari, Nasser Al Attiayh de 4’ 37’’, toujours aussi incisif et brillant !    

Rappelons qu’avant le départ du Rallye, le 1 er janvier dernier à Buenos Aires, tous les observateurs avertis prédisaient une formidable bagarre entre ces deux lascars, Sainz et Al Attiayh !!!

Estimant dans leur très grande majorité que les BMW n’étaient pas encore au niveau, en tout cas pour tenir la durée d’un Dakar

Nous y sommes

Reste à savoir qui craquera le premier des deux car nous avons affaire à deux étalons… Et tous deux ont d’ailleurs été victimes de leurs fougues l’an passé sur ce même parcours Sud américain !

Alors ?

Il reste neuf jours de course…

Et donc, autant de possibilités de commettre des bêtises et autres bévues ! Car le rythme est élevé et ne baissera surement pas d’intensité.

Car les Peterhansel et autres Robby Gordon n’ont tres certainement pas dit leurs derniers mots et baisser pavillon. Et ce même s’ils disent que les carottes sont cuites !!!

Et ils comptent bien, se relancer au plus vite dans la course. Qui est encore longue, longue, longue.

Pour l’heure, dans la course autos, un écrémage plutôt violent a été opéré par le Team Volkswagen, qui termine l’étape avec une première victoire de Mark Miller sur le Dakar, un tiercé sur la spéciale, et un podium provisoire totalement monopolisé par les Race Touareg, avec une marge rassurante sur tous les rivaux identifiés en début de rallye. Le pilote américain était passé plusieurs fois à côté de victoires d’étapes, notamment en 2009, année où il a terminé le rallye en seconde position.

L’incongruité est réparée à Antofagasta, non pas au cœur des dunes qu’il affectionne, mais sur un parcours roulant où il a su dominer son coéquipier Carlos Sainz et Nasser Al Attiyah.

Surtout, les VW Race Touareg prennent les commandes du rallye avec Sainz en tête suivi à 4’37’’ de son coéquipier Qatari et à 9’39’’ de Miller.

Au-delà, c’est morne plaine jusqu’à Robby Gordon, 4ème mais déjà à .. 59’55’’ de Sainz !

Du côté des motos, Marc Coma, vainqueur mardi  a incroyablement de nouveau connu des soucis avec le moteur de sa KTM. L’Espagnol s’est arrêté au km 376, ruinant  par là-même son superbe but de spéciale.

A l’arrivée le vainqueur 2009  franchi la ligne concédant… 39’35’’ sur la toute nouvelle et débutante Aprilia du vainqueur du jour, le local et héros de tout un peuple, le Chilien, Francisco ‘’ Chaleco ‘Lopez Contardo.

Cinquième motard  vainqueur différent comme en autos !!!

Du JAMAIS vu…

Il se dit qu’en sport, la réussite se provoque. Sur l’étape d’Antofagasta, c’est un long travail de préparation, toute une vie de motard, qui a payé pour Francisco  » Chaleco  » Lopez.

 L’année dernière, il s’était déja imposé sur la première étape Chilienne, menant à Valparaiso. Il était alors au guidon d’une KTM 690cc. Cette année, « Chaleco » a été recruté par Aprilia pour tenter l’aventure de la 450cc.

Au guidon de cette nouvelle machine, le Chilien n’a aucun mal à retrouver des sensations familières. C’est déjà sur une petite cylindrée, confiée par Honda, qu’il avait fait ses débuts en rallye raid, remportant notamment le titre de Champion du monde de la catégorie en 2006.

S’il n’a découvert sa monture qu’au rallye des Pharaons, Lopez se montre maintenant parfaitement à l’aise, d’autant que les pistes au programme du jour sont celles de son éducation motocycliste.

Avec l’expérience acquise, il devra maintenant confirmer aussi qu’il peut prétendre à une place de prestige sur le rallye… à condition qu’il le termine pour la première fois.

En tout cas, il s’avère que les perspectives de podium se précisent, pour Lopez comme pour d’autres, sachant que le chemin d’Antofagasta a tourné à l’hécatombe parmi les leaders

A l’arrivée, interviewé par Eurosport, Francisco ’’ Chaleco ‘’  Lopez, expliquait :

«L’étape a été longue et rapide. Marc Coma a eu des problèmes de pneumatiques et à la fin j’ai pu dépasser Cyril Despres. J’avais eu des problèmes en Argentine et là je suis très content de gagner une étape chez moi. Maintenant, je peux penser au général. Au Chili tout se passe bien et même l’essence est meilleure ! Mais je répète : j’ai gagné une spéciale, c’est impeccable, mais pour le général, il reste beaucoup à faire. Quand on voit qu’un pilote comme Casteu peut faire la petite faute, ça remet les idées en place.

Pour la première étape 100 % chilienne, la recrue de l’équipe Italienne l’emporte en précédant la KTM du leader, le Français, Cyril Despres toujours épargné lui par les soucis et qui en profite pour creuser l’écart au classement général provisoire ou il posséde ce mercredi soir une avance considérable : 37’  37’’ sur le Chilien et 1h 16’ 55 ‘’ sur Marc Coma, bon troisième malgré ses ennuis à répétition, hormis mardi, ou il a gagne l’étape.

Cyril Despres, le leader ravi d’en terminer raconte l’étape :

« J’ai doublé David Casteu aux alentours du km 35 et je revenais sur Marc Coma quand nous sommes rentrés dans un nuage de brouillard qui a duré jusqu’au km 134. La visibilité était tellement mauvaise que j’ai été obligé d’enlever mon masque à cause de l’eau qui s’y accumulait. Le brouillard a ensuite disparu rapidement et j’ai pu profiter du reste de la spéciale. Au CP2 je me suis rendu compte qu’il y avait une coupure dans mon pneu arrière causée par une des nombreuses pierres caché dans la partie hors-piste. Après ça, je me suis arrêté régulièrement pour vérifier qu’elle n’augmentait pas. Au km 375 je suis revenu sur Marc qui était arrêté a coté de la piste avec des problèmes de pneus. Au final, une journée mémorable de pilotage sur les crêtes et dans les canyons… un vrai régal! »

On l’a précisé en préambule, la spéciale a malheureusement été marquée par la chute au km 395suivie de l’inévitable abandon – de David Casteu, une jambe cassée !

Dommage car le courageux pilote de la Sherco, moto 100%  Française avait jusqu’alors effectué un remarquable ‘’ sans faute ‘’  se permettant même le luxe s’il en est, de… remporter la première étape, à Cordoba.

La chute est survenue alors que l’Azuréen suivait le Chilien Francisco Lopez, futur vainqueur de cette cinquième étape. David explique :

« C’est une erreur de ma part. J’ai fait une faute d’appréhension. Je me suis trop rapproché de Chaleco »  

Et de préciser :

« Aveuglé par une nuage de poussière rejeté par le Chilien, je me suis pris un bloc de roche en pleine face à 130-140 km/h. Je suis parti en l’air. Mais je suis resté conscient. J’ai rampé jusqu’à ma moto pour déclencher ma balise. J’avais peur que l’artère de ma jambe soit touchée.».

Questionné sur ce drame qui prive Casteu de la suite du Dakar, ‘’ Chaleco ‘’ a raconté :

« Au dernier check-point, il m’a dit : "Chaleco, c’est dangereux". Je lui ai dit que je partais devant. C’est dommage, parce qu’il faisait une excellente course sur une moto qui venait de nulle part. C’était incroyable».

Quant au pilote du Team Yamaha, David Frétigné, il se confiait  :

«On a trouvé David par terre. Il a pris de la poussière dans une ravine. Il souffrait d’une jambe. Je suis resté quatre, cinq minutes avec lui. Ça allait. Puis l’hélicoptère et un 4×4 médical sont arrivés. On ne repart pas dans le même état d’esprit. Parce que quand on voit qu’un pilote comme lui peut faire la petite faute, ça remet les idées en place. Alors il faut se concentrer sur la piste, bien navigué. 480 kilomètres c’est long. C’est très dur d’avoir la même concentration tout au long. Il suffit de deux petites secondes d’inattention, au mauvais moment, et c’est un caillou, une ravine et la chute. Il faut être prudent. Moi, maintenant je dois remonter au fur et à mesure. Un Dakar c’est toujours plein de rebondissements et de chamboulements au classement. »

Ce  jeudi, les concurrents  rescapés poursuivent leur remontée  vers le nord Chili pour atteindre Iquique, après avoir encore avalé une longue spéciale de 418 km.

Il reste 82 voitures en course

Gilles Gaignault

Photos : ASO –Teams – Maindru

Bivouac dans les Andes

LA CARTE DU PARCOURS 2010

Classement après la cinquième étape, Copiapó –

Antofagasta : Spéciale 483 km- Total étape: 670 km  

1 Carlos Sainz-Lucas Cruz (E/E) Volkswagen Race Touareg  en 5h 08m 25s -16h 10m 51s

2 Nasser Al-Attiyah-Timo Gottschalk (Q/D) Volkswagen Race Touareg en 5h 10m 42s à 4m 37s

3 Mark Miller-Ralph Pitchford (USA/ZA) Volkswagen Race Touareg en 5h 06m 15s à 9m 39s

4 Robby Gordon-Andy Grider (USA/USA) Hummer en 5h 11m 03s à 59m 55s

5 Carlos Sousa-Matthieu Baumel (P/F) Mitsubishi Racing Lancer en 5h 26m 23s à 1h 13m 22s

6 Krzysztof Holowczyc-Jean-Marc Fortin (PL/B) Nissan Pick-up en 5h 31m 41s à 1h 16m 18s

7 Maurício Neves-Clécio Maestrelli (BR/BR) Volkswagen Race Touareg en 5h 15m 36s à 1h 20m 10s

8 Guerlain Chicherit-Tina Thörner (F/S) BMW X3 en 5h 18m 39s à 1h 27m 41s

9 Guilherme Spinelli-Filipe Palmeiro (BR/P) Mitsubishi Racing Lancer en 5h 37m 26s à 1h 37m 48s

10 Stéphane Peterhansel-Jean-P. Cottret (F/F) BMW X3 en 7h 20m 50s à 2h 04m 49s

18 Giniel de Villiers-Dirk von Zitzewitz (ZA/D) Volkswagen Race Touareg en 6h 01m 49s à 3h 50m 47s

 

 

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