FORMULE 1 : APRES LE RETRAIT DE BRIDGESTONE, LA F1 A L’HEURE DES INTERROGATIONS

 

 

 

Au-delà du fait que la Formule 1 va perdre son dernier bastion japonais à l’issue de la saison 2010, se pose  déjà dès aujourd’hui l’épineuse question de la succession.

Fournisseur unique de pneus en Formule 1 depuis 2007, Bridgestone vient on le sait d’officialiser son souhait de se retirer de la discipline à l’issue de la saison 2010.

Une saison qui, de toutes les façons, marquait la fin du contrat du manufacturier nippon:

« La décision prise par le conseil d’administration, après des évaluations fastidieuses, est basée sur le besoin de l’entreprise de rediriger ses ressources vers le développement intensif de technologies innovantes »

Tels sont les propos tenus par Hiroshi Yasukawa, le directeur de Bridgestone Motorsport.

Evidemment, la lourde crise économique actuelle n’a rien arrangé. Ainsi, au 30 septembre 2009, Bridgestone enregistrait des pertes équivalentes à 203 millions d’euros, par rapport à la même période 2008 !!!

Pour ce qui est de la F1, Bridgestone aura fabriqué dans son usine de Kodaira près de Tokyo environ …. 40 000 pneus cette saison pour le compte de dix écuries.

Il faut savoir que, depuis son entrée en F1 en 1997, la firme nipponne consacrait bon an mal an, 100 millions de dollars (soit aujourd’hui l’équivalent de 66,7 millions d’euros) à l’équipement des monoplaces de GP. Un budget comprenant en fait l’ensemble des dépenses liées à son implication, c’est-à-dire des panneaux publicitaires sur les circuits à la production et au développement, en passant par les réceptions diverses à l’intention des invités et la logistique.

Cela dit, en 2009, la diminution drastique des séances d’essais entre les Grands Prix, a pu amener une réduction des coûts de l’ordre de 30 %… ce qui n’est déjà pas si mal…

Côté bilan, Bridgestone peut se glorifier  - mais sans concurrence  ces dernières saisons - de 149 pôles et de 156 victoires en 223 Grands Prix.

Maintenant, se pose la question, la difficile et terrible question :

Quel manufacturier pour prendre la succession ?

La FIA et son nouveau Président, Jean Todt, vont devoir se montrer très persuasifs dans la mesure où l’héritage s’avère loin, très loin d’être simple…

Goodyear Dunlop ?

Le manufacturier américain d’Akron, fort de ses 368 victoires en 495 GP, a déjà donné. Et depuis son départ n’a jamais manifesté le moindre intérêt !

Continental ?

Pas dans les gènes du manufacturier allemand.

Pirelli alors ?

Déjà fournisseur du WRC (pour un investissement global d’un peu plus de 10 millions d’euros par an), le manufacturier milanais a décliné la sirène F1, avouant même s’interroger sur l’intérêt de prolonger son contrat au-delà de 2010, année qui marquera la fin de son actuel contrat.

Yokohama ?

L’autre japonais semble trouver son bonheur en WTCC, avec des budgets plus en rapport avec ses moyens.

Reste Michelin.

Sauf revirement surprenant, les chances sont là encore quasi nulles car un éventuel retour du manufacturier de Clermont Ferrand demeurent assez minces. En effet, Bibendum est engagé en Endurance, discipline qui lui sied bien, ne serait-ce que parce qu’elle constitue un véritable laboratoire de recherche.

L’Endurance met en exergue les performances des pneumatiquess à même d’équiper les véhicules de demain, tant du côté de la longévité produit que du côté des économies de carburant.

Tout le contraire de la F1 !

Et puis, pour motiver le retour de Bibendum, encore faudrait-il que les règles de la F1 évoluent. Ou plutôt fassent machine arrière.

En effet, lorsque la firme de Clermont-Ferrand avait décliné l’appel d’offres de la FIA au début de l’été 2006, son discours était très clair :

« le changement de réglementation de la F1 conduisant à un monopole en matière de pneumatiques est totalement contraire aux principes de Michelin pour qui la Formule 1 doit, en tant qu’expression du sport automobile de haut niveau, être le lieu de confrontation des technologies avancées au service de l’automobile ».

Circulez !

Certes, la philosophie de Michelin est louable. Avouons toutefois que Bibendum n’a pas grand monde en face de lui en Endurance. Seule différence, le quasi-monopole s’opère ici de façon naturelle.

Mais, retour à la F1. Avec deux manufacturiers par exemple, les coûts d’équipement peuvent être divisés par deux, chacun pouvant prendre à sa charge la moitié du plateau. Problème sérieux, toutefois : à l’heure où tous les acteurs prônent les économies, revenir à la libre concurrence engendrerait inexorablement une montée en puissance des coûts. Une spirale initiée par la recherche et le développement, secteur à même de faire la différence sur la piste.

 Pas simple donc.

Alors, la F1 bientôt sur les jantes ?

Un espoir demeure. Selon nous, le salut pourrait venir du modeste, sur le plan médiatique s’entend, coréen Kumho.

Un habitué de la monoplace, puisqu’il équipe tout le plateau de la F3 Euroseries.

Les paris sont ouverts.

Marc David
Photos : Bridgestone

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