RALLYE DES PHARAONS 2009 : DE L’ASPHALTE AU SABLE …

 

Hervé Gremion, le directeur en charge des pistes du tout nouveau circuit de La Ferté Gaucher, participait il y a quelques jours au Rallye des Pharaons.

Il nous raconte ce que fut son premier rallye –raid et son aventure dans le désert Egyptien

 » Après la Laponie suédoise où nous nous sommes rencontrés lors d’un stage de conduite sur glace, quelle opportunité lorsque Christian Craff m’a invité à participer au Rallye des Pharaons, catégorie Classic !

Habitué à limer l’asphalte aux volants de GT ou de monoplaces, la perspective du désert, ses grands espaces et la curiosité de découvrir le « pilotage » type rallye raid, ont eu raison de mon emploi du temps en cette première dizaine d’octobre.

7 jours dans le désert, et une course ça se préparent !

Casque avec Peltor, T shirt, short, chaussures fines mais montantes, lunettes de soleil, tente, duvet, sac plastique pour protéger du sable, billet d’avion, passeport, et hop, vol Air France Roissy Charles de Gaulle – El Cairo !

Arrivée 20h30, heure locale, comme en France même si nous ne sommes pas sur le même fuseau horaire, la nuit est simplement plus dense. Température 25°C !

Ayant décidé d’arriver un jour plus tôt ; comme d’habitude dans les pays d’Afrique du nord, dès ma sortie de l’aéroport, des colporteurs me proposent l’accès en taxi au centre ville et un hôtel. Il faut déjà négocier !

Moi qui suis venu pour rouler dans un endroit sans code qu’on appelle le désert, j’avais un regard étriqué sur ce que peut être la conduite en Egypte.

Là bas, le code de la route n’existe pas !!! 5 de front sur une route à 3 voies, piétons faisant la corrida entre les voitures pour traverser la chaussée (il faut dire que les passages piétons sont rares), cyclomotoristes arrivant de face quant ce ne sont pas les charrettes tirées par des ânes, la conduite en Egypte relève de l’improvisation permanente. Le pire est que cela semble fonctionner, et sans aucune agressivité, même si le tout est rythmé au son des klaxons. Pire que des italiens.

A ce sujet, l’équipe nationale de football qui bat le soir même l’équipe championne du monde actuelle, ne fait rien pour amoindrir les velléités de mon chauffeur de taxi.

En y ajoutant l’insalubrité et les pyramides, soyez les bienvenus au Caire !

Le jour suivant, rendez vous au « Pyramids Park Resort », lieux de villégiature retenu par les organisateurs, JVD, italiens eux aussi. Christian me rejoint dans la soirée. Rendez vous le lendemain, direction le port d’Alexandrie pour récupérer notre auto, un Toyota HDJ 80 aux couleurs d’ Aérosphalte, premier parc européen pour la pratique des sports mécaniques.
Nous le réceptionnons batterie vide, ce qui sera pratiquement le plus gros pb que nous rencontrerons durant cette semaine.

Ceci en dit long sur la qualité de préparation de l’engin, sa fiabilité et le respect de la mécanique dont fera preuve Christian tout au long de l’épreuve, ce qui ne nous empêchera pas de figurés honorablement.

Retour vers Le Caire, calibration des TerraTrip, (systèmes électroniques de navigation permettant de mesurer les distances parcourues totales et partielles (entre 2 WayPoints, points de passage géographiques obligatoires, définissant le tracé dans l’immensité du désert)), installation du GPS et de l’ IraTrip (système permettant de faire appel à une aide mécanique (le fameux camion balai) ou médicale et indiquant à l’organisation notre position à tout moment).

Préparation et rangement des équipements du véhicule : roues de secours chargées à 7 bars faisant office de réserves d’air, tuyaux permettant de les relier aux roues du véhicule ou au compresseur d’appoint, mise en marche du Peltor, fixation des pelles et des plaques (absolument indispensables), gants de manutention, outillage divers et variés au cas où.
Il y a intérêt à savoir où tout cela se trouve, car la course c’est la course, et même si dans notre catégorie, le temps n’était pas le facteur le plus important, il ne s’agit tout de même pas de mollir en cas de besoin. La preuve, lors de la 3e journée nous finissons à 1 mn du temps imparti et frôlons donc le zéro pointé!

Perception du road book et c’est le départ le lendemain matin, aux pieds des pyramides de Gyza.

Etape de liaison au 1er CP (Control Point), car la vraie course ne commence pas du Caire, ce qui permet au novice que je suis de me familiariser à l’usage du road book et des instruments de navigation, car dans 100kms c’est la 1ere étape qui commence. Epreuve de découverte, de mise en bouche, le plus dur reste à venir…

Arrivée au bivouac super bien organisé, grande tente berbère lieu de ralliement pour tous, organisateurs, équipes techniques, presse, représentants des fédérations FIM et FIA, et concurrents; pour travailler, débriefer ou s’alimenter.

Pour une vie en campagne, selon l’appellation militaire d’usage, même les toilettes et les douches sont de bonnes factures.

Le 2e jour commence par un tronçon cassant qui dure, qui dure, et qui m’épuise. Jouer le « sac de sable » je connais, en tant qu’ancien pilote instructeur, mais à ce point là, vraiment pas !!! au point de m’en dégoûter !

Heureusement, le lendemain et les jours suivants, nous réserveront des merveilles qui me séduiront à jamais des beautés du désert et de la discipline.
Désert blanc, dunes rondes et abruptes, petites, hautes, au sommet desquelles on s’arrête, on s’émerveille de la perspective qu’elle nous offre, on s’inquiète aussi de notre capacité à redescendre.

Des longues, des courtes, à droite, à gauche, descente du Mont Ventoux sur piste de terre. Même dans le désert après chaque franchissement, c’est un nouvel horizon qui s’offre à nous. Le désert n’est jamais que sable, il est aussi cailloux, roches aux couleurs parfois très surprenantes (vert), qui saupoudrent son immense manteau jaune tirant parfois vers la couleur terre. En contraste avec le bleu azur du ciel, ce sont parfois deux immensités monochromes qui se rencontrent, se frôlent, se touchent, se tutoient, rappelant que rien est seul dans ce monde.

Assis dans notre 4×4, spectateurs parfois malgré nous, il faut néanmoins agir, mais comment coopérer avec cette immensité ?

Dégonfler une fois, une deuxième, regonfler, naviguer, secourir les autres concurrents tombés en panne (tractage dans les dunes pendant 15 km) ou blessés (pas nous), scruter pour chercher le meilleur passage, tourner à droite, à gauche, accélérer, freiner, s’arrêter, 45° d’inclinaison en devers à droite, à gauche, devant, derrière, changer de rapport, de la 1ere à la 5eme (rare), pont long, pont court, des litres de diesel (0,12€ le litre !!!) jusqu’à 300 embarqués, nous permettront de prendre le départ chaque matin, et de rallier l’arrivée chaque soir souvent après 7 ou 8 heures de roulage dans une étuve à 48°C, avec au terme de la première spéciale un classement moyen (9 sur 30), puis 8e le second jour, 6e le 3e, pour grimper sur le podium à partir du 5e jour au gré d’une stratégie gagnante et ne plus le quitter jusqu’à l’arrivée.

Dans ce contexte, contrairement au B A BA du pilotage, le regard du pilote doit souvent se focaliser sur de courtes distances. C’est là que le copilote apporte, en dehors de la navigation, un complément non négligeable. Regarder plus loin, soumettre au pilote des chemins en dehors des traces pour plus de motricité, plus directs, moins cassants, ce qui économise énormément la mécanique. C’est la loi du genre pour tous, même si certains véhicules tel que le PROTRUCK font preuve de qualités de franchissement vraiment remarquables !
Quitter le bivouac chaque matin pour avoir le plaisir de le retrouver chaque soir, c’est pour le novice que je suis, synonyme de réussite.

Douche, briefing, dîner, préparer le road book du lendemain, dormir même si la nuit est courte, car rythmée au son des groupes électrogènes qui fournissent la lumière et autres énergies pour les assistances jusqu’à 3 heures du matin, et les motos qui ronronnent dès 5 heures, pour être prêtes au départ de 6h30, petit déjeuner et c’est reparti.

Malgré la variété des paysages et des spéciales, le rallye est chaque jour cadencé de la sorte jusqu’au samedi 10 octobre, dernier jour.

Retour au Caire, podium d’arrivée, remise des trophées, dernière nuit, c’est fini.

Le rallye se termine, il faut déjà se sevrer de toute cette ambiance, toute cette atmosphère, tout
ce dépaysement, des souvenirs plein la tête, des émotions plein le corps, du sable plein les souliers et parfois encore dans les yeux (à cause des lentilles), la satisfaction d’avoir correctement figurés, et la longue attente qui nous sépare de l’édition 2010.

A tout ceux qui se « grattent » à tester ou non ce type d’aventure, n’hésitez surtout pas ! Ca ressemble à la conduite sur neige avec 35° à l’extérieur, c’est un « goudronneux » qui vous le dit !!!

Alors, peut être à l’année prochaine et CHOUKRANE EGYPT

Hervé GREMION
Directeur d’exploitation des circuits LFG

Et, Bravo à l’organisation, JVD

Remerciements à Christian CRAFF, hôte et pilote

 

Photos : Alain Rossignol

Les vainqueurs de ce Rallye des Pharaons: Jérome Pélichet-Eugénie Decré

Le podium final : Les trois Bowler de Pélichet-Decré (1er) – Tonetti pére et fils(2éme -à gauche) et Visy-Bourquin (3éme)

Souvenirs d’Egypte (Photos Judith Tomaselli)

Pharaons Rallye Raid

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