F1 : Bourdais, 66 millions de canettes et dehors !

 

Notre confrère Jean Michel Leroy, un manceau pure souche collaborateur des années durant du très réputé quotidien  ‘’Ouest France’’ et aujourd’hui collaborateur du non moins célèbre ‘’ Télégramme de Brest ‘’ , nous a adressé son article concernant  l’éviction annoncée de Sébastien Bourdais que nous publions très volontiers.

« Le cirque médiatique de la F1 est ainsi, il brûle en deux temps trois mouvement ce qu’il a adulé quelques heures auparavant. Sébastien Bourdais, star des medias français d’hier est désormais cerné par d’infatigables questionneurs.

Petit résumé des épisodes précédents.

Après ses exploits américains, la présence en F1 de Sébastien Bourdais n’a pourtant pas été chose aisée. Il aura fallu quelques entrevues économico politiques pour que le Manceau trouve siège dans un baquet de la Formule reine de la télé mondiale. Vedette du Champcar de l’autre côté de l’Atlantique, Bourdais avait soulevé l’intérêt d’un jeune agent aux dents longues, Nicolas Todt, le fils de Jean, déjà mentor de Felipe Massa chez Ferrari. Au prix de discussions sans doute fort complexes où on vit quelques protagonistes de hautes volées intervenir tout l’hiver 2007, le Sarthois put enfin décrocher le baquet de la Toro Rosso, l’écurie clone, en moins bien, de la Red Bull.

Au même moment, Christine Lagarde, Ministre de l’Économie en France autorisait la vente libre du Red Bull sur le territoire de l’hexagone. À condition que la Taurine (un dérivé d’acide aminé fortement présente dans la bile de taureau, d’où son nom) soit remplacée. Cette condition fit long feu et en juillet 2008, les pouvoirs publics passaient outre les demandes de mise à l’index de l’Agence Française de la Sécurité Sanitaire des Aliments. La  »Sarthoise Connexion » a sans doute énormément fonctionné à ce moment là, on connait l’engouement de François Fillon pour les sports mécaniques.

 
Cette opportune coïncidence permit sans doute à Sébastien Bourdais de bénéficier d’un avantage certain dans les négociations avec Dietrich Mateschitz, le patron de l’entreprise Red Bull. Toujours est-il que l’industriel autrichien vendit 66 millions de canettes du produit  »djeun’ en France en 2008. Installé désormais sur le marché hexagonal pour un bout de temps, il n’a plus vraiment besoin du pilote français en 2009. Les tractations sur la succession de Français pouvaient démarrer.

Tout l’hiver, Bourdais fut sur le grill et il fallut attendre le tout début de la saison pour que son contrat soit reconduit, une habile façon de limiter les coûts pour Red Bull lors de la signature de l’avenant 2009.

Après la F1 reprit ses droits avec intervention d’un gros promoteur sportif espagnol pour faire rouler son fils dans la Toro Rosso, utilisation des medias aux ordres pour finir de déstabiliser complètement le copain de François, déclarations aussitôt démenties du staff de Red Bull… La routine quoi.

Une voiture complètement dépassée, une ambiance sans doute invivable, des journalistes pressants… « Vous me faites tous chier » confiait dimanche, Bourdais au micro de TF1.

Le Red Bull, décidément, ça énerve. "

 Jean-Michel Le Roy pour Le Télégramme de Brest

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