F1 : La chute de Mosley

 

« Le Championnat du Monde de Formule Un de la FIA est confirmé pour 2010, tout est arrangé, il n’y a plus de conflit, et comme la situation est maintenant revenue à la normale, je n’ai plus de raison de vouloir me représenter à la présidence de la FIA en octobre prochain, je vais dès maintenant prendre des vacances et me consacrer à ma famille, ce que je voulais faire depuis longtemps »

 

C’est sur ces paroles de Max Mosley, prononcées ce mercredi à 12h15  devant le Conseil Mondial du Sport Automobile que se tourne l’une des pages les plus noires de l’histoire de la FIA. Le « système Mosley », son autoritarisme sans partage, fait de décrets pris sans aucune concertation avait déclenché les hostilités entre les Teams de F1, regroupés au sein de la FOTA (Formula One Team Association) et la FIA, et amené la FOTA à décider d’organiser son propre championnat à partir de 2010 pour échapper aux « Oukases » présidentielles, qui allaient amener la Formule Un au chaos!

Ce conflit, qui perdurait depuis de nombreuses semaines et qui avait jeté le discrédit sur la FIA et son style de gouvernance, a donc trouvé son épilogue ce matin par l’annonce faite par Max Mosley, de son départ en octobre prochain.

 

La réunion du Conseil Mondial avait commencé d’une manière inhabituelle, puisque dès son ouverture à 9 Heures 30, Max Mosley….  avait quitté la salle, accompagné de Luca di Montezemolo, Président de FIAT et Ferrari, et initiateur de la FOTA, et de Bernie Ecclestone, le grand argentier et « deus ex machina » de la F1, pour n’y revenir que… 3 heures plus tard et faire son annonce.

Entre temps, la réunion du Conseil Mondial a été présidée pour … la toute première fois de l’ére Mosley par… le Président délégué au sport, l’ Américain Nick Craw et Président aux USA, de l’ ACUS, la Fédération automobile sportive américaine .

Mais ce qui s’est passé entre les trois hommes, au cours de ces trois heures n’est pas difficile à imaginer : la décision de la FOTA de sortir du système FIA, avait été murement réfléchie  et était devenue incontournable, compte tenu de l’ineptie des nouvelles règles que voulait imposer son Président pour 2010.

D’autre part, la FOTA représentait quasiment tous les Teams, ce qui lui donnait les moyens d’un tel championnat, mais surtout laissait la FIA, avec seulement deux Teams plutôt destinés à occuper le fond de la grille. Non seulement cela privait la FIA de toute possibilité d’organiser son propre championnat, mais la laissait de plus orpheline de sa discipline reine et des revenus associés, ce qui n’était pas un pronostic de longue vie.

Mais par dessus tout la menace brandie par Mosley de porter le conflit devant les tribunaux a signé son arrêt de mort, dans la mesure où une telle issue, par le temps, les complications et le rebondissement qu’elle aurait impliqué, aurait sans doute signifié également la disparition de la F1.

Le bon sens a repris le dessus ce  mercredi matin lorsque Messieurs Montezemolo et Ecclestone, ont contraint Max Mosley à la démission, car c’est bien de cela qu’il s’agit, puisqu’il s’est également engagé à …. Ne plus s’occuper de la Formule Un jusqu’à son départ.     

C’est une excellente nouvelle, tant pour la FIA que pour le sport automobile mondial.

 En effet, en dehors de ce conflit qui a directement mis en cause la survie de la FIA, les dernières « années Mosley » n’ont pas été les meilleures qui soient pour le sport automobile, loin s’en faut.

Outre ce style de gouvernance, ou plutôt à cause de lui, toutes les disciplines sportives, du Karting au Championnat du Monde des Rallyes, ont connu un net déclin matérialisé par l’importante chute du nombre de licenciés et de participants, ceci allant de pair avec l’abandon de disciplines traditionnelles comme l’endurance, laissée aux mains de promoteurs privés.

Si l’on rajoute à cela la « publicité » faite à l’institution FIA par l’étalage de la scabreuse vie privée de son Président dans tous les médias du monde, il y a un an, on comprendra aisément que la nouvelle ère qui s’ouvre aujourd’hui ne peut qu’annoncer des jours meilleurs.

Quatre mois jour pour jour, nous séparent aujourd’hui des élections générales de la FIA,  qui verront la mise en place d’une nouvelle équipe dirigeante complète.

Formons le vœu qu’après ces années sombres, la FIA sache mettre à sa tête les hommes dont l’intégrité et la compétence sauront redorer son image

Gilles Gaignault

Photo : Olivier Thibaud – Bernard Asset – Philippe Janot

La FIA bientot débarassée de son Président…

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