24 Heures du Mans : Olivier Quesnel raconte la victoire des Peugeot

 

Epatant Olivier Quesnel !

L’homme ‘’ providentiel ‘’ qui a mené les 908  à la victoire au Mans.

Appelé à la rescousse au cours de l ‘hiver dernier après l’inquiétante débâcle de la campagne 2008

Défaites successives aux 24 Heures du Mans et au Championnat LMS sans parler à un degré moindre des 12 Heures de Sebring en tout début de saison, Olivier Quesnel est arrivé à la barre, avec ses méthodes et aussi et surtout sa parfaite connaissance du milieu de la course.

Un monde qu’il fréquente depuis plus de trente ans!

Son arrivée alors qu’il venait de décrocher avec Sébastien Loeb et l’équipe Citroën Sport un cinquième et nouveau titre mondial en Championnat du Monde des Rallyes WRC  a été un véritable ‘’ ballon d’oxygène ‘’ pour les hommes du Team Peugeot sport.

Même pour les pilotes, heureux d’apprendre sa venue. Certains nous déclarant :

«  Comment ne pas  apprécier l’arrivée d’un patron qui a l’habitude de gagner tous les dimanches »

Propos tenus en référence aux succès accumulés avec le Team Citroën Sport et le tandem Loeb-Elena !

Il faut dire qu’Olivier appelé à succéder à Guy Fréquelin, parti en retraite n’avait pourtant pas la tache facile au début de la saison 2008. D’une part, il lui fallait reprendre en main une équipe habitué à être dirigé et managé par un homme ancien pilote de talent – il fut Vice champion du Monde des Rallyes en 1981- et très apprécié des siens !

Et, d’autre part, établir une complicité avec la paire Loeb –Elena…

Sans oublier qu’il lui fallait aussi et avant tout battre la redoutable équipe Ford et ses deux pilote talentueux, les Finlandais Hirvonen et Latvala…

Olivier Quesnel étant parvenu à diriger un clan qu’il a de main de maitre ‘’ managé ‘’ et à nouveau mené aux titres mondiaux ( pilote et constricteur), les dirigeants du groupe PSA Peugeot-Citroën ont donc décidés de faire appel à ses services pour tenter de mener à son tour l’écurie Peugeot et les lionnes de 908 à la victoire aux 24 Heures du Mans.

L’ancien bras droit de l’éditeur Michel Hommell, brillant patron du groupe de presse éponyme (Auto Hebdo – Echappement – Auto modélisme – Nitro) a très rapidement pris ses marques à Velizy, passant de son bureau Citroën à son second bureau Peugeot, les deux étant situés rigoureusement sur le même site dans les Yvelines au sud de Versailles.

Son arrivée a en tout cas eu pour effet de motiver et galvaniser la totalité des membres de Peugeot sport

Afin de bien préparer ce que la Maison Peugeot nommait depuis deux ans ‘’ Le défi Le Mans ‘’, le père Quesnel a tout réorganisé et planifié des simulations de 24 Heures, en veux tu, en voila sur le circuit provençal HTTT Paul Ricard.

Mois après mois, semaine après semaine, Olivier a en coulisses et à huit clos préparé la démonstration mancelle ou les Lionnes de Peugeot n’ont laissées que des miettes à un adversaire compétemment dominé, surclassé et qui n’a jamais, JAMAIS  été en mesure d’empêcher l’outrageante et complètement inattendue domination des 908.

Arrachée à minuit moins dix le jeudi soir  la pole avec le déja ancien double poleman, Stephane Sarrazin, fut déjà en soi un petit exploit !

Lequel était annonciateur de la raclée et de la fessée administrée aux Audi R15…

Trois jours après ce fabuleux triomphe, Olivier Quesnel, fait le point sur sa campagne sarthoise :
 
Depuis dimanche 15 Heures et l’arrivée triomphale des trois lionnes, Olivier Quesnel ne boude pas son plaisir.

Au lever du jour alors que l’Audi numéro 1, la seule rescapée pour tenter de barrer la route aux 908, Olivier a pris une décision difficile pour verrouiller le doublé des Peugeot. Il, a imposé et figé les positions. La 9 devant… la 8 !

Car au fond, peu importait le numéro de l’équipage victorieux. L’important c’était d’assurer la victoire d’une Peugeot , sans s’entre déchirer entre lionnes.

Serge Saulnier, le Team manager étant chargé d’annoncer la décision aux pilotes. Lesquels comprirent parfaitement ce choix et les instructions qui en découlaient tout naturellement.

On imagine l’amertume et la déception des trois pilotes de la 8, le trio composé qui plus est de trois Français et aussi et surtout d’un sarthois, l’enfant du pays,  Sébastien Bourdais

Qu’importe, il fallait assurer et ne rien faire qui puisse entraver la route vers l  plus haute marche du podium

A l’arrivée, Olivier Quesnel, toujours plutôt calme et réservé ne cachait pourtant pas pour une fois l’immense bonheur qui l’animait lui qui d’ordinaire est plutot réservé et introverti et aussi la satisfaction du travail bien fait. 

Mais il lui a fallu attendre plusieurs heures et deux jours pour tenter d’expliquer ce qu’il ressentait :

«  Je me rends compte qu’on a fait un truc incroyable ! On a gagné la plus grande course du monde. Honnêtement, je n’avais pas bien réalisé et je suis en train de prendre conscience de tout ce qu’on a fait. Voir tous les collaborateurs de Peugeot aussi fiers, c’est extraordinaire. On a réalisé un magnifique exploit. »

Mais quand situe t’il le tournant de la course et le moment ou il a pensé que la victoire se profilait et ne pouvait plus échapper à Peugeot ?

«  Pour être franc, à quinze heures moins une. J’ai vécu bien trop de galères, j’ai perdu des rallyes pour… 400 mètres. Je suis trop conscient de ce qu’est le sport automobile  et de ses aléas, pour m’enthousiasmer avant l’heure. »

A quoi, attribue-t-il en priorité la démonstration des 908 ?
 
«  Je pense que cette année, nous disposions d’une équipe mieux structurée, mieux organisée. Avec une meilleure stratégie, de meilleurs ravitaillements, de meilleurs équipages et la meilleure voiture. Finalement, on a  tout simplement été meilleurs en tout ! »

A Spa, Nicolas Minassian nous avait déclaré en redescendant du podium :

«  Tout ce que fait Olivier c’est de l’or en barre  »

« Heu, oui. Mais je suis entouré par une équipe. Je ne suis qu’un des maillons de la chaine et c’est grâce à mes hommes qui sont tous motivés et extraordinaires que nous parvenons à offrir tous ces résultats au Groupe PSA. »

A l’arrivée, c’est finalement la 908 flanquée du numéro 9 qui l’emporte avec l’équipage des " guerriers » .

« Il y a plusieurs façons d’appréhender Le Mans. On avait trois équipages différents. On avait un équipage Français très rapide au volant de la numéro 8 et composé du trio Bourdais, Montagny, Sarrazin. Je l’avais nommé ‘’Les sprinters ‘’ Cet équipage était parti pour ce qui correspondait à sa philosophie, c’est-à-dire à l’assaut. Vingt-quatre heures c’est très long, mais ça pouvait franchement parfaitement bien passer sur ce schéma là. Malheureusement, une Porsche – celle de Patrick Pillet à Mulsanne – a envoyé Sébastien Bourdais faire un pas de danse et on perdu un quart d’heure au stand. Et comme au Mans on n’a plus les moyens de perdre du temps, ça l’a condamné. La troisième, la numéro 7, celle des " routiers-sprinters " avec Klein, Lamy, Minassian, n’a hélas pas eu le temps de démontrer quoi que ce soit car cette voiture a eu cet accident totalement idiot et stupide dans le stand avec la Peugeot Pescarolo. Quand on a eu ces deux tours d’avance sur Audi numéro.1 de Capello, Kristensen, McNish, c’est la numéro 9 qui était en tête. Je sais que ce n’est pas très glamour, mais je sais prendre des décisions, et à partir de là il n’y a pas eu de bagarre entre les Peugeot. C’est ce qui fait que nous en sommes là aujourd’hui. Dès cet instant, on a tout géré. Seule la victoire comptait pour Peugeot. »

Olivier Quesnel avait été embauché et recruté pour vaincre au Mans

Il l’a fait.

Et comme il le dit, peu importe avec quelle voiture et quel équipage.

Une seule chose comptait : Remporter les 24 Heures du Mans.

Il l’a fait

On ne peut que le féliciter

Mais qu’il nous soit permis que c’est dans la campagne varoise sur le plateau du Castellet lors de ces multiples 24 Heuresparfois 30 – de simulation qu’Olivier et l’équipe Peugeot ont merveilleusement préparés leur triomphe !

‘’ La réussite c’est le prix de l’effort ‘’ a-t-on coutume de dire…

Eh bien la, les efforts ont vachement bien été récompensés…

Gilles Gaignault

Photos: Gilles Vitry – Patrick Martinoli – Philippe Janot

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