24 Heures du Mans : Patrice Goueslard ne cache pas sa colère

 

Mardi 9 juin, Patrice Goueslard au pesage de ces 77 éme 24 Heures du Mans affichait une mine réjouie. Pour sa 15ème participation à la célèbre épreuve mancelle, Patrice Goueslard affichait de grands espoirs et notamment celui de finir sur le podium.

Disposant de la Corvette, numéro 72 du Team LAA (Luc Alphand Aventures), celle –la même qu’il conduit dans les épreuves du Championnat LMS avec deux solides équipiers, deux pilotes très expérimentés et habitués du circuit Sarthois, Luc Alphand et Stéphane Grégoire, le caennais était impatient d’en découdre, Place des Jacobins.

…. Malheureusement pour lui, quatre jours plus tard, l’inconscience et la bêtise de Darren Turner, le pilote de l’une des trois Aston Martin, la numéro 008, l’envoyait valdinguer dans le décor et heurter le rail de front à très haute vitesse..

Heureusement bien que groggy par la violence du choc et après avoir vu trente six chandelles, Patrice parvenait très vite et seul à s’extirper du cockpit de sa belle américaine, hélas meurtrie, lui interdisant âpres une rapide inspection, de poursuivre la course.

Revenu à son stand, l’infortuné Goueslard racontait alors cette stupide sortie de piste et sa mésaventure au  patron de l’équipe LAA, Philippe Poincloux.

Rapidement, la vidéo  interne vde l’ACO remontrait les images de l’accrochage ou il était évident que le pilote Anglais du gros prototype avait proprement ‘’ viré ‘’ la petite GT1, façon ‘’ Pousses –toi de la ‘’ !

Devant de telles images, le directeur de course Daniel Poissenot  et son collège des commissaires sportifs, infligeaient alors quatre minutes de pénalité au pilote incriminé, moteur coupé et arrêté au pied de la tour de la direction de course !

Certes c’était reconnaitre la grave faut commise mais bien peu de chose en regard de la facture pour remettre la Corvette en état !!!

Un peu plus tôt, ces mêmes responsables sportifs avaient déjà du sévir et déjà avec l’un des pilotes du Team officiel Aston Martin !

Stuart Hall, ayant été lui exclu de la course pour un incident équivalent, Hall ayant aux yeux de tous et devant les caméras, proprement jeté la Radical à l’entrée de la piste de décélération…

Décidemment, les pilotes de David Richards, tous deux britanniques se comportaient comme de véritables voyous en piste et non comme les Gentlemen que sont sensés être les sujets de sa Gracieuse Majesté !!

En cette après midi et soirée mancelle on était bien loin…

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Après avoir récupéré de ses émotions, Patrice Goueslard, nous racontait le début de course de la 72 et bien sur le malheureux accident :
 

« Dans ce type d’accrochage, il y a toujours deux versions des choses. Mais les faits, les rapports, la sanction et surtout la vidéo sont là pour démontrer et prouver les responsabilités. Lorsque j’ai rejoint les commissaires en bord de piste après l’accident, le chef  de poste des commissaires m’a  alors demandé si je souhaitais être transporté à l’hôpital. Puis il a ajouté rédiger un rapport au Directeur de Course détaillant l’incident. Que j’avais été heurté et sorti par un prototype mais qu’il n’avait pas pu identifier son numéro de course puisque la Corvette masquait le proto vu de son poste La vidéo a  très vite ensuite montré qu’il s’agissait d’une des Lola-Aston Martin ».

Et Patrice de poursuivre :

« Après visionnage de la vidéo interne du circuit et  la réunion du Collège des Commissaires, Darren Turner s’est vu infligé un stop and go de 4 minutes pour conduite dangereuse. Une vidéo amateur montre que je prends mon virage normalement. J’en profite pour préciser que les commissaires ne m’avaient pas présentés de drapeau bleu. C’est alors qu’en plein milieu du virage du Tertre Rouge,  l’Aston Martin me tape violemment et m’éjecte violemment hors de la piste.   ».

En tout cas pour les observateurs, un pilote expérimenté et avisé ne double jamais à cet endroit se contentant d’attendre 100 mètres et l’attaque  de la ligne droite des Hunaudières !

 
Ce que confirme Patrice, l’un de trois pilotes les plus fidèles au départ cette année des 24 Heures avec ses quinze participations
 
 « J’ai très sincèrement et très franchement l’intime conviction d’avoir piloté correctement et d’avoir parfaitement respecté la ligne de course. Et j‘aimerais préciser que ni les pilotes des Audi, ni ceux des Peugeot pourtant en pleine bagarre ne sont venus nous dépasser à cet endroit du circuit car 50 mètres après ce virage du Tertre Rouge, il y a  les 7 km de  la longue ligne droite des Hunaudières. A cet  endroit, on ne double pas. Ce n’est pas comme si un proto rattrapait une GT au début des virages Porsche et que son pilote soit obligé de rester derrière jusqu’après le Virage du Karting. »

Revenue très rapidement dans les ateliers de l’équipe située au cœur du circuit dans le Technoparc des 24 Heures, la Corvette abimée, très vite le verdict tombait : Le châssis est totalement détruit

Philippe Poincloux s’organisait pour l’expédier au plus vite aux USA  et le faire réparer sur le marbre chez Pratt&Miller. C’est le châssis habituellement engagé en Le Mans Séries. Pour le FIA-GTla semaine prochaine à Oschersleben en Allemagne – et le FFSA-GT, il y a la seconde Corvette.

Et l’ami Poincloux de nous détailler la suite du programme du Team, bien gêné par l’indisponibilité du châssis 72 :

« Le problème qui se pose est de nous présenter à Portimao le 1er août en Le Mans Séries avec notre voiture habituelle réparée. Il y aurait aussi la possibilité de prendre l’autre châssis mais cette troisième manche portugaise de la série LMS se déroule une semaine seulement après les 24 Heures de Spa  ou nous souhaitions en fait y inscrire nos deux autos. Hélas cela ne sera plus possible »

Patrice Goueslard avant de retrouver sa femme Anne Lise et ses proches, nous résumait le beau début de course de la Corvette 72 :
 
 
 «  Tout se déroulait parfaitement bien. Luc a pris un bon départ et a été prudent en doublant l’Aston Martin DBR9 Jetalliance. Lorsque j’ai récupéré le volant avec les pneus durs, nous avons pu faire deux relais avec ces gommes Dunlop. Les temps étaient corrects et l’écart avec la n°73 était stable. Au fur et à mesure des arrêts, nous étions un coup devant, un coup derrière, mais l’écart au cours des sept premières heures de course n’a jamais dépassé la minute. Nous gérions bien notre course. Certes, nous avions perdu une trentaine de secondes lors de l’entrée en piste de la première voiture de sécurité mais ce n’était pas franchement dramatique. »

Au vu de la belle course de la voiture sœur, la 73 du trio Clairay- Jousse-Maassen qui termine sur la seconde marche du podium en GT1 et quinzième au général, on ne peut que regretter la bévue commise par Turner. Car sinon les deux Corvette du Team LAA pouvaient toutes les deux se retrouver sur le podium !

Quel dommage que l’inconscience d’un pilote suicidaire ait ruiné ce qui aurait été un petit exploit…

Gilles Gaignault

Photos : Gilles Vitry – Patrick Martinoli – Infoscourse

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