12 Heures de Spa : En un tour d’horloge, tout peut arriver !

 

Avec dix Silhouettes de la classe S1, cinq S2, autant de berlines engagées en T3 et une invitée-vedette, la Holden (venue de loin, de la lointaine Ausqtralie) en T4, on dénombre une vingtaine de voitures candidates aux places d’honneur :

Pas de doute, la cuvée 2009 des 12 Heures de Spa s’annonce exceptionnelle et les plus fins pronostiqueurs n’ont toujours pas arrêté leur choix. C’est qu’il peut se passer des choses, en un tour d’horloge…

Sur le papier, deux Teams font cependant figure de grandissimes favoris. Tenant du titre, le Delahaye Racing maîtrise parfaitement son sujet : sa Renault Mégane est fiable, équilibrée, rapide – elle le sera encore plus grâce à la nouvelle carrosserie – et confiée à un trio de pilotes chevronnés : Bouvy-Kelders-Ickx. Trois pilotes aussi performants qu’expérimenté. Pour gagner les 12 Heures, il faudra… battre cette Renault qui n’a jamais par le passé déçu ses partisans.

Si une voiture peut précéder la Mégane à la régulière, c’est bien la BMW n°3 du KS Motorsport qui court après la consécration dans l’épreuve-vérité des BTCS. Puissante, véloce, la M3 Silhouette sera menée par un équipage ultra-motivé. C’est peu dire en effet que Steve Vanbellingen rêve d’inscrire les 12 Heures à son palmarès et ses équipiers Ruben Maes et Marnix Vandermaesen partagent la même ambition.

Un tout petit cran derrière, les challengers sont d’autant plus nombreux qu’on peut aussi accorder ce statut à des formations disposant d’un matériel a priori moins affûté mais prêtes à profiter de ces opportunités uniques qu’offrent parfois les épreuves d’endurance. Faut-il rappeler qu’en 2008, la BMW 120d du DB Motorsport a occupé la tête de la course durant quelques minutes avant de finir 4e tandis que deux Touring Cup ont terminé sur le podium ? Tout peut donc arriver.

Gare aux Touring Cup !

En tête de liste – c’est de bon ton, la veille des élections – on pointera les KIA Pro Cee’d de Wauters-Wauters-Vanthoor et Stéveny-Dockerill, la Jaguar X-Type de Thiry-SmitsCleynhens-Verbist (équipée d’un V6 3 litres moins puissant mais plus fiable que le 3,2 litres), la seconde BMW de KS Motorsport menée par Redant-Moonens-Muytjens, la Mazda RX8 de Lémeret-Dermont-Lambotte (ce dernier, issu de la Clio Cup, débutant au volant d’une Silhouette) et l’Audi A4 dont les pilotes habituels Nicolas De Crem et Julien Schroyen recevront le précieux renfort de Marc Goossens, une référence indiscutable dans le monde de l’endurance.

Dans cette explication, on se réjouit de pouvoir situer la Holden Commodore V8 des Australiens Rose-Leemhuis-Alford. Un point de comparaison existe : cette superbe auto engagée ici en T4 a disputé les 24 Heures de Dubaï et elle y tournait dans des chronos proches de ceux de la Jaguar X-Type du Team MI. Voilà qui suffit à placer la Holden dans le peloton des prétendantes aux places d’honneur où elle côtoie la seconde Jaguar confiée à Franchi-Vannerum-Warroquiers-Turco, la Renault Mégane Trophy (ancienne carrosserie, celle-là) des Hollandais Schothorst-Schothorst-Beelen-Vosis , et les Touring Cup dont les fers de lance rêvent de créer la surprise.

On le répète depuis le début de saison, le niveau général de la classe S2 est particulièrement relevé et les 12 Heures confirment la tendance ; bien malin en tout cas qui pourrait avancer un pronostic solide dans l’explication que se livreront Schmetz-Gomez-Gomez, Servais-Fontaine-Reymond, Latinne-Radermecker-Dussoliet et Fumal-Soulet-Pulinx, tous capables de soutenir un tempo très élevé qui pourrait les mener haut dans la hiérarchie absolue. Rappelons les 2e et 3e places des Touring Cup en 2008, un indice qui ne trompe pas…

La F1 et le WTCC débarquent en BTCS…

De ce point de vue, on suivra les deux autres équipages engagés en S2 (Richard-Viron-Bordet sur la cinquième Touring Cup et Maillet-De Keijser-De Keijser qui piloteront le Roadster S) mais aussi les ténors d’une classe T3 particulièrement ouverte.

Ce n’est pas tous les jours qu’une épreuve belge accueille un véritable Champion du Monde de F1 et une des valeurs sûres du WTCC. La présence de Jacques Villeneuve et de Jordi Gene aux côtés de Pierre-Yves Corthals sur la SEAT Leon n°38 devra donc « se déguster sans modération » comme dit la pub.

Les trois hommes n’ont nullement l’intention de faire de la figuration : disposant d’une Leon « évolution » équipée notamment d’une nouvelle boîte séquentielle, ils briguent clairement la victoire en T3 mais surtout un résultat flatteur au classement général. Quelle portée accorder au qualificatif « flatteur » dans ce cas précis ? Un  ‘’Top 6 ’’ sans doute, voire mieux encore si la météo souvent capricieuse à Francorchamps vient compliquer la tâche des concurrents.

Adversaires en WTCC, SEAT et BMW croiseront également le fer lors des 12 Heures. Outre la voiture officielle, le constructeur espagnol comptera sur quatre autres Leon (dont celle du team Denospi confiée à Rosoux-Geoffroy-Chouvel) tandis que le pavillon bavarois sera notamment défendu par la M3 de Qvick-Jonckheere-Merendino et la 120d aussi régulière que peu gourmande, alignée par le DB Motorsport pour Den Boer-Rijnbeek.

On le voit, la bataille s’annonce indécise à tous les niveaux ; c’est vrai aussi dans les deux petites classes. En 2 litres, une escadrille de onze Renault Clio s’attaquera à l’Alfa Romeo 156 souveraine depuis le début de saison, et ce match sera arbitré par trois Honda Civic dont une toute nouvelle R3 en début de développement.

Le Japon sera à l’honneur en 1600cc puisque deux Mitsubishi Colt RS affronteront une Toyota Yaris. Un zeste d’exotisme supplémentaire sera amené par les six pilotes australiens qui se relayeront au volant des Colt et trouveront sur leur route un tandem Beulen-Van de Wauwer.

Tout ce beau monde prendra la piste dès ce jeudi pour les essais libres avant d’affronter le chrono vendredi lors de deux sessions qualificatives de 75 puis 90 minutes. Une précision importante : le temps pivot durant ces qualifications sera descendu à 2’27 mais il restera fixé à 2’30 pour la course dont le départ sera donné samedi à 15h00. Et l’arrivée au … Cœur de la nuit à 3 Heures du mat ! Après ce tour d’horloge.

Et là, les jeux s’annoncent très ouverts…
Gilles Gaignault
Photos : PRC

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