Indycar : Stefan Grégoire raconte la folle semaine des 500 Miles à Indianapolis

 

Le mois de mai est traditionnellement aux USA en sport automobile, celui réservé aux prestigieuses 500 Miles !

Les 500 Miles à Indianapolis, c’est l’épreuve-phare du calendrier, ‘’ l’événement ‘’ de l’année  et pour les 33 pilotes invités – après s’être qualifiés  parfois dans la douleur– LA course qu’il faut gagner. Celle qui vous fera rentrer dans la légende et fera aussi de vous un  homme richissime car une véritable P’tite fortune attend l’heureux lauréat de cette épreuve Reine !

Richement dotée

Chaque année de très nombreux pilotes étrangers se lancent à la chasse des 500 Miles. Et souvent gagnent cette course de légende.

Ce fut encore le cas en 2008 ou la victoire est revenue au Néo-zélandais, Scott Dixon. Et ce dimanche la première ligne sera composée de trois ‘’ étrangers ‘’ :

Le poleman, le Brésilien Hélio Castroneves, son dauphin et néanmoins équipier, l’Australien, Ryan Briscoe cependant que la troisième place sera occupée par l’Ecossais Dario Franchitti !

Sur les 33 pilotes en piste, vingt sont de nationalité étrangère, seuls treize pilotes Américains étant parvenus à se qualifier.

Sept fois en piste sur le réputé ovale de l’ Indiana, le Français Stephan Grégoire qui n’a pas cherché de volant cette année et rencontré cette semaine sur le circuit… bourguignon de Dijon Prenois ou il découvrait la Corvette du Team LAA (Luc Alphand Aventures) avec laquelle il va participer les 13 et 14 juin prochain aux non moins prestigieuses 24 Heures du Mans, nous a raconté ce que sont les 500 Miles.

Et notamment la dernière semaine. La ‘’ folle ‘’ semaine des 500 Miles.

On le sait, on l’a déjà dit, les qualifications se déroulent en trois vagues. La première est destinée à retenir les onze meilleurs temps. La seconde qualifie les pilotes de la douzième à la vingt deuxième place. Et la dernière qui se déroule sur le dernier week-end précédant la course retient les onze pilotes de la vingt troisième à la trente troisième place. Cette ultime journée dénommée ‘’Bump Day ‘’ est terrible à vivre pour tous ceux qui n’ont pas eu encore la chance de s’assurer une place sur la grille.

Lundi dernier, les 33  « heureux élus »  comme chaque année  se sont rendus tous ensemble en avion à … New York à la rencontre des média. C’est le grand show médiatique des 500 Miles. Une journée intense en émotions avec tous les représentants de la presse Américaine.

Retour le soir à Indianapolis. Toute la semaine, chaque jour est ainsi réservé à différente actions de communication et de rencontre diverses.

Retour aux choses sérieuses le vendredi avec le  «  carburation Day  ». La tradition veut que les voitures qualifiées effectuent un ultime galop d’essai pendant une heure sur le célèbre ovale déjà fort bien garni, plusieurs dizaines de milliers de fans assistent annuellement à ce ‘’ carb day ‘’

Les très nombreux spectateurs ont ensuite droit au  «  pit contest challenge », un concours qui permet aux équipes de mécaniciens de se battre pour la séance de ravitaillement la plus rapide . En fin de journée se déroule, la « Last Row Party », une réception donnée par le syndicat des reporters qui met en valeur – une fois n’est pas coutume aux USA –  les qualifiés de la … dernière ligne, à savoir pour cette année : La Vénézuelienne, Milka Duno  – le Français, Nelson Philippe et le pourtant chevronné Américain, Ryan Hunter-Reay.

Au menu des festivités, une ambiance bonne enfant ou les pilotes sont toujours très accessibles, des enchères d’objets automobiles, le tout présenté très humoristiquement par Bob Jenkins, l’ancien commentateur officiel du Speedway d’ Indy.

Hier samedi, c’était la journée réservée à ‘’ la grande parade ‘’ !

Plus de… 300.000  fans agglutinés au centre ville d’ Indianapolis ,pour encourager les 33 pilotes. Lesquels sont assis dans de somptueuses Corvette  qui empruntent un parcours d’une dizaine de kilomètres qui va durer une bonne heure.  Les voitures défilant dans Illinois Boulevard jusqu’à Meridian Street.  Les pilotes répondent aux nombreuses sollicitations de la foule dans une ambiance typiquement Américaine, très bon enfant. De très nombreuses célébrités du Show Business sont également là.

Auparavant en fin de matinée, la journée de ce samedi a débuté d’abord par le briefing public sur la ligne droite des stands au circuit. Une tribune y est installée ou sont assis les 33 participants. Le briefing se déroule en public devant des milliers de fans qui écoutent attentivement les consignes donnés aux concurrents.

Ce dimanche c’est ‘’ le grand jour ‘’

Jour ce course à Indianapolis !

Une journée pleine de traditions avec toutes es festivités d’avant- course :

La présentation des pilotes, le lâcher de ballons, l’hymne national, le ‘’ back home again in Indiana  », chanson chantée a capella par Jim Nabors., reprise en chœur par la foule des 300.000 spectateurs qui garnissent les immenses tribunes, le survol du circuit par les avions de chasse !

Mais la question essentielle reste : Qui boira du lait ?

Car à Indianapolis, le vainqueur ne sable pas le Champagne… A Indy, le lauréat des 500 Miles, doit boire selon la tradition du … lait ! Une gorgée du lait local.

 

Ironie de l’histoire, c’est le Brésilien Emerson Fittipaldi (l’homme qui avait fait scandale en 1993 en buvant à l’arrivée, du jus d’orange – brésilien bien sur – à la place du lait) qui conduira le «  pace car  pour le départ lancé de la course !!!

Stéphan qui vit dans les faubourgs d’ Indianapolis, à Carmel se souvient :

«  Je me levais relativement tôt à… 5 H ! Et ce afin d’arriver au circuit au plus tard à 6h30. Car ensuite c’est la panique ! De la folie. Suivant les années il y a en effet entre 300 .000 et parfois jusqu’à 400.000 fans. Un trafic  incroyable. Tu te demandes d’ailleurs parfois comment toute cette foule parvient à arriver jusqu’au circuit. 
Ensuite tu te relaxes, tu  tentes de te décontracter car une sorte d’angoisse te saisit . Rouler à Indy, c’est franchement impressionnant ! Tous les pilotes ressentent ce stress d’avant course!

Peu avant 11 heures, nous sommes tous réunis dans une salle située sous Victory Lane . Les monoplaces sont déjà alignées sur la grille depuis plus d’une heure.
Trente minutes avant le départ, un à un, nous sommes appelés en commençant par ceux de la onzième et dernière ligne. Tu sors un par un et tu rejoins alors le bryckyard pour faire la photo du groupe.
Ensuite, tu te diriges sous les acclamations du public qui gronde de joie dans un brouhaha infernal et absolument dément. Il faut avoir vécu cette folle ambiance au moins une fois dans sa vie, y compris pour les fans.

Puis Mari George lance alors son habituelle :

‘’ Ladies and Gentlemen start your engines ‘’

Après un tour lancè, à onze heures – local time – ce sera parti pour une folle course qui durera un peu plus de trois heures trente.

La fin d’une semaine intense .

Et, Stephan de conclure :

«  C’est véritablement la course ou tu n’es pas maitre de ton destin. Tu balises. Dés le lever, tu ressens une incroyable montée d’adrénaline. C’est complètement dingue. Tu subis une folle pression et tu te sens impuissant. En fait la libération, la délivrance survient seulement lorsque tu franchis l’arrivée… »

Et le vosgien de nous lâcher :

« La et la seulement à cet instant tu te dis : j’ai vécu un événement tant  ette course est réellement un truc géant ! ‘

Le jeune espoir Français, Nelson Philippe qui a déjà connu le succès en Champcar lorsqu’il a remporté en 2006, l’épreuve de Surfers Paradise en Australie va avoir dans quelques heures, l’occasion de découvrir toutes ces émotions…

Gilles Gaignault
Photos : Olivier Michel – Indycar

Stephan en compagnie d’Olivier Michel au volant de la bi-place

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