Rallye de Tunisie : Despres et Lavieille sortent en vainqueurs du ‘’ Semi-Marathon ‘’

 

Première partie de l’étape marathon entre Derj et Oubari, cette spéciale de 563 km, la plus longue du rallye, a vu ce dimanche la victoire de Christian Lavieille sur son Proto Dessoude chez les autos et de Cyril Despres chez les motos.

Les leaders au classement général restent inchangés à l’issue de ce secteur chronométré intransigeant et exigeant.

L’Argentin Orlando Terranova devance désormais Christian Lavieille et Guerlain Chicherit, tandis que Marc Coma dispose toujours de plus de quatre minutes d’avance sur Cyril Despres.

En 450 cc, l ’Italien Luca Manca remporte l’étape du jour et prend la tête au général devant Bruno Da Costa alors qu’Olivier Pain perd plus d’une heure !

Première partie de l’étape marathon, cette journée s’achève ce dimanche soir à Oubari avec un bivouac sans assistance ! Les véhicules sont placés en Parc fermé et seuls les compétiteurs peuvent intervenir sur leurs machines et ravitailler en carburant.

La spéciale était redoutable, typiquement africaine et tellement rallye raid, mêlant franchissements et navigation avec notamment beaucoup de cordons de dunes dans la dernière partie. La moyenne fut relativement basse et les écarts se sont par contre bien creusés en tête, surtout sur quatre roues.

En moto, Cyril Despres grappille quatre petites minutes sur Marc Coma, qui en fin stratège n’a pas forcé pour ne pas avoir à …ouvrir la piste ce lundi matin à l’aube et se classe seulement troisième de l’étape du jour.

Le vainqueur du jour, Cyril Despres raconte :

« Je suis très heureux. J’ai pris les risques qu’il fallait quand il le fallait, et je suis revenu très vite sur Marc. Je suis content d’avoir refait la moitié de mon retard sur lui au général. C’était vraiment une superbe spéciale africaine, très longue et très intense. Cette journée est encourageante pour la suite du rallye. »

Pal Anders Ullevaseter qui talonne et suit de près le Français aujourd’hui en se classant deuxième à 2’30’’,  précise :

« J’ai enfin retrouvé les grands espaces et c’est cela que j’aime. Je suis vraiment très heureux de participer à ce rallye. »

Quant au leader Marc Coma, il conclut :

« Aujourd’hui, j’ai roulé beaucoup plus tranquillement, car j’avais une bonne avance au général. Je me suis efforcé de gérer la première partie de l’étape marathon au lieu de franchement attaquer. J’ai vraiment apprécié cette spéciale. »

Signalons en moto que Lopez et Casteu se retrouvent désormais à plus de 10 minutes.

Les pilotes de moto sont dans un ‘parc’ à part des autos et ne peuvent remettre en état qu’avec les pièces qu’ils ont emportées…
Pas question donc de mettre une roue dans un camion pour en changer et repartir avec un pneu neuf… David a donc dû gérer sa course et sa vitesse pour ne pas dégrader la gomme car demain, il reste 300 km à parcourir… 

La journée a été rude pour les motards et les chutes se sont multipliées. Ludovic Boinnard, équipier de David Casteu s’est brisé la jambe et fut évacué par hélicoptère. Le Polonais Jakub Przygonski, cinquième hier samedi au général, a quant à lui été trahi par la mécanique, cadre de moto cassé.

En 450 cc, Luca Manca prend la tête de la catégorie après avoir signé le meilleur temps du jour. La seconde partie de cette étape marathon s’annonce passionnante car à la plus longue spéciale du rallye succédera la plus « sablonneuse », mais peut-être aussi la plus belle…

Surprise dans la catégorie des autos avec la victoire inattendue mais Oh combien méritée de Christian Lavieille qui vient damer le pion aux  trois BMW ‘’ usine ‘’ sur un terrain certes plus favorable aujourd’hui à son Proto Dessoude. Malgré une crevaison et un « plantage » dans le sable, le pilote Varois remporte la spéciale devant une forte concurrence.

Il raconte :

« Je suis ravi, c’était une superbe spéciale. Nous nous sommes ensablés une seule fois, et surtout j’ai bénéficié de la grande expérience de mon coéquipier, Arnaud Debron, dans les dunes. Vu la longueur et la difficulté de cette spéciale, cette victoire d’étape est la plus belle de ma carrière, obtenue de plus face à une belle concurrence. »

Pascal Thomasse, second aujourd’hui réalise une très belle performance au volant de son buggy MD. Les trois BMW de Terranova, Chicherit et Novitskiy suivent mais le Russe pointe déjà à…  44 minutes et Jean-Louis Schlesser à plus de 56 minutes, lui.

L’Argentin qui conserve le leadership explique sa journée mouvementée :

 
« J’ai joué l’assistance rapide pour mes équipiers Novitskiy et Chicherit, qui ont connu quelques problèmes dans les dunes. Je suis très heureux de terminer l’étape avec quatre pneus intacts. »

Guerlain, de préciser :

« Ce fut une journée noire. D’abord trois crevaisons à l’arrière lors des trente premiers km. Ensuite, j’ai roulé sur des œufs, en « serrant les fesses ». Cela ne m’a pas empêché de me planter dans une cuvette. »

Et Jean Louis Schlesser d’ajouter :

« J’étais en tête dans le rapide, puis dans les dunes, je suis arrivé pile à l’endroit où Lavieille s’est planté. Je n’ai pas voulu forcer le passage, et je me suis planté à mon tour… Malheureusement, le vérin s’est bloqué, et nous avons perdu presque une heure. »

La journée a donc été terrible pour les pilotes chevronnés mais que dire des amateurs des passionné d’aventures ! De très nombreux concurrents resteront encore de longues heures prisonniers des dunes car à 18h30, douze voitures seulement avaient franchi la ligne d’arrivée. C’est dire la difficulté de la journée…

Parmi les « victimes » du jour… Nicolas Misslin a cassé la boîte de vitesses de son Mitsubishi  mais il a réparé pour pouvoir enfin rejoindre Oubari attardé, tout comme Eric Vigouroux, longuement arrêté au CP2 aux prises avec des problèmes mécaniques (problème de flexible d’huile et alternateur cassé), mais qui est finalement parvenu à se sortir du chrono.

Sur ce tracé très piègeux, le franchissement des dunes et surtout la réception des sauts a causé quelques soucis et en a surpris plus d’un.

Notamment, François Lethier (second hier du classement T2), François Borsotto, navigateur de Rodolphe Deveaux sur le second Mitsubishi MPR13 et Eric Leblanc, navigateur de Joseph Rosso sur le Nissan Pathfinder souffrant tous les trois de douleurs dorsales et pris en charge par les médecins du rallye.

A noter la belle performance du Tunisien Ludovic Leloup, qui seul à bord de son Toyota, se classe huitième de la spéciale.

Ce lundi, suite et fin de l’étape marathon pour rejoindre le bivouac de Brack après 308 km de spéciale. Une spéciale composée à 90% de sable et au cours de laquelle les navigateurs auront du travail pour trouver les six lacs  éparpillés dans cet océan… mais jaune !

Encore une bonne journée … à en baver  et au cours de laquelle il faudra jouer serrer et ménager sa machine avant de rejoindre enfin son équipe d’assistance. Pour certains ce sera une certaine forme de délivrance après ces deux jours à galérer dans les dunes…

Mais que de beaux paysages pour le plaisir des yeux dans ces superbes, majestueuses  et inoubliables dunes libyennes

Stéphane Clair, le patron de la course avait promis de l’inédit et du grandiose !  Il n’a pas bluffé… Parole tenue. Il a dit vrai. C’est sublime mais néanmoins  dur, dur, dur…

Gilles Gaignault

Photos : Alain Rossignol

Rallye Tunisie

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