Sito Pons gagne sur deux et quatre roues

Une foule espagnole en délire, un jeune champion, Marco Martinez, qui intéresse déjà les écuries de Formule 1, une victoire qui fera référence dans l’histoire des sports mécaniques, et une rencontre totalement inattendue avec un autre dieu de la piste, qui retrouve ses sensations pas si lointaines de vainqueur, au milieu des siens. Sito Pons, champion du monde 250 cc en 1988 et 1989, ayant reçu pour l’ensemble de sa carrière le prix « Prince des Asturies ». Un monstre sacré assiste à la naissance d’une star. On y était !

La scène est surréaliste et se passe à Barcelone, sur le Circuit de Catalunya, au nord de la ville, durant les World Series by Renault, véritables courses servant de pouponnière et d’antichambre pour la Formule 1. C’est de là que sont sortis Alonso, l’épreuve s’appelait alors World Series by Nissan, puis plus tard, sous sa dénomination actuelle, ont été révélés Kubica et Vettel. Aucune raison de parler moto, même si Barcelone a été pendant des années extraordinaires la capitale du tout terrain espagnol, avec les marques Bultaco, Montesa et Ossa qui ont tout raflé avec les meilleurs pilotes au monde. (Et ce n’est pas fini, d’autres marques espagnoles ont pris la relève !)

C’est la première course WSR de l’année, il y a 90 000 spectateurs (ces courses sont gratuites pour le public) et le pilote espagnol Marco Martinez gagne les deux manches du samedi et du dimanche, sous une pluie démentielle, c’est le genre de triomphe que le public Catalan ne manque pas. La presse se précipite sur le stand Pons Racing, où on l’imagine, l’ambiance est divine.

Et passe une tête connue. On met un peu de temps à percuter. Bien sûr ! Sito Pons est là, avec son frère qui dirige le team.

«  Sito, tu gagnes sur deux et quatre roues comme responsable de teams, tu n’avais pas besoin de ça, toi qui a tout gagné. Tu y arrives comment, tu dors encore un peu ? »

« C’est vrai qu’avec mon « Pepe world team » on a bien commencé l’année sur deux roues, puisque avec Barbera, on gagne au Qatar la première course de la saison de championnat du monde. Et aujourd’hui, le « Pons racing » ici, à Barcelone, gagne les World Series by Renault, la discipline des futurs pilotes de F1. En plus, sous la pluie, ce qui est un immense signe de talent, tu imagines que le motard que je suis apprécie encore plus une victoire comme ça. C’est dans mon pays, je n’allais pas rater ça, surtout avec un tel résultat. Maintenant, c’est sûr, c’est épuisant, je ne pourrai d’ailleurs pas suivre les monoplaces du team Pons Racing pendant toute la saison. Mais quand on a des victoires comme ça, on oublie tout, la fatigue et le reste. Quant au triomphe, on ne s’en lasse jamais. »

« Si ton poulain Martinez continue comme ça, la F1 va vraiment s’intéresser à lui. Et toi, la F1… »

« Pour l’instant, on s’occupe avec mon frère de deux teams très talentueux, dans la moto et la monoplace. Pas de projet dans la F1. Cela dit, ce qui doit se faire se fera… »

Immense éclat de rire de ce champion que personne n’a oublié. Et dans ces pays où foisonnent les talents et les budgets de sponsors passionnés, contrairement à d’autres (suivez mon regard) ou l’on abandonne les espoirs au bord du chemin, aucune phrase n’est jamais dite en l’air. C’est évidemment de l’ordre du fantasme. Mais …

Jean Louis Bernardelli 
Photos :  Pau Cubells et Javier García – SLP Media

WSR

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