Fermeture de l’usine de Clairoix : Continental n’a « pas trahi ses employés »

 

 

Nicolaï Setzer se dit

« conscient de la gravité du projet pour les employés et pour la région ».

La direction du groupe allemand se dit prête à soutenir financièrement les salariés de l’usine de Clairoix, dans l’ Oise.

Trahison. Du secrétaire d’État à l’Industrie Luc Chatel aux représentants syndicaux, chacun avait ce mot à la bouche la semaine dernière après l’annonce du projet de fermeture de l’usine Continental de Clairoix, dans l’Oise. Trahison car, en 2007, la direction de Continental et certains syndicats avaient signé un accord : les salariés avaient accepté un retour aux 40 heures contre la promesse de la pérennisation du site.

« Nous nous étions engagés à maintenir le volume de production de l’usine de Clairoix, soit 8,5 millions de pneus par an, tant que la demande augmentait », explique au Figaro, Nicolaï Setzer, directeur de la division pneus tourisme camionnette de Continental. Le retournement du marché, qui se traduit par une surcapacité de production de 15,6 millions de pneus en Europe pour Continental (pour une capacité totale de 80 à 90 millions), rend, selon lui, l’accord caduc.

« Nous avons tenu nos engagements, précise Nicolaï Setzer. Cent trente intérimaires ont été embauchés en 2007 et nous avons investi 18 millions d’euros dans l’usine en 2007 et 2008. Si la fermeture du site avait été prévue de longue date, nous n’aurions rien fait de tout cela. Nous sommes des industriels responsables ! »

Les salariés de Clairoix ont été d’autant plus choqués par la décision que, une semaine avant l’annonce, les rumeurs de fermeture avaient été démenties par le directeur de l’usine. Nicolaï Setzer justifie cette attitude par la nécessité de respecter les procédures sociales françaises. Rien ne pouvait être dit tant que les partenaires sociaux n’avaient pas été formellement averti du projet. Or, lorsque les rumeurs se sont faites insistantes, l’usine était fermée pour cause de chômage partiel, d’où les démentis. Face aux menaces du gouvernement d’attaquer Continental en justice, Nicolaï Setzer martèle que son groupe a « respecté les procédures ».

Compensations financières

« Nous sommes prêts à faire un effort pour que les salariés perçoivent une indemnité conséquente. Nous assumerons nos responsabilités », ajoute Nicolaï Setzer qui se dit « conscient de la gravité du projet pour les employés et pour la région ».

Des pistes sont à l’étude pour la reconversion du site en pôle logistique, par exemple. Cependant, les espoirs de reclassement en interne sont minces au vu des prévisions de marché du groupe. À moyen terme, Continental ne s’attend à aucune amélioration. Au contraire, le groupe anticipe même une nouvelle dégradation. La fermeture de Clairoix n’est pas la seule réponse à la crise. Continental va fermer une usine de pneus pour poids lourds en Allemagne, la voilure a été réduite en Europe de l’Est et il a reporté sine die la construction d’une usine en Chine.

Avec pour objectif de « survivre à la crise ». Aucune division n’est épargnée : vendredi, la direction de Continental Automotiv annonçait étudier un plan de 200 départs volontaires sur trois sites en Midi-Pyrénées.

Ces décisions ont été prises « par le management de Continental et par lui seul », insiste Nicolaï Setzer. Les restructurations ne doivent donc rien au rachat de l’équipementier par un concurrent allemand, le groupe Schaeffler, dont la dette s’élève désormais à… 10 milliards d’euros.

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