Ronde de la Giraglia : Un éblouissant et chanceux Gache triomphe d’un Andruet malchanceux !

 

On s’attendait à une lutte opposant trois mousquetaires : Manzagol – Andruet – Comas .

Las, il n’en a rien été car le dernier cité, victorieux en octobre dernier du Tour de Corse Historique a finalement déclarer forfait !

Mais Comas absent, on a finalement assisté à une formidable bagarre à … quatre !

Manzagol et Andruet, bataillant avec Philippe Gache et Eric Chantriaux.

Dés la première des quatre spéciales au menu de la première étape samedi, Macinaggio-Ersa (9,8km) et disputée sus un beau soleil, le ton était donné !

C’est en effet l’inattendue Talbot Sunbeam du copain de Jean Alesi, l’ami Philippe Gache qui sortait vainqueur. Le patron de l’équipe SMG l’emportant en 6’38’’ et précédant dans l’ordre : Andruet et sa Porsche  aux couleurs de TCM-Ferralu de  1’’3, Manzagol de 9’’ 7 et Chantriaux de 10’’7. Ensuite, on pointait Moriere à 20’’1.

Dans la suivante, Morsiglia-Col de Sainte Lucie (22,7 km), c’est l’Alpine Renault de Jean Pierre Manzagol qui se montre la plus rapide en 17’49. Suivent, Andruet à 1’’3, Philippe Gache et sa Talbot Sunbeam à 6’’4 et Chantriaux sur la Lotus à 7’’9. Derrière, la bande des ‘’ 4 ‘’, arrive la Talbot Lotus d’Henri Depons à 26’’3.

A ce moment-là, avant la seconde boucle disputée à la nuit tombante, les positions étaient les suivantes au classement général provisoire. En tête, Andruet suivi à 3’’8 de Gache, à 7’’1 de Manzagol, à 16’’ de Chantriaux et à 47’’5 de Depons. Cela promettait !

Lors du second passage entre ‘’ chien et loup ‘’ dans Macinaggio- Ersa, le père Jean Claude Andruet, en pleine confiance reprend le pouvoir, bouclant les 9,8 km en 6’’48. Il relègue Philippe Gache à 2’’90, Manzagol, à 3’’40, Henri  Depons à 13’’40 et la Porsche 911 de Richard Doux, à 17’’70. Dominique Depons, le frère d’Henri se classe sixième au volant de sa BMW 323i, à 19’’30. José Micheli et sa 911 suivent à 23’’60, précédant Eric et Paul Chantriaux, seulement  huitièmes, à 27’’50

Alors que la nuit a déjà bien envahi le Cap Corse, les concurrents attaquent la quatrième et dernière spéciale de ce samedi, le second passage Morsiglia-Col de Sainte Lucie.

Déchaine, Jean Pierre Manzagol au volant de la célèbre berlinette Alpine ‘’ Rouge ‘’,  toujours préparée dans les ateliers de Doria, le fameux préparateur et concessionnaire Renault à Bastia, dirigé par Louis Galligani reprend les affaires en main ; Il ‘’ colle ‘’ de nuit, 7’’70 au père Andruet, 8’’60 à Chantriaux, 24’’50 à Gache,  27’’40 à Doux et 36’’80 au meilleur des deux frères Depons, Henri.

En regagnant le sublime  »P’tit port » de Macinaggio, les organisateurs Yves Loubet, José Andréani et Daniel Baldassari sont aux anges. Et Loubet, toujours aussi passionné de nous susurrer à l’oreille, à cause du boucan des moteurs qui résonnent dans la montagne Corse :

« T’as vu ce spectacle…Trop fort, hein ! »

Effectivement, en nous attablant chez Stéphane Franseschini (dont le grand-père courut de nombreux Tour de Corse) à La Vela d’Oro, face au parc fermé, installé à Macinaggio, il est temps de sortir notre calculette en ce samedi soir.

Et de découvrir le nom du leader. … Jean Claude Andruet. Il devance Manzagol de 2’’80, Gache de 23’’50 et Chantriaux de 44’’40. La bande des quatre est bien rentrée au port, sans incident.

Suivent, Henri Depons à 1’30’’00, son frère Dom à 1’46’’50, Doux à 1’56’’20, Rouveiroli (Opel Kadett) à 2’43’’10, Moriére (Porsche Carrera) à 2 ‘45’’10 et José Micheli (Porsche 911) qui complète le ‘’ Top 10 ‘’ et pointe lui à 3’35’’20.

Toujours fidéles aux rallyes l’inoubliable Gord…

Parmi les tètes connues, un peu en retrait, citons Louis Antonini qui a délaissé sa superbe 914 ‘’ orange fluo ‘’ pour une 911 et occupe la quatorzième place. Philippe Peauger lui aussi sur 911 se retrouve vingt-troisième. Edmond Simon (Opel Kadett) le suit. Quant à Philippe Vandromme qui a troqué son imposante et surpuissante mais bien encombrante Corvette sur ces routes de muletiers, au profit lui aussi d’une 911 préparée dans les ateliers SMG de Philippe Gache à Fréjus, lui il est trente et unième.

En régularité, le tandem Bernard Hostein-Bernard Vialar (Porsche 911) mène avec 36 points de pénalité. Ils devancent le duo André Mainier-Jean Baptiste Nicola (Porsche 911) et Alain Gallean- Claude Giorcelli (Opel Kadett GTE)

Notre excellent confrère de la revue Echappement, l’inusable et inoxydable Jean Claude Lamorlette, équipier de Laurent Ferrari sur une Fiat Abarth  850 TC sont ex-æquo à cette troisième place

Le port de Centuri sous la pluie. Passe la BMW de Francis Ramadier

Changement de décor, ce dimanche matin. Le timide soleil et la température estivale de la veille ont laissés places….  à l’humidité. Il pleut sur la Corse et dans la montagne, le brouillard fait son apparition !

Et c’est reparti pour la victoire finale.

Lors du premier passage  Macinaggio-Ersa, Philipe Gache se montre le plus rapide. Il couvre les 9,840 km en 6’31’’90. Manzagol concède 9’’90, Chantriaux 14’’70 et Jean Claude Andruet 16’’10.

La Talbot Sunbeam récidive dans Morsiglia-Cagnano, bouclant les 28,13 km en 18’26’’60. Andruet lâche 14’’90, Manzagol 23’’60. Quant à la Lotus d’Eric Chantriaux, elle n’est plus la, comme l’explique le patron de ‘’ Solution F’’ :

«  En sous bois, à 200 m de l’arrivée de la spéciale, cela glissait comme sur de la glace avec mes pneus pas adaptés. Depons m’a rattrapé, je l’ai laissé passer mais en me garant sur le bas coté, j’ai glissé sur de la mousse bien humide et j’ai hélas fini dan le talus. »

Alors que nous sommes au contrôle de Centuri, le mignon P’tit port du Cap Corse, lors de la seconde boucle Macinaggio-Ersa,  les temps tombent. Et l’annonce aussi de l’arrêt dans la spéciale de la berlinette de Jean Pierre Manzagol sur crevaison. Lequel abandonne hélas. Comme Chantriaux quelques minutes plus tôt !  Deux des premiers viennent subitement de renoncer…

Retour au parc fermé pour la Lotus de Paul et Eric Chantriaux

Décidemment intraitable et imbattable ce dimanche, Philippe Gache, poursuit sa domination lui et remporte sa troisième spéciale de la matinée ave 4’’80 d’avance sur Andruet maintenant seul en lice pour lui contester la victoire et qui ne lâche rien. Et pourtant comme il nous l’explique :

«  Depuis ce matin je ne dispose pas des pneumatiques adaptés car je n’ai pas mon assistance habituelle. Alors, je fais de mon mieux. Mais je prends des secondes. »

Et Jean Claude d’ajouter :

«  Pourtant tu sais bien que je ne suis pas un manche sous la pluie !»

Il l’a dit. Mais effectivement contrairement à ses dernières participations (Tour de Corse historique (2007-2008) et Giraglia (2008), son préparateur assisteur, Christophe Terriou est absent. Ceci explique un peu cela ! Et donc Jean Claude doit se débrouiller au fil des spéciales.
 
Finalement, la bagarre va s’arrêter la. Alors que la dernière spéciale vient d’être lancée. Laquelle va pourtant rapidement être stoppée puis finalement définitivement neutralisée !

En effet  un sérieux accident loin du rallye à Moriani entre Bastia et Porto Vecchio nécessite la présence du médecin du GRIMP, détaché sur la Giraglia. Ce dernier est récupéré par un hélicoptère. Mais sans le médecin de la course, plus question de prendre des risques. La direction de course décide d’en finir. Et la Giraglia va s’arrêter la, sur les positions établies après la spéciale précédente, la troisième de ce dimanche, la septième en tout..

Et c’est donc un incroyablement chanceux Philippe Gache qui l’emporte et s‘impose car  comme il nous le raconte, au moment de la neutralisation, il se trouvait en mauvaise posture, en situation de devoir probablement abandonner !!! :

«  Dans la huitième et ultime spéciale de la Gira, dans une épingle à Pino  j’ai donné un violent coup de frein. Cela cassé le tirant de pont.»

Immobilisée, la Talbot va très probablement s’arrêter la et laisser la victoire à la Porsche de Jean Claude Andruet.

C’est alors que cette dernière spéciale est annulée !!!

La course venait  à nouveau de changer de vainqueur, le classement étant établi à la fin de la septième spéciale.

Eric Chantriaux – Philippe Gache – Jean Claude Andruet

Au classement général final, c’est donc Philippe Gache navigué par Nicolas Rivière qui l’emporte avec 12’’30 d’avance sur Jean Claude Andruet associé à Guy Mizael le ‘’ Professeur et vigneron ‘’ de Ghizonacia. A leurs cotés sur le podium, Henri Depons et Michel Petit qui finissent avec leur Talbot Lotus à 2’54’’20.

En régularité, l’équipage des deux Bernard Hostein-Vialar l’emporte totalisant 48 points de pénalité. Suivent, Alain Gallean- Claude Giorcelli  avec 98 points et Andre Mainier-Jean Baptiste Nicola, qui en comptent 102.  Malade, Laurent Ferrari n’a pas pris le départ, laissant ‘’ Momo ‘’ Lamorlette nous raconter leur belle première journée.

A la remise des prix, présidée par Patrice Quilici le Maire de Macinaggio, Jean Claude Andruet en recevant sa Coupe de dauphin de l’épreuve, souriant déclarera :

« Je suis dans un milieu antipathique ils veulent tous gagner ! »

De son côté Philippe Gache, lui rendra un hommage appuyé :

« Taper Andruet en Corse, je rentre dans la légende ! »

Et de raconter sa Giraglia :

«  Je marchais fort mais si la dernière spéciale n’est pas arrêtée j’abandonne. Je disposais bien d’une sangle et avec l’aide des spectateurs je suis parvenu à effectuer une opération de fortune pour rejoindre le par fermé. Mais sans l’arrêt de la course je restais sur place. Je suis donc rentré doucement en liaison pour rallier le podium d’arrivée à Macinaggio. »

Et le lauréat de conclure :

«  Il y avait une chaude ambiance et un plateau de grande qualité. Je reviendrais sur l’an prochain »

Françoise Conconi, l’ancienne co-équipière de Michèle Mouton qui suivait la Gira avec nous, nous rappelait que c’était le troisième succès de Gache en Rallye, depuis ses débuts l’an dernier.

Philippe ayant triomphé sur la Porsche pilotée ici par le duo Philippe Vandromme – Frédéric Vivier, dans le Rallye des Hauts Pays Niçois (avec Conconi comme co équipière) et dans celui de Cannes Soleil déjà avec Nicolas Rivière.

Humble, Gache tenait à répété, non sans humour :

«  Ce dimanche, j’ai été sauvé par le médecin ! »

Allusion bien sur à son absence qui a eu pour effet de le sauver de l’abandon ! Et de lui offrir cette victoire à laquelle il ne croyait plus en fin de matinée…

La trés belle Lancia Beta de l’équipage Dransard – Di Scala

Dorénavant , tout en préparant la saison de Rallyes-raid de ses huit buggys SMG et la monstrueuse mais néanmoins sublime Chevrolet Corvette de Philippe Vandromme pour le Tour Auto, Philippe envisage de participer au Championnat de France des Rallyes sur terre. A commencer par le réputé Terres de Provence, début avril.

«  J’ai toujours eu moi le pistard un œil envieux vers les rallyes  »

Gilles Gaignault

Photos : Bruno Roucoules

L’Abarth du duo Ferrari-Lamorlette

Historique

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