Au salon Rétromobile : Un symbole ouvrier aux enchères

 

 

 

La sirène des usines Renault de Billancourt a été vendue samedi 7 janvier 2009 aux enchères au Salon Rétromobile de Paris.

 » La sirène du bâtiment C6 » , aura fonctionné de 1930 à 1992.

Le prix de ce symbole ouvrier : 12 650 euros !

La municipalité de Boulogne-Billancourt avait souhaité, lors d’une délibération du 29 janvier dernier, que la sirène puisse revenir à la commune aux fins d’être exposée en un lieu de mémoire qui reste à construire.

C’est le commissaire-priseur Bonhams qui était chargé de la vente de cet engin acoustique de 300 kilos et son pylône de 7 mètres.

Au sujet de « la Grande Renault », surnom de la sirène, le commissaire-priseur déclare:

« Elle sonna le début des grèves dit front populaire en 1936. C’est elle aussi qui annonçait de ses hurlements lugubres les hordes de bombardiers alliés venant déverser la destruction et la terreur durant l’hiver 42, et qui sauva ainsi de nombreux ouvriers et habitants du quartier. C’est elle qui .fit office de glas lors du décès de Pierre Lefaucheux en 1955, comme pour celui de Georges Besse en 1986 (président de Renault assassiné par Action directe). C’est elle également qui fit entendre sa voix lors des événements de Mai-68. C’est elle enfin qui sonna une ultime fois pour marquer l’arrêt définitif des chaînes et la tombée de la dernière Renault Super 5, en ce fatidique jour du 31 mars 1992.»

Marie-Hélène Vouette, conseillère municipale PS, a regretté le peu d’intérêt de Renault de participer à l’achat de ce morceau d’histoire de la marque au losange :

«  Le constructeur n’a pas fait d’efforts pour préserver des éléments de son patrimoine industriel,» a-t-elle estimé.

Cependant cette histoire ne fait pas l’unanimité car, à Boulogne, des doutes sont émis quant à l’authenticité historique de cette sirène.

En effet, » la sirène du bâtiment C6 » ne serait pas «la» sirène des usines, mais une sirène
parmi d’autres. Aussi, était-elle sous la responsabilité de la Sécurité civile et ne sonnait, autrefois que le premier jeudi de chaque mois.

Quant à la sirène la plus puissante, celle qui sonnait pour avertir des bombardements durant la Seconde Guerre, elle se serait trouvée sur le toit de l’hôtel de ville, avec des canons de DCA, se souviennent d’anciens Boulonnais…

Texte et photo : Olivier Thibaud

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