Les débuts d’une grande aventure industrielle : Berliet

Paul BERLIET (à droite) et Olivier THIBAUD (à gauche)

 Entretien avec Paul Berliet

 

La région Rhône-Alpes a vu naître sur son sol quelque 150 marques de camions et de voitures et, au même titre que la région parisienne, a été à l’origine de l’industrie automobile française et mondiale.

Au 21ème siècle, Lyon demeure la cité du poids lourd français.

Fils du grand industriel lyonnais Marius Berliet, Paul portera la marque éponyme haut et loin  : la production passera de 17 à 130 véhicules par jour et les effectifs de 7 000 à plus de 24 000 personnes avec 42% de l’activité à l’international.

En 1980, le nom et le sigle disparaissent au profit du losange Renault.


Automobile BERLIET 108 Type C2, 22 HP, carrossée en double

Au départ, deux objectifs:

– la sauvegarde et la valorisation du passé de l’automobile de la grande région lyonnaise;
– la sauvegarde et la valorisation de l’histoire du camion, car et bus de l’ensemble des marques françaises.

Entré dans sa 91ème année, et après 26 années passées à créer et à développer la Fondation Berliet, Paul Berliet a décidé, le 10 décembre 2008, de laisser la présidence à Philippe Brossette, petit fils de Marius Berliet qui a consacré 40 années de sa vie professionnelle au service du poids lourd.

" Mais attention, précise pour nous dans un entretien Paul Berliet, ce "passage de témoin" ne signifie ni prise de retraite, ni désintérêt pour l’œuvre accomplie et à accomplir!"

Et d’ajouter : "Je reste au service, comme je l’ai toujours fait, de l’industrie française et donc de son patrimoine."

Olivier THIBAUD – Mais rappelez-nous les débuts de votre père !

Paul BERLIET » Tout commence en 1894 lorsque mon père Marius construit son premier moteur alors que, canut il travaille à l’atelier de tissage paternel de la Croix-Rousse. »

OT Et la suite ?

PB » La suite est toute naturelle : un an plus tard il produisait sa première automobile. »

OT – Comment cela?

PB  » Tout simplement, il installa son atelier dans un petit appenti familial. Mais si petit que la porte ne faisait pas plus de 80 cm de large, si je me souviens bien. Il fallut donc trouver une solution originale pour pallier ce manque de place. La voiture serait une deux places en ligne (le conducteur placé devant le passager). Mais cela ne suffisait toujours pas. C’est pourquoi mon père fut contraint de monter les roues de son engin… sur le trottoir ! Et sa première voiture a pu ainsi dévaler la pente de la Croix-Rousse…’

OT Et l’aventure du camion ?

PB  » Dès 1903 mon père avait construit lui-même des camions pour transporter des pièces mécaniques qu’il faisait venir de la vallée du Giers, dans la Loire.
Mais le grand départ c’est en 1907 quant le service des Mînes réceptionnèrent pour la première fois un camion : c’était un Berliet ! »

OTMais à quand remonte le vrai démarrage industriel de Berliet ?

PB  » C’est en 1905 exactement avec la vente de la licence de fabrication de trois voitures (22, 40 et 60 HP). Je dis bien HP – Horse Power- car ce n’est qu’à partir de 1923 la puissance des moteurs a été exprimée en CV – Cheval Vapeur- . »

Bien, retournons à notre sujet

Cette cession de licence fut effectuée au profit de l’américain ALCO qui construisait des locomotives.

Avec l’argent qu’il en reçut, mon père avait enfin les moyens de réaliser son projet industriel.
C’est d’ailleurs à ce moment qu’il prit pour emblème de Berliet, la locomotive d’ALCO.

(entretien et photos réalisés par Olivier THIBAUD)

Tout sur la Fondation de l’automobile Marius Berliet :
www.fondationberliet.org

Commence alors pour Paul Berliet une seconde vie : il fonde et anime la Fondation de l’Automobile Marius Berliet avec le soutien de Renault Véhicules Industriels.

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